‹ Histoire de la charitéChapitre 88 sur 112 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

§ 1. — Le sentiment religieux.

Nous venons de le voir, tous les efforts de TÉglise tendent à diriger la pensée des malheureux atteints de la lèpre vers le surnaturel afin de les aider à prendre en patience les maux terribles dont ils souffrent.

Pour atteindre ce but, les lépreux et les lépreuses sont, si l'établissement ofTre une certaine importance, admis à participer aux privilèges spirituels des confréries auxquelles appartiennent les personnes qui se dévouent à leur service, Ces infortunés frappés d'une affection que Ton s'accorde alors à considérer comme une épreuve imposée spécialement à certains chrétiens par la volonté divine en expiation de fautes commises ^, deviennent, eux aussi, des frères et des sœurs, et ils ne forment tous, en quelque sorte, qu'une seule famille religieuse ^.

Il n'est pas surprenant de constater que partout de nombreux exercices pieux sont imposés aux administrés. En parlant des statuts de la léproserie d'Amiens [Recueil Monum., tiers étatj op, cil,, t. P%p. 322), Augustin Thierry écrit : « Le règlement s'applique au maintien de la paix intérieure, aux bonnes mœurs et même aux devoirs religieux, » Il y a là une interversion ;

1. Principaux ouvrages consultés : Lefranc, Un règlement intérieur de léproserie au XIII* siècle, in-8, 25 p., Sainl-Quenlin, 1889 ; Léon Le Grand, Règlement de la léproserie d Epernatfy 1325, in>8, 19 p., Ëpemay, 1903 (ext. du Bulletin du laboratoire de viticulture de la maison Moët et Chandfin),

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