‹ Histoire de la chirurgie francaise au XIXe siècleChapitre 6 sur 83 · PRÉFACE. IX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. IX

science d'èlre resté impartial envers tout le monde, même envers l'Allemagne. La justice est de droit commun, c'est la seule chose qu'on doive à ses ennemis. Les fautes des nations n'annulent pas leurs titres scientifiques et ne doivent pas retomber sur leurs savants. Quand ils manquent à leur mission, lorsqu'ils abdiquent leur caractère pour s'associer aux mauvaises passions de leurs compatriotes, il faut les plaindre et ne pas les imiter.

L'Allemagne, il ne nous coûte pas de le reconnaître, a puissamment contribué, depuis un demi-siècle, aux progrès des sciences médicales. Il entre sans doute dans son bilan bien des valeurs do mauvais aloi, bien des emprunts qui mériteraient un autre nom; mais en retranchant ce qui ne lui appartient pas, son lot est encore assez riche pour contenter son orgueil, et ce serait manquer à la dignité que de chercher k l'amoindrir. Si nous avons laissé tomber l'héritage de nos pères entre les mains des parvenus scientifiques, c'est à nous qu'il faut nous en prendre, et c'est à nous de le reconquérir. Pendant la première moitié de ce siècle, le premier rang ne nous a jamais été contesté. La France était alors la fille aînée de la science; les nations aujourd'hui nos rivales nous admiraient sans nous porter envie, et venaient puiser dans nos écoles le germe des connaissances qui devaient plus tard fructifier entre leurs mains. Arrivées cà la maturité de la vie scientifique, elles metten ta le reconnaître un empressement qui n'est pas sans orgueil. Cet hommage nous le retrouvons dans la bouche même de nos ennemis. Le plus illustre et le plus passionné d'entre eux nous le rendait au lendemain de nos désastres : « Il )) nous sied de nous souvenir avec gratitude, disait alors Virchov^^, » du temps où la richesse émanant de l'exaltation des facultés » intellectuelles produite par la France, gagnait toutes les autres » nations. Aucun peuple ne mettait à en jouir plus de zèle et » d'ardeur que l'iillemagne. Ces grands hommes, les Lavoisier, les )) Laplace, les Gay-Lussac, les Dupuytren, les Laënnec, resteront )) toujours vivants dans l'histoire de l'humanité. Quand les natu- » ralistes allemands se réunirent en 1822, nous devons l'avouer

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