‹ Histoire de la charité ou de l'assistance publique, en Bourgogne, jusqu'en 1789Chapitre 7 sur 36 · LD · texte numérisé non relu

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Sous le pontificat d’Urbain II, en 1092, il s’était établi un ordre religieux qui se consacra au soulagement de ceux qui étaient atteints de ce mal. Enfin, vers la fin du xm 6 siècle, Hugues Noyers, évêque d’Auxerre, changea une synagogue de juifs que le comte Pierre de Courtenai venait d’expulser d’Auxerre, en un hôpital dont la direction fut confiée à des religieux de Saint-Antoine ; cet hôpital était situé sur la paroisse de Saint-Regnobert, vis-à-vis de l’église ; il fut transféré plus tard sur les confins de la paroisse Saint-Eusèbe.

Une autre maison de charité, l’hôpital de Saint-Michel, était établie près de la porte d’Eglény dèsjla fin du xui c siècle. Aux termes du testament de Gérard-de-Ville-sur-Arce, chanoine d’Auxerre, elle servait d’hospice à ceux qui allaient en pèlerinage au Mont-Saint-Michel, et c’est là que furent reçues les religieuses du tiers-ordre de Saint- François venues d’Abbeville pour servir dans l’Hôtel- Dieu, comme le témoigne un compte de la ville en 1296. Il en est fait mention dans les titres de la maison sur laquelle le curé de Saint- Regnobert recevait huit sols quatre deniers de rente, qui lui furent remboursés en 1488.

Le compte de la ville, en 149°’ disait encore qu il fut fait un parc devant la Maison- Dieu de Saint-Michel, près de la porte d’Egleny. Il y avait anciennement une grande chambre garnie de plusieurs lits pour y coucher les pèlerins de Saint-Michel.

L’hôpital de Sainte-Catherine-des-Aulx portait ce nom parce qu’il était situé du côté de la place où l’on vendait 1 ail. Il résulte du compte de la ville en 1436 qu’à cette époque

on y recevait encore des pauvres, puisque la ville donna un mandat d’une somme de ioo sols à Jean Foucher, administrateur dudit hôpital, afin de faire construire des cheminées pour chauffer les pauvres. Au xvn 6 siècle, cet hôpital était encore indépendant, car, à la demande des administrateurs de l’ Hôtel-Dieu de faire réunir l’hôpital de Sainte-Catherine àl’Hôtel-Dieu, le chapelain répondit que c’était une chapelle et non un hôpital, et par suite refusa l’annexion.

Il y avait encore l’hôpital de Saint-Jacques destiné à ceux qui allaient en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. I! était sur la paroisse Notre-Dame-la-d’Hors, près des buttes, à l'entrée du quartier nommé le Grand-Caire et qu’on appelait, en 1 568, l'Aulre-Monde.

Enfin, au xvi 8 , existait également un hôpital sur la paroisse Saint-Pélerin, appelé hôpital Saint-Père-en-Vallée. Il était situé dans la rue du Grand-Renard, à la partie inférieure de la rue Joubert.

Les comptes de la ville nous apprennent qu’il avait un receveur particulier en i5g5. Seulement il n’eut pas une longue durée; en 1610, Henri de Lambert, abbé de Saint- Père, aliéna au sieur Fermer, courtier en vins, le terrain de l'hôpital, moyennant vingt livres de rente, dont moitié pour l’abbaye de Saint-Père et moitié pour les Grandes- Charités.

En dernier lieu, l’abbaye de Saint-Germain avait également son hôpital, qui était situé dans la cour du monastère ; il jouissait d’assez bons revenus ; mais Mgr de Bellegarde, archevêque de Sens et abbé de Saint-Germain, réunit à l’abbaye la maison de l’hôpital avec les jardins voisins, ferma

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la porte de l’hôpital en 1614, et au lieu et place des lits des pauvres malades, ht construire un pressoir à l’usage de l’abbaye.

Enfin en 1710, à la fin du règne de Louis XIV, la misère en France était si grande, que Mgr de Caylus, évêque d’Auxerre, voulant en prévenir le retour, ou au moins la rendre plus supportable, créa une institution qu’il désigna sous le nom d ’ Aumône générale et qui avait pour but de régulariser pour les indigents, la distribution des dons et aumônes destinés au soulagement des pauvres. Le bureau d’administration fut composé de chanoines de la cathédrale, de curés, d’officiers du bailliage et de l’hôtel de ville; il s’assemblait à l’évêché plusieurs fois par mois. Des quêtes alimentaient la caisse. Cette institution subsista jusqu’en

L’auteur de la Vie de Mgr de Caylus nous apprend comment se faisait la distribution des secours. — « L objet du bureau est de procurer du pain aux pauvres de la ville, dont chaque curé donne un état détaillé pour sa paroisse. Les pauvres compris dans l’état se trouvent tous les dimanches dans une chapelle près la cathédrale, où le chanoine préposé leur dit la messe, leur fait une instruction et leui distiibue la quantité de pain fixée par le bureau ; on leur donne du bois en hiver ». La quête avait lieu quatie fois pai an. Les pauvres honteux y avaient une part réseivée. Outie 1 aumône générale, chaque paroisse de la ville avait sa Chai ilé , dont l’objet était de secourir les femmes en couches et les petits enfants. Des dames dites de charité étaient chargées de cette mission.

La ville d’Auxerre a eu également son Hôtel-Dieu et ses Grandes-Charités : mais ces deux établissements ont eu une si grande importance que nous leurs réservons une étude spéciale dans les chapitres suivants.

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