‹ Histoire de la chirurgie francaise au XIXe siècleChapitre 52 sur 83 · MALADIES DES OUGANES GÉNITAUX DE LA FEMME · texte numérisé non relu

MALADIES DES OUGANES GÉNITAUX DE LA FEMME

cas cxceplionnels ; rexpérieiice est heureusement venue mettre les uns d'accord avec les autres. Giraldès, sur cent trente-quatre autopsies de nouveau-nés, a rencontré cent quatorze fois l'S du côlon à gauche, Curling a observé la même disposition quatre-vingt-cinq fois sur cent, et Boucart cent dix-sept fois sur cent cinquante autopsies.

ARTICLE VI

MALADIES DES ORGANES GÉi\ITAUX DE LA FEMME, FISTULES VÉSICO-VAGINALES, OVAUIOTOMIE.

Dans le cours de la période précédente, nous avons signalé l'essor qu'avait imprimé à l'étude des maladies de l'utérus la vulgarisation de l'usage du spéculum; la connaissance plus précise de Fanatomie de l'appareil génital, les découvertes faites en embryologie, ne tardèrent pas à leur donner une impulsion nouvelle, et la période que nous traversons vit naître deux méthodes opératoires d'une importance capitale, dont l'évolution complète ne s'est faite que plus tard, mais que l'histoire doit rattacher à l'époque qui les a produites. Nous voulons parler du traitement chirurgical des fistules vésico-vaginales et de l'ovariotomie. Des opérations de ce genre avaient été sans doute pratiquées à des époques antérieures, mais ces tentatives n'avaient eu aucune influence sur la pratique et avaient passé à peu près inaperçues.

L'opération de la fistule vésico-vaginale, qui a atteint de nos jours un si grand degré de perfection, est née en France des travaux de Jobert (de Lamballe), et l'ovariotomie a pris naissance en Angleterre, à la suite des succès remarquables de Charles Clay et de Henri Walne. Nous allons le démontrer en retraçant rapidement cette première phase de leur histoire.

g 1er. — Fistules vésico-vaginales (période française).

Aucune tentative sérieuse n'avait été faite pour remédier à cette affreuse infirmité avant le commencement du xix'' siècle. On avait bien constaté un certain nombre de guérisons spontanées, et on en avait obtenu quelques autres à l'aide de la cautérisation, dans des cas de fistules récentes et de très-petite dimension; l'avivement et la suture avaient même été conseillés, en 1663, par un chirurgien hollandais nommé Roonhuysen, et mis deux fois en pratique par Fatio de Bâle, en 1 752 ; mais l'insuccès de ces opérations les avait fait abandonner, Jean- Louis Petit les avait proscrites, et se bornait à appliquer une sorte d'uri nal qu'il appelait trou d'enfer (1). Desault et Chopart s'en tenaient à la sonde à demeure et au tampon vaginal (2). On comprend qu'à une

(1) Voyez l'opinion de J.-L. Petit à ce sujet dans le Traité des maladies chirurgicales. Paris, 1790, t. III, p. 87.

(2) Chopart, Traité des maladies des voies urinaires. Paris, 1821.

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époque où le spéculum n'était pas connu, les chirurgiens les plus habiles aient été découragés par des difficultés dont on n'a pu triompher de nos jours qu'après bien des tâtonnements et grâce aux procédés perfectionnés de l'art moderne.

A partir du commencement du siècle, les essais se multiplièrent. La cautérisation fut employée d'une manière plus méthodique par Delpech, par Dupuytren, par J. Gloquet; et le fer rouge procura quelques succès dans des cas simples; la suture fut de nouveau tentée par Lewzisky en 1802, par Nœgelé en 1812, par Lallemand, parDeyber, par Malagadi (de Bologne) en 1828, par Roux en 1829, par Dugès en 1830 (1). Enfin des instruments ingénieux furent inventés pour rapprocher les bords de la solution de continuité après la cautérisation. Le premier essai de ce genre fut fait par Lallemand en 1824. Il avait vainement essayé d'obtenir la guérison d'une fistule transversale de sept lignes par la cautérisation au nitrate d'argent suivie de la dilatation du vagin effectuée à l'aide d'une sorte de forceps qui rapprochait les bords de la perte de subr slance, en tirant les extrémités en sens contraire, mais que la malade ne put supporter; il eut alors la pensée d'utiliser la sonde à demeure, à laquelle il faut recourir dans tous les procédés, pour y adapter ses moyens de réunion, et il fît confectionner sa sonde érigne ou sonde unissante (2), dont les crochets, mis en mouvement par un mécanisme particulier, saisissent et rapprochent les bords de la fistule. Le succès fut complet, à ce que rapporte Lallemand, et en 1837 il disait à Velpeau en avoir obtenu six ou sept autres sur quinze ou seize essais. Deux de ces observations ont été publiées par Deville (3). Lallemand s'est peut-être fait illusion, comme cela arrive si souvent en pareil cas. Son collègue Serre a publié en 1840, dans la Gazette médicale (4), un mémoire dans lequel il affirme que, sur une quinzaine de faits recueillis en douze années à l'hôpital Saint-Eloi, dans le service de Lallemand, il a compté cinq décès et pas une seule guérison. Ces revers paraissent, il faut bien en convenir, plus vraisemblables que les succès annoncés par Lallemand; et cependant, trois mois après la publication de ce travail, Brescheî

(1) Voyez pour cet historique : Jobert, Mémoire sur les fistules vésico-vaginales et sur leur traitement par une nouvelle méthode opératoire, lu à l'Académie des sciences le 1-i février 1836 {GaT^elte médicale de Paris, 1836, p. 193), et Velpeau, Nouveaux éléments de médecine opératoire, S*: édition, 1839, t. IV, p. 433.

(2) Voyez pour cette observation et pour la description de l'instrument : Réflexions sur le traitement des fistules vésico-vaginales, par Lallemand (de Montpellier). (Archives générales de médecine, avril 1825, l^e série, t. YII, p. ■481.) La sonde érig'ue est également décrite et ligurée dans le Traité de médecine opératoire de Sédillot et Leg'oucst, 1870, %. 561, t. II, p. 552.

(3) Thèses de Blontpellier, 1833, n" 107.

(4) Serre, professeur de clinique chirurgicale, mémoire sur l'emploi de la sonde érigne dans le traitement des fistules vésico-vaginales, lu à la Société de médecinepratique de Montpellier, le 15 juin 1840.

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