VIII PRÉFACE
d'entre eux, mais nous avons aussi mis à contribution ces éloges historiques qui constituent l'une des gloires de notre littérature médicale (1 ) , les notices biographiques que la presse périodique a pu nous offrir, et jusqu'aux oraisons funèbres, quoi qu'il faille se tenir en garde contre ces impressions delà première heure, qui ne comportent pas la critique, et auxquelles un certain degré de flatterie ne messied pas.
Lorsque nous avons été forcé de mettre en cause des auteurs qui vivent encore, nous avons religieusement respecté leur personnalité, leur caractère et leurs mobiles, mais nous avons exprimé toute notre pensée sur leurs créations comme sur leurs doctrines; et s'il nous est arrivé parfois de quahfier sévèrement certaines innovations, de déplorer les exagérations des inventeurs et les défaillances de la critique, nous l'avons fait sans passion comme sans amertume, avec l'indépendance d'un écrivain qui n'a pas d'idées personnelles à faire prévaloir, pas d'amitiés à ménager, pas de rancunes à satisfaire, et qui ne connaît d'autre culte que celui de la vérité.
Les questions de priorité ont été abordées avec la même disposition d'esprit, et presque toujours il nous a été possible de remonter aux sources originales grâce aux richesses que nous offrait la bibliothèque de noire école. Bien que la chirurgie française ait été notre principal objectif, il nous a souvent fallu faire des excursions sur le terrain de la science étrangère, car si toutes les branches de l'art de guérir sont solidaires, tous les peuples le sont aussi. Tout en nous efforçant d'attribuer à chacun d'eux la part de gloire qui lui revient, nous nous sommes surtout appliqué à faire ressortir le caractère particulier do la chirurgie nationale, en signalant les côtés par lesquels elle s'écarte ou se rapproche des tendances particulières aux autres nations. Nous avons la con-
(l) Voy. Parisot, Histoire des membres de rAeadéinie royale de médecine, ou Recueil des Eloges lus dans les séances publiques. Paris, 1850. — Dubois (d'Amiens), Eloges lus dans les séances publiques de l'Académie de médecine, 1815-1863, publiés dans les Mémoires de l'Académie de médecine, réimprimes en 2 volumes in-8».