CHAPITRE P
§ ^®^ — Les fondations dues au clergé K
A la fin du ix® siècle, comme le montrent les documents cités dans le second volume de cette histoire, autour de la maison épiscopale et des monastères, viennent se grouper : pauvres, malades, lépreux, pèlerins, voyageurs. Là dans des
1. Principaux ouvrages consultés: Camillo Fanucci, Tralniio di tiilie V opère pie di Roma^ in-8, 426 p., Honia, 1602 ; Histoire des ordres monastiques, religieux et
'■ militaires (par Hélyot), in-i, 8 volumes, 1721 ; A. Ilighmore, Pietas Londinensis : The history, design and présent stale ofthe various public charities in and near
s London, in-8, xxxi-984 p., London, \^\0 ,Du^dfi\c, Monaslicum anglicanum, infol., t. VII, London, 1830 ; D' Pejclioux, Rech. sur les hôp . de Clermont-Ferrandj in-8, 291 p., Clermont-Ferrand, 1845 ; Luigi Passerini, Storia degli slabilimenti di benificenza.., délia Cilla dt F/rense,in-8,xxxi-962 p., 1853; Sir G. Nicholls, A Ilistory ofthe English Poor Lau\ in-8, 2 vol., London, 185Î; d'Arboisde Jubainville, Etude êur Vétat des abbayes cisterciennes... aux XlI'etXIII* siècles, in-8, xviii-489 p., 1858; Cardinal Movichini, Degli istituti di carità in /îoma (3" ediz.), in-8, 816 p., Roma, 1870; Guigue. Notre-Dame de Lyon. Rech. sur l'origine du pont de la Guillotière et du grand Ilôtel-Dieu (Mém. Société litt. hist. et archéol. de Lyon, 1874-1875, p. 183 à 328;; Delannoy, Not. hist. sur divers hospices de la ville de Tournai, in-8, viii- 303 p.. Tournai, 1880 ; Aujc. de Beaufort, Archiv. de la Maison-Dieu de Chaleaudun, précédées d'une introduction, par Lucien Merlet, in-8, xi.i-293 p. .Paris et Ghâtcaudun, 1881 : Luigi Bargiacchi, Storia degli istituti di beneflcenza in Pistoia, in-8, 2 vol., Firenze, 1883 ; D' Uhlhorn, Die Christliche Liebesthâtigkeitim Mittelalter, in-8, 531 p., Stuttgart, 1884; D' Ratzinger, Geschichte der Kirchlichen, Armenpflege, in-8, xiv-616 p., Freiburg im Breisgau, 1884 ; Alfred Leroux, Inv. archiv., Haute-Vienne, villes de Limoges... etc., in-4, Limoges, 1884; Lucien Merlet, Inv. somm. arch. hospices de Chartres, in-4, xix-224 p., Chartres, 1890; A. Prudhomme, Inv. somm. archiv. de l'hôpital de Grenoble, in-8, xxx-436 p., Grenoble, 1892 ; L. IL Labande, La charité k Verdun. Hist. des étab. hosp. et inst. charit., in-4, 99 p.. Verdun, 1894 ; Le Cacheux, J?ssai hist. sur l'Hôtel-Dieu de Coutances,
X in-8, 2 vol., 1895-1899; Omont, Cartul. de l'abbaye du Val-Notre-Dame au diocèse de Paris, XIII* siècle, in-8, 50 p. (ext. Mém. Société hist. de Paris, XXX, 1903). A ajouter d'importants manuscrits sur la bienfaisance en Pologne et en Suisse dus à l'extrême obligeance de M. A. de Moldenhawer, de Varsovie, bien connu en Europe pour ses travaux sur les questions pénitentiaires, et de M. labbé Jecker, curé de Courrendlin (Suisse).
asiles, modestes au début, s'exercent les fonctions multiples de la charité.
Le Xenodochium reste longtemps la forme usuelle de la plupart de ces humbles fondations.
Le mouvement hospitalier entravé par les invasions s'accélère dès le xi*^ siècle ; de nouveaux refuges s'ouvrent en faveur des malheureux. Ce sont des Ptocotrophia, des Aumôneries^ des Maisons-Dieu accueillant tous les genres d'infortune. Les cathédrales continuent à avoir auprès d'elles des hôpitaux -. En Allemagne, les principales églises paroissiales en possèdent également^.
Les évêques président à cette organisation. Beaucoup se montrent à la hauteur de leur mission ; il existe, il est vrai, au milieu des misères inhérentes à l'époque, des papes, des prélats indignes, criminels, songeant avant tout à leur famille. Toutefois le nombre des véritables pasteurs reste considérable ^.
Ces créations hospitalières s'étendent chez les peuples européens au fur et à mesure qu'ils entrent dans la grande famille chrétienne. A la fin du x® siècle [Conversion de Miecislas /••', 968), la Pologne se met en relations avec Rome; la bienfaisance y est exercée par le clergé, il prend sous sa protection les faibles et les malheureux.
Nous allons maintenant mentionner un certain nombre
2. Ce fait est constant en France ainsi que le remarque Pephoux {op. cit., p. 63), IlospUnlis pnuperum beatx Mariœ Cleromontensis. Cette première désifçrnation semble indiquer une construction rapprochée de Té^Iise Notre-Dame et une situation analofcue à celle de plusieurs anciens hôpitaux, notamment de celui du Puy... A propos de ce dernier tHablissement on lit dans le P. Denifle {op. cit., I, n* 594, p. 271;: « Hospttale juxta cathedralem Civilatis Anicien., depauperatnm. Prope ecclesiani cathedralem fuit institutum solenne hospitale, inquo tam de illa patria quam de diversis mundi partibus convenientes consolantur. » Pour lltalie, voir Passerini, op. cit., p. 197.
3. Hatzinger, op. cit., p. 238 : « Dieser crwtthnt, dasz zur Zeit, da in Deutschland die Kirchliche Armenpflejrc bestand, mit jedem Bischofsitze, ja mit jeder Pfarrkirchc ein Armcnhaus (ptochium, matricula) verbunden war. »
4. Léon Gauthier énumi'rant les bons et les mauvais t'vôqucs au temps de Philippe-Auf^uste conclut ainsi : « Voici donc au total huit ou dix évoques qui manquent à leurs devoirs sur près de 150... Notons d'ailleurs que la plupart de ces vices dérivent de Tétat de la société et ont leur source dans la féodalité. Hejçnaud, archevêque de Lyon, encore laïque au moment de son élection, fils d'un comte du Forez. Bércn^er, archevêque de Narbonne, fils naturel de Raymond nérenger, comte de Barcelonne (La France sous Philippe-Auguste^ p. 241J.
d'asiles dus à des évêques, des cardinaux, des prêtres soucieux du soulagement des pauvres. Ce ne sont là, bien entendu, que des exemples. Quant aux désignations fournies par les textes elles n'ont d'autre valeur que le mot : établissement hospitalier. Nous nous réservons dans un prochain chapitre d'étu' dier l'afTectation particulière de ces maisons.
Léger, abbé de Saint-Barnard, devenu évêque vers 1030, organise à Vienne et à Romans des maisons charitables. Les chapitres de ces villes prennent part à ces œuvres en fournissant des terres et des dîmes.
Les chanoines de Saint-Martin de Pistoie élèvent antérieurement à Tannée i 089 l'hôpital di san Luca en faveur des pèlerins et des convalescents.
A Wûrzburg(1097), l'évêque Einhard érige un nouvel hospice. Vers la même époque, saint Gotthard, évêque d'Hildesheim, fonde également une maison charitable : « Xenodochium Christi in receptionem pauperum ««dificavit quod omni humanap indigentiœ commoditatœ abundans... » Dans cette même ville, en 1161, ouverture d'un autre asile créé par le chanoine Raynold.
L'archevêque de Coblentz Bruno place une demeure des pauvres à côté de l'église Saint-Florin (Florinskirche) 1110. L'hôpital Sainte-Croix, près Winchester, s'élève par les soins de l'évêque Henry de Blois: « half-brother to kingStephen (1132). »
L'évêque de Rochester crée (1194) l'hôpital de Strode, non loin de Rochester : « for the réception of poor travellers and the relief of other indigent persons. »
Guillaume, archevêque de Reims, fait en 1201 construire un hôpital « pour y recevoir et nourrir à perpétuité vingt pauvres languissans », devantjouir des />reAe/i(/e« en pain et en argent instituées par saint Remy. La maison Saint-Thomas à Londres (S^Thomas*s Hospital, Soutw^ark) doit son existence définitive h Peter de i?u/>eZ>M«, Bishopof Winchester (121 o) ; tandis qu'à Coutances THôtel-Dieu est Tœuvredé l'évêque Hugues de Morville (1209).
L'hospice La Biloque (Gand) a, dit-on, comme fondateur un chanoine de Saint-Pierre, Foulques d'Uttenhowe (1227-1228). Notons encore la Maison-Dieu de Saint-Malo, élevée par l'évêque Gaufridus (1252).
A Rome (1312), le cardinal Pietro Capocci bâtit sous le vocable de saint Antoine abbé, un refuge affecté aux pauvres malades de toutes nations, notamment aux individus atteints du mal des ardents : « I poveri infermi di tutte le Nazioni, in particolare quelli, che fossero infetti del morbo, detto il fuoco di s. Antonio » (Piazza, op. cit,^ p. 32).
Guillaume de Teste, Cardinal, né à Condom, n'oublie pas sa cité natale, il achète (1319) au roi d'Angleterre Edouard II, seigneur d'Irlande et duc d'Aquitaine, aux abords du chemin que suivent les pèlerins de Saint-Jacques de Gompostelle, une maison servant alors de lieu de débauche et y établit une vaste hôtellerie.
Plusieurs cardinaux appartenant à la famille Colonna érigent et dotent, dans la cité des papes, lo spedale di S. Giacomo in Auffusta (1339). A Tournai, Simon du Portail, doyen de l'église cathédrale, donne son palais en la rue Notre-Dame pour héberger les étrangers (1360).
Par son testament daté de 1390, Vital Carie, chantre et chanoine de l'église Saint-André, prescrit la création du .grand hôpital Bordelais. Vers 1422, l'évêque Aymon de Chissé élève à Grenoble l'hospice Notre-Dame. Sous Grégoire XI, et par son influence, il y a abondance d'institutions charitables à Avignon.
A côté de ces fondations on rencontre fréquemment des établissements restaurés ou agrandis. A Regensburg il existe un vieil hospice en ruines, à sa place l'évêque Siegfried fait construire une nouvelle demeure hospitalière (1245). A Augsburg, à Mainz (Mayence), transformations de même nature (1150-1232).
Au nombre de ces asiles dont on est redevable au clergé il convient de citer Thospice de Châteaudun vraisemblablement fondé, vers la fin du xi° siècle, par de pieux ecclésiastiques vivant en communauté, donnant aide et assistance tant aux pèlerins de Terre sainte qu'aux pauvres et aux infirmes de la région.
Mais le clergé séculier n'est pas seul à secourir les infortunés ; presque chaque monastère, indépendamment de l'infirmerie intérieure affectée aux religieux malades et dont nous n'avons pas à nous occuper ici, possède des chambres, parfois solides et spacieuses ^, touchant les bâtiments conventuels ou « proches de la
5. <i Prope januam ecclesiœ ubi domus infirmorum œdificata est lapidea » (Abbé Gabriel, Verdun au XI* siècle, in-8, Verdun, 1892, p. 461). A Limoges, en 1153-
chapelle de la porte. » Là les hôtes, les pèlerins, les infirmes, étrangers à la communauté, reçoivent les secours nécessaires^.
De fréquentes donations sont faites dans ce but et le concile de Mayence (1261 ) confirme cet usage "^ ; règle absolue pour toutes les abbayes cisterciennes.
Saint Bernard s'adressant à Tabbesse de Favernay, au diocèse de Besançon, lui rappelle que c'est un devoir pour elle de s'occuper, d'une manière toute particulière, de l'Hôtel-Dieu que les religieux gouvernent sous sa direction et d'empêcher ses serviteurs et vassaux d'en dissiper les revenus 8.
Les ordres monastiques, notamment les fils de Saint-Benoît, se répandent partout en Europe, généralisant ces pratiques si favorables aux déshérités.
Liés au sort des abbayes dont ils dépendent, ces asiles sont souvent détruits lors des invasions et des guerres. Témoin cet établissement sis au diocèse de Beauvais, dont parle le Père Denifle (o/>. cit., l, n^ xxvii, p. 8) : « Monasterii et hospitalis S. Geremarii de Fayaco destructio. »
Les religieux et les religieuses, non contents de soutenir ces maisons, y exercent eux-mêmes tous les actes de bienfaisance ^. A Clairvaux, à Grandselve, dans nombre de localités, un infirmier spécial est attaché à ce service.
Hurter constate que parfois lorsque le couvent ne dispose pas
1154, construction d'un hôpital dans une aile séparée des bâtiments du monastère de Saint-Martial (A. Leroux, inv., op. cit., introduction, p. mu).
6. En Anjçleterre, à la fin du x" siècle, S. Dunstan. fonde après la mort de sainte Edith : « Edjrari Anjclorum repris lilia »>, une maison hospitalière : « Xenodochium in atrio monasterii quo tredecim pauperes usque hodie reficiuntur instiluit {Acl. sanct. BoUand., sept. lom. quinlus ; vita Edith., § 6, p. 370;.
7. a Concilium Mojçuntinum, can. LUI. Cœterum, cum in plerisque*C(rnobis sit hospitale ab antiquo constructum »> fMansi, XXIII, p. liori).
8. « Non solum autem de monasterio, sed etiam de hospitali domo Dei, cui sub manu vestra praîdicti frates deserviunt, intentissime necesse est curam jferatis ; quatenus videlicet ab omni exactione et infestatione ministrorum seu clientum vestrorum securam acliberam custodiatis. »(Epist., cccxcii (1021 ;; Mijrne.ci.xxxii, p. 598.)
P. « Tutte le chicse piii venerabili per la loro auli'^hità. lutti i cenobj si di uomini che di donne, eretti avanti il mille o intorno a quel!' epoca, ebbero conti^uo o vicino une Spedale, ovesiaccoglievano i pelle^rini e si medicavano pli ammalati • e i canonici c i monaci non solo ne supplivano al mantenimcnto coi proprj béni, ma vi esercitavano da loro stessi le opère di evangelica caritù » (Passerini, op. cit., p. 197).
44 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. PREMIÈRE PABTIE. — CHAPITRE l"'
d'assez de terrain, ou est trop pauvre pour affecter à cet effet un bâtiment séparé, les frères n'hésitent point à donner leurs propres lits afin de ne pos repousser des membres souffrants du Christ ^^. Il arrive qu'un Xenodochium ruiné, prêt à disparaître, est incorporé par Tévéque du lieu à un monastère chaîné de faire revivre Tantique hospitalité : « Suum pristinum in cospectu Dei et hominum recuperaret decorem. » C'est ce qui a lieu à Pistoie en 1380 «^
§ 2. — Les ordres religieux hospitaliers^-.
Plusieurs ordres religieux ont un but charitable ; nous pouvons en première ligne citer Tordre de Saint-Jean de Jérusalem (plus tard de Rhodes et de Malte). Fondé dans la ville sainte, au cours du xi^ siècle, il est antérieur à Tordre des Templiers dont les biens situés en France lui sont dévolus plus tard *^.
Le but primitif de ces chevaliers est de soigner les pèlerins malades, de les défendre au besoin. Leurs commanderies se multiplient dans le midi de la France, en Italie, en Allemagne; Les soins qu^ils donnent à ceux qui souffrent ne les rendent pas moins célèbres que leurs victoires sur les Musulmans : « Cominciô col rendèrsi rispettabile e meritevole di ogni Iode per gli atti dipietàche nelle loro mansioni si esercitavano » (Passerini, op. ciL, p. 142).
Il ne faut pas cependant exagérer le nombre des établissements hospitaliers distincts de leurs commanderies. Il ne s'en trouve peut-être qu'un en France, celui de Toulouse ; maison impor-
10. Hurter, Tableau des institutions et des mœurs de Véglise au Moyen Age (trad. Cohen), t. II. chap. VII, p. 190.
11. Citation de Lanceilotti, historien des Olivétains (Barg-iacchi. op. cit., p. 108).
12. Nous laissons de côtc^ pour le moment, l'ordre du Saint-Esprit de Montpellier, celui de Saint- Antoine, les Trinitaires et les membres de Tordre de la Merci, ces deux derniers ordres trouveront place dans le lf»me IV. car c'est surtout après la bataille de I.épante que leur mission prend de l'extension.
13. Philippe IV (1312), Lettres patentes portant d<m à l'ordre des hospitaliers des biens de l'ordre des Templiers.
tante, bien construite, contenant une centaine de lits, ruinée par les guerres du xv® siècle ^^.
Trois des anciens hôpitaux de Florence appartiennent à cet ordre ; lun d'entre eux placé sous le vocable de saint Jean est Tobjetde faveurs spirituelles delà part du pape Jean XXII (1317); il sombre dans les désastres qui accompagnent la chute de la République florentine : « Fu ordinato di sloggiarne i malati perché fu giudicato necessario il demolirlo, onde non servisse di presidio o ricovero aile milizie nemiche concorse ad assediare la città » (Passerini, op, cit.^ p. 142).
En Pologne, Miecislas le vieux ouvre, de concert avec cet ordre, un hôpital à Posen et le dote magnifiquement. On doit à ces mêmes hospitaliers les asiles de Sainte-Cunégonde à Halle, vers 1100; de Sainte-Gertrude et de Saint-Georges à Werben-sur- TElbe (1424-1483).
Ils fondent encore, ou on leur confie, les établissements d'Altenburg, d'Ellingen, de Sachsenhauscn, sous Frédéric II, commencement du xiii'^ siècle. En 1219, un simple particulier de Cologne laisse aux hospitaliers une maison charitable. L'évêque Conrad de Speier charge en 1220 Tordre de Saint-Jean d'administrer Thôpital créé près de l'église Saint-Stephan et mal gouverné jusque là (Rat/inger, op. cit., p. 328-330 ; Uhlhorn, op, cit., p. 166-170).
L'ordre Teutonique naît également en Orient. Le pape Célestin II l'autorise, 1142 ; il se développe en Allemagne, au début du xiii^ siècle, surtout sous la maîtrise de Herman de Salza (1214-1239). Outre les trois vœux ordinaires de : pauvreté, obéissance et chasteté, chaque membre est tenu de se consacrer particulièrement aux devoirs qu'impose la charité envers les pauvres et les malades. Toute commanderie doit avoir comme annexe une maison hospitalière. Le premier asile ainsi érigé
l i. " Civitali» Tolosanu; pars cuni 600 habitationibus combusta: hospilale Templi c.nni domihiis deslructum. Licct lios|)itaIc Tcmpli nuiicupatum Thulosan.. mililie S. Johannis Jerosolimituui. in suis structuris et cdiiiciis iiitcr alia illarum partium hospitalia solcnipne et nolabilc, ac ccntum fere lectis. necnoii mullis aliis utqnsilibus ad hospitalitatem iiecessariis. et etiam pluribus paramcutis. libris, calicibus et aliis ecclesiasticis ornamentis fulciluni existeret » ;P. Dciiinc, np. cit.. I. n" iîH, p. 211).
46 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. — PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE l^^
dans l'Europe du Nord est peut-être celui de Halle (1200) (Ratzinger, op, cit., p. 333).
L'évêque de Salzburg remet à Tordre l'hôpital de Friesach ; le duc Louis de Kelheimer lègue aux chevaliers des propriétés en Bavière, alors que les ducs d'Autriche lui donnent des domaines à Vienne, Graz, Neustadt, etc. Des établissements hospitaliers y sont construits : « wo ûberallHospitâler errichtet wurden. »
L'ordre en possède également au Tyrol. L'archevêque de Trêves confie à ces religieux des asiles situés à Coblentz, Munster, Aixla-Chapelle, Sarbourg, et Elisabeth de Hongrie agit de même en ce qui concerne Thôpital de Marburg : « Die hl. Elisabeth ûberwiesden deutschen Rittern das Hospital, welches sie in Marburg gegriindet hatte (Ratzinger, p. 334).
Chaque maison de Tordre Teutonique a un commandeur, subordonné à un Comthur^ lequel relève à son tour d'un provincial Landcomthur. Ce contrôle amène une administration excellente ; mais le zèle primitif s affaiblit et la plupart de ces commanderies disparaissent au cours du xv^ siècle : « Im 15. Jahrhunderte trat auch im Deutschorden ein rascher Verfall ein. Voraus^ ging der finanzielle Ruin, dem bald auch Auflôsung der Zucht und Disciplin folgte » (Ratzinger, p. 337).
On sait ce que deviennent ces chevaliers avec Albert de Brandebourg (1?)25) ; inutile d'insister sur cette triste apostasie.
Conformément à la tradition constante de leur saint fondateur, les frères mineurs doivent prendre un soin particulier des pauvres, des exilés, des mendiants *^,
Citons encore d'autres congrégations moins importantes :
1** Les porte-croix (croisiers, cruciferi), issus d'Italie où ils ont au XHi" siècle 57 établissements : Venise, Padoue, Vicence, Vérone, Mantoue, Pergame, Crémone, etc., se répandent en Allemagne. On les voit à Prague, Breslau (1253), Bunzlau (1260), Mûnsterberg (1276), Liegnitz (1280).
15. Lettres patentes de Louis XII (avril 1504) qui donnent aux sœurs prises du tiers ordre de Saint-Kraiiçois ladministration deTIIôtel-Dicu de Melun, ordonnant qu'elles soient mises en possession et saisine dudit établissement et de tous ses fruits, pourvu cependant que le service divin ne soit point diminue et que les fondations restent dûment observées {Ordonn., t. XXI, p. 307).
Grégoire IX (1228) prend sous sa protection les fratres cruciferos hospitalis domus Bononiensis *^.
2® Les chevaliers de Saint-Jacques des épées, placés en 1175 sous la règle de Saint-Augustin ; ordre fort riche qui construit en Espagne des abris pour les pèlerins. On donne son nom à l'une des maisons hospitalières de Marseille (1200).
3® L'ordre de Sainte-Elisabeth (Die Elisabethinerinnen) qui fonde des asiles à Wartburg et Eisenach (Ratzinger, op, cU.^ p. 323-324).
4® Les chanoines réguliers de la pénitence, institués en Italie, transférés ensuite à Prague et à Cracovie (1257), par Boleslas, et placés sous l'invocation de saint Marc. Leur fonction est de subvenir aux besoins des malades et à Tensevelissement des morts.
Toutes ces congrégations rivalisent avec le clergé séculier pour ce qui concerne la fondation des maisons charitables, elles en desservent un nombre plus ou moins élevé, et il est juste de ne pas omettre le bien qu'elles accomplissent.
§ 3. — Les rois et les seigneurs^'^ .
Les rois et les seigneurs se préoccupent aussi des malheureux et élèvent des asiles destinés à les secourir. Avant d'entrer dans le détail de ces fondations une remarque préliminaire s'impose. Durant toute la période féodale le Souverain se trouve à la fois roi et possesseur de fiefs ; « à chacune de ces qualités est
16. Auvray, Reff. de Grégoire IX, i" fascicule, iv 209, p. 124-126.
17. Principaux ouvrages consultés : Ab., C. H. Piazza. Opère pie di Roma, in-8, 22-788 p., in Roma. 1679; Conte P. Bcmbo, Délie istituzioni di beneficenza nella ciltà e Provincia di Venezia, in-*t. xxiv-507 p., Vcnczia, 1859 : F. llocquain. Les archives de l'Hôtel-Dieu de Pantoise [Rihl. Ecole des Chartes, b* série, t. II, 1861) : Rosenzweijc, Rech. hist. dans les archives du Morbihan, Archives hospitalières, XVIII fascicules publiés dans les Ann. de ce départ., 1862 à 1874; Maxime de Beaucorps, Les Monlils, ses ruines, son Hôtel-Dieu au XIIP siècle, in-8, 15p., Orléans, 1868 ; D'Fermin Hernandcz Iglesias, La heni/icencia en Espana, in-8, 2 vol., Madrid, 1876; Luipi Vitali, La beneficenza in Milano. Notizie, in-8, xxxi-639 p., Milano, 1880; Léon Maitrc, L'ass. pub. dans la Loire-Inférieure avant 1789, in-8, 614 p., Nantes, 1880 ; J. Gardère, Inv. somm. archiv. hospit. de Condom, in-4, Réunion de fascicules paginés séparément, Auch, 1883 ;
attaché un pouvoir législatif différent, Tun partagé avec les barons, Tautre unique et royal *®. » C'est comme possesseurs de (iefs dans Tétendue de leurs domaines propres que les Souverains agissent lorsqu'ils fondent, dotent et agrandissent des établissements hospitaliers.
Ceci dit, nous voyons vers 1069 la comtesse Berthe, veuve de Hugues II, comte du Maine, ouvrira Chartres V aumône Notre- Dame. L'on doit à Mathilde, femme du roi Etienne, Thôpital Sainte-Catherine de Londres (1148), et à Jean II, comte de Ponthieu, THôtel-Dieu d'Abbeville (1158).
Après la bataille d'Alarcos (1195), Alphonse IX, le Nobte, fonde à Burgos Vhospital del Rey pour l'assistance des malades et la réception des pèlerins.
Le duc de Bourgogne Eudes III bâtit la maison du Saint- Esprit à Dijon. Le comte de Bar (1210), la comtesse Alix, femme de Jean P"", comte deBlois (1286) dotent d^asiles analogues Bar-sur-Seine et les Montils près Blois. Vers 1335, Philippe de Valois favorise la création à Paris de l'hôpital Saint-Jacques du Haut-Pas, rattaché à une maison de ce nom au diocèse de Lucques *^.
Durant le xiu® siècle, les comtesses de Flandre et de Hainaut, Jeanne (morte en 1244) et Marguerite, ouvrent des maisons hospitalières à Lille, Séclin, Orchies et Comines. '
Au début du siècle suivant la ville de Tonnerre voit s'élever le bel établissement que crée Marguerite de Bourgogne, veuve de Charles de France, frère de saint Louis. De son côté, Charles de Blois gratifie Guingamp d'un asile charitable. A cette époque nombreuses fondations en Bretagne par les seigneurs, sans que les titres en parviennent jusqu'à nous (Rosenzweig, op. cit.^ fasc. V, p. 2). L'Ile-de-France et la Champagne nous montrent aussi beaucoup de petits établissements dus aux châtelains. Telle la Maison-Dieu de Palaiseau. On trouve des renseignements précis
18. E. Houtaric, La France sous Philippe le Bel, in-8, 1861, liv. !•', chap. IH.
19. I.éf)!! le Grand, Maisons-Dieu, op. cit., p. .\xviii cl suivantes. En Italie, dans la Toscane ncUammcnt, il n'est pas rare de voir un hôpital célèbre, celui de Santa-Maria délia Scalaà Sienne, par exemple, fonder, à la sollicitation des habitants de diverses villes, d'autres établissements (jui lui restent Houmis (Passerini» op. cit., p. 675-676].
à cet égard dans Touvrage si souvent cité de Léon le Grand qui relève les aveux de nombreuses châtellenies.
A noter également Taumônerie Saint-Armel au village de Rozet en Plessé, érigé à la suite des dispositions testamentaires du duc Arthur (1314). « Vir serenissimus Arturus quondam Dux Britanie in suo disposuerit testamento fundari pro ejus anima quamdam domum pauperum apud Roseit in diocesi Nannetensi » (Léon Maitre, Assistance^ op, a7.,p. 183 et 205).
L'an 1323, hôpital ouvert à Pforzheim par Rudolf IV de Bade. Autres établissements créés à Belfort (1349) et à Sablé (1387), par la comtesse de Montbéliard, le seigneur de Juigné et sa femme.
En Espagne, les rois catholiques édifient le somptueux hospital de Santiago de Compostela. L année 1433 voit s'élever la maison Saint-Antoine à Clisson, par les soins de Richard, « fils du duc de Bretaigne, comte d'Estampes et seigneur de Cliczon. » La veuve de Jacques de Luxembourg pose la première pierre de Thospice Sainte-Elisabeth à Roubaix (1488).
A Milan, 1456, le duc Francesco Sforza désire augmenter le nombre des asiles existants et édifie ïospedale maggiore ; il veut qu'il soit digne du duché et de la cité : « da essere degno dell' altezza del suo Ducale Dominio, e di unatanta et tanto illustre città». (Vitali, op. cit., p. 305).
A citer encore rétablissement fondé en faveur des marins malades ou impotents (spedale di messer Gesù Cristo) par TEtat de Venise (1474-1476) pour célébrer la victoire remportée sur les Turcs lors du siège de Scutari.
' L'on connaît le zèle déployé par saint Louis lors de ses voyages, toutes les fois qu'il s'agit des intérêts des pauvres. C'est lui qui emploie partie de l'amende infligée à Enguerran de Goucy, à la suite de l'exécution de jeunes gens coupables d'un délit de chasse, pour réédifier dans de plus vastes proportions la petite maison hospitalière Saint-Nicolas de Pontoise. Aussi en est- il généralement considéré comme le fondateur.
50 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. — PKEMIÈKE PARTIE. CHAPITRE l*"^
§ 4. — Les communautés d'habitants, — Les particuliers et les confraternités. — Les hôpitaux nationaux'^.
Il ne faut pas s'attendre à voir les communes jouer de bonne heure un rôle important dans ces créations. Autant elles organisent de léproseries, ainsi que nous le verrons plus loin, autant elles restent, surtout en France, en dehors du mouvement que nous étudions. La raison en est simple; la charilé légale demeure en général inconnue au Moyen Age ; on ne conçoit pas, à cette époque, d'oeuvres alimentées uniquement par l'argent perçu sur le peuple^*. Les maladreries se lient au contraire à tout un ensemble de
20. Principaux ouvrajçes consultés : Th. Amydenus, De pietate Romana. Libellas, in-8, 328 p., Romo?, 1625 ; Placido Landini, Storia delV oratorio di S. Maria del Bigallo délia citlà di Firenze, in-4, Firenze, 1779 ; P. Ma^renta, Ricerche su' le pie fondazioni con nn appendice siii pnblici stabilimenli di benficenza délia ciltk di Pavia, in-8, 226-78 p., Pavia, 1838 ; A. Brassart, A'o/. hist. sur les hôp. et étab. de charité de Douai, in-8, vii-368 p., Douai, 1842; J.-J. Chaponnière et Sordet, Des hospices de Genève avant la réformation (Bulletin Société d'hist. et c/'arc/i., juillet 1844, p. 165 à 471, Genève. 184i); Clemens Brentano, Die Barmherzigen Schwestern in Bezug auf Armen-und krankenpflege, in-8, 444 p., Mainz, 1852 ; Loredan-Larchcr, Mém. hist. sur Vhôpital Saint-Nicolas de Metz au moyen Âge, in-8, 62 p., Metz, 1854 ; Lcopold Delisle, Fragments de l'hist. de Gonesse, Bibl. Ecole des Chartes, 20* année, 4* série, t. V, nov.-décembre 1858, p. 113 à 277, Paris, 1859 ; Ottavio Andreucci, Délia carità ospitaliera in Toscana, in-8, 498 p., Firenze, 1864, t. I ; Gustave Saigc, Des origines de l'ordre hospitalier de Saint- Jean de Jérusalem, in-8, 11p., 1864 : D' Ulysse Chevalier, Essai hist. sur les hip. et inst. charit. de Romans, in-8, xvi-359 p.. Valence, 1865 ; Célcstin Port, Cart. de Vhôpital Saint-Jean d'Angers, in-8, xxxn-166 p., Paris et Angers, 1870 ; Joseph Denais, Hist. de l'Hôtel-Dieu de Beau fort-en-Vallée (1412-1810), in-12, 178 p., Paris et Angers, 1871 ; Léon Maître, Hist. admin. des anciens hôp. de Nantes, in-8, 390 p., planches, Nantes, 1875 : D' Baillot, Historique sur les étab. de bienf. de Vaucouleurs [Mém. Société de Bar-le-Duc , t. VIH, 1879, p. 87 à 123; Abbé Boudrot, Petit cartulaire de l' Hos tel- Dieu de Beaune, in-4, 93 p., Bcaune, 1880 ; F. Molinari^ Gli istituti pii délia ciltk e delV antico dncato délia Mirandola, in-8, 461-70 p., Mirandola, 1882 ; A. Maire, Notice sur l'hôp. Sainte-Marthe d'Avignon (La Provence, journal hebd., n"' 129-134, novembre-décembre 1883); Rey, Les colonies françaises de Syrie, du xu* au xiii* siècle, in-8, 1883 ; Carlo Conte, Gli stabilimenti di beneficenza di Napoli, in-8, 449 p., Napoli, 188 i ; D' Delmas, L'Hôpital militaire d'Auffredy à La Rochelle, in-4, 184 p., planches, La Rochelle, 1891 ; Abbé Ilumbrecht, Mém. hist. .sur les hôp. de Belforl, in-8, 351 p,, planches, Belfort, 1895 ; Prof. Toniolo, L'hist. de la charité en Italie (Compt. rendus du III* congrès scientif. intern. des catholiques, septembre 189i, 5« scct., p. 333-348, in-8, Bruxelles, 1895).
21. Les décrets de la diète de Worms (1255) établissent cependant que l'on érigera dans chacune des villes alliées un hospice pour les pauvres (domus pacis). A cette lin tout individu possédant quelques ressources doit payer un impôt annuel d un denier.
mesures sanitaires et de police, on voit alors les magistrats prendre une initiative qui ne leur apparaît point aussi nécessaire quand il s'agit d*Hôtels-Dieu ou de maisons abritant des pèlerins.
Et puis les communes se forment en général à un moment où de nombreuses fondations dues à T Eglise et aux seigneurs féodaux pourvoient déjà aux besoins les plus pressants.
Ceci ne veut pas dire que ÏW municipalités se désintéressent absolument de la question, elles secondent souvent Teffort des particuliers, accordent des terrains, donnent des subventions, acceptent volontiers la direction des asiles créés ; mais nous le répétons les communautés d'habitants agissant seules fondent un nombre restreint d'établissements hospitaliers du xu° au xvi® siècle.
Lorsque cela a lieu, il s'agit comme à Lille, en 1477, d'assurer un refuge aux nombreux enfants que les guerres rendent orphelins, ou bien encore d'élever des baraquements provisoires et même des bâtiments définitifs affectés au service des pestiférés (Bourg, 1472; Genève, 1482)^2^ Nous rentrons alors dans l'ordre d'idées qui préside à la construction de logements pour les meseaulx.
Par contre, les particuliers rivalisent à leur tour de zèle avec le clergé et les seigneurs ; partout une charité ardente les pousse à multiplier les institutions destinées aux malades et aux voyageurs. Fréquemment ces bienfaiteurs se donnent eux et leurs biens à la maison qu'ils organisent.
Dans cette liste interminable figurent des personnes de toute condition. De simples bourgeois en majorité, des nobles, des chevaliers-3, des banquiers (Grenoble, Florence, Avignon) ; des marchands, des juriconsultes : François de Versenay, Pierre du Pont (Genève) ; François le Maçon, et son fils curé
23. « En ce temps la peste était dans la maison de ville, et on tenait le Conseil dans un domicile particulier. Enfîn on commença à bâtir, mais les premiers essais furent arrêtes par un accident; le peu qu'on avait fait s'écroula... Les syndics et le Conseil faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour se procurer l'arj^ent nécessaire à la continuation des travaux ; ils appliquaient à cette œuvre des leg^s faits pour des œuvres générales.., ils permettaient aux confréries de bâtir à leurs frais, dans rétablissement, des chambres destinées à leur usajfc particulier. (Chapounière, op. cit., p. 287-288).
23. Arnoul Braque, chevalier, bourgeois, « édifie du sien (avec le consentement de révoque) un Hôtel-Dieu en la ville de Paris, hors la porte du chaume. » (1348).
52 ilïSTOIRE DE LA CHABITÉ. — PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE I®'
deSaint-Jacques-la-Boucherie (Paris, hôpital Saint-Gervais) ; des industriels, un ricco setajolo (Florence) ; des baillis ou officiers royaux : Pierre du Thillay, Etienne de Marçay (Gonesse, Angers).
Parfois ces généreux particuliers sont des étrangers ; séduits par la douceur d'un climat, Turbanité des habitants, ils se fixent dans cette patrie d'adoption, augmentant ensuite le patrimoine de la cité qui les recueille (Avignon, Florence).
On ne peut enfin passer sous silence la fondation du grand Hôtel-Dieu de Beaune (1443) par le chancelier de Bourgogne, Nicolas Rolin ; cet édifice majestueux subsiste encore, témoin vivant de la générosité de nos pères.
Il est intéressant de relever les motifs divers guidant des bienfaiteurs qui n'obéissent pas comme les ecclésiastiques et les seigneurs à des devoirs d'état ou aux obligations sociales qu'impose l'exercice du pouvoir.
Nous trouvons en premier lieu l'idée religieuse. En 1375, Barthelomeus Boudart relève à Vaucouleurs un établissement détruit par l'ennemi; il le fait dans un sentiment de piété et soucieux du salut de son âme : « pietate motus, ac suîe salutis non immemor *^.))
Un citoyen de Pistoie exprime les mêmes pensées (1330) : « Reliquit dictus testator de bonis suis, et pro remedio et salute animcT suap, et parentum suorum, Libras mille septingentas denariorum florentinorum parvulorum pro infra scripto hospitale faciendo ed inveniendo per suos fidei-commissarios infra scriptos » (Bargiacchi, op. cit,, I, p. 67).
Deux riches époux, de Beaufort-en-Vallée (Anjou), touchés de de l'abandon dans lequel vivent tant de familles, font de leur demeure un Hôtel-Dieu, dédié à saint Jean TAumônier et doté de tous leurs biens ; « pour honneur et reverance de Nostre Seigneur Jésus-Crist, de la benoiste Vierge Marie » et de nombreux saints qu'ils indiquent (1412) (Denais, op, cit.^ p. 9 et 10).
La même compassion pieuse donne lieu à la fondation de l'asile « sainct Julian » à Paris (1328). Deux compagnons méné-