D' Folet. llôp. lillois dispHrus, op. cil., p. i
mentdire est fortifiant, les documents permettent de s'en faire une idée avantageuse.
Il faut ajouter que ces textes ne parlent que des allocations réglementaires variables avec le degré de richesse de la léproserie. 11 convient d y ajouter le produit des jardins particuliers affectés aux malades et les animaux, porcs ^ ou volailles, qu*ils peuvent élever à leur profit ^^ Indépendamment encore de la part aléatoire des aumônes.
De plus il existe une distinction entre les meseaux reçus par charité et les personnes aisées achetant une prébende de leurs deniers et jouissant d'un meilleur ordinaire 2*.
Des donations permettent aussi d'améliorer le régime des asiles. A Lucerne et à Wintherthur, les allocations réservées au début aux seuls lépreux ayant versé des capitaux importants sont étendues à d'autres catégories de malades (Biihler, op, cii,, p. 41 et 47).
Ceci dit, voici quelques indications générales présentant de l'intérêt.
Les ladres reçoivent selon les localités du blé moulu, ou du pain cuit. La quantité est toujours qualifiée de suffisante : « Prior autem omnibus personis de pane ad sufficientiam administret )> (Chartres, art. XXVll). 11 est défendu aux administrés d'en vendre ; la part des hommes reste plus considérable que celle des femmes.
Les distributions ont lieu chaque jour ou à des intervalles déterminés. A Saint-Quentin on donne un pain blanc et un pain noir (bis).
La viande est habituellement délivrée trois fois par semaine, elle consiste en « pièches de char », « pièches de lard », quartiers de moutons, ou de porc salé : « Quartam partem unius porci salsati. »
Des allocations supplémentaires existent lors des principales
20. « Se aucun des frères fait tuer un^r pourcel, il doibl avoir pour le saler demi boissel de sel (Aes AndeU/s, art. VI des ordonnances dudit hostel).
21. « Item aliquis dictorum leprosorum non débet habere in domo gallinas de jure nisi servis (?;i diclorum leprosorum, videlicet unum g:allum et unam i^allinam
tantum, nisi in muta »> (Lisieux, art. IX).
22. Voir Buvipnier, op. cit., et Labandr, op. cil , notamment p. 39 et 46.
294 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. — DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE lll
fêtes de Tannée ; à Sherburne, comté de Durham (Angleterre), les ladres ont à la Saint-Michel une oie pour quatre personnes. A Mézières ils reçoivent des poules à certaines époques ^-^
Les jours maigres on voit figurer à l'ordinaire des œufs (IV par tête), des harengs, « du pisson souffisamment. »
A Saint-Quentin ont « par le temps de Karesme, chascun jour, chascun deux blancs herenset iceulx deux fois le sepmaine du pisson*^ ». Dans cette même maladière il est distribué du fromage trois fois la semaine.
A Meaux, à « chascun touz les dimenches, depuis le premier de may jusques à la Saint Rémi un froumage blanc. »
Comme légumes figurent exclusivement les pois et les fèves. Aux Andelys un demi-boissel de pois par mois.
Les condiments : sel, huile, oignons, verjus, sont fréquemment mentionnés 20.
Les friandises apparaissent dans les menus : tartes, oublies, gâteaux divers, flamiches de pâtes lorsqu'on cuit le pain, figues sèches en carême, « soufïissamment du fruit selon les saisons de Tan. »
Il ne convient pas seulement de manger, il faut boire ; le vin est en usage ^6. Les hommes reçoivent une ration supérieure à celle des femmes. A Saint-Quentin, « li home un lot de vin et le feme trois pintes de vin tous les jours ». A Épernay, une quarte (environ deux litres) dont la moitié de qualité supérieure. La ration se trouve augmentée si le malade est gravement atteint.
Toutes les fêtes sont l'occasion de distributions complémen-
23. A Saint-Julien, près Saint- AlbansfAnjrlcterrc). le jour de la fête des patron» dir la maladrerie, un penny est accorde pour la pitance. A Sherburne, les malades reçoivent du saumon frais le jour de la saint Cuthbcrt, et à Bour^res au moment de la foire « chascun un jçastiau de III deniers et le commun des frères une jambe de porc et ung demi sesticr de vin » Guidault, op. cit., p. 38. A rapprocher ces allocutions de celles concernant le personnel des établissements hospitaliers, p. 188.