FONDÉ PAR LA PRINCESSE MARGUERITE DE BOURGOGNE ETC., ETC
Mais ce n'est pas seulement à Auxerre que la charité s’exerçait au Moyen-Age et dans les premiers siècles des temps modernes. Les principales villes et communes du département de l’Yonne se distinguèrent également par leurs œuvres charitables : ainsi Joigny, Sens, lonnerre, Chablis, Appoigny, Coulanges-la-Vineuse, Bléneau, etc., eurent leurs hôpitaux.
Sens
A Sens, par exemple, l’ancien hôpital, dont la principale façade se développe sur la place Saint-Etienne, sert aujoui-
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d’hui de halle au blé ; l’ancienne chapelle, de boucherie ; et les bâtiments qui s’étendent le long des rues de Saint-Etienne et du Plat-d’Étain-d’en-Haut, servent de caserne à la gendarmerie. Lorsque l’abbaye de Saint-Jean fut acquise par la ville, le cardinal de Loménic y transféra l’hôpital, dont la situation au centre de la ville était incommode. Sa fondation remontait à plusieurs siècles, et la chapelle, qui a été transformée de nos jours en halle aux bouchers, a conservé quelques traces des premières constructions. Les cinq longues fenêtres du côté latéral nord et la corniche placée au-dessus, enfin les six lourds piliers, aujourd’hui enclavés dans de nouvelles constructions, indiquent le xin° siècle. La façade a été remaniée au xv e siècle.
Coulangos-la-Vineuse
A Coulanges-la-Vincuse, Philippe de Sainte-Croix fonda en 1378 un hôpital, dont les ressources, d’abord fort modiques, s’accrurent plus tard par l’adjonction des Maisons-Dieu et Maladreries voisines. Ces ressources, d’après le titre de fondation (1), consistaient en une somme de 100 florins une fois payée par l’évêque ou, à son défaut, par ses héritiers ; en une rente annuelle de 3o livres, à la charge du seigneur, et en certains droits d’usage dans les bois de ce dernier.
Le chapelain, présenté par le seigneur, était institué par evêque d’Auxerre, qui devait percevoir une somme de vingt livres, pour son droit de collation et de surveillance. C’est
( 1 ) Archives de V Yonne.
avec ces revenus qu’on devait pourvoir à l’entretien des quinze lits que renfermait l'hôpital et aux besoins des malades et des pauvres. Dans les cas, peu rares sans doute, où tous les nécessiteux ne pouvaient être secourus, on devait se contenter d’après l’acte de i 3 p 8 , de leur donner asile pendant la nuit, et leur dire le matin : « Allez et mendiez ».
Vers la fin du xvn c siècle, l’hôpital de Coulanges qui, depuis de longues années, par suite de négligences et d’abus, n’avait rien conservé de sa destination primitive, tomba, en vertu d’une mesure générale, entre les mains des chevaliers du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem. Toutefois ceux-ci n’cn prirent possession que le 6 décembre 1690, et n’en conservèrent pas longtemps la jouissance. Car un arrêt du conseil, du 4 mai 1697, et des lettres-patentes du mois de juillet suivant reconstituèrent cet hospice sur de nouvelles bases, ajoutant à scs anciens revenus ceux des maladreries et des hôpitaux de Saint-Cyr, de Cravant, de Mailly-lc- Château et de Mailly-la-Ville. 11 est probable que tous ces revenus, quoique peu considérables, furent affectés réellement au service des malades et des pauvres. Nous ne trouvons plus rien en effet dans nos archives de semblable à cette note portant la date de i 683 , et ainsi conçue : « Néanmoins les seigneurs du heu s’en sont emparés (de 1 hôpital) comme d'une chapelle pour laquelle ils ont présenté un près Ire , lequel, avec des provisions, possède le tout sous le titre de chapelle de Saint-Vincent, dans la chapelle qui est en mauvais estai ». La nouvelle organisation de ce pieux établissement se maintint jusqu’à 1 an II de la République.
IVTaligny
Les titres de l’hôpital de Maligny, dont M. l’abbé de Simiane, seigneur, a été le dépositaire, nous montrent que cet hôpital a été fondé au xm e siècle, vers l’année 1200, par les seuls seigneurs de Maligny. Enfin, un mémoire, rédigé vers iydo, probablement pour l’évêque d’Auxerre, nous prouve que l’hôpital était, à l’origine, une léproserie fondée par les seigneurs de Maligny pour leurs vassaux; mais la léproserie fut transformée en hôpital le i 5 avril 1695.
Comment cet hôpital s’est-il développé ? En quoi consistaient ses biens? Suivant les baux qui ont été conservés, les terres et prés sont amodiés pour la somme de 160 livres. La maison possède en outre 80 livres de rente qui sont versées parles particuliers : mais, comme quelques-uns sont devenus insolvables, le revenu net de l’hôpital monte au plus à 200 livres par an. En outre, les biens de l’hôpital ont été attribués à cette maison par les seigneurs de Maligny qui, à l’origine, les avaient constitués pour en faire profiter leurs seuls vassaux.
Comment ces biens étaient-ils administrés? A l’origine, les seigneurs, en même temps que fondateurs, en étaient les premiers administrateurs et avaient même le droit de nommer tous ceux qui devaient desservir le dit hôpital. Faisaient également partie du bureau d’administration, le curé et les officiers ou notables habitants du lieu. Il y avait en outre un trésorier chargé de rendre ses comptes au bureau de la
direction, en présence de M. l'abbé de Simianc, seigneur de Maligny.
Y recevait-on les malades r
L’hôpital de Maligny était plutôt un bureau de bienfaisance qu’une maison hospitalière. Son revenu était au plus de 200 livres par an ; si on y avait reçu des malades, un seul aurait absorbé plus que le revenu en moins de six mois. C’est pour cela que le bureau d’administration avait chargé le curé d’examiner les besoins de tous les pauvres et de délivrer à chacun, selon ses besoins, un mandat à payer par le trésorier, mandat qui devait assurer des subsistances pour un temps déterminé.
La maison dudit hôpital a été rebâtie vers 1 7 ° 5 , et est aujourd’hui en assez bon état. On y logeait au siècle dernier une pauvre famille, et lors de 1 incendie de iy 33 , on } recueillit plusieurs personnes jusqu’à ce que leurs maisons fussent rebâties (1).
Gravant;
Cravant avait également un hospice, car nous voyons que, en 1757, Louis XV, par ses lettres-patentes du mois de juillet, accorda à l’hôpital de Cravant tous les pii\ilèges des autres hôpitaux du royaume. L’évêque d’Auxerre, Mgr de Caylus, ayant supprimé les Ursulines en 1749, avait donne à l’hôpital de Cravant le reste des biens de ces religieuses et y avait établi deux soeurs régentes chargées de soigner les
(1) La maison de l’hôpital de Maligny n’existe plus aujourd’hui.
pauvres malades et d’instruire les jeunes filles. Les lettrespatentes confirmèrent ces dispositions, et les revenus de l’hôpital s’élevèrent alors à i ,800 livres ; 1 ,000 livres provenant des biens des Ursulines et 800 livres de son ancienne donation.
I! y eut un bureau de direction, composé du seigneur, du premier officier de justice, du procureur fiscal, du maire et du curé. Trois personnes choisies dans le bureau administraient l’hospice pendant trois ans. En outre, un bureau général composé des échevins, du capitaine, du fabricien et des anciens administrateurs réunis au bureau ordinaire, s’assemblait deux fois par an pour décider les affaires importantes. En 1767, Mlle Guitton de Vermenton est nommée pour avoir soin des malades, aux gages de cent livres par an.
Oliatolis
A Chablis, l’hospice était situé au faubourg Saint-Pierre. Il avait été fondé par les habitants au xnr siècle : son église, dont il ne reste que le chœur, est de cette époque. En i 5 q 5 , le prévost en nommait les administrateurs; au xvnr siècle, le corps de ville a pris sa place.
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Il y avait deux hospices à Noyers, l’un dans le faubourg, l’autre dans la ville : tous deux n’ayant qu’un revenu médiocre.
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Le premier, attenant à la chapelle Notre-Dame du faubourg, fondée par Miles, seigneur de Noyers, communiquait avec cette chapelle et reconnaissait très probablement le même seigneur pour fondateur.
Il y avait, au fond d’un jardin, quatre chambres au rez-de-chaussée, occupées par quatre pauvres femmes à qui on donnait du pain et de la viande. Le revenu, dont l’entière direction appartenait au maire et aux échevins de la ville, était d’environ cinq cents francs.
Les bâtiments de cet hospice ont été aliénés et le produit de la vente a été appliqué à l’ Hôtel-Dieu, situé dans la ville. L’autre hospice se trouve dans la rue de Yenoise\ les bâtiments sont construits sur le mur d’enceinte de la ville, du côté du levant, au bord de la rivière ; il a été fondé et bâti par l’abbé de Selles, ainsi que la chapelle sous l’invocation de Saint-Nicolas.
Appoigny
Appoigny avait un Hôtel-Dieu dès les premiers temps du Moyen-Age. Ainsi nous voyons dans une lettie de Gui, ministre de l’hôpital du Mont-Jou, en Savoie, à Guillaume de Seignelay, évêque d’Auxerre, au sujet du règlement de l’hôpital d’Appoigny, que cet hôpital avait été fondé au commencement du xnf siècle par l'évêque Hugues de Noyers « in domo Dci de Appogniaco, caslro vestro, a bonæ memoriœ Hugone prœdccessore vestro fundata » (i).
(i) Voir Lebeuf, Mémoires sur l’histoire civile et ecclésiastique d’Auxerre. T. IV.
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Nous voyons en outré dans les GesLi Ponlificum Autissiodorensium (i) que l’évêque Guillaume (1207-1220) donna en 1220, à cet hôpital, les terres de Branches et ses dépendances : « eamdem insuper villam cum nemoribus et alus appenditiis suis etparlem nemorum de Courum, quœemit a Guillelmo Grosso , milite, hospitcili de A pogniuco m perpeluam eleemosynam assignavil.... » (2).
Cet hôpital d’Appoigny fut délaissé pendant quelque temps jusqu’à la lin du xvii e siècle ; car un arrêt du Conseil du 29 mars 1697 et ^ es lettres-patentes du roi ordonnent que l’hospitalité sera rétablie pour les pauvres malades de la ville d’Appoigny ; et, à cet effet, l’hôpital, qui sera reconstitué, jouira des' biens de la maladrerie d’Appoigny, et de ceux de l’ancien Hôtel-Dieu dudit lieu (3).
Saint-Fargeau
Il en fut de même à Saint-Fargeau ; cette petite ville eut de bonne heure un hôpital qui fut bientôt délaissé. Ainsi, nous voyons qu’en i56o, les deux établissements dotés par Antoine de Chabannes, le chapitre et l’hôpital souffraient, par suite de la dépréciation de la valeur commerciale de l’argent, de l’insuffisance des rentes qui leur étaient payées par le seigneur. Touché de cette situation précaire, René d’Anjou avait voulu venir du moins au secours du plus
(1) Bibliothèque historique de V Yonne. T. I, page 472.
(2) Voir les pièces justificatives, no 2.
(3) Lebeuf, ouvrage déjà cité, T. IV, page 375.
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pauvre, en donnant annuellement aux religieuses, chaque année, pour les nourrir et les « subslancer , dix sepliers de blè-mèteil , un millier de fagots de chêne, trois charrettes de foin, du beurre et du poisson l’avent et le carême, les gages de leur receveur et la paisson de six pourceaux. Sur V instance des sœurs , Nicolas d’Anjou continua cette bonne œuvre ; ses successeurs accordèrent également à l’hôpital une subvention équitable et généreuse , mais si l’un d’eux a pris à ce sujet quelque engagement formel, le litre en a disparu » (i).
Antoine de Chabannes, en 1474, fonda le chapitre de Saint-Fargeau et y annexa l'hôpital de cette ville,
Enlin à la fin du xvn e siècle, l’hôpital redevint prospère ; et, par arrêt du 10 septembre i 6 ç 5 et lettres-patentes, les biens et revenus cie la maladrerie de Saint-Fargeau furent réunis à l’Hôtel-Dieu de la même ville (2).
Seignelay
A Seignelay existait aussi un hôpital qui fut détruit, mais réédifié ensuite par les soins du duc de Montmorency ; il le fit rebâtir, dans la grande rue, près de l’église, à la place de l’ancien, et ajouta pour condition expresse, dans 1 acte de donation qu’il fit de cet édifice, qu’il était destiné à perpétuité pour les religieuses chargées du soin des malades et des écoles, et que, dans le cas où elles quitteraient cette maison,
(1) Lebeuf, ouvrage déjà cité, tome IV, page 375.
(2) Lebeuf, ouvrage déjà cité, tome IV, page 374.
elle retournerait à sa famille. Mme Anastasie Geouffre, ancienne supérieure des religieuses, ayant racheté le jardin et une partie de la maison à la suite de la Révolution de 1789, les donna aussi pour le libre usage des sœurs.
Cet hôpital remonte à la léproserie, dont il ne restait plus que le nom, lorsque Polbert 1 1 , par une grandeur d’âme sans exemple dans nos annales, laissa, par testament, un fonds de vingt-cinq mille livres pour la faire rentrer dans l’esprit de sa première destination et pour assurer son existence. Léon de Montmorency ajouta encore quatre mille livres. Ces sommes, et d'autres moins considérables, donnaient, en 1780, un revenu de dix-huit cent cinquante francs. Depuis Colbert, il y eut huit lits pour les malades. Sous Léon de Montmorency, on cessa de les recevoir ; mais on assura quatre lits à l’hôpital d’Auxerre pour les malades de Seignelay, moyennant une rente de vingt-quatre francs pour chaque lit. L’administration prit cette décision pour diminuer les charges et multiplier les secours.
Trois sœurs de la Charité et de l’Instruction chrétienne de la congrégation de Nevers, assistées d’une domestique, sont chargées du gouvernement de cette maison depuis le 25 juin 1753. Dans le principe, c’étaient deux religieuses, qu’on appelait Sœurs Grises. La supérieure est autorisée, par arrêt du parlement, à distribuer des médicaments aux personnes aisées ; et, par ce moyen elle parvient à entretenir, sans frais, une pharmacie en faveur des pauvres ; car ces religieuses vont voir les malades dans leurs maisons, et leur prodiguent tous les secours et tous les soins dont ils ont besoin. Elles étendent leurs sollicitude jusque sur les vieil-
lards et sur les orphelins. Les distributions de pain et de viande se font, toutes les semaines, dans une proportion établie d’après les besoins des malheureux, et les ressources de l’établissement.
Pendant la Révolution de 1789, cette fondation, la plus précieuse que Seignelay eût reçue de ses seigneurs, fut sur le point d’être détruite.
Saint-Florentin
L'Hôtel-Dieu de Saint-Florentin ne jouit pas d’une grande prospérité pendant le Moyen-Age, il faut arriver à la lin du xvnh siècle pour voir cette maison se développer et acquérir quelque importance. C’est ainsi qu’en 1769, elle contenait dix lits pour les malades et le logement était absolument insuffisant ainsi qu’il ressort des Lettres-patentes (1) du Roi, du mois de février 1769, permettant aux Directeurs de l’Hotel-Dieu d’acquérir des emplacements contigus audit hôpital.
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L’hôpital de Toucy eut le même sort ■. Tombé d abotd en décadence, il reprit sa prospérité vers la lin du xvn e siècle : ainsi nous voyons que pararret du conseildu ioseptembie 1690 et Lettres-patentes, il est ordonné que 1 hospitalité seia îétablie pour les pauvres malades à 1 Hotel-Dieu de 1 oucy, et
(1) Voir ces Lettres-patentes aux pièces justificatives.
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qu’en conséquence de l’union portée par ledit arrêt, l'hôpital de Toucy jouira des biens et revenus des maladreries de Toucy, Mézilles, Saint-Sauveur et Moutiers (i).
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La Charité fut également exercée à Bléneau. Il y eut même un différend assez curieux au xvn c siècle, entre la ville de Bléneau et l’Ordre de Saint-Lazare au sujet de son hôpital.
Par un édit de 1672, Louis XIV avait remis aux Ordres de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare les revenus des hôpitaux, Maisons-Dieu ou aumôneries, à la charge par eux d’y exercer l’hospitalité. Les revenus de l’hôpital de Bléneau revendiqués par ces derniers, venaient d’être saisis à leur requête. La ville demanda main-levée de cette saisie et, le I er août 1676, un arrêt de la Chambre royale séante à l’arsenal à Paris, lit droit à ses prétentions ; mais la justice n’avait pas dit son dernier mot dans cette effaire.
On plaidait encore en 1680, et ce fut sans doute l’édit de 1693 qui mit fin à ces longs débats en affectant de nouveau les revenus des hôpitaux à la subsistance et au soulagement des pauvres malades.
Cependant, si la ville jouissait paisiblement des revenus de son hôpital, ceux de la maladrerie étaient restés en la la possession des hospitaliers de Saint-Lazare. Un édit donné à Versailles en décembre 1696 ordonna la réunion à
(1) Lebeuf, ouvrage cité, tome iv, page 374.
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l’ Hôtel-Dieu de Bléneau des biens et revenus de la maladrerie dudit lieu pour être aussi employés à la nourriture et à l’entretien des pauvres malades.
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Saint-J ulien possède également un Hôtel-Dieu ; sonorigine se rattache aux chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem qui firent les premiers fonds. Six lits furent dotés à diverses époques ; la maison fut dans la suite desservie par trois sœurs de la congrégation de Tours : l’éducation des hiles leur fut confiée; en même temps elles soignaient à domicile les malades que l’hospice ne pouvait recevoir ou dont 1 admission présentait quelques difficultés.
Une sage administration a beaucoup augmenté les ressources de cet établissement; elles excèdent aujourd’hui 5.ooo francs de revenu annuel.
«Joigny
Il faut arriver au xiv e siècle pour voir les institutions charitables se développer à Joigny. En i3oo, la comtesse de joigny, Jeanne, épouse de Charles de Valois, frère du Roi Philippe de Valois, résolut de doter sa ville natale d’un magnifique hôpital.
La comtesse donna à son œuvre les plus grandes proportions, et l’entoura des garanties les plus hautes. Le Pape, le Roi, l’Archevêque de Sens en confirment la fondation. La
maison placée sous l’invocation de tous les saints, fut érigée, en i33o, sur l’emplacement qu’occupe encore aujourd’hui l’Hôpital (i). Une charte solennelle reçut les statuts de cette fondation. La comtesse y déclare, après de pieuses réflexions et des hommages rendus à Dieu et à sa glorieuse Mère, « qu’elle veut venir en aide aux pauvres de Jésus-Christ en suivant les prescriptions de l’Évangile , et par là , mériter la gloire éternelle qui y est promise à ceux qui les secourront en ce monde ».
Un maître est proposé à la tête de la maison. Il est assisté de six frères dont cinq sont prêtres, et de six sœurs; tous sont pris dans l’Ordre de Saint-Augustin. La comtesse déclare encore que l’hôpital est fondé pour y pratiquer les sept œuvres de miséricorde. Et la libéralité qu’elle a mise dans la dotation de la maison a permis facilement de remplir ses volontés.
L’hôpital de Joigny, richement doté, fut accru en 1 336 de l’emplacement où il devait être construit dans le faubourg. Le comte et la comtesse y attachèrent, à cet effet, dix maisons et leurs dépendances, et y ajoutèrent le cours d’un ruisseau venant du Tholon, et des terrains à l’entour. Bientôt on vit s’élever les vastes bâtiments destinés aux services hospitaliers et aux religieux, et la chapelle qui devait recevoir les tombeaux de plusieurs comtes de Joigny. Une enceinte, couronnée de créneaux, mit l’hôpital à l’abri des coups de main auxquels il aurait pu être exposé dans les temps où l’on recourait si souvent aux armes pour vider les querelles.
(i) Voir ci-contre le sceau de l’Hôpital au xiv e siècle. (Fig. i).