LA CHIRURGIE AUX ARMÉES DE TERRE ET DE MER
F]L,EURY (2). — L'école de Toulon avait alors pour second chirurgien en chef Fleury, qui, élevé en 4810 au grade supérieur, fut chargé d'organiser cette école d'Anvers dont nous avons raconté la fondation. Plus tard, Carnot lui confia la direction supérieure des services réunis de la guerre et de la marine, avec le titre d'inspecteur, et lorsqu'en 1814 il fallut abandonnera place, ce fut à lui qu'incomba l'importante mission d'évacuer les hôpitaux et de présider au transport des blessés et des malades. Rentré à Toulon avec son grade de premier chirurgien en chef, Fleury passa dans la ligue médicale en 1820, et succomba le 10 juillet 1835, victime de l'épidémie de choléra qui ravageait alors le Midi et qu'il avait, malgré son grand âge, combattue avec autant de fermeté que d'abnégation.
A l'époque où Fleury était à la tête de l'école d'Anvers, son collègue Sper (3) dirigeait avec un rare talent le service chirurgical du grand hôpital d'Enchuysen, et enseignait aux chirurgiens hollandais, émerveillés de ses succès, les principes de la chirurgie française, bien supérieure à cette époque à celle des autres nations du continent. Sper était un opérateur des plus distingués. Vidal de Cassis le cite comme ayant pratiqué treize fois la taille par le procédé de J. Sanson sans perdre un seul malade. Le port de Toulon comptait alors parmi ses jeunes chirurgiens Laurent (P,-L. -Maurice), dont les travaux en anatomie, en physiologie et en histoire naturelle ont acquis depuis une juste célébrité. Nommé professeur d'anatomie en 1825, puis deuxième médecin en chef, il quitta la marine en 1830, pour se consacrer exclusivement à la science.
Pendant ce temps, l'école de Rochefort était dirigée par Cochon-Duvivier(-i), nommé premier chirurgien en chef en 1780, et qui a occupé ce poste jusqu'en 1813. Ce chef de service, d'une capacité, d'une droiture et d'une distinction hors ligne, a rendu à l'école de médecine les services les plus signalés; il a puissamment contribué à l'assainissement de Rochefort, et s'est acquis dans celte ville une réputation que le temps n'a pas afl'aiblie, mais il n'a pas laissé dans la chirurgie de traces de son çassage.
(i) Leclerc (Michel-Joseph), né à Toulon le :25 avril 1752, chirurgien en chef le 15 messidor an H.
(2) .). A. Fleury, né à Cherhourg le 30 novembre 1758, mort à Toulon le 10 juillol 1835. Yoy. la Notice hiograpMque sur J.-A. Flevrij, par Obet, médecin en chef de la marine au port.de Cherbourg.
(3) Sper, né à Granville le 7 juillet 1775, nommé second chirurgien en chef à Brest en 181 i, premier chirurgien en chef à Toulon en 1821, retraité en 1829, mort à Paris le 7 août 1844. Voy. sa Notice nécrologique par Levicairc, médecin de la marine. Imprimerie royale. Décembre IS-ii.
(4) CocHON-DuviYiER (Pierre-Jacques-Thomas) , né à Fressenes (Deux-Sèvres) le 8 octobre 1731, premier chirurgien en chef en 1780, membre du corps législatif en I7',H), retraite le If'r janvier 1813, mort à Rûchefortlc 26 avril 1813.
181t| lENDANCES SCIENTIFIQUES, UTTÉRATURE CHIRURGICALE. 55
Nous en dirons autant de son successeur Tuffet (1), dont le nom est demeuré inconnu: Clémot père, alors second chirurgien en chef, n'a laissé que le souvenir de son hahileté comme anatomiste, et son fds, qui devait acquérir plus tard une réputation si brillante, en était encore à ses premiers débuts.