‹ Histoire de la chimieChapitre 50 sur 137 · I.ho LOIS l»H l'Oins · texte numérisé non relu

I.ho LOIS l»H l'Oins

titre comme les fondements mêmes de la seience. Il importe d'examiner cette thèse et de la circonscrire.

Un corps augmente de poids au cours d'une manipulation chimique: ce n'est pas une fantaisie de la nature : cette augmentation est due à la fixation d'autres éléments que l'on peut toujours séparer par des expériences régulières. Si le mercure augmente de poids par calcination, c'est cpi'il a fixé l'oxygène de l'air: le poids de l'oxygène s'est ajouté au poids du métal li(iuide: la calcination du précipité per se en dégage l'oxygène, et le vif argent reprend son poids primitif. Lavoisier n'a pas fait autre chose que d'admettre que tout ce qui pèse est matière (1).

Les chimistes modernes ont traduit cette mentalité du grand expérimentateur par une formule que l'on énonce à la première page de tous les traités sous le nom de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée. » Cette expression nous paraît caractériser très bien l'œuvre de Lavoisier. Il n'a certes pas inventé ce principe, mais, en l'étendant à l'oxygène, il l'a rendu péremptoire et n'a pas fait moins que d'établir une nouvelle philosophie de la science. Cependant là se borne son rôle dans le domaine des lois de poids.

La plume autorisée de Berzélius nous apprend ([ue « dans les écrits de Lavoisier, on ne trouve rien de positif sur les proportions chimiques (-) ». Cependant d'excellents traités donnent le nom de Lavoisier à la loi suivant laquelle « le poids d'un composé est égal à la somme des poids des composants ». II nous paraît bien certain cjue Lavoisier ne mérite pas la paternité de ce principe qu'il a simplement appliqué à l'oxygène; ce

(') Il arrive que l'on attribue à Lavoisier la formule du principe que certains resrardent comme fondamental; savoir : « Toute matière est pesairte. » Sans vouloir discuter cette thèse, qui est du domaine de la philosophie, nous croyons pouvoir dire qu'elle ne se trouve nulle part dans l'œuvre du grand chimiste; elle est si peu compatible avec son œuvre que le calorique, non pesant, y est considéré à chaque pas comme un élément et classé comme tel dans son célèbre traité.

(-) Berzéiivs, Théorie des proportions chimiques, •2.'^ édition, p. 5. Paris, Didot, i835.

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principe a ses racines dans une science si ancienne qu'il serait peut-être présomptueux de vouloir en déterminer la première trace d'une manière certaine. Aussi viserons-nous seulement à réunir quelques données sur ce point d'histoire. Et pour cela, «juittant les grands maîtres que nous avons seuls étudiés dans le précédent Chapitre, cherchons dans la foule l'orientation anonyme mais vraie de la science.

Toute la stochiométrie, cette science c[ui est elle-même la partie la plus positive de la Chimie, est hasée sur deux notions : l'élément et l'individu chimique.

On sait comment la notion de l'élément, posée par Boyle en principe a priori, s'est peu à peu implantée sur le terrain expérimental : c'est un individu simple. Quant à la notion d'individu composé, elle est née le jour où un chimiste a été amené à distinguer entre vm mélange et une combinaison. Est-il bien utile de rechercher dans l'histoire à cjuel moment on a rattaché une idée de poids à cette notion d'individu chimique ? Avec un poids donné de cuivre, on ne peut faire qu'une quantité déterminée de verdet; le moindre fabricant a dû bien vite s'en apercevoir, et si l'on veut bien se laisser guider un peu par la logiciue des choses, on ne sera pas éloigné de considérer la fin du rcve alchimique comme le triomphe, non seulement de la notion d'élément, mais aussi de là notion d'individu chimique, une valeur de poids étant attribuée à chacune d'elles.

A cette conséquence de la logicjue, on pourrait opposer la théorie de Stahl qui semble avoir fait bon marché de toute considération de poids. Cependant, il ne faut pas oublier cpie ce ne fut là qu'une théorie passagère, elle détourna pour un temps les chimistes des considérations trop rigoureuses de poids à un moment où l'on \oidait interpréter les phénomènes d 'oxydalion sans avoii' aiuune idée du gaz qui les proNoque. L'existence de la théorie de Stahl ne veut pas dire que les chimistes plus anciens n'aient ])as été préoccupés des proportions cliiini([ues. I )"aill(Mirs. nous Noyons juêinc au xniii^' siècle des savants modestes, souvent de sinq)les praticiens, se soucier fort peu du phlogistlquc et raisonner des poids avec un grand sens.

Citons quchpies exemples. Nous les puiserons dans la chimie

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