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de ces fistules, il fallait exercer sur eux des tractions énergiques, et la tension extrême des tissus luttant contre les points de suture les forçait à céder; les surfaces avivées s'écartaient Tune de l'autre, et l'urine, s'insinuant dans cet intervalle, avait bientôt détruit un commencement d'agglutination. C'est contre cette tension que Jobert résolut de lutter; il pensa qu'en détachant le vagin à son insertion au col de l'utérus, il lui serait possible de mobiliser cette cloison, de l'abaisser et d'amener ainsi sans effort les bords ravivés de la fistule au contact l'un de l'autre. Ses recherches anatomiques lui démontrèrent la possibilité d'atteindre son but, et le 9 juin 1845, il eut recours à cette méthode nouvelle chez une femme qu'il avait opérée sans succès dix-huit mois auparavant par l'élytroplastie. Cette fois le résultat ne laissa rien à désirer; la guérison put être constatée à l'hôpital Saint-Louis par les médecins français et étrangers qui suivaient la clinique de Jobert, ainsi qu'à l'Académie de médecine, à laquelle il présenta sa malade deux ans après son opération (1).
La cijstoplastie par glissement, c'est ainsi que la nomma Jobert ("2), constituait bien réellement une méthode nouvelle basée sur le principe de la locomotion des tissus à l'aide d'incisions libératrices; elle méritait à tous égards le nom de mélhode française qui lui a été donné. Le décollement du vagin à son insertion au col n'en était qu'un cas particulier, qu'une exagération pour ainsi dire, et Jobprt le réserva pour les cas où la cloison vésico- vaginale manquait presque en entier. Dans les nombreuses opérations qu'il eut l'occasion de faire ensuite, il se bornait, lorsque la perte de substance était moins considérable, à des incisions latérales dirigées parallèlement aux bords de la fistule, en avant, en arrière ou sur les côtés, dans le point, en un mot, où le tiraillement se faisait le plus vivement sentir, et, pour les proportionner avec plus de certitude au degré de tension, il ne les pratiquait qu'après avoir serré les points de suture (3). Dans des cas plus graves, lorsque le décollement du vagin à son union à l'utérus ne suffisait pas pour affronter les parties, Jobert mobilisait également la lèvre antérieure de la fistule en détachant l'urèthre du pubis; il a été depuis imité par Maisonneuve.
De nombreux, d'incontestables succès vinrent bientôt confirmer le premier. Dans le cours des trois années qui suivirent, Jobert pratiqua dix-sept opérations nouvelles. Ces dix-huit observations sont consignées avec le plus grand détail dans son Traité de chirurgie plastique publié en 1849, et les résultats définitifs se chiffrent par treize guérisons com-
(1) Bulletin de l'Académie de médecine (séance du 16 mars 1847), t. XII, p. 4-92.
(2) Il la désigna également sous le nom d'autoplastie vésico-vaginale par locomotion.
(3) Voyez, pour la description du manuel opératoire, le Traité de chirurgie plastique de Jobert. Paris, 184-9, t. II, p. 242, et le Manuel de médecine opératoire de Malgaigne, 7e édition, p. 769.
plètes, «ne guérison incomplète, un insuccès et trois morts. En admettant, ce qui nous paraît possible, que Jobert se soit fait illusion, comme plusieurs de ses prédécesseurs, sur la réalité de quelques-uns de ces succès (1), il ne reste pas moins assez de faits concluants acquis à sa méthode pour qu'il soit permis de dire, avec Malgaigne, que de la cystopïastiepar glissement date véritablement une ère nouvelle pour les fistules vésico-vaginales ramenées au rang des lésions curables (2). Le dernier mot n'était sans doute pas dit encore ; de nouveaux perfectionnements étaient nécessaires pour compléter cette belle conquête de la chirurgie moderne ; mais, comme nous le verrons dans la période suivante, ce n'est pas en France qu'ils devaient s'accomplir. Nous n'avons parlé jusqu'ici que des tentatives faites dans notre pays; à la même époque, des essais du même genre s'accomplissaient à l'étranger et contenaient le germe des perfectionnements de détail dont la réunion devait constituer un jour la méthode américaine, au triomphe de laquelle nous avons assisté.
Lorsque nous retracerons cette seconde phase de son histoire, nous reviendrons sur ces faits qui, nous devons en faire l'aveu, étaient alors complètement inconnus en France, et cet examen rétrospectif nous permettra de suivre la filiation des tentatives faites à l'étranger, comme nous venons de le faire pour la période française, sur laquelle, pour rester conforme à notre programme, nous devions plus particulièrement insister,
§ 2. — Ovariotomie (première phase).
Une opération qui consiste à ouvrir l'abdomen d'une femme pour en extirper une énorme tumeur, en laissant séjourner dans le ventre de fortes ligatures ou un volumineux instrument métallique appliqué sur son gros pédicule, une pareille opération ressemble trop à une autopsie,. elle heurte trop violemment les idées reçues au sujet de la gravité des plaies pénétrantes de l'abdomen et de la lésion du péritoine, pour qu'elle ait pu se faire accepter sans résistance dans un pays où les chirurgiens se sont toujours fait remarquer par leur prudence. Aussi n'est-ce que de nos jours que cette importation américaine a fini par s'y acclimater. Pendant la période dont nous retraçons le cours, elle avait fait une première tentative, mais en dépit des guccès obtenus déjà en Allemagne et en Angleterre, elle avait échoué devant la réprobation générale. C'est cette première phase de son histoire que nous allons rapidement retracer.
Malgré l'effroi qu'elle a toujours dû inspirer, l'idée de cette formidable
(1) Yoyez à cet égard Monteros, Essai sur le traitement des fistules génito-urinaires,, che& la femme, thèse de Paris, 1864-.
(2) Malgaigne, Manuel de médecine opératoire, 7e édition, p. 769.
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opération remonte à une époque assez reculée. Sans parler des extirpations d'ovaires pratiquées dans l'antiquité chez des femmes saines, et dans un but que nous n'avons pas à apprécier (1), on trouve des traces positives d'ovariotomies pratiquées pour des cas pathologiques à partir du XVII'' siècle (2). Au xviii", plusieurs chirurgiens s'en sont occupés d'une manière sérieuse, et presque tous pour la blâmer (3)|; enfin, et quelque étrange que cela paraisse, c'est au sein de l'Académie de chirurgie qu'elle a reçu ses premiers encouragements. En 1774, Delaporte eut la hardiesse de la proposer, et il obtint l'approbation de Morand, alors secrétaire perpétuel (4). Cette opinion isolée fut sans influence sur les destinées de l'ovariotomie; repoussée parDehaën (5), par Morgagni (6), par l'imposante autorité de Hunter (7), elle fut pratiquée pour la première fois par Laumonier (de Rouen), en 1781. Avant lui, Percival Pott avait bien enlevé les deux ovaires chez la même femme, mais ils n'étaient pas malades (8); tandis que dans le cas de Laumonier, il s'agissait bien d'un kyste ovarique terminé par suppuration et ouvert dans la trompe. Laumonier, il est vrai, fut conduit un peu par le hasard à pratiquer cette opération; il n'avait évidemment l'intention que d'ouvrir l'abcès, mais la poche une fois vidée, certain que la désorganisation de l'ovaire était irréparable, il détruisit les adhérences que cet organe avait contractées avec la trompe, et l'enleva (9). Cette opération, qui n'avait
(1) Voyez pour l'histoire de la castration chez la femme : Louis Gallez, Histoire des hjstes de l'ovaire, envisagée surtout an point de vue du diagnostic et du traitement, mémoire couronné par l'Académie royale de médecine de Belgique au concours de 1868-1870. Bruxelles, 1873, in4o.
(2) Théodore SchorkopfF en parle dans une thèse de 1685.
(3) E. Schlenker en 1722, Scheffer en 1724, Villiers en 1731, Ulrich Peyer en 1751, Tozzetti en 1752. (A. Chéreau, Esquisse historique sur l'ovariotomie. Union médicale,. 1847, t. I, p. 394.)
(4) Delaporte, après avoir rendu compte d'un cas d'hydropisie enkystée de l'ovaire traité sans succès par l'incision, ajoute : « Ne serait-il pas possible d'entreprendre » d'emporter le foyer de l'a maladie, je veux dire la tumeur formée par l'ovaire, » quand la cause ne dépend que d'un vice idiopathique et que l'on a pu reconnaître » dès le commencement que c'est l'ovaire même, et l'ovaire seul qui est malade?» Question à laquelle Morand répondit par l'affirmative : « Je crois, dit-il, qu'on doit louer M. Delaporte d'avoir osé le premier faire cette question, si on ne pouvait pas extirper l'ovaire malade. » (Mémoires de l'Académie de chirurgie, 1753, t. II, p. 431-460.)
(5j Dehaën, Ratio medemli. Paris, 1761, part. IV, t. II, cap. ni, g 2, p. 73.
(6) Morgagni, Epistola 38, a. 69, Leyde, 1720.
(7) Médical Observations and Inquiries, t. I, f». 41 et suiv.
(8) Il s'agissait d'une femme de vingt-trois ans, venue à l'hôpital Saint-Barthélémy pour se faire guérir d-e deux tumeut-s inguinales très-douloureuses dans la marche. Ces tumeurs étaient formées par les ovaires contenus dans de petits sacs péritonéaux. Avant de les exciser, on lia les pédicules par lesquels elles tenaient au ventre. Il ne survint aucun accident et la femme se rétablit bien. (Percival Pott, Œuvres chirurgicales, t. I, p. 492, 1777.)
(9) Mémoires de la Société royale de médecine, année 1782, p. 296. Kœberlé a revendiqué la priorité de cette opération en faveur d'un médecin anglais nommé
rien d'intentionnel ni de régulier, ne fit aucune sensation, et en dépit des prophéties de Chambon (1), qui devaient pourtant se réaliser un jour, malgré les efforts de Latapie (2), et surtout de Samuel Hartmann d'Escher, qui la défendit avec chaleur et qui décrivit la manière dont il conviendrait de la pratiquer (3), l'ovariotomie, repoussée par Sabatier, par Boyer, par Dupuytren au commencement du siècle, était regardée en France comme une opération à laquelle il ne fallait pas songer. Cependant, à l'époque où Boyer la condamnait d'une manière sommaire et la jugeait en quatre lignes, dans son Traité des maladies chirurgicales (i), il y avait douze ans déjà qu'elle avait été pratiquée aux États-Unis par Ephraïm Mac-Dowel (de Dansville), avec un succès complet et en suivant un procédé très-analogue à celui qu'on pratique de nos jours. La tumeur renfermait 15 livres d'une substance gélatineuse, et le kyste vide pesait 7 livres et demi. Il fallut pratiquer une incision de neuf pouces pour l'extraire. La malade (c'était une négresse) se levait au bout de cinq jours et retournait guérie chez elle le vingt-cinquième. Cette, opération eut lieu au mois de décembre 1809; depuis cette époque, Mac- Dowel en pratiqua quatre autres, dont trois furent suivies de succès (5). Cependant ces faits importants passèrent presque inaperçus, et ce ne fut qu'en 1821 que de nouvelles opérations, pratiquées avec le même
Houston, qui l'aurait pratiquée en 1701, aux environs de Glasgow; mais il suffit de lire l'observation rédigée par Houston lui-même pour se convaincre qu'il s'est borné à ouvrir un kyste et à en faire sortir le contenu gélatineux. Non-seulement il n'est question ni d'excision ni de ligature, mais Houston, qui raconte, avec les plus grands détails, toutes les peines qu'il s'est données pour faire sortir le contenu de la tumeur à l'aide d'un morceau de bois garni de filasse, ajoute en terminant : «Alors j'exprimai, je serrai dehors fout ce que je pus, et je cousis la plaie en trois endroits, à des distances à peu près égales. » — Gomment M. Kœberlé, si expert en pareille matière, a-t-il pu supposer qu'Houston ait pu faire passer un si énorme kyste par une ouverture de cinq pouces anglais, et que, s'il avait extirpé le kyste et lié le pédicule, il se soit abstenu de le dire, quand il insiste avec tant de complaisance sur les soins qu'il apporta dans le pansement et sur l'excellence de l'eau de cannelle qu'il fit boire à cette dame. (Voyez Une ovariotomie en 1701, par E. Kœberlé. (Gcuette hebdomadaire, 1866, t. m, p. 436.)
(1) Chambon de Mentaux, Maladies des femmes, i^'^ édition, 1784, t. II, et 2" édit., 5e partie., il/darf/es à la cessation des régies. Paris, an VU, p. 293.
(2) Latapie, thèses de Montpellier, an V.
(3) Samuel Hartmann d'Escher, Cojisidérations medico-chirurgicales sur Vliydropisie enkystée des ovaires, thèses de Montpellier, 1808.
(4) « La moindre réflexion, dit Boyei", suffit pour montrer les dangers et l'impossi- » bilité de cette opération qui n'a pas été pratiquée et qui ne le sera véritablement » jamais. » (Traité des 7naladies chirurgicales, t. VIII, p. 438. Ce volume a paru en' 1823.)
(5) The London médical Repositorg and Review, l^r novembre 1826, p. 416. Nous n'avons pas pu nous procurer ce texte, et nous citons celte observation d'après Chéreau. Courty, Traité des maladies de l'utérus (p. 949) la rapporte d'une manière un peu différente. D'après Lizars, à l'ouvrage duquel il renvoie, la première opération, faite en décembre 1809 par Mac-Dowel, aurait eu pour sujet Mi^c Crawford, qui a vécu jusqu'en 1841, etla négresse dont nous avons parlé n'aurait été opérée qu'en 1816.
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bonheur par Alb. et Nathan Schmitt (du Connecticut), éveillèrent l'attention des chirurgiens d'Amérique, d'Angleterre et d'Allemagne. En 1825, Lizars, professeur à Edimbourg, essaya d'introduire l'ovariotomie en Angleterre; mais les quatre opérations qu'il pratiqua et qu'il fit connaître (1) ne donnèrent pas de résultats satisfaisants, et il en fut de même de deux tentatives faites par Granville en 1826 et en 1827 (2), En Allemagne, où dès 1819 elle avait été pratiquée par Chrysmar (d'Isny) (Wurtemberg), elle ne rencontrait pas un accueil plus enthousiaste. Dieffenbach, après l'avoir essayée, s'en montra l'adversaire résolu. En Russie, Galenzowski la tenta à Wilna en 1827, mais des adhérences l'empêchèrent de terminer (3). Ce n'était qu'avec une sorte d'effroi que les chirurgiens abordaient une opération si souvent mortelle, et c'est h peine si on en compte dix dont les résultats aient été publiés pendant les dix années qui suivirent sa réapparition. C'est à compter de 1810 qu'elle a réellement pris son essor, et c'est d'Angleterre que ce mouvement est parti. Les publications de Charles Clay (de Manchester) (4); ses nombreux succès et ceux qu'Henri AYalne (de Londres) obtint à la même époque, contribuèrent surtout à la faire accepter dans ce pays. La France s'y montra plus indifférente, la presse médicale accueillit même avec une défiance marquée les observations publiées de l'autre côté du détroit; Malgaigne, dans son journal de chirurgie (5), analysant les faits de Clay, de Walne, de Southam de Greenow et d'Atlee, arrivait à établir que sur quarante et une opérations, il y avait eu six tentatives inutiles, vingt et une guérisons ou soi-disant telles, et quatorze morts. Il faisait remarquer qu'on ne peut pas comparer l'ovariotomie aux grandes amputations et à l'opération de la hernie étranglée, dont les résultats sont aussi désastreux, parce que, dans ces derniers cas, le chirurgien a la main forcée par la nécessité, que la mort est imminente en cas d'abstention, tandis que les femmes atteintes de kystes de l'ovaire peuvent encore fournir une longue carrière lorsque la maladie est abandonnée à elle-même. Cazeaux, dans un long et intéressant article publié la même année (18il) dans les Annales de la cliinirgie française et étrangère, sur le traitement chirurgical de l'hydropisie enkystée de l'ovaire, arrivait à des conclusions analogues.
Cependant les succès continuaient à se multiplier en Angleterre; Phillips, Jeaffreson, publiaient des statistiques plus favorables, et dans son ouvrage sur les maladies de l'utérus et de ses annexes paru en 1846,
(1; Lizars, Observation on extraction of diseased ot'«;'tes. Edinburgh, 1825. Extrait in Archives générales de médecine, t. VIII, p. 4-37.
(i) Granville, Journal des progrès, t I, p. 274.
(3j Krassowski, professeur d'accouchements à l'Académie médico-cliirurgicale de Saint-Pétersbourg, De l'ovariotomie, 1868. (Extrait in Gazette hebdomadaire de Paris, ■1868, t. Y, p. 735.)
(i) C. Clay, Cases of the périt. Section for the extirpation of diseased ovaries. London, 1842.
(5) De l'extirpation des ovaires. {Journal de chirurgie de Malgaigne, 1844, t. II, p. 151.)
Th. Safford Lee relatait cent quatorze cas d'ovariotomie étudiés avec soin, et dans lesquels il y avait eu soixante-quatorze guérisons pour quarante morts (1). En présence de pareils résultats, l'opinion médicale commençait à se modifier parmi nous; on consentait à discuter l'opportunité de l'opération, mais sans aller toutefois jusqu'à s'y hasarder encore. Trois chirurgiens de province montrèrent plus de hardiesse que leux's confrères de Paris. Le 1" mai 1844, le docteur Woyeikowski, médecin à Quingey (Doubs), pratiqua la première opération régulière d'ovariotomie qui ait été faite en France, et obtint un succès complet. La femme put se promener au bout de vingt-cinq jours dans son village, et devint enceinte quatre mois après (2). La même année, le professeur Rigaud (de Strasbourg) tentait l'opération, la laissait inachevée et perdait sa malade (3). Une troisième ovariotomie, pratiquée en 1847 par le docteur Yaullegeard(de Condé-sur-Noireau), et communiquée à la Société de médecine pratique, fournit, au contraire, un résultat complètement favorable et fut suivie d'une guérison rapide (4). Les tentatives faites à l'étranger à la même époque n'étaient pas aussi encourageantes : le docteur Vanzetti (de Padoue), alors professeur à Kharcow, séduit par les succès dont il avait été témoin en Angleterre, opéra le 16 mai 1846, une femme de vingt-neuf ans qui mourut le huitième jour de péritonite. C'est lapremière ovariotomie qui ait été pratiquée en Paissie. Deux autres opérations, faites par le même chirurgien l'une en 1859 à Padoue, l'autre en 1860 à Vérone furent également suivies de mort (5).
L'état des esprits, à cette époque, qui correspond à la fin de la période dont nous nous occupons, se traduit d'une façon très-exacte dans un travail remarquable publié en 1847, par A. Chéreau, dans l'Union médicale et auquel nous avons fait quelques emprunts (6). On y sent une tendance bien accusée à en appeler du jugement trop sommaire porté en France sur l'ovariotomie, et à la relever de la proscription dont elle avait été jusqu'alors l'objet. Nous verrons dans la période suivante qu'elle était destinée à traverser encore d'autres orages avant de s'y faire accepter.
(1) Ch. Bernard, médecin des, hôpitaux, De l'ovariotomie. (Archims générales de médecine, 1856, S^ série, t. VIII, p. 4-63.)
(2) Ovariotomie pratiquée avec succès par M. Woyeikowski, médecin à Quingey (Doubs). {Revue médico-chirurgicale de Paris, 1847, t. I, p. 359.)
(3) Rigaud, Gazette médicale de Strasbourg, 1852, p. 422, et Churchill, Maladies des femmes, trad. par Wieland et Dubrisay, 1874, 2e édit., p. 633-687.
(4) Voyez le rapport de M. Pedelaborde à la Société de médecine pratique le 6 janvier 1848 {Gazette des hôpitaux, 1848, t. X, p 92) et l'observation m extenso, ainsi que celle de Woyeikowski. {Gawtte hebdomadaire, 1869, t. IX, p. 484.)
(5) Louis Gallez, Histoire des kystes de l'ovaire, envisagée surtout au point de vue du diagnostic et du traitement. Ouvrage couronné par l'Académie de médecine de Belgique. Bruxelles, 1873, p. 144, 467, 471.
(6) A. Chéreau, Esquisse historique sur l'ovariotomie. {Union médicale, 1847, t. I, p. 394, 398, 402.)
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