‹ Histoire de la charitéChapitre 78 sur 112 · Voir aussi Btthler, op. cit.^ p · texte numérisé non relu

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Ide sa femme », laquelle est bonne malade, cinq fauchées de pré et trente livres de petits tournois. On admet au nombre des mêmes prébendiers (1333) Jehan le Cervisier et Isabelle, sa femme, « à lor vie » pour une somme d'argent, une maison et la moitié de « doulz jours de vignes. » L'année 1359, Jacob fils d'Ourly d'Audromont acquiert une de ces prébendes au prix de « quattre-vins florins àTescu » (Buvignier, op. cit.^ p. 10 et suivantes).

Un autre chevalier (1296) se reconnaît débiteur envers la léproserie de Saint-Denis de Léchères au diocèse de Sens, d'une rente de 25 s. t. représentant le droit d'entrée de son fils lépreux, et s'engage à fournir chaque année à l'asile un setier d'orge et six bichets d'avoine, tout le temps que le dit Philippe vivra.

Pierre de Malay, secrétaire du duc de Bourgogne, devenu mesel, obtient (1465) une chambre à la maladière de Dijon et fait donation à l'hôpital de tous les biens dont il se trouvera saisi au jour de sa ijiort. La contribution exigée des étrangers à la ville est en effet fort élevée (Garnier, Maladière de Dijon^ p. 35 et 44).

A Bourges également on demande une rente viagère à tous les frères forains.

Les règlements de Nîmes (1487) sont très explicites (Puech, op, cit.^ p. 31), art. II : Les habitants de la ville payent quinze livres et apportent un lit, un matelas, un coussin, six draps, deux couvertures, avec six écuelles et deux plats d'étain pesant treize livres. Les pauvres donnent suivant leur conscience et à défaut de ressources sont admis gratuitement. Les étrangers ne peuvent être reçus que de l'avis des Consuls et en versant vingt-cinq livres eh dehors des objets énumérés ci-dessus.

Les malheureux sollicitant leur admission à Voley, près Romans, doivent fournir sous le nom à'introges de 30 à 100 florins, de la vaisselle d'étain, etc. ^^.

A Grenoble, il est question de 30 florins ; en Provence, de sept. Les deux maladières de Genève (au Chêne et à Carouge)

46. Lu mention de la vaisselle d'étain à fournir est pour ainsi dire générale ; à Tournai on y ajoute : un hanap d'argent ; une louche d argent.

demandent deux cents florins aux lépreux étrangers, les habitants de la ville apportent ordinairement vingt florins pris sur leurs biens ou recueillis à leur profit, plus le lit et les ustensiles nécessaires (Chaponnière, op. cit., p. 119).

A Bourguillon (1498), tous les biens meubles et immeubles des lépreux acquis par aumône ou économisés sur leur travail échoient à la léproserie. Avant son entrée, le nouvel arrivant doit partager sa fortune avec sa femme et ses enfants, et déclarer le reste.

Les indigents de Zurich ne sont tenus qu'à fournir un repas ; on demande aux habitants riches cent cinquante livres plus le mobilier. Cette cotisation s'élève à quatre cents livres s'il s'agit de forains. L'établissement de Lucerne admet pour V amour de Dieu les ladres privés de ressources. Les gens aisés sont taxés à cinquante florins au xv® siècle (Bûhler, op. cit.^ p. 85, 74, 23).

Une disposition spéciale s'applique à l'asile de Winterthur (Suisse), ceux qui ne peuvent verser la petite cotisation exigée doivent aller s'asseoir à la porte de l'église jusqu'à ce que les aumônes reçues leur permettent de s'acquitter.

En dehors de tous ces legs, droits d'entrée, etc., les léproseries, un peu importantes, trouvent un revenu assuré dans l'exploitation de leurs terres, vignes, troupeaux, qui fournissent à la majeure partie des besoins ; la laine est souvent façonnée dan?» « des molins à draptz » du voisinage, ainsi que cela se pratique à Saint-Lazare de Nevers.

Mais il y a des différences profondes entre la richesse de ces établissements. Si certaines maladreries de France, d'Ecosse, d'Angleterre sont largement dotées, la plupart, surtout celles des campagnes, végètent et disparaissent dès la fin du xiv® siècle par suite de la diminution croissante du nombre des lépreux ; il faut remarquer aussi que c'est surtout dans la classe riche et parmi les gens un peu fortunés que l'amélioration se produit. Ces asiles ont alors à héberger proportionnellement un nombre de plus en plus grand de pauvres *".

47. L'hôpital Saint-Lnzarc (de Montpellier) fit plus que pourvoira ses dépenses journalières ; il put économiser pour l'avenir. Dès Tannée 1267 il avait acheté un

Beaucoup d'établissements subissent aussi le contre coup des guerres, notamment en France.

L'ouvrage du Père Denifle fournit à ce sujet les plus douloureux détails. La maladrerie d'Orléans, qui subvient depuis longtemps aux besoins de nombreux infortunés, est entièrement détruite : « Dicta leprosaria, capella et ejus pertinentie omnes destructe fuerunt omnino (1432). »

D'autres au diocèse de Chartres sont dévastées, leurs titres de propriété dispersés et perdus : « leprosaria demolita ; leprosaria coUapsa. »

La maison de Saint-Lazare de Paris est également ravagée ; situation identique dans le diocèse de Rouen : « Leprosaria de Altovillari, dicta domus quasi minatur ruinam » (Denifle, n®* 111, 140,141, 167, 199).

A Léchères, en 1422, la région est ruinée par la guerre, les terres restent en friches, ou bien les récoltes pourrissent abandonnées «pour ce que nulz n'y ose aler labourer pour doubte des ennemis. »

A la suite de ces bouleversements sociaux, des bandes de lépreux, sans asile, parcourent le pays, vagabondent et deviennent l'objet de mesures sévères consignées au Recueil des ordonnances des rois de France.

Il nous reste à pénétrer dans ces maladières en étudiant leur organisation intime, le personnel donnant ses soins aux meseaux, les règlements qui s'efforcent de faire régner l'ordre, la discipline, la moralité au sein d'établissements d'une nature si particulière, tout en inspirant, à l'aide de l'idée religieuse, des sentiments de résignation à des infortunés aigris, écrasés sous le poids d'infirmités pour lesquelles la science humaine n'a pas de remèdes.

boi» et une terre adjacente (Germain, op. cit., p. 12). Par contre, un recensement opéré 80U8 le rèjçne de Henri VIII prouve que les revenus de 48 léproseries du comte de Norfolk ne montaient, au total, qu'à 158 livres sterling.

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