G. Cantu, Milano, Storia del popolo, 1871, p
308 HISTOIllÈ DE LA CHARITÉ. — TROISIÈME PARTIE. — ^^CrtAPÏTRE l***"
Les églises conservent Tusage d'avoir leurs regisli^t^. d'indigents — matricula^i. On affecte habituellement à ce serVfi^ 1® produit de quelques terres -2.
A Lyon, en 1123, à la suite d'une grande famine qui, malgi^ les efforts du clergé, décime la population nécessiteuse, l'Archevêque et son chapitre décident que désormais, en prévoyance d'une pareille calamité, tout chanoine jouissant des revenus d'une obédience doit verser entre les mains d'un aumônier spécial, autant de mesures de seigle, appelées mornanlets, qu'il est tenu de pourvoir de jours, à raison de son obédience, aux besoins du réfectoire commun. L'aumônier désigné ne peut, sous aucun prétexte, rien distraire de cette aumône qui reste exclusivement réservée pour subvenir à la nourriture des malheureux '^3.
Innombrables sont les distributions faites dans tous les pays à l'issue des services funèbres et des anniversaires. Tout fidèle fondant des messes pour le repos de son àme a l'usage de donner quelque chose au profit des pauvres.
Henri, évêque de Lubeck, ordonne de distribuer le lendemain de sa mort de riches offrandes aux indigents et de leur donner en outre, durant toute ime année, un marc par semaine *'*.
Une dame de Chalon s'exprime ainsi (14G6) : « Item veult le jour de mon obit estre donné pour l'amour de Dieu à tous pouvres venans en miennes processions jusques à trois douzaines de pains 2'^. »
21. « Ou exagère beaucoup rhiQdélilé des églises particulières à leur sublime mission de charité, surtout dans les dernière temps. 11 n a pas été assez tenu compte des malheurs des guerres religieuses et de l'appauvrissement des biens de l'Kgïise •» (Abbé Cucherat. De l'origine et de l'emploi des biens ecclésiastiques au Moyen Age, in-8. Lyon, 1860, p. 35-38).