‹ Histoire de la charitéChapitre 71 sur 112 · Fabre, Hôpitaux de Marseille, op. cil., p. 185 à · texte numérisé non relu

Fabre, Hôpitaux de Marseille, op. cil., p. 185 à

Ces jeunes médecins, de concert avec Tinfirmier, pourvoient au nécessaire auprès des patients, et se répartissent les lits aGn de suffire à la tâche.

Ils font ensuite leurs rapports à six médecins des plus éminents de Florence, qui reçoivent un salaire. Ce rapport contient Texposé de leur sentiment sur l'état de chaque administré : (( Mox prsedicti medici juniores et Infirmarius, sex aliis medicis excellentioribus in tota urbe, qui salarium ab Hospitali capiunt, referunt totum illud quod de quocumque infirmo sentiunt. »

Ces six praticiens éminents viennent le matin à heure iixe ; dès que le gardien de service (custos vigilœ) les aperçoit il fait résonner une clochette ; à cet appel l'un des aides pharmaciens, ou le pharmacien lui-même, accourt. Il remet au médecin un linge blanc destiné à lui servir de tablier, et le suit lorsqu'il se dirige vers les salles.

« Medici sex in mane, certâ horâ, ad Hospitale accedunt ; quibus adventantibus, custos vigilœ, tune in Hospitali, cum primum medicos venientes conspicatur, jubetpulsari tintinnabulum; quo sonitu, unus ex ministris aromatarii, vel pharmacopola, accurrit, linteum candidum affert, quo medicus se prœcingit, mox sectatur medicum ad lectos divertentem. »

Un nouveau coup de clochette avise Tinfirmier et le médecin résidant attaché à la salle ; ils entourent le médecin de la ville, lui exposent, comme il vient d'être dit, le genre d'affection dont souffre chaque malade, le caractère de la maladie, les accidents survenus : « Per eumdem tintinnabuli sonitum evocatur et Infirmarius et unus medicorum adstantium ; qui omnes medicum seniorem ad suos lectos euntem assequentes comitantur, morbi genus medico aperiunt, signa morbi exponunt, accidentia déclarant... »

Le médecin ainsi renseigné dicte soigneusement une ordonnance que l'aide pharmacien écrit sur un carnet : « Medicus diligenter remédia ordinat, quœ a ministro aromatarii in libro describuntur. »

Les remèdes sont ensuite préparés sans aucune parcimonie* Lorsque les médecins ont terminé leur visite, on leur présente de Teau pour se laver les mains : « Discedentilus medicis, in

manuum ablutionem aqua infunditur. » Les médicaments une fois prêts, rinfirmier en chef inscrit sur l'étiquette le nom du malade auquel chaque préparation est destinée, et cette étiquette, portant aussi le numéro du lit, est fixée sur les vases, fioles ou flacons.

Si les médecins prescrivent des frictions, des cataplasmes, des lavements, c'est un familier attaché à ce service qui s'acquitte de cette besogne avec un soin tout particulier : « universa pie exequitur. »

11 y existe à côté de rétablissement une salle appelée medicina- RiUM (le dispensaire) dans laquelle sont soignés les individus atteints d*ulcères, et d affections légères : « In eodem nostro Hospitali locus quidam sejunctus est, quem Medicinarium appellamus, ubi omnes ulcerori omnismodi generis morborum innoscentium curantur. » Ils sont nombreux et proviennent de la ville et des environs : «Quœ maxima copia est, et totius civitatis et agri. »

Pour ce traitement on rétribue un chirurgien choisi parmi les plus célèbres de la cité ; il a trois aides. Ce chirurgien doit être à son poste deux heures le matin, et deux heures le soir.

Quant aux praticiens résidants ils ne peuvent s'absenter en même temps, afind'être toujours prêts à pourvoir aux cas urgents, porter secours aux blessés, recevoir les malades que Ton amène du dehors.

(( E tribus vero medicis semper adstantibus, unus, vel duo nunquam, Domo abeunt, sed jugiter adsunt, si opus fuerit accurrere ad eos, qui aut vulnerati, aut aliter affecti, ad Hospitale deportantur. »

Tous les genres d'assistance sont donc fournis, à Santa-Maria Nuova, aux personnes atteintes de maladie, sans avoir les moyens de se faire soigner à domicile : « Qui et suis opibus medicum domum acciere non possunt, ad nos veniunl. Ibi quœ necessaria sibi sunt,omniaconsequuntur » (Passerini, op. ci/., p. 839-860).

LE tHaitëMEiNT médical ^25

§ 2. — Les soins médicaux.

a Et soloit les mièges tenir qui des malades eussent cure, (disent les statuts de Saint- Jean de Jérusalem, II, i) et qui feyssent le syrob des malades et qui porveyssent les choses qui fucent nécessaires as malades. »

Au début, ce sont, en effet, les médecins qui préparent les drogues, les pharmaciens ou apothicaires apparaissent plus tard. Ces médicaments revêtent en quelque sorte un caractère stéréotypé: chaque maladie entraîne un cortège de remèdes cura tifs 22.

Les hôpitaux principaux ne lésinent pas sous ce rapport ; le mémoire que nous venons de citer énumère ce que Ton consomme chaque année k la pharmacie de Santa-Maria Nuova : 4.000 livres de sucre (Canarii mellis, vel dicas saccari), autant de miel ; 2.000 livres de cire vierge, 800 de cire blanche, 2.000 (?) livres de canne en bâton (cassiœ fistulœ),20 livres de rhubarbe, et 12 de manne, sans compter les onguents, les bandes de toile apprêtées, etc.23.

Certains produits sont distribués aux pauvres du dehors et quatre aides bénévoles, recevant seulement la nourriture, préparent le tout sous Toeil du chef de la manière la plus experte : « Per ipsos ministros quicquid ad medicinam pertinet paratur, atque id ipsum selectum, lautum, optimum que conficitur. » La dépense atteint 1.500 à 2.000 dragmes d or : « Qua» omnia simul perveniunt ad summam drachmarum aurearum inter mille et quingentas, et duo milia. »

A la même époque, Vapothequarerie de Beaune comprend : « douze belles boy tes d'estain a mectre ciroptz et conserve.

22. (I Ne è comune o cl victo o la mcdicina : ma sin^ulare a ciascuno secondo el morbo. Sempre sono parali c medici e physici e cerusici ; e' quali particularmcnte ad tutti ordinano » (Passerini, op. cit., p. 301).

23. « Est et nobis tela linca nonnuUis medicaminibus concinnata, ad ulcéra sananda, ex quâ ulnae quin[^ciitœ supra duo milia quibus que annis gratis impenduntur. Fasciœ ac Trusta, quae ulceribus imponuntur, a servo quodam excipiuntur, in domicilium feminarum importantur, a quibus purgata, rursum infirmis usui sunt, quae res multo impendio pareil. Gonstructa prictei-^a tabcrna et officina est aromatum, satis ampla et opipara, ibi ma^istcr stipendio conductus rerum ad unçuentarium spectantium curam gerit, ministros quatuor habet g^ratis famulantes Dei causa, et charitate, victumtamen accipientes >» (Passerini, op, cit., p. 860)«

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