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nées; encore enfant, ses goûts et ses exercices devaient lui inspirer une vocsltion gnevrière. Armé d'un pieu qui figurait ia lance, se faisant de chaqfiie arbre un adversaire » il joutait avec les poteaux et les limités du fief paternel , essayant ainsi ses forces naissantes au profit de son avenir guerrier. L*hiver se prêtait à ses jeux : rassemblant les compagnons de son jeune âge, il façonnait la neige en fortifications, assiégeait oa défendait ces tours , ces cités d'albâtre , et sous son bras leurs fragiles remparts croulaient 'en humides avalanches (i). Dans ces jeux enfante^ lins j à natufre prophétisait à ce garçonnet les hauts offices que Dieu et bonne fortune lui apprestaient en son temps.
Dès qu'il avait atteint l'âge de sept ans , on le retirait des nfi^ins des femmes pour le confier aux hommes. Après les premières leçons reçues sous le toit paternel , les seigheurs, selon une ss^ coutume d'alors , envoyaient leurs enfants aux plus estimables chevaliers avec lesquels ils étaient liés par l'amitié ou la parenté, pour leur procurer, pat les secours de leurs conseils et de leur exemple, la véritable^ la dernière éducation, qu'on appelait bonne nourriture ; et c'était un honneur signalé qu'un père dé famille faisait à celui de ses pareils qu'il avait ^choisi pour faire recevoir ^ son fils, ce complément à son instruction*
Xi) Lacurne de $ainte-Pala]re, mémoire sur Tanciemie ch^ Valérie. --'Marchangy, Gaule poétique.
DE LA GH£;rAI.£BIE. %*J
Quaod yeoait le moment de la séparattioa, qui deraifc quelquefois durer bien des année»» fe père douuait à sou fils &a béuédickioa, en l'accompaguant de.sef dernières instriM^tionB > qui se trouvenl; réunies dans Tallociition suivante^ extraite par Mt Marchangjï, de diiGéu^ento autoors.
c Cher fils 9 disait le vieux gentilhoquiM Man* » chi dans Thonneur et la loyauté , c'eist assez » t'amuser aux cendres casanières ;. il i^ut te reiH 9 dre aux écoles de prouesse et valeur j car tout 9 jeune damoisel doit quitter la maison paler*
> Belle pour recevoir bonne elloiiud>le nourriture 9 en autre famille^ et devenir moult expert ^a «toulHBs sortes de doctrines; mais» pour Diea> » conserve Tbonneur; souviens-toi de q^i tu e$ ^Sàs, ei ne forligne pas; sois brave et modeste 9 en toutes rencontres, car louange est répétée » blâme en la bouche de celui qui se loue, et ce* » lui qui attribue tout à Dieu est exaucé. Je^ uxf
> souviens d'une parole qu'un hermite me dit «•une fois pour me cbâtier; il me dit que si j'ik j» vais autant de possessions comme avait le toi p Alexandre , et de sens comme le sage Salomo^ » et de valeur comme le preux Hector de Troie, »§eul orgueil, s'il était en moi, détruirai tout» » Sois le dernier à parler dans, les assemblées ^ e^ 9 le premier à frapper dans les combats; loue le » mérite de tes firères , car le chevalier est ra^visr j»seur des biens d'autrui , qui tait les. vaillances » d'autrui.
a8 HISTOIRB
» Cher" fils, je te recommande encore sim- «plesseet bonté enyers les personnes dtl petit état ; » elles te porteront plus de remerctments qne les > grands , qoi reçoivent tont , comme dette à^nx » acqnise; mafs le petit se trouvera honoré de tes » douces manières , et te fera partout los et re- » nommée. » -
Au moment du départ» la mère du jourencel lui donnait une bourse qu'elle avait œiivrée pendant les Veillées d'hiver , et qui contenait une petite somme d'argent;. puis elle attachait au cou de son enfant un précieux reliquaire , gardé depuis longtemps avec soin , comme un talisman capable de préserver de tout sortilège » encombre et maléfice : qu'on donne si l'on veut à cet acte le nom de superstition ; elle était du moins bien respectable et, bien touchante en cette occasion > puisqu'elle rassurait le tendre cceur d'une mère.
Le damoisel partait, monté sur un palefroi , et suivi d'un ancien serviteur. Arrivé dans le château de son patron , il était admis au rang des pages Ou varlets. Les fonctions auxquelles Q ^tait astreint en cette qualité, n'avaient rien, en ces temps-là, qui pût avilir ou dégrader; c'était rendre service pour serviôe, et l'on ne connaissait point les raffinements d'une délicatesse pins subtile que judicieuse, qui aurait refusé de rendre à celui qui voulait généreusement tenir lieu de père , les services qu'un père doit attendre de
DE LA GHBYALERIK. âg
son fils. Les fcmcUops de ces pages étaient le$ services ordinaires deis domestiques auprès de la personne de leur maître et de leur maîtresse. Ils les accompftgnaient à la chasse, dans leurs voyages, dans leurs visites ou promenades, faisaient leurs messages , et même les servaient à tablo et leur versaient à boire. Toujours respectueux et les yeux baissés, le jeune page apprenait h commander en obéissant, et à bien dir^ en gardant, un modeste silence. Partageant aussi les fonctions de chambellan, il devait fournir la salle du seigneùt, de paille enjiiver^ et de Jonc en été, tenir en bon état le haubei*t dudit seigneur, et les bardes de son cheval, et enfin préparer le bain des chevaliers errants.
Les premières leçons qu'on leur donnait avaient pour objet la religion , qu'ils devaient non«^seu<lement pratiquer comme tout chrétien doit lo faire, mais qu'ils étaient en outre chargés do dé* fendre a;u prix de leur sang et de leur vie. C'étail ordinairement une des plus nobles, des plusbet les et des plus vertueuses damaa du château oa de la cour , qui se ^chargeait de cette partie de renseignement auprès des jeunes pages. Les pré^ captes de la religion leur inspiraient pour les choses saintes une vénération qui ne devait ja-* mais s'effacei"» en même temps que la douceur, ramabililé, la di^itéde celle qui les leur avait enseignés laissaient au fond de leur cœur ces sen» timcnts de considérations, d*égardet de respect
50 mSTOIBE
|Miur lêê-^m^B 9 qui formaient ao^i le cai^ctère distinctif dds ctravaliers. Les instructions qne ces leuHes gens recevaient par raprport à la décence, amttMBors, à la teriu» étaient continuelleffient iontenties par IVnDeinpIe des dames et des chera^ ▼tiers qu'ils servaient. Ih avaient eh enx des AKNlèles.poar les grâces extérieares , si nécéssaî* fes dans te commerce du monde, et dont le monè» peut ^enl donner des leçons. 'Mais ce qu'on laiir apprenait. le mieux, c^était 2t respecter le caractère augtiste de la chevalerie, et à révérer èans les chevaliers les vertus qui les avaient éle- Tés à ce rang. Les jeux mémesy qor faKaientpar" lie de Vamusement • des éièfves y contribuaient encore à leur instruction* Ils y ^lÀNsnaient nn âvant^f oi(A des différentes espèces de tournois , et eommenfçaient'à se former axix nobtes exerci^ ces des écoyers et des ebevaliern* Ainsi ils ap-^ pnenflient. à' dompter un cheval rétifs à oottrir MnvertÀ d'une cuirasse pesante, à- firanchir les palissades , jeter^ la barre /meniei^ de fortes lanoes y et jMrter centime la faiftêaine (i)^ ' 'Le« «ji^nes gentiIsbcHaimes , se^prépirrailt aux asi^uCSr figuraient quelquefois des tilles qu'% escdàdamit, et teiir -donnaient les noms de quel- ^fiieê cités êe \$ Palestine r ife attaquaient une Babyhme d'argile , -surprenaient une Antioche
(1) La quiotaine éUlt aa pp^^u sur leqasl éfialt placée uiw figure mobile représentant un chevalier, et contre laquelle on s'exerçait à jouter poar apprendre le maniement de la lance.
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de ga^on, ooe liiémphis de ramée; la prairie lea# foarnît leur» premiers panaches*, et les bois leurs flèctie^ innocenles. Aurore de gloire , dont les jeaTi et les tb agitent la bannière; aurore de gloire qui n'alarme point l'en vie, et dont les âpres feux n'allument pais encore les orages (i) !
A ces jeux gaerriers, k ces exercices pénibles, succédaient des entretiens star la guerre , sur la ebasse , sur l'art de dresser les oiseaux et lef chiens; d'autres fois on apprenait au jeune page à se rendre expert aux jeux de tableoti d'écbecs , en il chanter sur la mandole quelque lai touchant» ou q^ielque couplet guerrier. Enfin, rémulaiioflsi nécessaire dans tous les âges et dans tous les états, s'accroissait de jour en jour, soit par Tambition de passer am service de quelque antre seigneur d'une plus éminênte dignité ou d'une plus grané& réputation , soilt par le désir de s'é^ lever au* grade d'écuyer dans la maisoioi de la d&me ou du seigneur qu'ils servaient , car so«^ tenl ((^élttit! h deroiep pas qui conduisait è h cbevalerié. • ,
Les cours et les châteatcx étaient d'excellent«f écoles de courtoisie, de politesse et des autre» Vertus V non-seulement pour les pages et les écuy^rs-, mais encore pour les jeunes demoisel'^ les, ËHes y étaient instruites de bonnëJienre des devoirs les plus esseptielsqu elles aoraietit àrmn»
(1) Marchangy, Gaule poétique.
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plir. Od y culllyaitj on y pcrfectionnaitxesgrfi^ ces rtaîves et ces seûtîmento doux pour lesquels la nature semble les ayolr formées. Elles préve-* naient de civilités les cheyalicrs qui arrivaienl dans les châteaux; elles les désarmaient au r/6^ tour des tournois et àes expéditions de guerre , leur donnaient de nouveaux habits , et les serraient à table. Ces demoiselles , destinées à avoir pour maris ces mêmes chevaliers qui abordaient dans les maisons où elles étalent ^levées, ne pouvaient manquer de se les attacher par les prévenances , les soins et les services qu'elles leur prodigaaient. Quelle union ne devaient point former des alliances établies sur de pareils fon* déments ! Les jeunes personnes apprenaient à rendre un jour à leurs maris tous les services qu'un guerrier distingué par sa yaleur peut attendre d'une femme tendlre et généreuse , et leur préparaient la plus sensible récompense et le plus doux délassement de leurs travaux. Elles étaient les premières à laver la poussière et le sang dont ils s'étaient couverts par une gloire qpi leur ap* partenait ^ elles-mêmes (i). Nous avoQsdéjè vu que les demoiselles et les dames titudiaient la botanique e.t la chirurgie» et qu'elles savaient donner aux blessés les secours ordinsiires , habituels et assidus , qu'une main adroite et compatissante est capable de4eur procurer.
(!) Lacame de Sainle-Palaye, mémoire sur l'anciemie chevalerie. — Gassier, Histoire de la clievalerie française.
DE LA GBEVALEniE. 33
§ IL Les éeujers. .
Avant de passer de Tétat de page \ celui d'écuyer, la religion avait introduit une espèce de cérémonie » dont le but était d'apprendre aux jeunes gens l'usage qu'ils devaient faire de ïépée , qui pour la première fois leur était remise entre les mains.
Le jeune gentilhomme nouvellement sorti kars^ de page, était présenté à Tautel par son père et sa mère 9 qui, chacun un cierge à la maîa, allaient à TofTrande. £n cas d'absence ou de décès des père et mère, un parrain et une marrainA étalent chargés de les représenter. Le prêtre célébrant prenait de dessus Tautel une épée et une ceinture» sur laquelle il faisait plusieurs bénédictions , etrattachait au côté du gentilhomme , qui alors commençait il la porter (i).
Les écuyers se, divisaient en plusieurs classlîs différentes » suivant les emplois auxquels ils étaient appliqués» savoir : l'écuyer dn corps» c'est* à^ dire de la personne» soit de la dame, soit du seigneur ( le premier de ces services était un degré pour parvenir au secpnd) ; Técuyer de la chambre» ou chambellan ; Técuyer tranchant; Técuyer d'écurie ; l'écuyer d'échansonnerîe ; l'écuyer de panneterle » etc. Le plus honorable
(1) Lacurne de SaiiKe-Palaye, mémoire sur Tancieime ehe* Valérie.
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de tous ces emplois était celui d'écuyer du corps, aussi appelé pour cette raison écuyer d'honneur. Dans ce nouyel état d'écuyer , oix Ton parvenait d^ordinaîre à l'âge de quatorze ans , les jeunes élèves approchant de plus près de la per- 'sônne de leurs seigneurs et de ïenrs dames , )3idmis avec plus de confiance et de familiarité dans leurs entretiens et leurs assemblées , pouvaîemt encore mieux profiter des modèles sur lesquds lis devaient se former. Ils apportaient plus d'application ^à les étudier, ^à cultiver rafTectîon de leurs inattres, à chercher les moyens de plaire aux nobles étrangers et atix autres personnes dont était composée la cour ^ju'ils servaient , à feire aux chevaliers et écuyers de tous les pays qui la venaient visiter , ce qu'on appelait propreprement les honneurs ; enfin , ils redoublaient leurs efforts pour paraître avec tous les avantages ,que peuvent donner les grâces de la persontie, Taccueil prévenant, la politesse du langage, la modestie , !a sagesse et la retenue dans les conrersations, accompagnées d'une liberté noble et aisée pour s'exprimer lorsqu'il en était besoin. Le jeurie écuyer apprenait longtemps dans le sîlencecet ari de bien parler, lorsqu'on quàUtêd'é- «uyer tranchant, il était debout dans les repas «t dans les festins , occupé à couper les viandes atec la propreté, l'adresse et l'élégance convenables, à les faire distribuer aux nobles convives dont II était environné. D'autres écuyers avaiélG^t
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le soia de préparer la table, de donuer à larer ; il& apportaient les mets de chaque 6er?ice , yelllaient à la panoeterie et à réchaosonoerie. U^ avaient une attention continuelle , afin qfxe rien ne manquât aux assistants. lU donnaient encore à laver aux convives après le repas » relevaient les tables, et enfin disposaient tout ce qui était nécessaire pour l'assemblée qui suivait ^ pour les bals et les autres apdusements auxquels ils pre-r naient part eux-mêmes , avec les dempiselles de la suite des dames de haut état. Puis ils servaient les épices ou dragées; et confitures , le clairet» le piment, Thyp^cras, elles autres bois* 6ons qui terminaient toujours J.es festins , et que Ton prenait encore en se mettant au lit; c'est ce qu'on appelait le vin du coucher. Les*^cuyers accompagnaient les étrangers dans les chambres qui leur avaient été destinées, et qu'ils leur avaient fait préparer eux-mêmes.
De ces différents services, qui n'étaient que rintroduction à un autre qui demandait plus de force» d'habileté et de talents» on devait passer ^ celui de l'écurie. Il consistait dans le soin des chevaux» occupation qui ne pouvait être que noble dans les mœurs d'une noblesse guerrière ne conibattantqu'à cheval. Deiis écuyers habiles dressaient les coursiers à tous les.usages de lagqérre, et avuent sous eux d'autres écuyers. plus, jeunes» auxquels ils faisaient faire 4'apprentissage de cet exercipe; d'autres éciiyers tenaient les armes
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de lenrs maîtres toujours propres et luisantes pour le moment oii ils en avaient besoin ; et toutes CCS dîflPérentcs espèces de services domestiques étaient mêlées du service militaire. Un écuyer allait à minuit faire sa ronde danS' toutes les chambres et les cours du château. Sî le ma!tre montait h cheval, les écuyers s'empressaient de l'aider , en lui tenant l'étrier ; d'autres portaient les différentes pièces de son armure , ses brassards, ses gantelets, son heaume et son écu; h l'égard de la cuirasse, les chevaliers ne devaient presque janiaîs la quitter : d'autres portaient son pennon, sa lance et, son épée; mais, lorsqu'ils étalent seulement en route, il* nq montaient qu'un cheval d'une allure aisée, nomnlé coursierpalefroi, ou sin;rplement palefroi. Les juments étaient une monture dérogeante, affectée aux roturiers et aux chevaliers dégradés.
Des chevaux de bataille, c'est-à-dire des chevaux d'une taille élevée , étaient, dans le cours d'une route , mené^ par des écuyers qui les tenaient à leur droite, d'où on les^ nommés destriers; ils les donnaient à leur maître lorsque l'ennemi paraissait ou que le danger semblait l'appeler au combat : c'était ce que l'on appelait monter sur ses grands chevaux, expression que .BOUS avons conservée, aussi bien que celle de haut la main, venue de la contenance fière avec laquelle un écuyer, accompagnant le maître, en portait le heaume élevé sur le pommeau de la
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selle. Ce heaume , aassi bien que les aatres parties de son armure offensive et défensive, lui étaient remis par les ilifférents écuyers qui en étaient dépositaires , et tous savaient un égal empressement à Tarmer. Ils apprenaient eux-mêmes à s'ariner un jour» avec toutes les précautions nécessaires , poiir la sûreté de leurs personnes ; c'était un art qui demandait beaucoup d'adresse et d^habiletéy que celui de rassembler et d'affermir les jointures d'une cuirasse et des^ autres pièces^ de Tarmure , d'asseoir et de lacer exacte- % ment un heaume sur la téte^ et de clouer et river soigneusement la visière*
Le siUccès et la sûreté des donlbattants dépendaient souvent de l'attention qu'ils y avaient ap« portée. Les écuyers chargés du heaume» de la lance et de Tépée, les gardaient aussi» lorsque le chevalier s'en était dessaisi pour entrer dons une église ou dans un autre lieu respectable , et dans les nobles maisons oii ils arrivaient. Lorsqu'une fois les chevaliers étaient montés sur leurs grands chevaux , et qu'ils en venaient aux mains ^ chaque écuyer» rangé der^ère son mattre» à qui il avait r^ooiis l'épée, demeurait en quelque sorte spectateur oisif du combaté
Cependant l'écuyer» spectateur oisif dans un sens , ne l'était pas dans un ^utre» et ce spectacle utile à la conservation du mattre» ne l'était. pas' moins à l'instruction du serviteur. Dans le choc terrible de deux haies de chevaliers qui fondaient
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Wum «or le» autres ^]b8 laoces J»9i^sjéefi » tes xm^t Ufissés oa r9iiTers4& se relefajettti saisissaieafc leurs épéesy leur^ J^aches, leoffs masâ^.pour sa défemlre et se yeuger» .et les autres cherchaieDi il profiter de leur avai^ge sur des eaneiuîs a}>atr tus. Chaque écuyer était attentif à tous les luou- Yeioeuts de suji^ maître pour lui donner en aa& d'accideiit de nouvelles arjcaes,. parer les coiip& qu'on lui pioctait« le felei>er, et lui. dossier ua chei^jll frais; tandis que Téouye^ de celui qui' a^it le dessus secondait sou oialtre par tous les meyens que lui suggéraient son a^eifse , s» valeur et son zèle, et, se tenant toujours dans ki& bornes étroites fle la défensive» l'aidait à profiter de ses avantages et à reiu|x)rter une victoire complète. C'était aussi aw^ écuyer;». (pae les cbevaliess confiaient,. dans la chajeur du combat, les prisonniers qu'ils faisai^^ Ce spectacle était une leçon vivante d'adresse et de cour9(§&» qui montrait sans ce^se au jeuneiguerrier les moyens de se défendre et de s^ rendre supérieur à son ennenû» tout en lui donnant lîeO d'éprouver sa propre valeur^ eft de cioinnattre.s'il était capable de soutenir jant de travaux et tant de périls.
Mais là )eunessQ>9 jaible et. sans expérience , n'était po^nit, c^iq^osée à portef^ le fardeau pesant de la guerre» sans avoir appris longtemps- auparavant si ses< forc^ et ec^ç ^«deiiii^ y répond^aientp {>es^ jeax,p4ni.blfis 4^k ler^prp3 acquérait la souplesse, Vagiliti e|;.ld «vigueur nécessaires dan^
DE LA GHETILERIE. 39
les combat8» èes courses de bagiie, de cheraux et de lances , TaTaiént disposée de loogne mam aox tournois » cpi n'étaient que de fatt>le» ima^ de la guerre. Les dames ^ dont la présence animait l'ardent* de^ ceux qui Toolaient s'y distiftgnér, se fiiîsaîent un noble amusement d'assister à cçs jeux* . .
11 fallait que l'aspirant à 1* cberaletje jréuott en liii seul toute Ja fevoe .nécessaire pour les pliis rades métiers^ et radresse des arts les'plus difficiles f avec ks talents d'un excellent cayaUer. Nous ne serons donc pas MirjMris de voir que le seul titre d'écoyer ait été tellement en honneur, qu'un grand nombre de gentdsbommes n'en ouft pas porté d'autres , et qu'on n'a point hésité de le donner a9 ffls aîné d'un de nos rois , Charles VIIL
C'était par une fuste défiance de la fendressp paternelle, quipeot-être aurait^ouci, dans une éducation domestiqae, la rigueur de ces épreur vts ; qu'un cheralier devait^ coanme nous l'aToas ^ , plarcer son fils dans la maison d'un auire chevalier, ^our lui apprendre l'oflBce^^éciïyer et l'exercer aa nade itiétier des acmes.
Quand les jeunes gens araiemt passé qudque temps à remplir leg diverses cbarges^et fiaAotions attachées au grade d'écuyer, dans l'intérieur des châteaux et sous les yeux de leurs patrons , ilf devenaient paursuivanU d'armes , et en cette qua lité ils voyaient ce qu'on appelait ks lr«é# mf-
4o HISTOIRE
tiers des armes, c'est-h-dîpe qu'ils fi^quentaient les cours des princes de leur natioa , qu'ils suivaient les armées en teiops de guerre , et qu'ils allaient en ieaips de paix faire ^es voyages ou des messages dans les pays éloignés , pour acquérir de plus en plus l'expérience des armes et des tournois, et pour connaître les mœurs étrangères. Le but de ces voyages était de s'instruire à la vue des tournois , des gages de bataille et des autres exercices qui se faisaient dans les cours , et d'apprendre ainsi de nouveaux moyens d'attaque ou de défense.
La veille des tournois était pour ainsi dire solennîsée par des espèces do joutes appelées tantôt essais ou épreuves, tantôt les vêpres du tour" voi, où les écuyers les plus adroits s'essayaient les uns contre les autres , avec des armes plus légères à porter, et plus aisées à manier que celles des chevaliers ; elles étaient aussi plus faciles à rompre » e^ m^oins dangereuses pour ceux qu'elles blessaient. C'était le prélude du grand spectacle bommé le grand tonrnçi , et dont nous donnerons plus tard la description. Ceux d'entre les écuyers poursuivants d'armes qui s'étaient le plus signala dans ces premiers tournois , et qui en avaient remporté' le prix, acquéraient quel* quefois le droit de figurer dans les seconds, parmi l'ordre illustre des chevaliers, en obte* nant eux-mêmes la chevalerie ; car c'était un des degrés entre beaucoup d'autres , par lesquels les
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écnyers montaient à ce tenaple d'honneur (i). Nous aUonsvoir dans le chapitre saivant quelles étaient les cérémonies usitées ordinairement pour la réception des chevaliers.
(1) Lacarne de Salntc-Palaye. — Gassier » Hisloire de la chevalerie française.
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