OH H OH COH. G . C . G .GH^OH OH H
ou plus simplement, d'après la proposition de M. Lespieau,
I représentant le chaînon le plus substitué, CO H.
Cette formule prétend illustrer les relations spatiales du xvlose avec les autres pentoses. Le Tableau ci-contre montre aisément comment on y est arrivé.
Aux différents pentoses correspondent autant d'alcools pentatomicjues et autant d'acides bibasiques. L'activité ou la nonactivité de ceux-ci classe leurs formules en deux séries, premier embranchement du Tableau dichotomique.
Le xylose vient ])ren(lr(' place expérimentalement dans les pentoses dont les pentites sont inactives. Il y a donc à faire choix pour lui entre quatre formvdes possibles.
Dans la famille des hexoses, dont l'étude a été faite de la môme manière, il cxisle deux sucres ayant des rclalions avec le xvlose. Ce soni :
/. guluse. /. idosc.
U4 CIIIMIK ORGANIQUE DEPUIS 18G0.
eu
dont les acides monobasiques correspondants peuvent être synt hé lises par l'action de l'acide cyanhydrique sur le xylose.
dérive de —
Cependant il existe un autre pentose, le ribose, donnant une pentite inactive. Ses propriétés optiques ne permettent pas de le confondre avec l'inverse du xylose, dont la constitution nous est maintenant connue. La formule qui convient au ribose se trouve confirmée par la réalisation de la réaction générale suivante :
Les acides monobasiques, bouillis avec une base comme la pyridine. voient le chaînon voisin du carboxyle modifier son
sens optique. C'est ainsi que t^—, se modifie partiellement en -TT — -1 formule correspondant à l'arabinose, dont la confiiiuration
est connue par d'autres expériences s'appuyant sur la constitution des hexoses.
Les aldo-hexoses sont représentées théoriquement par i6 isomères dont la plupart sont connus. Le lecteur pourra s'en rendre compte par le Tableau qui en est donné dans la monographie de M. Maquenne {}). Ce que nous avons dit des pentoses permet de saisir le caractère d'une cla.ssification de ce genre. Chaque corps trouve sa place; les réactions "cpii y conduisent mettent en œuvre, non pas seulement des analogies comme le voulait Gerhardt, mais aussi des différences ; elles se rattachent à des familles voisines de sucres ; elles indi(iuent des rapports étroits avec des familles d'alcools polyatomiques, d'oxyacides tant Mionohasicpies (|ue bibasiques, de nitriles, etc.; elles forment, en un mot, un réseau tellement serré et solide qu'il ne semble plus permis de douter de la réalité objective des fornuiles.
C'eivl lu un des plus beaux résultais de la chunie orgauKpu; (•oui cniitoraine, et nous n'avons pas cru |)()Uvoir mieux lairi; (pu' (l(; choisir cet exemple pour tciiuiucr notre Ouvrage. Il
(') L. Maquennk, Les suaes cl h-nrs jiriiici juiur drrivrs. Taris, (lari'é cl IS'aiid ; l 'jof).
LA CIllMil-: OIUJAXIQIK DKPIIS 1860. 6l5
importe cependant de chercher à en préciser la portée philosophique. Sur ce terrain on pourrait peut-être lui opposer de «j;raves critiques.
Il est vrai que M. E. Fischer, au moment où il a entrepris cette œuvre importante qui devait amener l'histoire des sucres à ce degré de développement que nous venons d'entrevoir, abordait une question qui avait déjà été l'objet de travaux notoires et variés. Les différentes fonctions des sucres, leurs relations avec les poîyalcools et les acides tant monobasiques que bibasiques, leur hydrolyse, les trois réactions principales du Tableau ci-dessus (passage d'une aldose C" à G""*"' (Kiliani) ou à G" ' (Wohl), transfoi-mation optique du chamon avoisinant le carboxyle d'un acide monobasique), toutes ces réactions étaient connues au moins dans leurs caractères essentiels. M. E. Fischer a complété cette documentation par l'étude de réactions de la phénylhydrazine, et, faisant une étude d'ensemble de la question, l'a amenée à son état actuel.
Le lecteur a été frappé sans doute du contraste entre ces travaux et les recherche'^ de M. Baeyer sur la constitution de la chaîne benzénique. Autant la marche de? premiers est sûre, autant leur résultat satisfait le but proposé, autant les seconds sont hésitants; on dirait que l'auteur, à chaque pas, a besoin de nouvelles hypothèses, heureux lorsqu'il ne doit pas modifier ses précédenteG conclusions. Ce contraste tient simplement à une question de méthode.
« Nous ne pouvons remonter au principe de rien », nous a dit Glaude Bernard. Qu'a fait M. Baeyer ? Fidèle aux enseignements des professeurs de 1860, il a cru à l'objectivité de la valence, il a expérimenté sur une entité; il ne pouvait qu'échouer. On raconte que l'un des collaborateurs (^) de ce maître, sortant un jour d'une conférence avec lui, dit à ses compagnons : « Bon, voilà la constitution du benzène solidement établie pour six semaines. » G'était beaucoup préjuger. La chaîne benzénique, rebelle à toutes les analyses comme à toutes les
(^) W. Kœnigs. Sa biographie clans B^i- d. cl. chem. Ces., année 191 2, p. 3791.
Gl6 CHAPITRE XV. — LA CHIMIE 0R(,AMQIE DEPUIS IcSOO
synthèses, n'a pas fait un pas depuis la conception de Kékulé. Ainsi devait -il en être d'une œuvre d'imagination.
Toute autre a été la discipline de i\I. E. Fischer. Il est parti du ])rineipe de Lebel et Van't HofT, se proposant de classer les sucres conformément à ce principe. Et bien qu'il faille toujours se défier des travaux exécutés en vue de réaliser un plan, on peut dire qu'il a complètement réussi. Est-ce à dire que ses travaux explicjuent tout ?
Un savant chimiste dont lee recherches ne sont pas entravées par des préoccupations de doctrine, M. Tanret, a isolé notamment plusieurs modifications du glucose que l'on ne peut actuellement faire entrer dans la classification. Mais, soyons sans inquiétude ; on trouvera tôt ovi tard des hypothèses nouvelles qui expliqueront cela et beaucoup d'autres choses encore.
Et après ? Lorsqu'on aura échafaudé de cette manière des hypothèses c[ui, certainement, se vérifieront toujours par quelques exemples, où cela nous conduira-t-il ?
Plutôt cjue de suivre attentivement les rapports naturels des choses, et de faire lentement une science qui aurait donné satisfaction aux esprits les plus positifs, on a préféré guider ses expériences au gré d'idées préconçues. C'est notre système moderne; il a les inconvénients d'un système comme il en a les avantages. Des idéologues se sont infiltrés dans la science en 1860. Il serait injuste de méconnaître les services qu'ils ont rendus. Attendons l'avènement des réalistes. A ce moment, comment regardera-t-on les travaux de Baeyer ? Nous n'oserions ])as répondre à cette question. Mais il nous paraît certain • juc \\)\\ iiigcra (|iie tous les Fischer àw monde ne viennent pas, tous ensemble, à la cheville d'un l*asteur ou d'un Deville.