‹ Histoire de la chimieChapitre 18 sur 36 · HIST. D£ LA CBIMIB. — T. II · texte numérisé non relu

HIST. D£ LA CBIMIB. — T. II

^ caractérisée par CranatedI rMp/yjM^MiMtera«i<«Mff iÇiifiPiNh tela.Scheele prouva . aoalytiqueinQBt qQAJbi>|4m^E^ autre chose 4iue ducharboo mêlé à dea trîtcee de JioàiUt^^iir,:

. ihéMMit» del» gljwye >wt« j>#>élée twBgpUhi» ffli^f^fr Ii0l

mînéralogules avaient josqu'alorsconffldéréleounemiblraoi,^^ i canse de sa pesanteur, avsdt reçu le nom deitM^M^> .ootagie une mine d'étain ou de fer contenant une terre incoQ»Ue.^^/^nMi: ealeiformey terra quadam incogniia intime mixtum (Gronst^l). Scheele montra par l'analyse que ce minerai se eomiidtoëe«h||la et d'une substance blanche, pulvérulente^ qu'il appels Miêi'ik tungsten (acide tungstique). Il en décrivit parflutamefiiJè8'')ii6-priétéschimiques^etles caractères qui le distinguent dfel^ufdetawk lybdique, avec lequel Tacide du tungstène a de 1 -analogie. ' ^ ^ i-

Comme pour l'acide molybdique, Bergmann i^résntMif que ; l'acide tungstique était la chaux d'un métal paiticolier (S); fioft. . frères d'EIhuyart confirmèrent pleinement cette hypothèse^ eb^ili-^ duisant l'acide tungstique (retiré du minerai appelé uwlfram par les Allemands ) en un bouton métalUqued^inbniâL*Jbittié^l

meii4ePr«Me{4). — On pourrait écriretoutbn tolmbé flw ' l'histoire du bleu de Prusse, et^sur les théories qui ont été vciocessivement émises sur la formation de cette substance, si importante pour les arts. La découverte du bleu de Prusse est due au hasard, c'est-à-dire qu'on n'y avait pas été conduit par le raisonnement. Un Prussien, nommé Diesbach, préparateur de couleurs à Berlin, avait acheté de la potasse chez Dippel, fabricant de produits chimiques (le même qui ayait trouvé l'huile animale particulière qui porte son nom), pour précipiter une décoction de cochenille, d'alun et de vitriol vert (sulfate de fer). Diesbach fut bien surpris d'obtenir, au lieu d'un précipité rouge,*une poudre d'un très-beau bleu. Il fit part de ce phénomène à Dippel,

(1) De pri7icipiU lapidis ponderosi ; ^OY^AciàAcaA, Te%.SQec. anni 17SI. — Opuscul. chcmica, Tol. II, p. 119-126.

(2) r. Bergmanni addimenium ad dissertât, pra'cedentem ; Opuscula clitjnica, vol. II, p. 127-131.

(3) Ce tungstène métallique avait été préparé en chauffant à un feu très-violent Tacide tungstique avec de la poussière de charhon, dans un creuset femé.

(4) De materia tingente cxrulei Berolinensis ; Nova Acta Aead. rcg. Soec. annorum 1782 et 1783^ — Opuscula chemica, V(d. I, p. 148-174.

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qui se rappela aussitôt queralcali (potasse) quil Tenait de vendre avait été calciné avec du sang, et avait servi à la préparation de son huilé animale. Cette découverte eut lieu en 1710; cependant son histoire ne fut rendue publique que longtemps après.

La préparation de cette couleur^ qui, sous le nom de bleu de Prusse (en allemand Berliner blau; bleu de Berlin), était devenue un objet lucratif de commerce, demeura secrète jusqu'à l'année 1724, époque où Woodwàrd publia un procédé dont la connaissance lui avait été indiquée par un de ses amis d'Allemagne (1). D'autre part, Brown avait trouvé qu'on pouvait, dans la préparation de l'alcali, substituer au sang la chair de bœuf et d'autres matières animales; que l'alun ne servait qu'à étendre la couleur, et que la teinte bleue était produite par l'action de l'alcali (calciné avec le sang) sur le fer du vitriol vert. Geoffroy, pour se rendre compte de la formation du bleu de Prusse, supposa que le sang ou toute autre matière animale communique à Talcali (potasse) le phlogistique nécessaire pour révivifier le fer du vitriol vert; de là le nom ^' alcali phlogistique^ donné primitivement au cyanure de potassium. Cette théorie fut adoptée par presque tous les chimistes contemporains (2).

Macquer ayant entrepris, en 1752, à cet égard, de nouvelles recherches, fil voir qu'il y a dans le bleu de Prusse, outre le fer, une autre substance, séparable par un alcali pur et, que l'alcali, tenu en ébuUition avec le bleu de Prusse, se sature complètement de cette substance, qu'on pourrait appeler la matière colorante^ qui accompagne le fer. Guyton de Morveau présenta une nouvelle théorie en 1772; cette théorie suppose l'alcali phlogistique combiné avec un acide particulier qui jouerait le principal rôle dans la formation du bleu de Prusse. Selon Sage, cet acide était l'acide phosphorique. Lavoisier réfuta cette théorie*

Tel était l'état de la science, lorsque Scheele fît paraître, en 1782 et 1783, deux mémoires Sur la matière tinctoriale du bleu de Prusse, dans lesquels il démontra que cette substance contient un produit subtil qui peut être extrait de l'alcali phlogistique parles acides, et même par l'acide aérien, et que c'est ce produit qui contribue essentiellement à la formation de la cou-

Ci) p^i/osop/i. Transaci., voLXXXIIl, 15. —Le procédé consistait à traiter une solution (jl'alun et de sulfate de fer par de la potasse calcinée avec du sang. (2) Voy. plus haut, pag. 385.

leur bleue (1). Ce corps, qu'il appelle materia tingens, est ce que G.detiofyesLunommdiacideprussique^ nom qui depuis a prévalu. •Il conclut de plusieurs expériences que cette materia iingens était un composé d'ammoniaque et d'huile; mais, la synthèse ne confirmant pas sa théorie, il pensa que ce devait être un composé d'ammoniaque et de charbon. Pour vérifier son hypothèse, il mit dans un creuset un mélange de parties égales de charbon pulvérisé et de potasse, qu'il maintenait pendant un quart d'heure à une chaleur rouge ; il ajouta à ce mélange du muriate d'ammoniaque par petits fragments, et il continua à le chauffer jusqu'à ce qu'il ne s'en dégageât plus de vapeurs ammoniacales. L'opération terminée, il fit dissoudre le résidu dans une certaine quantité d'eau; et il trouva à cette dissolution toutes les propriétés du prussiate alcalin (cyanure de potassium). Une chose digne de remarque, c'est qu'il n'en signale nullement les propriétés vénéneuses. BerthoUet répéta, en 1787, ces expériences de Scheele. Il démontra que le bleu de Prusse est composé d'acide prussique, d'alcali (potasse) et d'oxyde de fer, et qu'on peut l'obtenir en cristaux octaédriques (2).

lie lait et son aeide (3). — Après s'être un moment arrêté sur l'action des acides et sur la solubilité du caséum dans les alcalis, l'auteur constata, par voie d'analyse, que ce principe du lait renferme une terre eLnimslQ [terra animalis)j composée d'acide phosphorique et de chaux, dans les proportions d'environ là 1, 5 p. c. le caséum étant bien desséché. Le sérum qui contient le sucre de lait s'aigrit par sçn exposition à l'air. Pour obtenir l'acide du lait, Scheele s'y prit de la manière suivante : il évapora un huitième de petit-lait; il le mit sur un filtre, et satura la liqueur acide par la chaux. A l'aide de l'acide de l'oseille (acide oxalique), il sépara la chaux de l'acide lactique. La liqueur filtrée fut de nouveau soumise au même réactif, afin de lui enlever les dernières traces de chaux, puis elle fut évaporée jusqu'à consistance de miel. Enfin, il traita la liqueur par l'alcool, qui dissout l'acide lactique en laissant le sucre de lait intact. La solution alcoolique

(1) De materia UHçente catulei Berolhkensis ; Nova ÂcU Acad. reg. Svec. ttUDonim 1782 et 1783; Opuscula chemica, vol. II, p. 148-174.

il) Voy. plus loin les tracaux de BerthoUet.

(3) De lacté ejusque acido; Nova Acta Acad. reg. Suec. anm 1780. Opascoia clieniica, vol. Il, p. 101-118.

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filtrée fut étendue d*eau et soumise à une légère distillation; Talcool se volatilisait, et ce qui restait était de Peau contenant l'acide lactique aussi pur que possible. .

Tel est le procédé indiqué par Scheele. Après avoir très-bien décrit les propriétés de ce nouvel acide, il termine en affirmant que ce dernier présente beaucoup 'd'analogie avec le vinaigre, sans être cependant un produit identique.

. PFiaetpedowxdeshniies (1). — Scheele découvrit que lesbuiles et les graisses contiennent toutes une matière sucrée, entièrement différente de celle qui se rencontre dans les végétaux. Pour Tobtedir le plus commodément, il faisait bouillir une partie de iitbai^e avec deux parties d'huile d'olive récente et un peu d'eau« Lorsque le mélange avait acquis la consistance d'onguent, il le laissait refroidir et décantait l'eau. Cette eau, évaporée jusqu'à consistance sirupeuse, contenait la matière sucrée en question. Il remarqua que cette matière, qui reçut plus tard le nom de glycérine, diffère du sucre : 1° en ce qu'elle ne cristallise point ; 2" en ce qu'elle supporte une chaleur beaucoup plus forte, et qu'elle passe en partie non altérée dans le récipient ; 3<> en ce qu'elle n'est pas susceptible de fermenter.

li^aetde del'osetUe (2). — On n'a pas été généralement d'accord sur la question de savoir à qui des deux, de Bergmann ou de Scheele, il faut attribuer la découverte de l'acide oxalique. Ce qu'il 7 a de certain, c'est que Bergmann aie premier décrit, sous le nom d'acide du sucre ou d^ acide saccharin^ toutes les propriétés et indiqué la composition de l'acide de l'oseille. Mais Bergmann , croyait son acide différent de celui de l'oseille (3). Scheele, avec sa sagacité bien connue, constata, à son tour, l'identité de l'acide . du sacre avec celui de l'oseille. Il fait remarquer, au sujet de l'extraction de l'acide de l'oseille, qu'il faut préférer l'acétate de plomb à la chaux, parce que l'acide vitriolique ne déplace pas tout l'acide oxalique, qui a la plus grande affinité pour la chaux.

(1) De mater ia sctccharina peculiari oleorum expressorum et pinguedi' nu/n; Nova Acta Acad. reg. Suec, anni 1783. Opuscula chemica, vol. Il, p. 175-180. — Crell, chemische Annalen, 1784.

(2) De terra rhubarbari et acido ttcetosellas; Nova Acta Acad. reg. Suec. anni 1784. 0(>usca1a chemica, vol. If, p. 187-195.

(3) Voy. plus haut, p. 445 de ce volume.

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L'oxaiate de plomb est ensuite» comme dans le procédé ordinaire, décomposé par l'acide Yitriolique : le vitriolate de plomb reste sur le filtre, et l'acide oxalique passe dans la liqueur.

L'aeide des pommes et des baies (i). La découverte de Tacide

citrique avait donné à Scheele Tidée de s'assurer si l'acide des pommes, des baies et d'autres fruits aigres était le même que l'acide du citron. Il ne larda pas à se convaincre que ces fruits renferment, pour la plupart, un acide particulier qui n'eat pas précipité par la chaux, comme l'acide du citron ; il mit dès*l'ors en usage le procédé dont il s'était servi pour l'extraction de l'acide de l'oseille. Il décrivit les propriétés de l'acide des pommes, appelé depuis acide malique (du latin mahim, pomme), et annonça que cet acide est incristallisable, qu'il forme avec les alcalis des sels déliquescents, qu'il donne avec la chaux un sel cristallin en grande partie soluble dans l'eau bouillante (tandis que le citrate de chaux n'y est pas soluble); que le malate de chaux est soluble dans un excès du même acide ; que l'acide malique peut être facilement, à l'aide de l'acide nitrique, converti en acide acétique, etc. Il dressa la liste des fruits les plus riches ^n acide malique et en acide citrique. Les végétaux dont les fruits contiennent beaucoup d'acide citrique et très-peu d'acide malique sont : l'airelle rouge dont il distingue deux espèces, le vaccinium oxycoccus,ei le vaccinimn vitis idœa, le merisier ipniniis padus), la douce-amère {solaniwi dulcamara)\ les fruits qui, au contraire, contiennent à peine des traces d'acide citrique et beaucoup d'acide malique, sont : répinc-vinette {berberis vulgaris), le sureau {sambucusnigra), \Ripvunc\\c{2)rioiusspinosa), la sorbe {sorbusaucvparia), la prune {prunus domestica) ; enfin les fruits qui sont aussi riches en acide citrique qu'en acide malique sont : la groseille h maquereau {ribea grossulaha), la groseille commune {ribcs rubrum), l'airelle {vaccinimn myrtillus) , la prune {pmnus)^ la cerise [cerasus), la fraise {fragaria vesca), le fruit de la ronce [ntbus chamiemorus), la framboise {rubus idxus).

Du sel essentiel (acide) de noix de fl^alle (2). Scheele avait, le

(1) De acido pomorum et baccarum; Nova Acta Acad. rcg. Suec. anni 1785. Opusciila chemica, vol. II, p. 196-208.

(2) De salç esserUiali gallarum; Nova Acta Acad reg. Suec. anni 1786. opuscula chemica, vol. 1, p. 224-228.

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premier, remarqué que le sédiment cristallin; qui se dépose dans une infusion de noix de galle exposée à Tair, possède les propriétés d'un acide. Il donna, dans une courte notice, une description exacte de cet acide (air gallique), dans la formation duquel l'air intervient chimiquement.

Delaiiatiirecieréther(i). — Ce mémoire renferme des détails de procédés extrêmement ingénieux, dans lesquels la magnésie noire (peroxyde de manganèse) joue un rôle important. L'auteur annonce qu'un mélange, composé de 2 parties de magnésie noire, de i partie d'acide vitriolique et de 2 parties d'esprit-de-vin concentré, entre bientôt en effervescence sur un bain de sable légèrement chauffé, et donne immédiatement naissance à de l'éther ; mais qu'en augmentant le feu on n'obtient que du vinaigre. En substituant à l'acide vitriolique l'acide muriatique ou d'autres acides, il obtenait des liqueurs éthériformes très- variées. II parle ensuite des grandes difficultés qu'on éprouve dans la préparation de l'éther acétique, et il ajoute que, pour les faire disparaître, il faut préalablement mêler le vinaigre avec un peu d'acide muriatique ou d'acide vitriolique, dont la présence hâte la formation de l'éther acétique.

Examen chimique d'un calenl nrinalre (2). C'est dans cette

dissertation que l'on trouve quelques indications sur l'existence de l'acide urique (lithique) dans l'urine, et sur les moyens de l'obtenir. Bergraann s'était occupé du même sujet, et avait, presque en même temps que Scheele, découvert dans l'urine une matière blanchâtre de nature acide, qui, chauffée avec l'acide nitrique, prenait une couleur rouge. *

Nous venons de donner une rapide analyse des travaux de Scheele. Nous ne ferons que citer les titres des mémoires suivants, très-courts d'ailleurs et d'une importance beaucoup moindre : Recentius CLeris. ignlsethydrogonix eœamcn (3) ; — De salium neu-

{{) Expérimenta alque adnolaiiones super xtheris naturaj Nova Acta Acad. reg. Suec. anni 1782. Opuscula chemica, vol. Il, p. 132-144.

(2) Examen chemicum calculi urinarii; Acta Acad. reg. Suec. anni 1776, OpDSCula chemica, vo!. II, p. 73-79.

(3)Crell, chemhche Annnlen, 1785, vol. T, p. 229. — Opuscula chem., vol. 1.

HÔfOIlB DB Lk CmOL

tralitmprineipH$calceifhm àatf /tfffodtoo/v«fùtti(i);*-r A^iASbfgp argilla et alumine (2); -^ .O0 ^notni mettodo 0wnirîtwn <iiA^ parandt (3) ; *— Ite pulveté algarotki eamnMEUiu mkiar&mÊqmim' pensis parando {A); *^ De aeeH bonitaie emuerwmda (6^; — À ferro aeidophotphorisaiurato et sale perMo (6); — i)ff terrmHm' barbari in pluribiu vegetaiibus pr»$mUia (7) ; — De prmpurmikiie magneds alb3 (8); — AdbMiaiUmeê de pf/rophofo (9) ; . — JmH* tnadverdonee de cenusa alba (10); — De êale bens^ê (il). '■' En passant en revue ces travaux divers» onsedemandeavecélnlnément comment un[seul homme a pu, dans l'espace de seûseinsi faire tant de découvertes. Le chlore (acide muriattque déphlogis^ tiqué), la baryte» le molybdène (acide molybdîque), le tangstèno (acicle tungstique), l'acide fluo-silicique, l'acide arsénique, T^citie. prussique, Tacide lactique « l'acide citrique, l'acide p3caUqae, l'acide tartrique, l'acide malique, l'acide galiique, le princ^' doux des huiles, le caméléon minéral, la composition de l'air, tels sont les titres de Scheele à la reconnaissance de la postérité. .

A côté de Scheele vient se placer Priestley. L'un et l'autre, tout en inaugurant par leurs travaux une ère nouvelle, restent néan* moins attachés aux doctrines anciennes. Fidèle à la théorie du

(1) Acta Acad. reg. Suec. anni 1779. — Opascul. chem., vol. I, p. 223-226.

(2) Acta Acad. reg. Suec. anni 1776. — Opuscul. chem.,yol. II, p. 67-72. (S) Acta Acad. reg. Suec. anni 1778. — Opuscul. chem., vol. H, p. 80-84.

(4) Acta Acad. re^. Suec. anni 1778. — Opuscul. chem., vol. H, p. 85-89.

(5) Mova Acta Acad. reg. Suec. anni 1782. Opuscul. chem., vol. II, p. 145-

(6) Nova Acta Acad. reg. Suec. anni 1785. —Opuscul. chem., vol. II. p. 209-

7) Nova Acta Acad. reg. Suec. anni 1785. — Opuscul. chem., vol. U,p. 218-

(8) Nova Acta Acad. reg. Suec. anni 1785. — Opuscul. chem., vol. Il, p. 221-223.

(9) Crell, chemische Annalen, 1786. — Opuscul. chem., vol II, p. 258-

(10}Goettrmg, Almanach oder Taschenbuch, etc., 1788.— Opuscul. chem.» vol. II, p. 266-267.

(11) Acta Acad. reg. Suec. anni 1775.- Opuscul. chem., vol. II, p. 23-27.

TROISlilOS ÉPOQUE. 473

phlogistique, Priestley, tout comme Scheele, se montra constamment opposé aux principes établis par Lavoisier, qui renversa l'édifice de Stahl, contre lequel étaient venus jusqu'alors échouer les meilleurs esprits.

Presque toutes les branches des connaissances humaines étaient familières à Priestley. La théologie, la philosophie, la physique, la chimie, la politique môme, perpétueront dans leurs annales le nom de Priestley. On ne sera donc pas étonné si nous n'indiquons ici que les points les plus saillants de la vie de ce penseur d'élite, qui se trouva en rapport avec les personnages les plus éminents de son époque.

Joseph Priestley naquit à Fieldhead, dans le Yorkshire, le 30 mars 1733. Issu d'une famille presbytérienne, il passa sa jeunesse dans l'étude des dogmes religieux et des langues classiques; il apprit le latin, le grec et Thébreu, la connaissance des langues étant considérée par les protestants comme la base de la théologie. L'éducation que reçut Priestley devait se réfléchir dans les différentes phases de sa vie. Au sortir de ses classes, il fut nommé prédicateur d'une congrégation à Needham-Market; trois ans après, il obtint un emploi pareil à Hamptwich, où il fonda une école primaire ; c'est là qu'en faisant devant ses jeunes élèves des démonstrations à l'aide des machines électrique et pneumatique, il sentit naître en lui une véritable passion pour la physique. Il composa aussi pour ses écoliers une grammaire anglaise qui eut beaucoup de succès, et qui, bien plus que sa polémique religieuse et ses démonstrations de physique, avait attiré l'attention des chefs de l'Académie dissidente de Warrington ; car Priestley fut appelé, en 1761, auprès de cette Académie pour enseigner les langues : c'est dans la même année qu'il se maria. Pendant son séjour à Warrington, il publia son Essai sur un cours d' éducation libérale^ un Essai sur le gouvernement ^ et ses Tablettes biographiques. Un voyage qu'il fit à Londres lui avait fourni l'occasion de se lier avec Franklin et Price, qui l'encouragèrent à publier son Histoire de Vélectricité. L'amitié qu'il avait vouée à ceS deux hommes célèbres ne s'est jamais démentie une seule fois dans le long cours de sa carrière. Son ouvrage sur l'histoire de l'électricité lui ouvrit en 1767 les portes de la Société royale de Londres. Priestley, qui avait alors trente-quatre ans, quitta Warrington, et alla s'établir à Leeds. C'est là qu'au milieu de ses controverses théologiques, il s'occupa de ses expériences si remarquables sur

-474 ' vméâà^à^'tÊima. . ''

l'air fixe (ga» acide carbeiiKiiie)» inrlegai^.iAA^ (Uwjè^^AV . zote), sur l'air déphlogistiqué <ox3fj^e)> doolr^iiùlft M^^ compiephis loit). II.coiûmHniqaa ponrlàj^înift'riifeift Wi^fttt^ • de ces expériences, en 1772, à la Société royaleV^^qui loi dAsaina la médaille de Gopely, destinée au meilleur (rkvii) depihytjt^e IlEiit dans l'année. ^^i ■ i ^ *

Priesiley publia p^sqiié en même t«mps| ^ar sôusérifuGonî V*Bi$Mre et Fêtai actuel des dëeémeftHgrebM^àta pdiokyi^U , Iwniète et aux etnUeurs ! mais tei oémi(^40^ froidement accueilli du public. Apre» timitéstdenee'deîsll Ujp* ; nées à Leeds, il accepta l'offre d'un riche seigneurf^amateuroieii.. "^ science, le marquis de Lansdown^ pour venir tiabîtér'|>ift[trid6Uui à Wiltshire, en qualité debibliotbécdre;ttoriil^tt^m^.co^ ses Expérieneeêsur différentes espèces d'aîr^ etqottl^ fttOdbnalfM comme physicien, coquine l'empêchait pasdo;sifiYtièisdiipéMl|aàt pour la controverse i^ilôsophiqiié et' religiieittej^èâ mêmes années où parurent se& voiotne^de pbysdqêto et ^>ehitblii dédiés au comte Shelbnrne (marquis de Lansdotmji/iil'fltiadij^ ; mer divers ouvrages dé pMosbphi e = et 4fa> ' cmtiqoè ' tiié6lajg8|weî tels que :'^â7Mi^ de lmdùeifïne'^u9êMcommm^ lëUciqtiê làtmh cevaient les docteurs tMâ^ BèuW^Hit Oswoid;Ùifign»^'^i^mMsk rianismc; Défense de la doctrine delà nécsssiiéf ImHtutiom>dê'1» religion naturelle et révélée. Dans ses Recherches sur ^la fnJalière $t Vesprity il avait nié, jusqu'à un certain point, l'immatérialité de l'âme; son Histoire des corruptions du ehristianisme, et V Histoire des premières opinions concernant Jésus- Christ; le mirent tellement aux prises avec les partisans de l'Église anglicane^ que c'était nne grande recommandation aux bienfaits du gouvernement que d'avoir combattu les opinions de Priestley; ce qui lui faisait 'dir« plaisamment: «C'est donc moiquiailafeuiiledesbénéfices.d'Aii* gleterre. » Ces écrits de controverse, qui contenaient «les idées radicales, fort malsonnantes aux oreilles de l- aristocratie anglaise^ lui firent rompre ses rapports avec lord Shelbume. .

Priestley était depuis quelque temps liéavec le célèbre nalanliste Banks^ qui avait fait partie du premier voyage du. capitaioe Cook. Ce grand navigateur, sur la recommandation de Banfcd^ aurait emmené Priestley comme chapelain, si l'amirauté ft^ pas trouvé qu'il n'était pointasses orthodoxe.- ..'■'.

Après avoir quitté lord Shelbume, Priestley se retira à IKntiifig* ham, où ses amis, parmi lesquels on remarque Watt et'^crig-

wood, se cotisèrent pour subvenir aux frais d'un laboratoire de physique et de chimie. Les loisirs que lui laissaient ses occupations- scientifiques étaient, comme d'ordinaire, remplis par des discussions religieuses et philosophiques.

En travaillant ainsi, Priestley n'avait qu'une ambition, celle de parvenir à rendre Phomme meilleur : partout où l'occasion se présente, il lance l'anathème contre les passions égoïstes qui corrompent la société ; sa politique est libérale comme celle de son ami Franklin. Voici ce que Priestley écrivait , plus de douze ans avant la révolution française : « Quand je considère les progrès que les connaissances naturelles ont faits dans le siècle dernier, et quand je me rappelle tant de siècles féconds en hommes qui n'avaient d'autre objet que Tétude, il me paraît qu'il y a uno providence particulière dans le concours des circonstances qui ont produit un si grand changement ; et je ne puis m'empécher de me flatter que ceci servira d'instrument pour opérer, dans l'état du monde actuel, de nouveaux changements, qui seront d'une bien plus grande conséquence pour son avancement et son bonheur. » — Et ailleurs : «Les grands et les riches donnent en général moins d'attention aux travaux scientifiques; mais cette perte est réparée par des hommes qui, avec du loisir, de l'esprit et de la franchise, sont dans un rang moyen : circonstance qui promet plus pour la continuation des progrès dans les connaissances utiles, que la protection des grands et des rois (1). »

C'est surtout à ses idées politiques et religieuses, hautement professées, que Priestley dut le titre de citoyen français et de membre de la Convention nationale, titre dont il aimait lui-même à se glorifier (-2). Cependant cette distinction devait lui devenir fatale. Le 14 juillet 1791, quelques-uns de ses amis politiques, habitants de Birmingham, se réunirent pour célébrer l'anniversaire de la prise de la Bastille; aussitôt le lieu de réunion des convives fut assailli, saccagé et livré aux flammes parla populace, égarée sans doute par quelques-unes de ces manœuvres odieuses que la po-

(1^ Préface de Touvrage, Observations snr différentes espèces (Vair.

(2) L^auteur de l'article Priestley^ dans la Biographie universelle^ n^avait sans doute lu aucun des nombreux ouvrages de PriesUey ; autrement il n'aurait ,pas dit que Priestley ne devait son titre de citoyen français qu'aux Lettres qu'il fit en réponse aux Be flexions de Edm. Burke sur les suites de la révolution française ; et que ce ne devait être qu'une méprise , puisque ces lettres étaient nniqaement écrites en faveur des dissidents anglais.

nraroiBB >■ \x- cHuat.

litique ^e croit permises pour donner le change à Fopinion piï&Ii» que. L'émeate se dirigea vers la maison de PriesUeyt lèqoel javait, par prudence, évité il'aasister à cette réunion; ses instruments, ses manuscrits, sa bibliothèque, sa maispn, tout cela Mondain converti en un monceau de cendres. Réfugié dans une maison voisine, et spectateur de cette horrible scène , il ne fit entendre aucune plainte contre cette multitude effrénée; mais il accusa plus tard hautement le gouvernement anglais de s'en être send, cpmme d'un instrument de vengeance. Dès lors, sa patrie devint pour lui un séjour intolérable ; trois ans après l'émeute de Birmingham, nous voyons Priestley dire à jamais adieu à l'Angleterre, et s'embarquer pour l'Amérique en 1794, l'année même, de la mort de Lavoisier. Établi à Northumberland, petite ville de la PcDsylvanie, il ne trouva pas d'abord le repos qu'il était aHé chercher au-delà des mers. Ses ennemis continuaient à l'y poursuivre. Sous l'administration du président Adams,il se vit en butte à d'étranges défiances : on faisait, entre autres, courir le bruit qu'il était un agent secret aux gages de la république française. Après avoir vu mourir près de lui sa femme et son plus jeune fils, Priestley se retira dans une ferme qu'il avait achetée près des sources du Susquannah. C'est là qu'il passa, en solitaire, le reste de ses jours, sous la protection du président JeCferson, auquel il dédia son histoire ecclésiastique ((i^n^a/Ats/oryo/'^^ Christian Chnrch from the fall of the western empire to the présent tinte) i802-i803, 4 Tol.in-8<>). DepuisiSOl, à la suite d'une maladie que Ton a, sans preuve suffisante, attribuée à un empoisonnement, il ne fit que languir, et s'éteignit, le 4 février 4804, à l'âge de soixante et onze ans. « Ses derniers moments, dit Guvier, furent remplis par des épanehements de cette piété qui avait animé toute sa vie, et qui, pour n'être pas bien gouvernée, en avait causé toutes les erreurs.. Il se faisait lire les Évangiles^ et remerciait Dieu de lui avoir donné une vie utile et une mort paisible. Il mettait au rang des principaux bienfaits qu'il en avait reçus celui d'avoir connu personnellement presque tous ses contemporains célèbres. « Je vais m'endormir comme vous, dit-il à ses petits enfants, qu'on emmenait ; mais^ ajoula-t-il en regardant les assistants, nous nous réveillerons tous ensemble, et j'espère pour un bonheur éternel ». — Ce furent ses dernières paroles (1) .

(l)Pour plus de détails, roy. Cuvier, Éloge de Priestley; — English cyclopx»

La vie de Priestley fut celle d*un honnête homme, un peu opiniâtre dans ses idées, et que rien ne pouvait fait*e dévier de la ligne tracée par la conscience. C'est là un mérite qui vaut toutes les gloires du monde.

Le seul reproche qu'on puisse lui adresser, c'est de n'avoir pas tenu assez compte des travaux de ses contemporains, et de s'être montré lé défenseur obstiné d'une théorie insoutenable et en contradiction avec les faits, ainsi que Ta fait très-bien ressortir M. Dumas, a En effet, dit ce savant, après tant de brillantes découvertes, après l'observation d'une multitude de faits en opposition avec le phlogistique, il a mis un tel entêtement à soutenir cette théorie, qu'il est mort dans l'impénitence finale. Il est mort phlogisticien, et seul de son avis au monde, lui dont les^ opinions, quelques années avant, faisaient loi en Europe (!}. »

TruTAUx de Prieiitlex.

N'ayant à faire connaître Priestley que comme chimiste, nous passerons sous silence ses ouvrages de physique, de théologie et de philosophie. Mais, en appréciant ses travaux chimiques, il ne faut jamais oublier, sous peine de pprter un jugement inexact, que Priestley était théologien et physicien plutôt que chimiste, ainsi qu'il se plaît à le rappeler lui-même.

Ce fut en 1772 que Priestley publia ses premières Observations sur différentes espèces d'air {Observations on différent kinds of air)i qui eurent, dès leur apparition, un grand retentissement parmi les savants de l'époque (2). Ces observations, suivies bientôt

dia; — lord Brougham, Story ofmen of lettres and science^ who flourished in the time of Georges II.

(1) DvaoBSy Leçons sur la philosophie chimique, etc.; Paris, 1836, in-S, p. 113. '

(2) Ces obMnratioas furent d^abord publiées sous forme de mémoire, dans les Transactions philosophiques de Londres, vol. LXll. Elles furent réimprimées à part; Lond., 1772, in-4. L'année suivante, elle furent traduites en français par Rosier, Observations sur la physique, etc., toI. I, avril et mai 1773. Dans la même année, eues parurent en italien, Giornale de* leiterati; Pisa, t. XI, 1773. — - En

' 1774j l'auteur fit paraître une seconde édition de son mémoire, qui, dans les années subséquentes, par suite d'une correspondance active avec les principaux physiciens et chimistes de l'Europe, s'était élevé aux proportions d*un ouvrage considérable : Experiments and observations on différent kinds of air; Ijond., in-8, 1. 1, 1774 ; t. II, 1775; t. III, 1777. Cet ouvrage fut hmnédiatemenl suivi d'une traduction française, faite en quelque sorte sous les yeux de

478 HisToiu.nB u.xàîàiiB/

: d'autres semblables^ eurent poui: Tésaltkt immédiat de d réveil au& cbimistes, et 4e fatire approfondirt^D^ux gu^ fait jus^'alors, la nature et les propriétés di^.çorps âérjy(ionafis. Air flxe.,Le premier gaz qui fit l'objet de ^e^. re^^ercbei était le gaz acide carbonique; le: voi^oage d'une hras^lorie luiavait^ dit-il, donné, l'idée d'esuiminer cet air qui se dégage pendant la fermentation. Black et Bergmann s'étaient déjli ûçcopéi 'du gaz acide carbonique, quele premier avait; apj}eléaji|)S4!J«^j^ie second acide aérien (I), Priestle; sjoutapeude données np^vetles aux travaux de ces chimistes.. Il remarqua cependant que la . pression de Tatmospbère Êivorise la dissolution de t'air flzn . dans l'eau, et qu'à Taidedlune machine à; condenser, on poucra^t aisément parvepir^ communiquer à l'eau commune les piroprî^téB de l'eau de SelU ou de Pyrmont. Priestlejrdoit^donc èt,re.cp][^-r déré comme, le véritable inventeur des eanx gazeuses firtificielles. ' ■ ' En cherchant un moyen de rendre l'air fixe p^pre à la respiration et à la combustion, il arriva à l'importante découverte que les végétaux peuvent parfaitement vivre dans cet air fixe pù les animaux périssent, et que, de plus, les végétaux cômmuniqjue.ât à *• l'air fixe les propriétés de l'air commun ; il trouva aussi que oe deiv nier phénomène n'a lieu que spus l'influencé de la lutniére dnjpi^r, et qu'il cesse la nuit. Halheureuçement, l'oxygène n'étant pas encore découvert, et ne soupçonnant môme pas l'action décomposante qu'exerce la respiralion des végétaux sur le gaz acide carbonique, Priestley ne pouvait pas se rendre exactement compte d'an phénomène qui excita au plus haut degré son attention, ainsi que

l'auteur : Expériences et observations sur différentes espèces d'air ; trad. par Gibelin, docteur en médecine ; Paris, t^ I, II, III, in-12, 1777; t. IV et t. V, 1780. — Quelque temps après, cet ouvrage fut traduit eu allemand par Ludwig; Vienne et Leipz., t. I, 1778; t. II, 1779; t. III, 1780. — Dans les années .1779, 1781 et 1786, Pauteur publia une suite à son ouvrage : Experiments and observations relating to varions branches ofnaturcd philosophy, wiih.a continuation ofihe observations on air; Lond., iii-S", 1779, t. I; t. II, Birmiogham, 1781; t. III, 1780. — Cette suite fut également traduite en français par Gibelin, etc.; Paris, 1. 1 et II, 1782. Une traduction allemande en parut à Vienne et à Leipzig , 2 vd. in-12, 1782.

Enfin, Tauteur publia, en 1790, un résumé de tous ses ouvrages sur ce snyct, sous le titre : Experiments and observations on différent kiiids of air, and other branches of naiural philosophy connected with the subject ,, i» fil volumes, being the former VI volumes abridged and methodized with many ûrfd//ion5; Birmingliam,in-8", vol. I-III, 1790.

(1) yoy. plqs haut, p. 349 et 445.

celle des savants qai répétèrent avec lui ces expériences, dont la première avait été faite le 17 août 1771.

Quoi qu'il «n soit, c'est à la sagacité de Priestley que nous devons la découverte d'un des plus beaux faits de la physiologie végétale. Voici comment il s'exprime en résumant ses expériences sur la respiration des végétaux et des animaux (1) : « Les preuves d'un rétablissement partiel de l'air par des plantes en végétation s.ervenl àrendre très-probable quele tort que font continuellement à l'atmosphère la respiration d'un si grand nombre d'animaux, et la putréfaction de tant de masses de matières végétales et animales, ^cst réparé, au moins en partie, parle règne végétal; et, malgré la masse prodigieuse d'airquiest journellementcorrompue par les causes désignées, si nous considérons l'immense profusion de végétaux qui couvrent la surface du sol, on ne peut s'empêcher de convenir que tout est compensé, et que le remède est proportionné au mal. »

Mais, selon Priestley, il y aurait un autre moyen qui contribuerait non moins puissamment à l'assainissement de l'atmosphère : l-agitation des eaux par les vents, et par suite la mise en liberté de l'air dissous dans les eaux, lequel serait encore plus riche en molécules respîrables que l'air commun de l'atmosphère. Dans tout cela nous ne pouvons qu'admirer la profonde pénétration de l'illustre ami de Franklin.

L'appaVeil dont il se servait pour recueillir les gaz est celui de Haies, légèrement modifié. Priestley eut le premier l'idée heureuse de substituer le mercure à l'eau, pour recueillir les gaz solubles.

Air inflaiiiiiiable. Dans les années 1771 et 1772, il fit des expériences sur Vair inflammable (hydrogène), connu depuis longtemps, et dont Gavendish avait indiqué le meilleur mode de préparation et décrit les principales propriétés.

Ces expériences portaient principalement sur l'inflammabililé et rirrespirabilité du gaz en question.

Air Bitrevx. Le 4 juin 1772, Priestley découvrit le hioxyde d^azote, qu'il appela air nilreux; il l'obtint en traitant le cuivre par l'eau-forte, et en recueillant le gaz qui se dégage. 11 en constata les propriétés d'être irrespirable, de rougir au contact de l'air atmosphérique, d'être non précipitable par l'eau de chaux, decommû-

(1) L^ siyets les plus onlinaires de ces ex|*ériences étaient des tiges de ujenthe et des souris.

niquer une flamme verte à l'hydrogène. Mais ce qu'il y a de pins remarquable, c'esl qu'il proposa ce gaz comme un moyen d'analyser l'air, OH d'en reconnaître la pureté, et il assure avoir constaté par ce moyen une di ff ère ii ce notable entre l'air deson laboratoire, dans lequel avaient respiré plusieurs personnes , et l'air du dehors (1),

Il propose, en outre, ce gai comme un préservatif de la pulré- Taclion, pour conserver des animaux, des pièces d'anatomie, etc. n dit avoir ainsi conservé, au milieu des chaleurs de la canicule de 1772, deuï souris mortes : au bout de 25 jours, elles ne présentaient encore aucun indice de putréraction.

11 fit de nombreuses recberchessur lacoloration dugaz nitrenx, et le produit cristallin que ce gaz forme avec l'acide vttriolique(S).

Dans un autre chapitre, intitulé : Dei'air infecté par la vapeur au charbon allumé (3), Priestley &t une expérience répétée par Lavoisier, laquelle conaiatail à suspendre un morceau decbarbon dans un vaisseau de verre rempli d'eau jusqu'à une certaine hauteur, et renversé dans un autre vaisseau plein d'eau, et k brûler ce charbon au foyer d'une lentille. Ilobsen-a que, dans celteexpérience, il se produit de l'air fixe, absorbé et précipilé en blanc par l'eau de chaux; qu'après cette absorption la colonne d'air est diminuée d'un cinquième; etque l'air qui reste éteint lallamme, tue les animaux, n'est diminué ni par l'air nitreux, ni par un mélange de limaille de fer et de soufre humide, elc. — L'air ainsi obtenuet parfaitement caractérisé, c'était le gaï qui reçut quelques années plus tard le nom d'asote.

La date de cette expérience, si imporlante pour l'avenir de la chimie, n'est pas indiquée par l'auteur. Dans aucun cas, elle ne peut être postérieure à l'anuée \ni, puisque le mémoire où celle expérience se trouve consignée parut en 177i.

Eh bien, cette expérience capitale resta complétemeut stérile entre les mains de Priestley; égaré par la théorie du phlagistique, il se perd dans des divagations obscures , et finit pfli ajourner l'explication de ses espériences. C'est à Lavoisier que

(I) 11 axait remarqué, terme inujen, que l'air aitreux (bin\>do il'azotF)alr sorbait envimo unûaquièrae (30 p, IIMJ ilc l'air ordiaaiTe.

(ï) Voj. ExpériOKet et observation* sur différentes bi-HKClies de la ph^qae, etr. [Irad. dcGibPlin), vol. I, p. 1M8; l^aris, ia 12.

(S) Ofttir infecled wid ihe fumes of burning eharcaal ; Observations « dicterait kinb of air, etc.; Ijoad., 1772, p. Si.

revient Thonneur d'avoir fait, en quelque sorte, sortir cette expérience du néant, et d'en avoir tiré d'immenses résultats.

N'est-ce pas là un éclatant démenti donné à ceux qui, dédaîènant la puissance du raisonnement, proclament sans cesse la souveraineté des faits? Mais la science ne serait le plus souvent qu'un tissu incohérent, si elle ne se composait que de faits non raisonnes, non compris, et sans aucune liaison entre eux.

Substituant au charbon les métaux (plomb, étain), Priestley constata également la diminution du volume d'air par la calcination (i). Mais, loin d'aborder la question de l'augmentation du poids des métaux correspondant à cette diminution de l'air, il ne cherche qu'à l'éluder, et il se perd dans les doctrines inextricables du phlogistique. Lavoisier répéta ces mêmes expériences , et il en tira tout le parti possible, par la puissance de son esprit généralisateur.

Acide de refipritde«el (gaz acide chlorhydrique). — C'est Priestley qui recueillit le premier l'acide muriatique à l'état de gaz sur le mercure, et prouva que l'acide marin ordinaire (acide chlorhydrique aqueux) n'est autre chose qu'un fluide élastique acide, dissous dans l'eau, d'où il peut être expulsé par la chaleur; il en étudia les propriétés les plus saillantes, signala l'absorption de ce gaz parle charbon, son action sur les huiles, sa décomposition partielle par l'étincelle électrique en air inflammable*; il attribua les vapeurs blanches que ce gaz forme au contact de l'air, à Pabsorption de l'humidité, et il conclut, de diverses expériences, que le gaz acide marin est d'une densité spécifique supérieure à celle de l'air commun (2).

Air du nitre. — Ce que Priestley appelle air du nitre parait être l'oxygène impur (mêlé de protoxyde d'azote); car il dit que .cet air se distingue de tous les autres, en ce que, loin d'éteindre une chandelle, il en augmente la combustion avec un bruit semblable à celui que produit la déflagration du nitre, et qu'il obtenait cet air en chauffant du nitre, dans un canon de fusil. Ces expériences avaient été faites dans le courant de l'année 1771; l'auteur ajoute en terminant : « Ces faits me paraissent très-

{i) On the effect of the calcination ofmetalls; Observations on différent kindsof air; London, 1772, in-4», p. 84.

(2) On air procured by means ofspirit of sait; Observations on différent kinds, etc.; Lond., 1772, p. 90.

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