‹ Histoire de la chimieChapitre 25 sur 137 · I.A lu':i()R\li; FAPKRIMKNTAl.i;. 9I · texte numérisé non relu

I.A lu':i()R\li; FAPKRIMKNTAl.i;. 9I

(le vérité historique que bien des nôtres. Nous allons tâcher d'interroger ces contemporains.

Van Helmont et Boyle sont des isolés. Cinquante ans les séparent, tandis que, par exemple, tous les grands expérimentateurs qui révolutionneront la Chimie à la fin du xviiï^ siècle verront le jour en moins de quinze ans. Leur œvivre est plutôt fragmentaire. Leur méthode tâtonne encore; elle suit de trop loin le glorieux exemple de la Physique.

D'autres recherches isolées, d'une grande fécondité, mais venues en quelque sorte avant terme, pourraient être citées ilans ce curieux siècle de gestation chimique, où nous croirions voir éclore à plusieurs reprises la découverte qui a illustré le nom de Lavoisier.

Mayow (1645-1679), travaillant dans la direction de Boyle, découvre que l'air contient un principe que l'on retrouve dans le salpêtre et qui provoque la calcification des métaux.

Jean Rey, médecin-chimiste périgourdin, mort vers i645, se recommande par la saveur de son esprit, l'originalité de ses ex- |>ériences et la profondeur des conséquences qu'il en déduit. En i63o, il publie : Essays sur la recJierche de la cause pour laquelle Vestain et le plomb augmentent de poids quand on les calcine (^).

« A cette demande doncques, appuyé sur les fondements ja [)osez, je responds et soustiens glorieusement que ce surcroil de poids vient de lair, qui dans le vase a esté espessi, appesanti, et rendu aucunement adhésif par la véhémente et longuement continue chaleur du fourneau; lequel air se mesle avec la chaux et s'attache à ses plus menues parties, j»

Ses aperçus sur la pesantevir de l'air ne sont pas moins intéressants :

« Balançant l'air dans l'air mesme, et ne luy trouvant poini de pesanteur, ils ont creu qu'il n'en avoit point. Mais qu'ils balancent l'eau (qu'ils croyent pesante) dans l'eau mesme, ils ne lui en trouveront non plus : estant très véritable que nul élément pesé en soi-mesme. Tout ce qui pesé dans l'air, tout

\^] Bazas, in-8'^', 124 pages, iGjO. Réimpr. Paris, iii-8", 1777 et vers 1900.

f)2 CHAPITRE III.

ce qui pesé dans l'eau, doibt sous esgal volume contenir plus de poids (pour le plus de matière) que ou l'air ou l'eau, dans lesquels le balancement se pratique.

» Remplissez d'air à grande force un ballon avec un soufflet, vous trouverez plus de poids à ce ballon plein qu'à lui-mesme étant vide (^). »

Mais Jean Rey est l'aîné de Boyle. Demandons à un homme de la génération suivante quelle répercussion ont trouvé dans le monde savant les idées de chimiste sceptique. Adressonsnous à Nicolas Lemery (i645-i7i5), les nombreuses éditions de son Cours de chymie, le succès extraordinaire des leçons c[u'il professait dans son laboratoire de la rue Galande ("^) nous le recommandent entre tous pour nous donner l'opinion de son siècle. Il n'a d'ailleurs pas d'idées particulièrement originales, et, s'il a fait des découvertes, ce n'est guère plus que le « volcan de Lemery ». Mais c'est un praticien consommé, un esprit logique, adversaire décidé des amphigouris de l'alchimie, ne croyant absolument à rien des soi-disant résultats merveilleux de cet « art sans art, dont le commencement est de inentir, le milieu de travailler, et la fin de mendier «. Sa seule devise est : « Je tâche de me rendre intelligible )>. Et il l'applique à notre grande satisfaction.

La Chimie est pour lui « l'art cjui enseigne à séparer les différentes substances qui se rencontrent dans un mixte )>, et précisément nous allons lui demander que sont ces <'. mixtes » et ces « composés » dont Yan Ilelmont nous a déjà parlé, mais sans les définir.

<' J'entens par les mixtes, les choses qui croissent naturellenicul, à sçavoir les minéraux, les végétaux, et les animaux. Sous le nom de minéraux je comprens les sept métaux, les minéraux, les pierres et les terres... (■') » Le métal est la partie la plus digérée, la mieux liée et la plus cuite des minéraux (')• "

(') lIoi;rKii, Histoire (Je la (liiniic, 9."^ édition, t. II, p. 9.47-

i^) J.-l'i. Dumas, Philosopliic chiinique, p. 64, Paris, i836.

!■■') M. L'I^Mi-.iiY, CciiradcCInimie, <)^ cdilion. p. 2. Paris, ■\Iicliallcl ; 1G87.

(•) lln>l, p. fli.

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