‹ Histoire de la chevalerieChapitre 10 sur 20 · HI^TOI&E · texte numérisé non relu

HI^TOI&E

deus; '[partis dans, le «ouierr.aio duminéhr. Plus souvent encore , tous lés chevaliers combattant

.^ la fois donnaient une' idée* exacte dû tumulte d'ubiphamp de bataille^' ' .

Enfin arrivait le momeipt de décerner le ftix.

.au triomphateur. Les hérauts d'armes et les ma^

^^échaux du camp allaient recueillir les^fvis des assistants ^ ^t principalement des dam^ ,^puîsb venaient en {aire un rapport^inîpartiâl au prince qui présidait à la fête.."!Alors leé' Juges ^diseurs nommaient le vaioqaeuf* ^ Sagtevpix.^les hé- 4(auls> le renommaient à Ieui»tottr, et cet nsage SatVottgme^vimqf renommée {\)^

A i^ine a-t-on fait connaître ces il^% gtot* vieux que les cloches » les ^inbales, les flûtes», les trompettes , les chapts ^o^ troubadour , dû trouvère» dum^éstrel» remplisseiitfii.lafQis les air»4fs sons et des accords de .F allégresse ; on se hâte» on accourt pour contempler à leur pasâage les, héros qui se renfdent aux pi^ds de< la rflne

, pour y être couronilës .par elle. Chacun les téïi> «ite» les apnlaodit, veuMoucher Içs armeS glo- . rieuses dont bientôt coQidie des monuments sacrés» les xpi^tes des temples seront ornées.- Du haut des balcons, oh je|te à pleines mains les fleurs sur ce» bra^vs guerriers portés en tr joml^é dans les bras, de 1» Wle«ei^ipcesé^»'}H^qii'aa baUion rcfyaLXa feine prenaîït'des mains d^^ôn

(i>LeP, M€nes1|Ter. -4 ^^

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aogasle époux la courçnne ou chapelet d'îionneur,, le remet au vainqueur prosterné devant elle r alors le roi lui dit ; . *

tt Sire chevalier» pour le grand çffort quécha- » cun voi;is a vu faire aujourd'hui » et à ra;sonqu& »par votre proaesse» votre parti a été victorieux,. »par le^onsentement de tous les meilleur^ avec ^ 9 le vouloir des dames, le prix et los vous est 9 adjugé, ^mine à celui è qui le bon droit apspartient. » ■ •

Le chevalier réypond huiablement :

a Mon très-honoAé seigneur (ou souverain s'il » était son sujet) , je vous rend^ grâces inlinies et »atix daiBies «t aux theVâl^ers ci-présents de «l'honneur qu'il .vous a plu me déférer; et bien > que je connaisse ne l'avoir nullement gagné» i( néanmoins pour obéir à vos bons commande- . sments et à ceux des dam^ /^puisque tel est » votre vouloir, je le prends et accepte (i)* '

14'instant 011 cet heureux guerrier relevant;^a tête coqverte & lauriers, reçoit le baiser de la da9ie ou demoiselle d'honneur, est le liouveaut signal des applaudisseinents et des acclama^ioDs*. La joie , l'ivresse publiques sont à leur comlde ; les vain4uevirs étonnés^ i^ierdits de cettç.pr^fur sioo dé* bonheur» de ce concert d'éloges^ ^eipblent fléchivsqus le. p^îds des honneurs. Cjçs braves, dont cent fois le edurj^ge afFyoota d'un

(1] LalColombfcre, Thé'&y'e dibonnear et dechev^rie.

œil serein, d*un front inaltérable, les dangers et la mort , ne peuvent, supporter l'excès de leur félicité; le^uns s'évanouissent dans les bras de leurs écuyers; d'autres pleurent et sourient comme 'de simples eilfants '(i) , se jettent sur le sein de leurs amis » de leurs compatriotes , de tpus ceux enfin qui désirent les voir et 1er presser contre leurs cœurs.

. Cependant les troubadours montés dans les galeries font entendre ce chant guerrier (2) :

<( Quel est le gentil bachelier engendré au mi- )> lieu des armes, allaité dans un heaume, bercé » sur un boticlier*et nourri dq chair dé lion ? » s'endormant au bruit du tonnerre; il aie visage » du dragon , les yeux du léopard et l'impétuo- » site du tigre. Dan^ le combat voilà qu'il s'eni- » vre de fureur, et découvre son ennemi autra- » vers des toqrbilloiiè de poussière; tel le faucon ^ voit sa proie à travers les nuages. Rapide com- > ne la foudre 9 il renverse' le paladin de son )) Coursier, et son poing, ainsi qu'une massue , » petit les écraser l'un et l'autre. Pour mettre » fin à une grande aventure, il ne craindra pas » de franchir les mers d'Angleterre ou les cimes » du Jura. Dans la bataille, on fuit devant lui » comme la paille légère fuit devant la tempête;

(1) Laçurne de Sainte-^alaye.

(2) L'original de ce chant , traduit par M. de Marchangj, se tromve dans les fabliaux et poésies de Legrand d'Aussi, tom. i, page 161.

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» aux joutes,. ni &r, ni plaiinè, ni lance, ni, i> bouclier, ne peut résister à ses coqps. Les gî^i- »^yes brisés, Tbijelnedes chevaux i'umants ;. les » piques, les hauberts fracassés, voilà les spec- )» tacles et les fêtes chcres à son qoble cœ\&. Il » aime à parcourir les monts et les vioillées pour 'D'atta(]lier les ours, les sangliers et les cerfs dans )> le temps de kurs amours. Pendant son som- )> méil, son casque, est son oreiller. )>' ' . •

.Après lès; tournois , le chevalier quittait son arniure brisée et souillée^ de poussière; puis, en sortant du bain, se couvrait d* un b^hit galant Siffeié juste- au- corps, parce qu'en effet, serrant le corps, il dessinait sans aiicun pliJlous les contours de la taille et des bras. Ce vêtement d'une coqpe gracieuse, et dont nos plus ingénieux mo- ^stes ne surpasseront jamais l'élégance,* était ordinairement d'une couleur vive et claire, souvent d'un jaune pâle^quc rehaussait une broderie brillante i il descendait jusqu'au dessus des genoux , et f quoique paraissant fermé sur Je de^ vant comme une Punique,- il s'entr* ouvrait au moindre iik>u?ement ,' et laissait à la démarche son aisance et sa grâce. Un pantalon également serré,, de courtes bottines ou des brodequins de couleur, une ceinture de soie blai\che à frange d'or et no^ée avec goût sur le côté> oit elle rc«tenait l'épée; .iquelquefois un manteau de samis écarlate, dont le collet était richement brodé , complétaient son costuma* Sur la poitrine peu*

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dâient Içs ordres de chevalerie. Le collet rabattu de sa caàiise de lin , laissait à découvert son cou oii retombait sa^evelure bouclée. Pour cpiiTui*e, il avait une toque dé velours ornée d'une plume flottante en arrière.

C'est dans ce costume qu'ils attendafent les daines d'honneur chargées dé les conduii^ ad palais du roi , oii le banquet se trouvait préparé; mais avant de partir, elles les parfumaient 'de senteurs précieuses . et souaves, quelquefois fnême leur mettaient de la poudre sur teuri eheye ux.

Dans les brillants salons d'une cour polie et magnifique^ ils recevaient en particulier des éloges encore plus flatteurs et plus délicats.

Les chevaliers qui avaient obtenu des prix , se plaçaj,entf près du.roi; mais ces héros tant admirés , ces héros dont \e s^ng et la sueur venaient de couler avec tant de gloire , gardant un air iU mide n'osent élever la voix, car ils se souviennent dii proverbe que^ leur répète souvent maint

troubadour:

' "Cti chevalier, n*en douiez pas ,.] , ' * \ Doit férir haut et parler bas.

' Après le repas 9 le roi et les princesse^ distribuent aux semeurs et aux dames de la cour, de belles robes et des livrées , car alors \ie se confondaient pas les livrées honorables avec les givrées de wrritvièdsi des fnanteaux <t honneur et

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des inorÎQOfi d'aicier étaieàC également offerts .anx cheyaliersé On se rendait énsi^ite au hal» où'ceux qui avaient mérité des prix> dansaient des ifvat' rolles et (ks ranidés îiTëc la reine et leç plus grandies dames-de la cour^ Le roi yisitant toutes les

salles» et souriant à la belle luimeâr des convi-

Tes, se pr^iait à dire quelquefois r Or ^a^ sautez et dansez i, vous qui aimez loyalement. Souvent le fond de la.salle s'ouvrait; et des quadrilles exér cutaient/sous ^divers costumes , des ballets allé» gorîques et champêtres.

. Ce récit» quoique incomplet, pourra dpnner une idée de ce qu'étaient les fêtes de la chevalerie au moyen^âge. t II est permis de Taffirii^r, dit ItL de Marchaogy; les Grecs et les Roiùains n'offrent rien de comparable à réélit e^ii. la renommée de nos tournois français. Lés jeux olympiques, cérémonies les plus çélèbreii du {dus ç^èbre peuple de l'univers , ne peuvent êtrejiisimilées aux fêtés de notre cbevalçriec,. ou du moins tout parallèle à cet égard serait à nôtre avaùtage» ♦ .

» Dans nos tourn#b, les cheval^rs ne devaient se servir que d'armes courtois^ et gracieuses, et il I^ était expressément défendu de frapper au visage. "

» Dans les combats d'Olympie, au contraire, rôdieux pugilat, le ceste meurtrier , brisateot les os des.atUètes et d^ lutteurs» et faisaient jaillir leurs cervelles Àimaittes. Ceux qui n'expirai^ift

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pasdansia carrière, restaient infimes^ oa tfatnaient misérablement une yie débile et languis* aante.

» On sait avec qaelle modestie et quelle généro* ^té le Taiiiqaeur, dans un tonmoi^ relevait et consolait le vainca » et comment ce dernier ren* dait justice à son noble rival. Les ordonnateurs du tournoi avaient mémo la délicate précaution de faire planter les 1>arrières près d'une forêt , aGn que les' chevaliers déçus par le sort des armes pussent aller sous ces ombrages cacher leur douleur et lever leur visière > sansf avoir des tén^9ins de leurs larmes, tandis que dans les jeux olympiques , le vainqueur insultait le vaincu, et le foulait' aux pieds, aux applaudissements d'une assemblée sans pitié.

«Dans les jeux de ce peuple, on proclamait parmi les vainqueurs des rois on des citoyens opulents qui nç s'étaient point jj^résentés dans l'arène,. et dont l'unique tdérite consistait h eurvoyer disputer des prix en leur nom. Ainsi furent couronnés Gélon et Hiéron^'rois de Syracuse, Archelaiis et Philippe , rds de. Macédoine , et même de simples particuliers, tels qu*A1cibiade.

9 Dans nos tournois, au contraire^ si les ducs , les princes ^t aussi les rois reçurent le "prix, c'eit le front inondé de sueur , et Tarmore couverte de poussière et morcelée. Ce héros, vêtii'Comme un simple écuyer , renversanitour k tour les che^yaliers, hausse sa visière à la fin de la joute , et

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Ton reconnatt oa Louais de Bourbon » ou René , roi *da oicile^ ou Charles VIII, le courtois et l'affable.

»£nfiny pour terminer celte comparaison, eiitre DOS toùrnoîs et les jeux olympiques , il suffit de rappeler combien la présence des femmes répandait de charme dans nps fêtes chevaleresques , dont la galanterie était Tâme active et féconde» tandis qu'on précipitait du haut d'un rocher les femmes assez téméraires pour oser ^e présenter aux jeux olympiques.

9 Ah! laissons Archiloque et Pindare exalter la gloire dé ces jeux d'Olympie, et préférant les modestes concerts des troubadours qui ont chanté les tournois de France / répétons avec «ux : <

Servants d'amour, regardez doalcement AUX échafauds ces brillantes Iris, Lors Jouterez fort et joyeusement « Et vous serez honorés et chéris. »

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