‹ Histoire de la charité ou de l'assistance publique, en Bourgogne, jusqu'en 1789Chapitre 17 sur 36 · SA FONDATION · texte numérisé non relu

SA FONDATION

Nous avons vu dans les chapitres précédents comment la Charité avait été exercée à Auxerre et dans le département de l’Yonne depuis le Moyen-Age jusqu’à la Révolution Française. Il nous reste à étudier dans ce chapitre l’histoire d’un établissement remarquable dont les Auxerrois ont été pendant longtemps fiers à juste titre et qui est encore aujourd’hui l’un des principaux monuments charitables d’Auxerre : nous voulons parler de l’Hôtel-Dieu. — Nous avons du reste pour faire l’histoire de cet établissement, un document très précieux ; c’est l’inventaire sommaire des

archives de l’hôpital d’Auxerre antérieures à 1790, rédigé par M. Drot, employé aux archives de l’Yonne.

Voyons d’abord comment il a été fondé : Les actes de fondation de l’établissement ont été égarés : il est même probable qu’ils ont disparu à l’époque des guerres de religion ; néanmoins, en consultant les renseignements que l’on peut puiser aux archives, on peut en déduire quelques données qui nous fixeront sur la fondation de cet établissement.

Un des mémoires concernant l’ liôtel-Dieu, et que l’on trouve aux archives (1) nous fait connaître que la piété seule des habitants a commencé l’établissement et que leur charité le fait subsister.

Ainsi, l’Hôtel-Dieu, au Moyen-Age, a eu la bonne fortune de la plupart des maisons de Charité : c’est par les dons, les legs, la piété des personnes charitables qu’il a commencé à s’élever.

Nous ne connaissons ni le nom de son fondateur, ni la date de sa fondation, les plus anciens titres ayant été brûlés par les calvinistes en 1 56 p. Il est probable qu’il fut fondé vers le milieu du xn e siècle; car nous savons qu’en 1166, Guillaume IV, comte d’Auxerre, ayant voulu donner plus de régularité à la nouvelle enceinte construite autour de la ville coupa le vaste cimetière de Montartre dont une partie resta en dehors des nouveaux murs, du côté du faubourg Saint- Amâtrc et l’autre au dedans de la ville. C’est dans cette dernière partie qu’avait été construit l’hôpital, anciennement appelé Maison Dieu du Montartre , parce qu’il était situé près d’une église érigée sur le Mont Artre (moits aulricus)

(1) Série B. H. supp* 2.408.

placée sous l’invocation de Saint-Symphorien, plus tard sous celle de l’Evêque Saint-Amâtre.

En 1 166, lorsque pour la première fois, on renferma dans une enceinte de murs les faubourgs qui s’étaient formés autour du château-fort ( castrum ), que les Romains avaient élevé pour dominer la ville et qui était devenus la cité, l’hôpital du Mont Arlre, fut transféré dans l’intérieur de la nouvelle ville, près de la porte Chantepinot ; il fut désigné longtemps sous la dénomination de Grandes Charités , et reçut aussi le nom à' Hôtel-Dieu de la Madeleine , en raison de ce que, vers la fin du xm e siècle, Guy de Mello, évêque d’Auxerre, rapporta, de Vézelay, des reliques de Sainte-Marie-Magdeleine, qu’il déposa dans la chapelle des infirmes de cet établissement (i).

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