BUT. DB LA CBIH». — T. II
32â HISTOULE DE UL CHIMIE.
DOU£(l), Zagh aPuteo (2), Gbiaràmonte (3), J. Gdibius (4), ledo< minîcaia Rogca Devendro (5), J.Marimi(6), Valer. MAETi!ni}s(7)i' H. Grimaldi (8), FiNELU (9), B. Mazotta (JO), L. Locatelli de Bergame (il), le moine A. Latosgan (12), SKRimoifTi (13), H. Ursini (14), G. Lancilotti (15), L. de Corm {deComililnu) (16). Mais, de tous les alchimistes italiens, celui qui s'est acquis la plus grande renommée par ses écrits ou plutôt par les incidents de sa vie, c'est Joseph Borri (Burrhus).
Borri naquit à Milan en 1616. Homme de talent et d'une imagination ardente, il devint le fondateur d'une secte d'illuminés , dont le développement fut bientôt arrêté par le tribunal de rinquisition. Borri se déroba par la fuite à la vengeance de ce terrible tribunal, qui le fit brûler en effigie à Rome, en 1661. Après avoir erré, pendant onze ans, en pays étrangers, en France, en Hollande, en Allemagne, en Danemark, il fut arrêté dans les Ëtats autrichiens au moment où il allait se rendre en Turquie, et livré, comme contumace, à l'inquisition. Enfermé dans la prison du château de Saintr Ange, il y mournt en 1 695, après vingtcinq ans de captivité. La reine Christine, qui vivait alors àRome^ avait obtenu la faveur de le voir et de s'entretenir avec lui de
(1) Philosophia sacra, sive praxis de lapide minerali; Magdeb., 1801, iB*4*.
(2) Clavis spagtrica ; Venet., 1611, ia-4^. Clavis niedicinœ rationalis, etc.; Vend., 1614, in-4*.
(3) Délia polvereo o elixir vitœ; Firenz., 1620, m*4*.
(4) De mineralibostractafusalisoluUaairaus; Venet., 1625, in -4^.
(5) Deir elixir vile, lib. IV; Neapol., 1624,m-rol.
(6) Brève tesoro alchimistico; Venet., 1644, in-S"*.
(7) Magna physica fœcunda, cœlesU diviûoque cultu perfasa, etc.; Venet.. 1639, în-4'».
(R) Deir alchimia opéra, che con fundamenti di bona filosofia e perspicadlà ammirabtle traita délia realtà, etc.; Palerm., 1645, in-4*. (9) Salium empiricum soliloquium; Neapol., 1649. (iO)De triplicipliilosophia; Bonon., 1653, in-4°.
(11) Theat. d'arcani cliimici; Milano, 1648, in-S*".
(12) Brève compendio «U maravigliosi secreti, etc.; Rome, 1653, in-«*. — Cel ouvrage eut de nombreuses éditions.
(13) De lapide Lydio nalurse aureœ ; 1669, in- 8°.
(14) Exercitalio de Hermeie Trismegisio ejusque scriptis; Norimb., 1661, in-8''.
(15) Guida alla chemia ; Modena, 1672, in-12.
(16) Clara fidelisque admonltoria disceptalio de liqaorealcahest.,etc.,Veoel., 1061, in-4*». De metallis, etc.; Colon. Agripp.. 1665, in-8*. Mangpt, ^i*/. chew.,{. Il, p. 764.
TROISIÈME ÈPOQVE. 323
chimie; c'est la môme reine qui avait fait venir à sa cour Descartes, pour en recevoir des leçons de physique. Les ouvrages alchimiques de Borris ont pour titres : la CfUave del cabinetto (1);
— Ambasciata de Romolo a Romani (2).
En France on remarque parmi les principaux alchimistes de ce siècle : P. Moeestel (3), Paumier {Palmerius) (4), le franciscain G. DE Castaigne, aumônier de Louis XIII (5), Roussel (6}, J.-B. Besard de Besançon (7), Michel Potier (Po^entw), qui sMnlitulait lui-môme le premier philosophe hermétique de son époque : il parcourut tous les pays de l'Europe, se disant possesseur des plusgi:ands secrets, et mourut pauvre et méprisé (8):; R. DE LA Châtre (9), Nuysembnt, deLigny, dans Fancien duché d^ Bar (10), del'Awgélique (il); Montvalon (12), le médecin Etienne dbClaves (13), le chirurgien ?LAms-CAmi{Plainchamp), dont on
(1) Cologne (Genève), 1681, ln-12. *
(2) Genève, in-8*. - Pendant son séjour à Copenhague, à la cour de Frédéric m, Borri publia : De ortu cerebri et usv medico; et de artifLcio oculorum humores restituendi, epistolx dux; Hafniœ, l669,în-8^
(3) Les Secrets de nature, ou la pierre de touche des poètes, «te; Rouen 1607 in-12. * '
(4) Lapis phUosophicus dogmaticus, etc.; Paris, 1609, in-8«. — Lauras Pahnaria frangens fulmen subventaneum cyclopum, falso scholœ Parisiensis nomiae eTulgatum; Paris, 16(^9, in-8*».
(5) L'or poUble qui guérit tous les maux; Paris, 1611, fai-8^. — Le grand Miracle de la nature méUlliquç ; Paris, 1611, m-8*». ^ Œuvres médicinales et chimiques (avec le paradis terrestre); Paris, 1661, in•8^
(6) Secrets de pharmacie et de chimie ; Paris, 1613, in-8°.
(7) Antrum philosophicum, arcana chimica, etc.; August. Vindel., 1617, in-4°.
(8) Compendium philosophicum in comitem Trevisanum, etc.; 1610, 'in-12.
— >"ovas tractatus chimicus de vera materia et vero processu lapidis; Vrancf., 1G17, in-S". — Philosophia pura, etc.; Francf., 1617, in-S*» — De conûciendo la-' [►ide philosophicoel secretis naturae; Francf., 1622, in-8°. — Apologia hormelico-philosophica; Francf., 1630, in-4^ — Redivivi apologia, etc.; Francf., 1631 in.4°. — Fons.chimicus, etc.; Colon., 1637, in-40. — Philos<»hia chymica etc Francf., 1648, m-4*>. ' "
(9) Le Prototype de Fart chimique, 1620 et 1635.
(10) La Table d'Hermès expliquée par sonnets, avec son IVaité du «el; Paris, 1620. — Traité de l'harmonie, du vrai sel secret des philosophes, «t de i'esprit universel du monde; la Haye, 1639, in.l2. Traduit eu latin par Combach. — l*oi*me philosophique, etc.; la Haye, în-8°.
(1 1) La Vraye pierre philosophale; Paris, 1622, în-12.
(12) De l'Esprit de vie, ou éUxir pour la conservation de Thumeur radicale es i^xagiénaires; 1626, ^1.8".
(13) Nouvelles lumières philosophiques; des principes de la nature; Paris, 1635, in-8«. •. Cours de chimie; Paris, 164G, in 8*'.
conserve plusieurs manuscrits à la Bibliothèque impériale de de Paris (1) ; i. Goixbso», qui s'offrait à faire des cours pubhcs sur la philosophie hermétique (2) ; dk Gerzar, qui présenUit 1 richimie sous forme de roman (3) ; FabrenE Castklnatoaei . médS et alchimiste très-fécond (4); dk Labokde (5) ; Gobihkaum MoNTLUiSAiiT, selon lequel les figures sculptées «« 8™°^ POrtjul de la cathédrale de Notrfr-Dame de Pans sont des signes hiéro^yphiques concernantla pierre philosophale (6) ; J.-D. Brot,ai,i.tC7) ; fe médecin Is. Chartiee (8); A Isnard (9); d'Atre«o«t, anauel on attribue le Tombeau de la pauvreté ;Domimqne Drcu», L vers la fin de sa vie, brûla tous ses manuscrits alch.miqu», afin de détourner ses contemporains d'un art chunénque; d AcqLiixe; Claude Germaih; P. Guissos; SAisr-Roiufl. ; P. i>e RosNEL ; Salmon, auteur de la Bibliothèque des philosophes akhmiques; et d'Ispagnet, président du parlement à Bordeaux. D'Espagnel exposa, dans son £nc«nd«>npAy«c» resMuix{i%
(1) ourerture de l'escole de phUosophie Innsmatotoire métalllqiie, elc.;P»-
'**(2!îdéê irrite de la phUosophie herméUque, etc.; Pari», 1630.iii-8'.
3 UT^r de la Tic humaine, etc.; Paris. 1«S, ln-8-. -Histoire «fae«e .«SL myrtérieux et chimique; Paris. 1627. in-8-. - Histoire .«at.qoe ^1^
'T^ufouïSl^'^e'cet auteursont trè.-oombreax; nous Be dter«»,ae : Ai-
' in-s» -Hïdrographnm spagyricnm; Tolos . 1639 et 1646, m-8 . - •* «»^ ûwiimetoinaU- Franct. 1678, iihi». Maouscriptum ad «ereniM. Holsat dnc«» Ce^Î^^tr««mi««m. res dch,micorumob«..r.s explanaas; 1^ ÏÏ taT. -Pharmacop«achrnica;Tolos.. 1628 et 1646 «-»•.- Ch««^
^« ètc • Tolos . 1626. IB 8». - Abrégé des secreU chimiques, etc.; Pan». ÎK^^ - U SUrt d^ ces tndtés se trouvent réunis d««0^ nei^
T:ln.LohMWlumMb*s exhibita ; Francf.. 1652 et 1656. m-4'. ''tTE^SiltTénig™* trouvée à un pilier de l'église Notre-Dame de Pa-
^iS^l-'^ei téislife physiques qui sont au grand ^^^^^^ drïe et .^tropoUtaine de Notre-Dame de Paris ; dans U BaUolkèque des,h,U> sophes alcMmiqMS.t. IV. p. 307. «liste àlaK-
n) Abrégé de l'astronomie inférieure, etc.; Pans. !•«. » * • « **™**" , bliïtl^S.péri.leunman«scritinéditd«mêmeauteurSHrr«i«^e.rie(n^7«-).
(8) De la science du plomb sacré des sages ; Paris. 1651 , in4».
(9) L'or poUble des médecins hermétiques; Paris. 1665. u»4 ^ Mô^ PMiri638. in.8». - Traduit en français : La PMoeophie naterriter»"
TROISliUE ÉPOQUE. 325
des idées remarquables sur les principes de la science. Il soutenait, entre autres, qu'il est impossible de découvrir les vrais éléments des corps, et que ce que nous appelons éUmenUy tels que Peau, l'air, la terre, etc., ne sont que des corps composés. Il appelait l'air €( le combustible et l'aliment de la vie, » vitœ fotnes et pabulum, qualités fondamentales de l'oxygène; il enseignait que le feu est un corps matériel, extrêmement subtil, en rapport intime avec l'air environnant ( ctrctimj^an^t oert adhxret); que les végétaux s'accroissent par intussusception , et qu'ils tirent leurs aliments non-seulement de l'eau et de la terre, mais encore de l'air ; enfin, que les corps sont le plus propres à se combiner, lorsqu'ils sont dans un état de division extrême. — Nous ne croyons pas que VArcanum hermeiicœ philosophiœ opm soit d'Espagnet ( ana- ^ gramme Penes\nos unda Tagi (i) ) ; car on n'y trouve ni le même style ni les mêmes idées.
En Allemagne, en Angleterre, en Hollande , en Suède ^ en général dans les pays où se parlent les idiomes d'origine germanique, on remarque parmi les chimistes hermétiques : J. Rhknanus(2) ; N. Hapeuus(3) ; Ph. Mûller, médecin à Fribourg^ qui connaissait l'acétate de potasse (4); Martin Pensa (5) ; Michel Mater , l'un des principaux représentants de l'alchimie au dixseptième siècle ; il fut créé chevalier et comte palatin par Rudolphell et le landgrave Maurice de Hesse (6); Samuel Non-
(1) Paris, 1633, in-8*».
(2) Opéra chymiatrica; Fraricf., 1635, in 8**. — Dissertât, chymieo-technica; Marpurg., 1610, m-4^. — Solise paieo emergentis, sive dispatationis cliymicotechnic» libri très; Francf., 1613 et 1623, ia-4**. -* Binœ epistolœ de soiutione materûe; Francf., 1635, ia-8°.
(3) Cheiragogia Heliana de auro philosophico; Marpurg., 1612, in-8®. Imprimé dans Theat. Chemic., t. IV, n. 107. — Aphorismi Basiliani ; ibid., a. 108.
(4) Miraciila et mysteria chymico-medica-, Rothomag., 1610 et 1651, in-12; Annstelod.. 1650, ia-H"*.
^'5} Libellas aureusde proroganda vita; Lips., 1615, ia-S"".
(6) Arcana arcanissima, hoc est, hieroglyphica .€gyplio-Grœca , etc.; Loudin., 1614, ia'4*. — Lusus sérias, quo Hermès, rex mundanorum omnium sub homine existentium, post longam disceptationem in coDcilio octovirali habitam , homine rationaii arbitro, Judicatus est; Oppenheim, 1616 et 1619, in- 8"*. — De circulo physico quadrato, hoc est, auro ejusque \irtute médicinal! sub duro cortice iDSlar nuclei latente, etc.; Francf., 1611, in-4*». — Atalanta fugiens, hocest, emblemata de secretis naturœ chimica ; Oppeoh., 1618, in-4^ — Verum invenlum, hoc est munera Germaniœ, ab ipso primilus reperla; Francf., 1619, in-8'*. — Septimanaphilosophica, quaœnigmata auréola proponuntur; Francf.. 1620, in-4'*.
j9> BISTOOE »K LA GfllMIE.
Ts<:9. qall nefaot pas eoofondre avec son homonyme , Thomas 5*>ftTH05, plus ancien (1); Ed. Deâne (2); J. de Thorbeburg, éTèque de Winchester (3) ; lliiandais Butler , qui fit beaucoup de brait avec là pondre de projection, qu'il avait, dit-on , dérobée à un Arabe de Tunis, son maître (4); Bolnbst; J. Orthzuts, le commentateur du Cosmopolite, de Marie, etc. (5); W. Rol- FWK (6) ; G. Johnson (7) ; Joach. Polemann (8) ; S. Salzthal (9); M. Sghkugker (iO); Hiebner (II) ; Schnukr von Landsibsl (12); Jebsen (13); le cordonnier théosophe Jacques Boehxe, qui aiait associé le spiritualisme avec ralchimie (14); Fréd. de Radt. gentilhomme autrichien, qui traitait de coupables du crime de lèse-majesté ceux qui doutaient delà réalité de la pierre philosophale ; Jacques Toix, qui prétendait que toute la mythologie païenne n^est qu'une allégorie du grand œuvre (1 5) ; Th. KERKRI5G,
— Iliemi» aui-ea, hoc est de legibus fraternitatis Roseœ Cruds; Francf., 16ii iiir8<>. — Voy. LengletDufresnoy, t. III; Gmelin, t. I, p. 517.
(1) Septem Tractatus chimid cnm figuris, etc.; 1630, in-4°.
(2) Tractatus varii alchimici; Francf., 1630, in- 4**.
(3) Oninia in gratiam eonim qui artera auriferam physîoo-chimioe et |iie pro6tantur; Oxoo., 1621, ill•4^
(4) Voy. Van Helinont, opéra (Elzevirs, 1648, in4'), p. 582. — Histoire de U phUosophie hermétique, t. I, p. 398.
(5) Commentarius in no^-um lumen SendlTogii; Theat.chim.,{. VI, n. iVl- Mangel, t. II, p. 516. — Intcrpretatio Terhonim Mariœ ; Theat, rMm., t. TI. n. 189. Comiiientarius in epistolam Pontani, ibid., n. 191.
(6) Non entia chemica, mercurius metaltomm et mioeralium ; Jea., i^'^* ii»-4<>.
(7) Le&iconchimicum tum obscurorum verborumet rerum bermeticanuBt ^^^ • LMidin., 1657 et 1660, in-8^
(8) NoTum lumen chymicum; Amsterd., 1659,in-12.
(9) De potentissima phUosophorum medicina universali; Âiigentor., t^^in-8».
(10) Secretonuu naturalium cbymicorum et mediconiro thesauriolum; ScUeo- Sing., 1637, in.8^
(U) Mysterium mctallorum, herbarum et lapidum; Erfurt, 1651, in^*-
(12) Kunst und Wunderbiichlein (le petit livre des arts et des merreillfs)' Francf^ 1676 et 1690, in-8».
(13) De lapide philosophomm discursus; Rostock, 1645, in-4°.
(14) Idea chemiœ Bœhmîan» adopta; Amsterd., 1680 et 1690. in-!2.
(15) Ausonkis Maiimus, ex vetustiscodidbns; Amstelod., 1669,in-!l -AnimadversioneseriUcœ ad Longini iccpi û^/ou; ; Lugd. Bat., 1677, in-12. — Fortoife. in quibuspraeter critica nonnulla toU fabularis historia Grœca, Pbœnidi, ijgjr tia, adchemiampertlnereadseritur; Amstelod., 1687, în-8*. — Sapieotia ia»nicnssive promissa cheraisp; Amstelod., 1689, in-S". — Manuductio ad cffl^n cbeuicum; Amstelod., 1688, in-8^
le commentateur de Basile Valentin ; Adolphe Baudouin , de Grossenheim, qui découvrit le phosphore de Baudoin (1); D. Rbigh, qui prétendait avoir décomposé Tor en ses éléments (2) ; A.-Ghr. Bentz (3) ; Â. Stisser, l'apologiste de ralchimie, qui était convaincu de la possibilité de la transmutation des métaux (4) ; Georges Morhof, qui, dans sa lettre à Lancelot, s'efforçait de prouver la réalité de la transmutation des métaux (5) ; Claude!^) qui défendit l'alchimie contre les attaques deKiRCHER, et qui indiqua divers moyens, pour extraire, disait-il, le mercure des métaux (6); Dan. Myuus (7), médecin hessois; Amelung (8); de Stendal, Heuas (9); Reuden, Vanner, Borrichius, Borel ,
ASHMOL. BaGGER, DiENHElMy NOLL, HORN, SpAGUER, GeRUARD , SCHEUNEMANN, GrUSIUS, LaMPERT, POPPICS, PoNTANUS , GrOELMANN, CrOLL,TENZEL, BlLUGH, MUSSAFIA, COMRAGH, StAREET, HARPREGIIT,
Barghhuysen, Jean-Frédéric Helvetius, qui assurait avoir transmuté le plomb en or pur (JO).
A ces alchimistes, dont il serait facile de grossir la liste, on pourrait ajouter un nombre considérable d'ouvrages anonymes / publiés sous des noms anagrammatiques ou symboliques, tels que Sybeusta, Mars, Vigilantius de monte gubi, Eremita, Ali PuLi ( Cenirum naiurœ conceniratum) ^ Démonte kermetis (Le pied d'or hermétique,) y Floretde Behabor (Songe de Ben- Adam),
(1) Phosphonis hermeticus sivemagnefl luminaris', Lips., 1674, in-12. — Aumm superius etinferiuii, aurse superioris et iurerioris henneticum-, Lips., 1674, în-12.
(2) Ephemerid. Acad. cœsar. nat. curios., Dec. II, ana. IX, obs. 151.
(3) PkUosophiscke Sehaubûkne (Théâtre philosophique); Ilambarg, 1690, in-a^. — Tractatlein de roenstruo universali; Nuremb., 1709, in-S". —Thésaurus pO>ces8unm chymiconira -, Nuremb., 1715, in-4*.
(4) Commendatio chemise; Helmst., 1679, in-4''.
(5) De metallorum transmutatione ; Hamb., 1673, in-8*. Manget, t.I, p. 168.
(6) Dissertât, de tinctura universali, etc.; Altenburg, 1678, in-d". Imprimé dans Manget, 1. 1, p. 119. ^
(7) Tractatns chimicns de animalibus seu BasUtcœ chimicœ liber septimus , Franef., 1610, in-4^. —Pharmacopoea nova de uiysteriis medico-chimicis ; Francr. , 1618. —Opus medico-chymicom, t. III, in-4°; Francf., 1618 et 1620. — Philo> sophia reformata; Francf., 1622 et 1638, in-4°. — Auri anatomia seu de auro poUbili; FranCf., 1628, in-4<'.
(8) Xract. nobil. primus in quo alchymiœ seu chimie» artis antiquissimse in- ' ventioderoonstratur; Lips., 1607 1617, in-S"*.
(9) Spéculum alchimiœ ; Francf., 1614, in-S"*.
(10) Vitnlus aureus, quem mundus adorât et orat, etc.; Arostelod., 1667 «t 1702, in-8».
328 lilSTOIEE DE UL CBIHIE.
Cyrus {Refrigeraiorius Hierasolymitanus); Chrtsogohus de fdb!S {Eau mereurielle des sages )^ Pantileon {Tutnulus hermdim apertus Bifolium meialHcum , etc. ] , Philalethes, surnommé Cyrenxus ou Irenœus {Introitus apertus ad ocelusum régis paktium) (i).
Nous ferons une mention plus particulière de Casciarolo^ qui, en cherchant la pierre philosophale , découvrit le. phosphore de Bologne. Cette découverte, racontée par Licetus, professeur de philosophie à Bologne, dans son livre intitulé lÂtheasphos^iorus, sive de lapide Bononiensi (2), fut faite plus de cinquante ans avant celle du phosphore.
Vincent Gasciorolo, habitant de Bologne, avait, depuis quelque temps, abandonné la profession de cordonnier pour se livrer àTart trompeur de faire de Tor à Taide d'opérations botastiques. Il lui vint un jour Tidée d'opérer sur une de ces pierres blanches et pesantes, si communes aux environs de sa ville natale. Il se mit donc à calciner la pierre avec du blanc d'oeuf ou d'autres «matières organiques remplissant l'office du charbon , et il obtint, en l'année i602, un produit nouveau, doué de la propriété singulière de luire dans l'obscurité, après avoir été préalablement exposé aux rayons du soleil. Gasciorolo, qui donna à ce produit le nom de pierre solaire (lapis solaris), s'empressa de le moatrer à Scipion Bagatelli, qui passait pour un homme très-versé dans les connaissances alchimiques. Ce dernier fut d'autant plus frappé de ce phénomène qu'il lui semblait voir le soleil, symbole de l'or, se fixer dans cette pierre, qui avait été précisément employée pour faire de l'or. Bagatelli fit part de cette découverte k AdI. Maginus, professeur de mathématiques à Bologne, qui envoya des échantillons de la pierre de Bologne à Galilée , airfsi qu'à d'autres savants^ et même à plusieurs souverains de l'Europe (3).
(1) Ceux qui voudraient compléter cette Uste, qui est^ selon nous, d^ trop longue, n*ont qu'à consulter Pierre Borel, et le troisième volume de V Histoire de la philosophie hermétique.
(2) Lucem in se conceptam ab ambiente claro mox in tenebris mire oomervante, liber Fortunii Liceti Genuensis, in Bononiensi archigymnasio philosophieminentis, etc.; Bononiœ, 1640, in-4*'. — Cet ouvrage est dédié au cardinal CapponiuSy archevêque de Ravenne.
(3) La préparation du phosphore de Bologne, que Lemery appelle très^igni^' cativement cfpon(;e de lumière, fut pendadf quelque temps tenue secrète, oodo
Si les travaux de tous ces alchimistes avaient été faits d'après les principes posés par les anciens» à savoir, que les métaux sont des corps composés des mêmes éléments, mais dans des proportions différentes, et qu'il nes'agitquedetrouverces éléments et ces proportions pour faire de Tor et de l'argent ; que le fer, le plomb, l'étaio, etc. , sont des métaux auxquels il faudrait enlever leurs impuretés pour les amener à la perfection ; si leurs travaux, disje, avaient été faits d'après les doctrines d'Albert le Grand et de Roger Bacon , il n'y aurait qu'à leur donner des. éloges. Mais^ quand ces philosophes herméUgues, comme ils s'appelaient euxmêmes , soutiennent dogmatiquement que les légendes de TÉglise, les douze apôtres, les mythes de Jupiter, de Mercure, d'Hercule,>de Jason, ne sont autre chose que des symboles de leur grand œuvre, et qu'ils prétendent faire de l'or avec les taches jaunes d'une salamandre, enlevées avec un outil conservé pendant trois fois trois lunes dans le ventre d'un crapaud pris la veille de la Saint-Jean, sous un chêne portant un gui au sommet, ou quand ils racontent qu'aveè une dose presque infinitésimale d'une poudre jaune ou rouge, projetée sur du plomb, de rétain ou du mercure, on peut transformer des masses de ces métaux en or ou en argent, quand des hommes mettent en avant de pareilles idées, ils méritent d'être fustigés avec les verges de la satire.
Il y a deux sortes d'alchimistes : les uns consacrent leurs veilles au progrès de la science ;- les autres ne s'en servent que pour s'enrichir. Les premiers sont dignes d'éloges, les derniers doivent ôlre flétris (1) .
inoins les personnes qui en avaient connaissance ne la communiquaient qu'avec beaucoup de mystère, et d'une manière fort incomplète.
Ch. Poterius donna le premier, dans sa Pharmacie spogyrique, la description détaillée du procédé pour obtenir le phosphore de Bologne. Ce procédé consistait à réduire la pierre en poudre, à l'humecter d'eau et d'un peu de blanÊ d'œuf, à en (sxre des espèces diT pastilles que l'on saupoudrait de poussière de charbon, et que Ton chauflait pendant 4 |t 5 heures à un feu violent. Si ce8i>aslilles n'attiraient pas encore assez de lumière, on les soumettait à une nouvelle calcination avec du charbon. — On sait que la pierre pesante de Bologne n'est autre chose que du sulfate de baryte, lequel, étant calciné avec du charbon, se transforme en sulfure de baryum pyrophorique. Cest ce sulfure parfaitement sec qui parait lumineux dans l'obscurité, après avoir été préalablement exposé aux rayons du soleil.
(l)Lenglet-Dufresnoy rapporte plusieurs histoires de projection que le lecteur curieux pourraliredans V Histoire de la philosophie hermétique, t. II. Mais alors il
330 HISTOIBE D£ LA CHIMIE.
Parmi les savants de ce temps qui ont parlicalièrcmenl contribué à dévoiler les faux alchimistes , Athanase Kircber occupe le premier rang.
AtKanme Hirelier.
Le P. Kircher, né en 1602, mort en (1680), de Tordre de* jésuites, était archéologue et mathématicien plutôt que chimiste. Natif de Fulda, il fut quelque temps professeur de mathématiques et de langues orientales à Avignon ; de là il passa à Rome , où il mourut, à Tâge de soixante-dix-huit ans.
La guerre que le P. Kircher fit aux alchimistes dans son Mimàus subterraneus {{] lui attira de nombreux adversaires, parmi lesquels nous citerons Blauenstein (2) et Glauder (3). Dans ses controverses, il se montra dialecticien habile et exempt de toQt préjugé ; il s'exprimait avec beaucoup de verve, et dans un langage parfois très-caustique.
Il faut, selon le P. Kircher, diviser les alchimistes en quatre oq plutôt en trois classes ; la première comprend ceux qui croienl Talchimie une science tout à fait impossible : ce sont des aichimistes désappointés ; la deuxième classe se compose de ceux qui donnent de l'or ou de l'argent faux pour de l'or ou de l'aident véritables : ce sont les faux monnayeurs ; enfin la troisième classe comprend ceux qui prétendent faire de l'or et de l'argent pur, au moyen de la pierre philosophple : ce sont les alchimistes proprement dits.
Par une sériede raisonnements fort bien déduits, le P. Kircher arrive à conclure que l'alchimie n'est pas une science impossible, que peut-être un jour on parviendra à opérer la transmutation des métaux ; mais que, telle qu'elle existe, c'est une chimère. Ceux
faudra lire aussi, comme contre-épreuve, le mémoire de Geoffroy Falné s%r Ui supercheries concernant la pierre philosophale (présenté à rAcadémie de* sciences le 15 avril 1722 ).
(l)Mundus subterraneus, inquo universa naturœ mj^estas et dîTitiae siinuD< rerum Tarietate exponuntur, etc.; Amsielod., 1664, in-fol.
(2) Interpellatio brevis ad philosophos pro lapide phUosophoniai contra aotichymisticum Mundum subterraneum, etc.; Manget, Btbl. chem., 1. 1, P- i<^'
(3) Tractnsde tinctura universali, ubi in specte contra R. P. Atbanas. Kircberum proexistentialapidi8phiIo8ophicidJjBputatur;Manget,t. I, p. H 9.
TROISIÂHE ÉPOQITE. » 331
qui se disent en possession de la pierre philosophale sont, ajoutet-il, ou des fripons ou des niais (1).
Celle conclusion fut adoptée par un grand nombre de chimistes.
(1) De lapide philosophorumdissertatio, ex Athanas. Kircheri Mundo subterraneo descripta ; Manget, Bibl. chem,j 1. 1, p. 54. — K. J. £. Kestler a extrait des nombreux ouvrages du P. Kircher tout ce qui est relatif à la cliimle, à la physique, etc., et Ta publié sous le titre *. Physiologia Kircheriana experimeniaiis, etc., AmsieTd.f 1680 et 1682, ia-fol.
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