LÉPROSERIE SAINT-SAVINIEN DE SAINT-SIMEON
Sur un pli de la montagne Saint-Siméon, à deux kilomètres d’Auxerre, près d’une source assez abondante, un hôpital fut élevé, et, la religion présidait à cette œuvre de bienfaisance comme à toutes les autres ; deux oratoires furent érigés, l’un sous l’invocation de Saint-Siméon, l’autre sous l’invocation de Sainte-Marguerite, parce qu’il y avait deux corps de logis séparés ; M. Chardon croit qu’il y avait deux établissements ; l’un destiné aux hommes ; l’autre aux femmes ; on peut le présumer ; cependant, les deux maisons n’auraient toujours formé qu’une seule léproserie, connue tantôt sous le nom de Saint-Siméon, tantôt sous celui de Sainte-Marguerite (1).
La ville avait probablement fait les frais de construction des bâtiments de cet hospice, mais un ou plusieurs bienfaiteurs, aujourd’hui inconnus, le dotèrent, caril possédait des biens fonds assez considérables, et la ville ne pouvait lui faire une pareille dotation.
Il possédait notamment les moulins et la ferme du
(i) Histoire à* 'Auxerre , de M. Chardon, T. 2 p. 18.
Saulce (i), puisque l’évêque Henri de Villeneuve ratifiait en 1 23 1 , la vente de cette propriété, que le recteur ou maître des lépreux avait consentie aux Templiers (2).
Voici ce que l’on lit au sujet de cette léproserie dans le calendrier historico-bibliographique des saints de Sens et d’ Auxerre.
« Saint-Siméon, prophète au i er siècle. Il est inscrit au martyrologe d’Auxerre, où il est dit : « Ante sœculum septimum, prope Autissiodorum extabat notnine Sancti Simeonis oratorium, cujus in suo testamento meminit bealus Virgilius Autissiodorensis episcopus. ‘ Post modum illic erecta fuit leprosaria domus quœ ad sœculum usque decimum septimum remansit. »
« Ni l’oratoire, ni la léproserie ne laissent plus de traces ; mais la montagne et la rue qui y conduit portent encore aujourd’hui le nom de Saint-Siméon. Quant au faubourg, il porte celui de Notre-Dame, à cause de la chapelle Notre- Dame-de-Lorette, qu’a remplacée celle du même nom, à l’asile départemental d’aliénés. »
Nous voyons dans un compte de 1488 que, à côté de cette léproserie existait ce qu’on appelait le Champ des Arènes, nommé alors le Désert de la Léproserie. On l’appelait le Champ de la Foire parce qu’il s’y tenait une foire qui fut supprimée en 1 52.5.
Ce fait assez extraordinaire de l’établissement d’une foire dans le voisinage d’une léproserie, n’est pas particulier à la
(1) Voir les pièces justificatives.
(2) Sens, Duchemin, imprimeur, 1865.
crd
ville d'Auxerre. En effet, il en existait une à Sens dans les mêmes conditions.
A Sens, il y avait, pour les lépreux de cette ville et des environs, un hôpital dénommé c Popelin ou c Popelain .
Il se tenait autrefois en ce lieu une foire considérable , presqu’aussi fréquentée que celle de Saint-Loup, qui avait lieu près de l’abbaye de Sainte-Colombe, et qui, depuis la Révolution, a été transférée dans la ville de Sens, le i cr septembre. Celle de Popelin se tenait le jour de la Saint-Jean. Le prévôt de Sens était obligé d’aller à cette foire avec ses sergents pour y maintenir la police, et d’y rester depuis huit heures du matin jusqu’au soleil couché. Pour ce, le prévôt recevait quinze sous, et les sergents chacun cinq sous (i).
En 1488, il n’y avait qu’un malade dans cette maladrerie ; les administrateurs de l’Hôtel-Dieu, lui donnaient sept sols six deniers pour sa subsistance.
En i486, on comptait trois malades, il y avait une vieille maison attenant à la Chapelle; pour la réparer on fit venir des maçons de Saint-Florentin ; on y voyait aussi une grange.
Jean Lusurier, habitant de la ville d’Auxerre, fut déclaré par M. l’archidiacre, official du diocèse, infect et lépreux. Les administrateurs lui donnèrent pour les six premiers mois de l’année deux livres cinq cent sols tournois.
Suivant le compte de la dite léproserie, en i568, il y avait cinq malades et deux servantes.
(1) Recherches historiques sur la ville de Sens et ses environs, Th. Tarbé, Sens, 1837.
ET