CHAPITRE XV
jDes cumbàiê partisalien ; Dti GneacÉi , B«r«rd;
le combat des Trente^
Un genfre de combats" qui avait qaclitpïe rapp^t ayec les duels , mais qui était beaucoup ptes nobie et que la morale ne réprouvait pa* mtk^n% , c'étaient les combats particuliers que se Mft'af^t en temp6 de guerre les cberaliers des deux piartis opposa. Chee les.anciens, où le duel éUÂt ièconnu, ces combats étaient fbrt en usager niiade et TÉnéide en offrent un grand nombre d'exemples , dont les plus remar^ables sont le: combat d'Achille et .d*He'ctor> let celui d'Ënéé et dé Turnus; Tbistoirtr romaine nous montre entre autres le combat des Horaces et des Curiaces , celui du jeune Iktanlitts , etc.
On conçoit fadHetnent qu'au, temps de la' che^ Valérie, où les baiaiHes elles-mêmes n'étaient guère que- des combats corps^îh-corps >. 9 devait y avoir fr éqêetnmeiït des défis entre les guerriers des deux armées. SoùTent un noble et vaiUant preux» désireux de se mesure^ avec tin chevalier ennemi dont la r^potation :é^alait ou surpassait la sienne , l'avait cherché inutilement dans la
mêlée; alors il profitait d'une trêve » ou à^un jour de repos accordé aux troupes des deux partis, pour le provoquer à un combat particulier. Jamais un tel appel ne restait sans répoose. Parfois cette provocation était faite par deux, trois ou même un plus grand nombre de chevaliers , contre un nombre égal d'ennemis. Ces combats né pouvaient avoir lieii qu'avec la permission des chefs ; outre les lois générales » toujours scrupuleusement ob,servée$ dans ces occasions , les combattants établissaient des conditions ou des lois particulières auxquelles ils se conformaient également. On faisait moins d'apprêts pour les combats de ce genre » que pour les pas d'armes et les joutes, et moins de cérémonies, sans doute , que pour les duels judiciaires; ce* pendant on tâchait toujours de les entourer de tout l'appareil, et de leur donner tout l'éclat que les circonstances pouvaient permettre.
~ Notre histoire, surtout pendant la période chevaleresque, est remplie de faits de cette nature ; au milieu de cette foule d'actions brillantes, de traits de valeur et d'aodace, on^est embarrassé de faire un choix quand on ne veut , comme nous, que donner quelques exemples de ce qui se pj^atiquait dans les combâb particuliers. Nous ^vons donné la préférence^ et nous espérons que le lecteur nous en 4&aura gré , à quelques fait$ d'armes extraits de la vie de deux de nos plus braves e| de^nos plus renommés
DE LA GHEVILÉRIB, ftJÙ
cheyàliers : Da Guesclin et Bayard; run, qu' «outint de sa puissante épée la fortune de la France chancelant sous les coups d'Edouard III et du prince noir; l'autre , tradition vivante de l'antique chevalerie dont il fut le dernier et Tua des plus nobles représentants, à une époque où elle n'ëtait déjà plus, qu'un souvenir. Nous avons terminé ce chapitre par lej combat des trente ^ l'un des plus remarquables et des plus brillants épisodes des guerres du i4"*' siècle.
£n 1556, le duc de Lancastre assiégeait la ville de Rennes. Du Guesclin, dont la renommée commençait à s'étendre au loin, s'était introduit dans la place par ua de ces hardis coups de main
familiers k son intrépidité. Quelque temps après, le. duc de Lancastre^ , l'un des plus grands capi-
. taines de son temps , témoigna le désir de voir le jeune guerrier, et lui envoya un héraut.. Du Guesclin se rendit à cette invitation , et pendant un entretien prolongé » ^ans Içquel Lancastre cherche à l'attirer à son parti , un chevalier anglais nommé Bembro entre dans la salle. Ce Bembro était très-estimé dans l'armée ; il était parent du gouverneur de Fougerai que Du Guesclin avait tué quelque temp$ auparavant. L'An^
, glàis, sans re$|^ecter la présence de son général» adresse la parole \ ï)u Guesclin : (c Vous ayez pris Fougerai , dit-il , vous avez tué BembrQ , mon parent, qui en était gouverneur, je veux venger sa naort, et je demande à faire trois coups
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d-^pée contre rons. — Six, répond virement Du Ouesclin en 'serrant la main de l'Anglais» et pic» de six 9 si vons youleZi » \
Bembro avait che? ]es Anglais la même réputation de force et de bravoure que celle dont jouissait Du Guesclin parmi les Bretons. Les deux chevaliers prirent jotir pour le lendemain, et Bertrand promit de se rendre dès le matin au can!ip des Anglais, où devait se passer le combat
Le duc de Lancastre voulut d'abord s'y opposer ; mais comme Bembro était un bonmieâ*une haute naissance , et que d'ailleurs , malgré son estime pour Du Guesclin , il n'aurait pas été fêché de le voir vaincu par un de ses chevaliers, il /consentit à tout faire préparer pour le combat. Il congédia ensnite Du Gdesclin , qui fut reconduit avec beaucoup d'honneur ju$qu*aux barriè- -res dé la ville.
A peine Bertrand' y fut-il arrivé qrftl rendit compte au gouverneur, le chevaRer Penhoët, de ce qui s'était pass^ dans son entrevue s^vec le
duc^de Lancastre, et du combat où il était gagé poiir le lendemain. Penhoët le blâma de ravoir accepté , et lui fît sentir coinbien 3 était imprudent de s'être ainsi engagé dans une affaire oâ il se trouverait seul ou peu accbmpagné ati ' milieu d'une armée ennemie, qui pouvait donner du secours à son adversaire, et lut faciliter la victoire. .
ÇtB' considérations ne furent point capables
DE LA CBXTALBRIE. S^S
d'ârrAtér Du Gnesclm; le lendemain matin il ê€ rendit aa jckmp d^' Anglais comme il Vayait promis. A son arrivée» on entendit relentir teintes les trompettes de Parmée ; celles de la ville leur répondîrottt.Ce bruit guerrier attira sur les r^nparts^et sor lé champ de bataille on nombre infini de boui^eois et de soldats , qui voulaient être témoins de la lutte des deux pin» braves chevaliers des deUx partis.
Bembro était grand, bien fait, robuste» el paraissait adroit à toutes sortes d'exercices. Il attendait son antagoniste , monté snr nn cheval de bataille, et tout couvert d'armes brillantes; les Anglais considéraient avec satisfaction sa taille,, bien pins avantageuse que celle de Du Guesdrn , et son air fier et imposant Le duc de Lancastreavee les jage)»ducamp, étaient k un des bouts de ta carrière. Bientôt arriva Du Gnesclin, qni s'était mis ce jour^là plus magnifiquement qu'à son ordinaire , et qui se posta vis-k^vis de son adversaire. An signal dotiné, les deux cham* pions s'ébranlent et fondent l'un sur Tantre avec une égale impétuosité. Du Gnes4iHn blesse légë» rement Bembro; mais il e^ lui-même étourdi d'un co«p pesant qu'il reçoit sur son boacliér» Ik fournissent une nouvelle carrière , tou)oars avec tin avantage presque < égal; la troisième comrse a lieu sains plus de vésultdt, et le combat allait finir ; mais Du GiiescKn qui Croit qoe c'est ' être vaineaqiie de ne pas vaincre j propose une