Passerini, op. cit., p
19. (> Lo prevost et major de la maison sera annal., a la volonlat et aiiltrament à la ordonnance desdiz senhors consulz »» (Nîmes, Règlcm., de 1487, D' Puech, op. cit. y p. 58),
20. Saint-Lazare de Paris, Règlement de 1348, le prieur sera un frért donné prêtre (Bouille, Mém, cité, p, 151). A Beaulicu, diocèse de Chartres, les sœurs
Le Maître (prévost, major, niagister, gubernator, provisor, prior) a droit à Tobéissance du personnel et des administrés ; il doit prendre les intérêts de la maison, gérer sagement les biens et justifier de sa gestion vis-à-vis des autorités qui Tout nommé.
Si la maison est importante, les directeurs se trouvent assistés — en dehors du chapelain — par des receveurs, intendants, chargés de tenir les registres, visiter les biens ruraux, etc.
En Suisse, il y a toujours des économes. A Genève, le curé et les lépreux, assemblés en chapitre, procèdent h l'élection de ces employés. Celui qui a bien rempli son mandat est susceptible d'être renommé. La femme de l'économe peut se voir requise de faire la cuisine, de préparer le pain, laver les linges (dans une eau séparée), tenir les lits et les meubles propres. En échange de ces charges, l'économe et sa femme ne reçoivent qu'une portion des offrandes et des revenus comme les lépreux (Chaponnière, op, cit.^ p. US).
Quant au curé il administre les sacrements et remplit les fonctions de protecteur de l'établissement.
Le curé et l'économe prêtent serment de gérer honnêtement et avec zèle l'asile qui leur est confié (Biihler, op. cit., p. 26-27).
§ 3. — Le personnel servant et les chevaliers de Saint-Lazare de
Jérusalem.
Pour seconder l'action des maîtres ou directeurs il se rencontre, au Moyen Age, des âmes dévouées se consacrant au soulagement des ladres. Réunis en confréries analogues à celles qui desservent les Maisons-Dieu, des hommes, des femmes de toutes conditions, ayant souvent donné leur personne et leurs biens à l'établissement, suivent la règle tirée des lettres de saint Augustin et sans devenir des religieux dans le véritable sens du mot, pra-
condonnées concourent à l'éleclion du Prieur. L'une d'elles peut même remplir cette place; on voit, en 1120, une sœur prieure rfw prieuré^ maison et léproserie de BeuiiUeii (Lejeune, op. cit. y p. H). De petits établissements sont parfois diriges par un niénajçe. Les seijcneurs de Mali^nv (Bourjrogne; nomment (1309) leurs fidèles Ilerbelct Margot et sa femme, gouverneurs et administrateurs à tue de U maladrerie de cette localité (Molard, Maligny, op, cit.^ p. 300).
l'administration des ^^ALADRERIES. — l' ADMISSION DES LÉPRECX 265
tiquent certaines exercices de piété et prononcent des vœux temporaires de chasteté, de pauvreté et d'obéissance.
On les dénomme frères et sœurs (fratres et sorores leprosorum), ils sont placés sous l'autorité épiscopale et portent des habits simples avec parfois un morceau de drap rouge cousu sur la manche, de manière à indiquer qu'ils ont revêtu par humilité la livrée des meseaux.
L'habillement des frères laïques diffère de celui des frères prêtres.
La communauté desservant chaque établissement reste distincte et indépendante des autres groupements analogues. Ces serviteurs des pauvres ne forment pas d'ordres monastiques ayant des supérieurs communs. Nous avons déjà constaté ce fait à propos des hôpitaux.
Ces hommes et ces femmes consacrés au service des meseaux obéissent à des règles empreintes d'un même esprit d'ordre et de sage sévérité ^*. Ils doivent aimer et pratiquer la charité, la concorde et se consacrer avec dévouement au service de la maison : « Primo quod frater, soror et gubernator dicte domus caritatem, dilectionem et concordiam inter se habeant et intendant bone gubernationi domus » (Léproserie de Léchères, Statuts j op. cit.^ p. 239).
Que les frères respectent la clôture des sœurs ; les sœurs la clôture des frères, l'infraction à ce précepte est punie de plusieurs jours de pénitence : « Nec etiam intrent septa earum, nec îtle septa fratrum » (Lille, Statuts, op. cit., p. 201).
Les sœurs saines ne doivent pas manger avec les lépreuses, mais se prêter à leur rendre tous les soins nécessaires. Elles peuvent faire le lit des lépreux, à condition que tous ceux encore un peu valides aient quitté leur chambre : « Donec leprosi, qui commode exire poterint, exierint universi » (Léproserie du grand Beaulieu. Statuts^ art. XVI, op, cit., p. 217).
Défense de jouer aux dés et en général aux jeux de hasard ;
21. Ces règlements, dont plusieurs ont été publiés par Léon Le Grand {Statuts^ op.cit.)^ sont analogues à ceux que nous avons analysés plus haut en ce qui concerne les établissements hospitaliers ; il est utile néanmoins d en donner ici un court résumé.
de sortir et de coucher dehors sans la permission du maître; de frapper un confrère ; de vendre sa portion d^aliments. Les pénalités entraînent, selon les cas, des exercices religieux ou des pénitences plus ou moins prolongées ; les fautes graves amènent l'exclusion de rétablissement.
Le nombre de ces frères et sœurs est essentiellement variable. A Bergues ils ne peuvent dépasser le chiffre de douze; on en trouve onze à Saint-Quentin ; six frères et deux sœurs desservent la maison de Saint-Lazare de Melun tandis que celle de Beau^ lieu, près Chartres, compte quarante frères et trente sœurs.
En général, le nombre des personnes saines doit être limité et en rapport avec les besoins de la maison, c'est la règle tracée au Concile tenu à Paris en 1212 qui fait observer que les testateurs léguant leurs biens aux établissements hospitaliers ont spécialement en vue les malades : « Cum autem pauci sani possint multis infirmis competentius ministrare : illud omnino indignum est ut numerus sanorum ibidem manentium excédât numerum infirmorum aut peregrinorum. Bona etenim ibidem ex devotione fidelium colla ta, non sunt sanorum usibus députa ta sed potius infirmorum. »
Il faut noter que les frères sont placés à la tête des services de l'asile, le soin des malades retombant plus particulièrement sur les sœurs ; aussi les statuts de Saint- Lazare de Pontoise {Statuts j art. IV, op. cit., p. 231) recommandent-ils lorsqu'une place devient vacante d'élire une sœur apte à ces fonctions, forte, habituée à soigner les infirmes : « Itaque cum primo locum alterius ipsorum vacare contigerit, nos, loco fratris vel sororiscujus locus vacaverit, fratrem alium habilem et ydoneum ad fratrum laboratorum ministerium, vel sororem aliam ydoneam, fortem et habilem ad infirmorum servicium et custodiam ponemus in domo predicta. »
En descendant le cours des âges on voit les frères sains disparaître peu après le xiv*^ siècle. Les sœurs saines restent plus longtemps pour être remplacées à leur tour par des servantes, autant que possible de bonne moralité ; en Champagne et dans le Nord on les appelle « baisselles ». Ailleurs elles portent les noms de meschines, mesquines, etc. Les administrés possédant
l'administration des maladrkries. — l'admission des lépreux 267
des ressources personnelles sont alors autorisés à se faire soigner par des chambrières choisies en principe parmi les personnes vertueuses, dune honnête réputation. Ce qui néanmoins donne lieu à mille abus.
Nous venons de voir que nombre de léproseries sont desservies à l'origine par des confréries indépendantes les unes des autres, mais de même qu'un grand ordre, celui du Saint-Esprit de Montpellier, s'occupe des enfants trouvés, des religieux à la fois hospitaliers et militaires se consacrent au service des lépreux 22.
Ils portent le nom de Chevaliers de Saint-Lazare de Jérusalem, qui rappelle à la fois leur mission et leur berceau : « Magistro et fratribus hospitalis (seu domus) sancti-Lazari Hierosolymitani », lit-on dans les bulles.
Les auteurs se plaisent trop souvent à reculer la date de la fondation des ordres monastiques dont ils écrivent la vie; ils n'hésitent pas à agrémenter leur récit de légendes, oubliant que le premier devoir de l'historien est le respect scrupuleux de la vérité.
Les chevaliers de Saint-Lazare ont de chauds panégyristes trop enclins à céder à ces tendances regrettables.
On peut considérer comme une fable l'existence de milices semblables aux temps du pape Damase ou de saint Basile ; milices dont ils ne seraient que les continuateurs. La célèbre maladrerie de Paris ne relève pas de cet ordre ainsi que beaucoup le prétendent 23.
22. Principaux ouvrages consultés : Gautier de Siberl, Histoire des ordres royaux, hospitaliers et militaires de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint- Lazare de Jérusalem, in-^, 2 vol., édition de 1772 ; Cibrario, Précis historique des ordres religieux et militaires de Saint-Lazare et de Saint-Maurice (trad. Ferrand), in-8, Lyon, 1860; Abbé Rocher, Rech. hist. sur la Commanderie de Boigny et sur Vordre des ch'iv. de Saint-ÏJizare de Jérusalem^ in-8, 70 p., Orléans, 1865 ; Abbé Rocher, Not. hist. sur la maladrerie des Chatelliers de Saint-Hilaire-Saint- Mesmin, in-8, 27 p., Orléans, 1866 ; Eugène Vignat, Les lépreux et les chevaliers de Saint-Lazare de Jérusalem et de Notre-Dame du Mont-Carmel, \n-H, IX, 456 p., Orléans, 1884.
23. Après avoir énuméré un certain nombre de faits, Jules Boullé conclut en ces termes : « Par toutes ces raisons, il est donc manifeste que Saint-Lazare de Paris n'était pas une maison de l'ordre de Saint-Lazare de Jérusalem •» (op. cit., p. 137).
Il est faux qu a certaines époques le Grand Maître soit choisi parmi les ladres, bien qu'il demeure constant que des /"rère* peuvent Têtre. C'est une bulle de Pi^ IV (1565), appuyée sur des documents erronés qui donne lieu à cette légende (E. Vignat, op. cit.^ p. 118).
Le roi de Jérusalem Baudouin, atteint de mésellerie, ne quitte point rOrient pour venir fonder les maisons de Séedorf et de Gfenn dans la partie de TAllemagne devenue ensuite la Suisse 2*.
En réalité les chevaliers de Saint-Lazare sortent comme les Templiers et les chevaliers de Saint-Jean du mouvement de foi qui féconde, après la victoire des croisés, les embryons d'asiles hospitaliers existant à Jérusalem 2'>.
Ces hommes dévoués recueillent les lépreux, les pèlerins blessés à la suite des combats continuels qu'il faut livrer aux populations environnant la ville sainte. Aussi leur vient-il à la pensée de protéger ces pèlerins le long de la route, de leur fournir une assistance armée. L'ordre naissant comprend donc des serviteurs des pauvres et des guerriers ceints de l'épée portant au au loin le renom de leur intrépide valeur.
Louis VII, lors de son infructueuse croisade, apprend à estimer ces religieux et se fait accompagner en France par douze d'entre eux ; il leur donne entre autres terres le domaine royal de Boigny, près Orléans (1154). « Le roi croit en effet, dit Gautier de Sibert (1, p. 59) que ce seroit procurer un grand avantage à son royaume que d'y introduire un Ordre, encore plus recommandable par son zèle à soulager l'humanité affligée, que par sa bravoure dans les combats. »
Plus tard les désastres se succèdent en Palestine, les chrétiens sont refoulés au bord de la mer ; les chevaliers de Saint-Lazare gardent Ptolémaïs. Puis des divisions surgissent entre ceux
24. Le comte Hudolf von Rapperswyl a élé le fondateur de la maison de Gfenn. On connaît le premier maître de cet asile: frère Berchtold Fantyli, de Tordre de Saint-Lazare. A dater de 13S6, des religieuses remplacent les chevaliers.
25. « Il y eut dès lors ;ù Jérusalem) deux maisons d^hospitaliers : celle de Saint- Jean et celle de Saint-Lazare. Ces fondations eurent lieu entre Tannée 1099, époque de la prise de la ville, et Tannée 1113, date de la bulle de Pascal II, qui approuve le nouvel Institut de Saint-Jean TEvangëliste (Ulys. Chevalier, op. cit., p. 22).
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{auxquels Tunion est si nécessaire ; le Grand Maitre suit saint Louis et la Maison de Boigny devient chef-lieu Maîtrise générale (1254) ^6. De là, pendant deux siècles, partent les instructions expédiées aux 3.000 établissements environ de Tordre, situés en : Asie, France, Angleterre, Ecosse, Allemagne, Hongrie, Savoie, Italie, Sicile, Espagne.
Le but de Louis VII et de ses successeurs n'est point d'entraver les efforts de l'initiative privée, des abbayes, des communes mais de les compléter et d'organiser des asiles soumis à une règle uniforme. Ces léproseries dépendant de Saint- Lazare de Jérusalem ne renferment pas de «œ«ir« affectées au service des malades 27. Deux maladières h Séedorf (Uri) et à Gfenn (Zurich) desservies par des femmes de haute naissance s'occupent exclusivement des lépreuses sous la direction d'un délégué du Grand Maitre (F. Vignat, op. cil,, p. 152-153) 2».
Les chevaliers suivent la règle dite de saint Augustin et se divisent en laïques (pouvant se marier) 29, en clercs et en prêtres. Us font tous un vœu spécial de charité envers les lépreux, sans que cela les empêche d'accepter le gouvernement d'asiles affectés aux autres malades ou infirmes^.
36. « Le Grand Maître qui parait avoir le premier exercé en Europe les pouvoirs statuaires est F. Regnault, revenu avec saint Louis de la Palestine » (E. Vignat, op' cii.^ p. 134).