Uhlhorn, op. cit., p
DE l'admission ET DU SOIN DES MALADES DANS LES MAISONS-DIEU 199
multiplie en celé manière que Dieus en soit servis et la cristienté sostenue...
« Et proies por les pèlerins qui sont navigant par mer ou par terre, cristiayne gent : que Dieu les condue et recondue à sauveté de cors et des armes.
(( Et por tous ceaus qui les aumosnes nous mandent.
« Et por tous ceaus qui sont en mains de Sarracins, cristieine gent : que nostre Sires les délivre por nostres proières.
« Seignors malades, por vos meismes et por tous malades qui sunt parmi le monde, cristiaine gent : qui nostre Sires celé santé leur doint qu'il seit que mestier leur est au cors et as armes.
« Seignors malades, proies por tous les confreires de Thospital, et por tous les consors, et por ceaus et celles qui servent à la charité en la sainte maison de Thospital, cristiaine gent : que nostre Sires leur doint la bone fin...
« Et toujours en tête de chacun des versets de cette longue litanie (écrit Léon Le Grand) reviennent ces mots : « Seigneurs malades priez... » dont la répétition donne à cette série d'invocations un caractère très solennel. En lisant ce texte, on ne peut s'empêcher de ressentir quelque chose de l'impression produite à la tombée de la nuit, dans la grande salle de l'hôpital par la récitation à haute voix de ces belles formules exhortant les malades à ne pas oublier, au milieu de leurs soufFrances, les intérêts du monde chrétien. »
Le malade meurt; les sœurs préparent le linceul, grosse toile moulant la forme du corps 2^, car les cercueils en bois sont l'exception 2^.
La fraternité entière assiste aux obsèques de ce pauvre si ignoré de son vivant 27. Il est enterré au cimetière de la Maison-
25. Lilte, II, V. Voir la description d'une miniature, Hôp. Anffredy par Dalmas, op. cit., p. 20 : « Sur le premier plan, deux femmes à genoux ensevelissent des morts dans des sacs cousus à leur milieu, et se moulant exactement sur les corps auxquels ils tiennent lieu de bières. » A noter également len-téte d'une lettre de pardon pour THôtel-Dieu de Paris reproduite dans le livre d'Alexis Chevalier, op, cit., p. 113.
26. A mentionner l'article VI des statuts de Saint-Jean de Jérusalem (1181) : « Les- bières des mors fuccnt en manière d'arc cancelées ausi com les bières des frères, et soient couvert d'un drap rouge au croiz blanche. » -
27. « (Fratres et sorores) sequantur omnia funera hospitalis ad sepulturam » (Le Puy, X). « Ad sepulturas vero tam fratrum et sororum quam paupenim omnes fratres tam clerici quam laïci sine mora occurrant » (Angers, LVIII).
200 nurrfnwE tfE la CBAxrrt. — pkevtèbc pavtie. — cbapttvc tih
Dieu ^. après qa'oDe messe des morts est dite pcmr le repos de son âme^.
Il existe noavent entre monastères et hôpitaux TCMsins des oonfraUrniUM, sortes d'onionsde prières réciproques : on en tronre nn exemple en Lorraine au xiu^ siècle ^.
I 3. — Le coucher.
I>e malade est donc placé dans son lit. ses vêtements gisent par terre, un infirmier les met en paquet et les place, après les avoir inventoriés, dans une armoire spéciale avec une étiquette permettant de les retrouver.
On demande en efiet au malade son nom, son prénom, sa patrie, le nombre et la nature des pièces de monnaie qu*il possède ; le tout est mis par écrit, ainsi que le numéro du lit et la place qu'il y occupe : « atque in volumine quodam scribit nomen infirmi et agnomen, et quâ gente et familiâ, quâve patriâ aut natione sit, Prœterea si in superiore aut inferiore pariete lecti jaceat, quo numéro lectus sit constitutus ^^ »
Si le malade vient à mourir ses effets profitent aux indigents
secourus
Le Rapport adressé de Florence au roi Henri VIII décrit avec complaisance la belle ordonnance du lieu destiné à renfermer