Beaune, Petit cart., op. cit., p
46. « Pour VI nattes a mettre dessous les pies. XVII d. (Ilesdin, 1324; Richard op. cit., p. xxx).
DE l'admission ET DU SOIN DES MALADES DANS LES MAISONS-DIEU 205
Le lit est lui-même composé de paillasses ^\ matelas, traversins, oreillers, lits de plumes, couettes^; draps de toile, couvertures, deux en été, trois en hiver : « Ita quod pauperes frigus non habeant*^. »
Il faut que les couchettes soient tenues fort propres : « grabata infîrmorum munda sint... linteamina ad minus semel in ebdomada abluantur : semel in die si necesse fuerit ^. »
Ceci suppose des réserves importantes en linge ^^ « Il y a à THôtel-Dieu de Paris, écrit Goyecque, beaucoup de linge, de bon linge s'entend, et ce linge est fort bien tenu et parfaitement rangé, soit en tas, sur le plancher, soit à Tintérieur des nombreux meubles, coffres, huches, armoires, marches, chaises, dressoirs et bancs qui garnissent la chambre aux parements, la chambre aux draps, etc.. Il y a constamment plus de 1.500 draps en service, et chaque année la prieuse distribue dans les divers offices plus de 2.000 aunes de toile neuve.
<v C*est avec un zèle passionné, parfois même excessif, que la prieuse dirige la lingerie ; il ne se passe pas de mois qu'elle ne fasse quelque emplette, aux Halles ou ailleurs. Au surplus, les
47. CI La literie, pour chaque couche, se composait d'une paillasse ou matelas garnie à rinlcricur de feurre de seigle et qui reposant sur un réseau de cordes tendues entre les quatre «aiz de chesne » formant le châlit ; par dessus, deux ou troix draps. Le malade, couché tout nu, selon Tusagc de Tépoque, appuyait sa tôle, couverte d'un linge plusieurs fois enroulé, sur un oreiller de plumes que
, protégeait une taie de toile ; il était recouvert d'une ample couverture fourrée, retombant des deux côtés de son lit » (Goyecque, op. cit.^ p. 76). Voir aussi Richard, op. cit., p. xxii ; Rosenzweig, op. cil., Malestroit, p. 32 ; de Charnasse, Hôp. d'Autiin, op. cit., p. 208.
48. « 12 matelas et 12 traversins de plumes, 13 oreillers... » (Hôp. de Charlieu, inv. de 1460, op. cit., p. 16); Florence, S. Maria Nuova (1288) : « duodecim lectos fornitos de fisconibus, cultricibus, lintcaminibus, copertoriis, pulvinaribus et lectcriis » (Passerini, op. cit., p. 836). « XII II lits garnis chascun de coultre et de cussin et de II couvertes » (Simonnct, Bourgogne, op. cit., p. xcvi).
49. Troyes, XCIII; Angers, XI . « E chascun lit soit covert de son covertour, et chascun lit eut ses dras touz propres» (Saint-Jean (1181), III).
50. N Dans un hôpital, on use beaucoup ; on salit plus encore. Pas plus qu^à la blanchisserie générale, aujourd'hui, on ne chômait, jadis, aux lavanderies de THôtel-Dieu : chaque semaine, il fallait laver huit à neuf cents draps, sans compter les habits des malades nouvellement entrés. Six sœurs et trois filles, d'une part, de l'autre trois religieuses et autant de filles blanches, tel était le personnel de la grande et de la petite lavanderie w (Goyecque, op. cit., p. 79).
51. Goyecque, op. cit., p. 47-49; Beaune, Petit cart., op. cit., p. 7. « Get si comanda, quand le conseil fu tenus des frères, sur ce que le prior de Fospital de France mandast chascun an en Jérusalem G dras de coton tainz por renoveler les covertours des povrcs » (Saint-Jean (1181), VIII).
206 HISTOIHE DE LA CHARITÉ. PRESnÈRB PARTIE. CHAPITRE Vin
marchands de passage à Paris ne manquent pas d*aller ofFrir leurs marchandises à THôtel-Dieu ; ils y vendent, en une fois, jusqu'à cent paires de drap. »
L'hôpital de Beaune possède « deux cens et dix lincenx de deux toilles pour la plus part, et d'une toille et demy, et aussy quatre-vingt» demys linceux et trante et ung oroilliers de duvet garnis, la première thoye de futaine, et pour les rebuyer quatre vings et douze thoyes d'oroilliers. Pour ordonner les povres malades en la dicte grant chambre sont dix linceux de lin de trois aulnes de long chacim de deux toilles et trante et une nape chacune de quatre aulnes de long à large lyseau, toutes marquées au signet de la dicte chambre » {Petit cart.^ op. cii,y
Dans quelques maisons les lits des hommes sont faits par des serviteurs; ailleurs, les sœurs se chargent de ce soin^^.
Les règles insistent sur la propreté nécessaire : « Sono del continuo, benchè moltà difficil sia, i letti candidi^ », dit un auteur italien du xv^ siècle.
C*est un point qu'il est bon de ne pas omettre.
§ 4. — La nourriture.
Les malades sont servis avant le personnel ; tous les statuts le déclarent nettement : « Et ibi quasi dominus secundum posse domus, omni die, antequam fratres eant pransum, caritative reficiatur^*. »
Les seigneurs de la maison mangent « à droite heure ^^ » ; onze heures et six heures. Une seule cuisine pour tout l'établissement ^\
52. « Les sœurs ne les chambrières ne n aparcillcnt les licts des malades et des hostcs hommes » (Pontoise, VI). « Niinquam sorores vel ancillc lavent pedes fratrum vel capita, vel lectos faciant, sed infirmorum in domo jacentinm • (Paris, XXXIII).
53. Passerini, Florence, op. cit., p. 301. « Trois fois l'an on renouvelait la literie » (Coyecque, op. cit., I, p. 78 ; Uhlhorn, op. cil., p. 225).
54. Saint-Jean, XVI ; Angers, VIII ; Paris, XXI ; Troyes, LXXX ; Pontoise, XI ; Vemon, XI.