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De pareils résultats étaient de nature à satisfaire l'inventeur de la méthode ; cependant elle donnait prise à quelques objections qui lui furent immédiatement adressées. On lui reprocha surtout de produire une section trop longue, trop étroite, portant sur trop de points à la fois; chacun se mit à l'cieuvre pour faire disparaître cet inconvénient, et Tarsenal de la chirurgie s'enrichit de toute une collection d'entérotomes.
C'est d'abord Liotard, qui imagina, en 1819, une sorte d'emporte- • pièce destiné à enlever un disque de l'éperon et à produire ainsi une ouverture suffisante pour donner passage aux matières stercorales. Cette idée était ingénieuse, mais elle mettait dans l'obligation de donner aux mors de l'instrument une largeur qui rendait son introduction à peu près impossible dans la majorité des cas. Cependant Blandin put l'employer une fois avec succès (:2). Delpech inventa de son côté un compresseur entérotome à l'aide duquel il divisait l'éperon en plusieurs temps (3). Blandin adopta une sorte de pince à larges mors, pour détruire la cloison sur une plus grande surface. Enfin, en 18:27, Reybard proposa une modification plus importante en ce sens f[u'elle touche au fond même de la méthode (4). Au lieu d'attendre que la pression graduelle ait produit la division de l'éperon en désorganisant son tissu, il le coupe avec une lame tranchante; mais pour rendre cette section inoffensive, il la pratique à la faveur d'un entérotome dont les deux branches sont fenêtrées depuis leur origine jusqu'auprès de leur extrémité (5). Lorsque ces branches sont rapprochées à un degré suffisant pour maintenir solidement la cloison sans la désorganiser, l'instrument, qui a la forme d'un tranchet de cordonnier, parcourt la longue fenêtre qu'elles présentent et opère la section sans que les lèvres de celle-ci puissent s'échapper, sans qu'il y ait à craindre ni hémorrhagie ni épanchement des matières. Au bout de deux jours, Reybard retirait l'instrument, convaincu que les adhérences étaient assez solides pour qu'il n'y eût plus rien à craindre. Nous ne partageons pas cette confiance; cependant, lorsque l'auteur fit connaître son ingénieux procédé, il l'avait déjà appliqué deux fois avec succès. Depuis lors on a tenté de suljstituer la cautérisation à la compression et à l'instrument tranchant. En 1841, Vidal (de Cassis) proposa de creuser de petites cuvettes à l'extrémité de l'entérotome et de les
i'2) Foiicher, De Vanus conlre nature, loco cit., p. 1^2.
(3) Delpech, Observations sur raniis artificiel et description d'un procédé nouveau employé pour sa guérison. (Mémorial des hôpitaux du. Midi. Février, 1830, p. 76-92.)
(■i) Reybai'il, .l/e/zioire sur le traitement des anus artificiels, des plaies des intestins, et des plaies pénétrantes de la poitrine. Lyon et Paris, 1827, in-8 avec trois planches.
|5) Les instruments de Léotard, de Delpech et de Reybard sout décrits et figurés ■lansCh. Sédillot et L. Degouest : Traité de médecine opératoire. 1870, t. II, p. 370, lig. 502, .503, 501.
remplir, soit avec du nitrate d'argent, soit avec du caustique de Vienne; plusieurs chirurgiens de Lyon, au dire de Foucher, ont eu recours à ce procédé avec avantage, et Laugier l'a perfectionné en creusant les deux branches de l'entérotome de deux longues gouttières qu'on remplit de caustique. Des lames mobiles recouvrent celui-ci et préservent les parties contre son action, jusqu'au moment où la cloison est saisie et maintenue par les branches de l'entérotome. On les retire alors et la cautérisation se produit. Ce procédé, qui rappelle celui d'Amussat pour la destruction des hémorrhoïdes, a été employé avec succès et sans accidents par Verneuil et Panas à Paris, par Langenbeck à Berhn. En 1851, Sédillot créa pour un cas particulier un entérotome spécial dont il obtint un succès complet (1). Mais ces faits, que nous avons cru devoir consigner ici, pour n'y plus revenir, n'appartiennent pas à la période que nous parcourons, et il faut revenir en arrière pour rendre compte de quelques autres tentatives faites pendant sa durée, mais dans une autre direction.
Nous avons parlé déjà de la méthode de Desault, basée sur la dilatation et la compression réunies. En 1827, Colombe chercha à la faire revivre au moment même où les succès de Dupuytren avaient converti tout le monde. Il proposa de remplacer les mèches de Desault par une grosse canule en gomme élastique,-longue de deux à trois pouces, légèrement courbe, et maintenue à l'aide d'un fd au niveau de l'ouverture extérieure. Velpeau, qui essaya ce moyen en 1831, n'eut pas à s'en louer : le malade mourut au bout de trois jours, et à l'autopsie on trouva l'intestin perforé en arrière et la canule engagée dans l'ouverture. C'est à la suite de ce cas malheureux qu'il fit ses premiers essais pour appliquer l'autoplastie à la cure des anus artificiels. Il ne suffit pas, en effet, pour débarrasser le malade de cette dégoûtante infirmité, de rétablir le cours des matières, il faut de plus oblitérer la fistule stercorale qui persiste souvent après l'enté rotomie. On rencontre d'ailleurs des anus anormaux qui sont dépourvus d'éperon et auxquels elle est par conséquent inappUquable. C'est contre cette variété rebelle que Velpeau dirigea ses efforts. 11 eut d'abord recours au procédé . qui lui avait réussi pour l'oblitération des fistules laryngiennes. 11 introduisit dans l'ouverture anormale un boîichon formé d'un lambeau de peau emprunté au flanc; mais les humidités stercorales suintèrent sur ses côtés et le firent tomber en gangrène. Il résolut dès lors de mettre en usage la méthode française et de favoriser le rapprochement des bords ravivés de l'ouverture par deux grandes incisions latérales. Le 15 novembre 1835, il mit ce procédé à exécution, en présence de Valenti.neMott, chez un jeune homme qu'il avait vainement traité par la suture simple et la plaque de Reybard. Le
(1) Yoy. celte observation extrêmement intéressante dans le Traité de médecine opératoire. Paris, ISGl, t. II, p. 271.
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succès fut complet, et au bout de trois mois le jeune malade sortit de l'hôpital parfaitement guéri (1). On a depuis cette époque employé d'autres procédés dérivant de la même méthode. En ISil, Jobert appliqua avec un plein succès l'autoplastic par inflexion sur un homme de quarantecinq ansqui avaitété traité sans résultatpar l'entérotomie et parla cautérisation (:2). En 1849, Nélaton et Denonvilliers (3) eurent recours chacun de son côté à un procédé de suture que Malgaigne a régularisé, et qui consiste à réunir isolément et sur deux plans superposés l'ouverture intestinale et l'ouverture cutanée (i). Gosselin, Reybard, etc., ont également imaginé et pratiqué des opérations analogues; mais nous ne pouvons entrer dans plus de détails au sujet d'une méthode dont les procédés varient pour ainsi dire à l'infini et sont obligés de se modifier suivant chaque cas particulier.
^2, — Plaies intesliiiales.
Le traitement de l'anus contre nature se rapproche sous beaucoup de rapports de celui des plaies de l'intestin ; il se propose un but analogue, il repose sur les mêmes principes ; cependant, dans le premier cas, il ne s'agit que de combattre une infirmité, la vie du malade n'est plus en cause, tandis que dans le second le danger est terrible et imminent. Il n'y a plus à songer à ces méthodes lentes dans leur action que nous venons de passer en revue, il faut, à l'aide de moyens prompts et sûrs, prévenir Tépanchement des matières stercorales et conjurer la péritonite. La première de ces deux indications est la plus facile à remplir, et c'est elle qui a surtout préoccupé les chirurgiens. Au commencement du siècle, deux méthodes de date fort ancienne se trouvaient encore en présence : l'une consistait à mettre la plaie de l'intestin en rapport avec celles des parois abdominales, en se résignant à créer momentanément un anus contre nature, sauf à le traiter plus tard ; la seconde, à réunir la solution de continuité par la suture et à replacer ensuite dans le ventre l'anse intestinale ainsi reconnue. A la première se rattachaient les procédés de Littre, de Lapeyronie, de Scarpa: à la seconde, ceux de Rhamdor et des quatre maîtres, celui de Chopart et de Desault, auquel Royer donnait la préférence. Ces derniers ont pu réussir dans le cas de hernie étranglée, ainsi que cela arriva à Rliamdor et à Duverger, mais nous ne sommes pas convaincu qu'ils aient été jamais suivis de succès dans un cas (le plaie intestinale; ils étaient tombés en désuétude, et de guerre
(Il Velpeau, Eléments de médecine opératoire, deuxième édition, 1839, t. IV; p. 173.
{ij Jobert, Traité de chirurgie plasiique, t. II, p. 93, observation 61^.
(3) Yoy. ces deux observations dans la thèse de Foucher, loco cit., p. lii et suiv.
(4; Malgaigne, Manuel de médecine opératoire, septième édition, p. 613.
lasse on s'en tenait au procédé de Lapeyronie, lorsque la chirurgie moderne a tenté de les faire revivre en suivant d'autres errements. Richerand avait fait observer avec raison que le mode d'invagination, qui consistait à mettre en contact la séreuse du bout supérieur et la muqueuse du bout inférieur, n'offrait aucune chance de réunion, en vertu de la loi de physiologie pathologique posée parBichat, et il l'avait constaté sur les animaux. En 181i2, Travers avait démontré expérimentalement la facilité avec laquelle la séreuse de l'intestin adhère à elle-même. En jetant une Ugature sur l'intestin grêle d'un chien, il avait vu les deux portions contiguës se rapprocher, s'unir entre elles, et quelques jours après, la cloison formée par leurs surfaces adossées avait été éUminée par le rectum avec le fil qui l'étreignait (1). Béclard, après avoir répété [ces expériences avec les résultats les plus satisfaisants, avait osé proposer ce procédé pour remédier chez l'homme aux plaies intestinales, mais personne n'avait été tenté de l'appliquer (2), lorsqu'en 18:24, Jobert (de Lamballe), s'emparant de ces éléments divers, en fit sortir une méthode nouvelle qui parut au premier abord exempte des inconvénients et des dangers attachés à tous les procédés de réunion immédiate proposés jusqu'alors. Cette méthode consistait à renverser les bords de la plaie intestinale en dedans, de manière à les affronter en appliquant la séreuse contre elle-même, àinvaginer le bout supérieur dans le bout inierieur,età les réunir par un petit nombre de points de suture appliqués transversalement sur les bords amenés au dehors, puis maintenus suivant le procédé de Ledran. Après avoir fait quelques expériences sur les chiens, Jobert communiqua ses recherches à l'Académie de médecine qui l'accueillit favorablement, tout en exprimant l'avis que l'invagination devait être réservée pour la division complète de l'intestin et pour les liernies avec gangrène (3). Deux mois après, Denans communiqua à la même compagnie un autre procédé reposant aussi sur l'affrontement des séreuses. Il se servait, pour les maintenir en contact, de trois viroles métalliques s'emboitant les unes dans les autres, réunies par une suture assez ingénieuse, et qui devaient, une fois l'adhésion établie, s'éliminer par les selles (4). En '18'26, Lembert imagina un mode de suture par ados-
(1) Renjamin Travers, An inquirij hilo the process of nalur in rcpairing injuries, fif the intestines, etc. London, iSl"!.
(i) Velpeau n'a pas aussi bien réussi que Travers et que Réclanl. Les deux chiens sur lesquels il a fait cette ligature sont morts le lendemain, et à l'autopsie il a trouvé l'intestin rompu sur tous deux. (Eléments de médecine opératoire, deuxième édiLion, t. IV, p. 139.) Cela n'a pas empêché Choisy de proposer de nouveau ce procédé en 1837. (Thèse de Paris, n» 3-2-2.)
(3) Jobert, interne des hôpitaux de Paris, Recherches sur Vopération de l'invagination des intestins. Extrait d'un rapport fait à l'Académie royale de médecine par -MM. Marjolin, Henry et J. Cloquet, in Archives générales de médecine, 1824, t. IV, p. 71.
(-4) Denans avait commencé ses expériences l'année précédente, mais il ne les com-
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sèment beaucoup plus simple et d'une exécution plus facile que les prrcédents (i). Il se pratique avec des aiguilles ordinaires armées de fils simples; il n'exige ni invagination ni renversement de l'intestin. Au lieu de traverser ses parois de part en part, on se borne à passer l'aiguille dans son épaisseur sans toucher à la membrane muqueuse, à la faire ressortir à deux millimètres de la plaie pour traverser la lèvre opposée de la même manière. Quand tous les fils sont passés, il suffit de les nouer pour opérer l'adossement des parties comprises dans leur intervalle et pour rejeter en dedans la portion des bords de la plaie que le fil n'a pas embrassés. Dupuylren adopta le procédé de Lembert en y apportant une modification de peu d'importance (2).
Beaucoup d'autres procédés ont été imaginés depuis cette époque. Jobert a modifié le sien; il a proposé en 18:20 d'appliquer l'autoplastie aux plaies intestinales un peu étendues, en interposant l'épiploon entre leurs bords, mais il s'est borné à expérimenter ce moyen sur des chiens et ne l'a jamais appliqué sur l'homme (3). Il en a été de même du procédé de Moreau Boutard, consistant à exciser le bourrelet muqueux qui rend souvent le renversement si difficile, et à adosser la séreuse au tissu sous-muqueux mis à découvert. Gély (de Nantes) a imaginé une suture en piqué très-ingénieuse, très-solide, mais très-compliquée (4), Nunciante (deNaples), une suture en spirale plus simple et qu'il a employée trois fois avec succès. Toutes ces tentatives dérivent de la même source; elles prouvent que le principe posé par Jobert et la direction qu'il a imprimée aux recherches ont été appréciés comme ils le méritaient, et pourtant il faut convenir que les résultats pratiques n'ont pas complé- . tenient justifié les espérances que ses travaux avaient fait naître. Pour en apprécier la valeur, il faut distinguer la méthode elle-même de ses procédés d'application. La méthode, basée sur des principes incontestables, a sans nul doute réalisé un progrès, et les déceptions qu'on a éprouvées au lit du malade tiennent à ce qu'on s'est trop hâté de conclure d'expériences faites sur les chiens à ce qui devait se passer chez
muniqua à l'Acadéaiic qu'au mois de mars 1824. Voy., pour la description de son procédé : Vidal (de Cassis), Traité de pathologie externe et de médecine opératoire, cinquième édition, 1881, t. IV, p. 139.
(1) A. Lembert, chirurgien interne des hôpitaux de Paris, Mémoire sur l'entérorapMe, avec la description d'un procédé nouveau pour pratiquer cette opération chirurgicale, lu le 26 janvier 1826 ù l'Académie royale do médecine (section de chirurgie), in Répertoire général d'analomie et de plnjsiolorjie pathologique, t. II, première par lie, p. 101.
(2j Dupuytren substitua la suture du pelletier à la suture à points passés proposée par Lembert. (Blessures par armes de guerre, t. I, p. 183.)
(3j Jobert (de Lamballe), Traité de chirurgie plastique, t. II, p. 82.
(i) Gély (de iS'antesj, Recherches sur l'emploi d'un nouveau procédé de suture contre les divisions de l'intestin. Paris, 18 il. Voy. aussi Vidal (de Cassis), Palhologie externe, cinquième édition, t. IV, p. lil.
RocH.-VRU. — Chirurgie franc 17
l'homme. Le degré de léthalité des lésions traumatiques s'accroît à mesure qu'on s'élève dans l'échelle animale, et le péritoine des carnassiers est d'une tolérance sans égale. Les plaies pénétrantes de l'abdomen sont rarement mortelles chez les chiens, la chasse au sanglier nous en offre tous les jours la preuve; dans l'espèce humaine, c'est tout le contraire; on sait avec quelle déplorable facilité la péritonite s'allume et se généralise, e! c'est là ce qu'il ne faut jamais perdre de vue lorsqu'il s'agit de choisir entre les nombreux procédés que nous avons indiqués. Celui de Jobert est d'une exécution longue et difficile, tous ceux qui l'ont appUqué le reconnaissent; il force à malaxer l'intestin, il nécessite la dissection du mésentère, la ligature des vaisseaux qui sont inévitablement ouverts dans ce temps de l'opération, et ce sont autant dé chances de péritonite. Il échoue souvent même sur les chiens; Jobert en a vu succomber plusieurs ; Bégin a perdu les quatre qu'il a opérés (1); Velpeau, sur six expériences, a constaté deux fois l'épanchement des matières dans le péritoine et deux fois la persistance d'une fistule stercorale. Sur l'homme, les résultats n'ont pas été plus satisfaisants. Jobert a appliqué deux fois son procédé à des plaies intestinales, et il a perdu ses deux blessés. Il n'a pas été plus heureux dans un cas de déchirure de l'intestin causée par un coup de bâton asséné sur une hernie. Toutes les fois qu'il a réussi, il avait affaire à des perforations survenues à la suite d'étranglements herniaires qui avaient changé les conditions anatomiques des parties. C'est dans un cas identique que J. Cloquet avait obtenu par celte méthode un premier succès en 1826 (2).
Le procédé de Denans est du nombre de ceux qu'on qualifie d'ingénieux quand on est chargé d'en rendre compte, mais qu'on a bien soin de mettre de côté au lit du malade. Ces viroles métalliques, plus menaçantes encore pour l'intestin qu'elles étranglent, que les corps étrangers dont se servaient les anciens, ne sauraient s'appliquer à l'espèce humaine. Celui de Moreau-Boutard, assez séduisant en théorie, n'a pas réussi même chez les animaux, et Jobert s'est chargé d'en faire ressortir les côtés défectueux (3). La suture en piqué de Gély est difficile d'exécution, elle est longue à pratiquer et elle expose à des coarctations ; cependant
( ij L.-S. Bégin, Mémoire sur la réunion immédiate des plaies des intestins. (Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaire, t. XXII, p. 28i.)
(2) Les observations de suture par le procédé de Jobert sont au nombre de neuf; les huit qui lui sont personnelles sont consignées dans : 1" Mémoire sur la suture intestinale avec trois observations d'entéroraphie -pratiquée par M. Jobert; par Louis Fieury, interne des hôpitaux. {Archives générales de médecine, 1837, Sf' série, t. I, p. 295.) 2" De l'excision de la muqueuse dans les sutures intestinales. Rapport sur un mémoire de M. Moreau-Boutard, fait à l'Académie de médecine le 2 septembre 1845, par Jobert (de Lamballe) {Mémoires de l'Académie de médecine, 1846, t. II, p. 517). La neuvième, celle qui appartient à J. Cloquet, dans le Traite théorique et pratique des maladies chirurgicales du canal intestinal, de Jobert. Paris, 1829, t. I, p. 80.
(3) Rapport cité, Mémoires de l'Académie, t. XII, p. 316.
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elle lui a réussi une fois daus uu cas de blessure de l'intestin (I); celle de Nunciantc offre tont autant de garantie de réussite, elle est plus prompte, plus facile et compte trois succès en sa faveur; il s'agissait, il est vrai, dans les trois cas, de hernies étranglées avec perforation (2). La suture de Lembert enfin, plus simple et d'une exécution plus facile encore, est celle que la plupart des chirurgiens ont adoptée. Dupuytren, A. Bérard, Yelpeau, lui ont donné la préférence; J. Cloquet l'a employée une fois et a réussi (3) ; Baudens lui a dû un succès remarquable dans un cas de plaie d'arme à feu qui intéressait le côlon (ransverse (4). On sait que ce hardi chirurgien n'hésitait pas à agrandir l'ouverture abdominale lorsqu'il avait reconnu parle toucher une perforation de l'intestin, et à l'amener au dehors pour en pratiquer la suture.
En résumé, la méthode moderne a des avantages incontestables sur les anciens procédés, mais elle ne saurait être appliquée sans danger à tous les cas de lésion intestinale. Elle a des chances de réussir dans les plaies longitudinales de petite dimension, mais elle a déjà moins d'avantages lorsque la solution de continuité est très-étendiie. Dans les plaies transversales, elle ne nous paraît applicable que lorsqu'une petite partie du caUbre de l'intestin a été intéressée; dans les cas de section complète, nous n'oserions pas y recourir. Il nous semblerait plus prudent de maintenir la plaie intestinale en regard de celle des parois de l'abdomen, à la manière de Jean Palfin, et de laisser s'établir un anus contre-nature, sauf à le combattre plus tard.
3° Maladies de l'anus et du rectum.
Les maladies de l'anus et du rectum ont également donné naissance pendant cette période à quelques travaux intéressants. Nous citerons en première ligne celui de Boyer sur la fissure à l'anus (5). Cette affection si commune et si douloureuse était à peine connue avant lui. Mentionnée en termes assez vagues par L. Lemonnier dans son Traité de la fistule à l'anus, publié en 1689, elle avait été reconnue et signalée par Sabatier. !1 en avait dit quelques mots dans son traité de médecine opératoire, en témoignant son étonnement de ce qu'aucun auteur n'en eût encore parlé ; mais il n'avait pas cherché à combler cette lacune et n'avait proposé aucun moyen de traitement. Boyer fut le premier à se rendre un compte exact de son mode de production et à signaler l'importance de
(1) Rapport cité, Mémoires de V Académie, t. XII, p. 535.
(2) Rapport cité, Mémoires de l'Académie, t. XII, p. 549.
(3) Rapport d'Émery sur le mémoire de Lembert, fait à l'Académie de médecine le :28 septembre 1826. (Archives générales de médecine, t. XII, p. 618.)
(4) Baudens, Clinique des plaies d'armes à feu, p. 336, deuxième observation.
(5) Boyer communiqua son travail à l'Institut en 1817 et le fit paraître in. extenso dans le Journal complémentaire du Dictionnaire des sciences médicales, en 1818, i?ous ce titre, Remarques et Observations sur quelques maladies de l'anus.
2G() PROGRÈS EN CIIIRI'RGIE : DEUXIÈME PÉRIODE. [ISli-
la contraction spasmodique du sphincter qui Faccompagne et rcntreticnt. Il eut de pins le mérite d'en décrire les symptômes avec la plus grande précision et d'en indiquer le remède. L'incision du sphincter fit bientôt oublier les moyens illusoires auxquels on avait eu recours jusqu'alors, et cette opération est restée dans la pratique jusqu'au jour où on s'est aperçu que la dilatation mécanique de cet anneau musculeux pouvait remplacer sa section. Cette méthode, préconisée d'abord par Piécamier, vulgarisée plus tard par Monod et par Maisonneuve, est devenue, grâce au chloroforme, d'une application facile et sûre, et, malgré les accidents que son emploi mal dirigé a pu causer quelquefois et qui l'ont un instant discréditée, elle a continué a jouir de la faveur générale.
Citons encore parmi les opérations nouvelles ou remises en vogue à cette époque : i" L'excision des plis rayonnes de l'anus dans le cas de procidence du rectum. Elle avait été inaugurée par Hey en 1788 et pratiquée plusieurs fois par lui pendant les années suivantes, mais ses opérations avaient été perdues de vue par ses compatriotes eux-mêmes, lorsqu'en 1815 Dupuytren, partant des mêmes idées, les érigea en méthode générale et leur dut de nombreux succès. Il a été imité depuis par un grand nombre de chirurgiens qui ont réussi comme lui (1). ^° La cautérisation des hémorrhoules à l'aide du fer rouge remise en honneur par Bégin, et qui, après des alternatives de faveur et de discrédit, tend à reprendre aujourd'hui la première place dans le traitement de cette affection. 3° Enfin, l'extirpation du rectum cancéreux tentée par Fageli en 1739, conseillée par Béclard en 182^, et pratiquée d'une manière complète par Lisfranc le 13 février 1820. Bien que cette opération lui ait donné en trois ans cinq succès sur neuf opérations, qu'un grand nombre de chirurgiens, et Velpeau entre autres, en aient obtenu des résultats assez satisfiiisants, nous hésitons à la ranger au nombre des conquêtes chirurgicales ; elle peut être placée sur la même ligne que toutes les ablations de cancers dans lesquelles, aux chances communes de la récidive, viennent se joindre l'incertitude du résultat immédiat et les doutes d'une extirpation radicale. Ce sont là des ressources auxquelles on se résigne en désespoir de cause, des opérations qu'on pratique sans conviction, pour ne pas ôler au malade sa dernière espérance.
ARTICLE V
J,K Sl'Ér.ULUM ET LA CU II! l' Il (; H', i; ï !■: il I N K.
Au moment où l'art de broyer la pierre faisait son apparition en France, l'élvule des affections utérines entrait de son côté dans une ère nouvelle; et tandis que la lithrotritie, avant de se faire accepter, avait eu besoin de consacrer de longues années au perfectionnement de son
(l) Velpeau, Noureaux éléinenis de médecine oprra luire. Paris, 1839, t. IV, \>. 77 i.