i71 PATHOLOGIE INTEPxNE ET THÉRAPEUTIQUE
et commença à ébranler Topinion médicale. Son traité de l'eau sous le rapport hygiénique et médical, publié la même année, figura bientôt dans toutes les bibliothèques. C'était le premier travail original sérieux et dégagé de préoccupations personnelles qui eût encore paru dans notre pays, et ses conclusions étaient favorables à la nouvelle méthode (1). L'ouvrage de Schedel, publié en 1845 (2), fut accueilli avec la même faveur et concluait dans le même sens. « Sans partager l'engouement de » ceux qui voient dans l'hydrothérapie une panacée universelle, j'ai tou- » jours pensé que, si elle venait à se placer sur la base solide des faits et » de l'observation* elle ferait époque dans l'histoire de la médecine pra- » tique. »
Cette prédiction s'est réalisée. Après avoir d'abord attribué les guérisons obtenues à Grœfenberg à des propriétés particulières aux eaux de cette localité, à l'influence de ce climat de montagnes, au régime sévère, au changement complet d'habitudes et de genre de vie, il fallut bien reconnaître que les applications hardies de l'eau froide combinée avec la sudation, que les réactions, que les mouvements organiques qu'elles provoquent, constituent une médication énergique spéciale et sans analogue parmi les agents connus de la thérapeutique. Il n'y avait plus qu'à en étudier le mode d'action, à en perfectionner les agents, et à déterminer ses indications et ses contre-indicaîions. Les médecins français mirent à accomplir cette tâche autant.de zèle qu'ils avaient déployé d'ardeur dans leur opposition. Des établissements hydrothérapiques se fondèrent cà Paris d'abord, puis dans les grandes villes. Les traités spéciaux, les publications se multiplièrent, et si l'hydrothérapie n'a jamais eu en France la vogue qui l'avait accueillie à son apparition en Allemagne, elle y a conquis la place qu'elle avait le droit d'occuper dans la thérapeutique. Aujourd'hui, dans tous les grands hôpitaux, des locaux ont été appropriés à ce mode de traitement; il a même pénétré dans la pratic[ue civile, grâce à l'invention d'appareils très-simples qui permettent de l'administrer à domicile, et l'hygiène elle-même en a fait son profit. Le docteur Louis Fleury, dont nous avons déjà cité l'ouvrage, est, parmi les médecins français, celui qui a le plus contribué, par ses écrits et par sa pratique, à vulgariser l'hydrothérapie et à élucider toutes les questions qui s'y rattachent. Nous ne pouvons le suivre sur un terrain qui n'est pas le nôtre. La médecine, nous l'avons dit, avait plus de profit à tirer de ce mode de traitement que la chirurgie, pour laquelle l'emploi de l'eau froide n'était pas une nouveauté. Cependant les pratiques hydrothérapiques lui ont rendu déjà de signalés services et sont appelées à lui en rendre encore. Les maladies cutanées, la diathèse scrofuleuse, certaines formes de la syphilis sont avantageusement modifiées par son emploi.
(I) Scoutetten, De l'eau sous le rapport hijgiénique et médical., loc. cit., p. 523. (2j E. Schedel, Examen cliniciue de l'Ivjdroihérapie, Paris, 184-5, 1 vol. in-8o.
i.28 MOUVEMEIST SCIENTIFIQUE : TROISIÈME PÉRIODE. [1835-
C'est le plus puissant moyen d'action dont on dispose dans le traitement de ces affections utérines si communes et si tenaces, qui minent sourdement l'existence des femmes sans la compromettre d'une manière sérieuse. Nous n'en connaissons pas de plus efficace pour combattre les ulcérations et les engorgements du col, la métrite chronique, les déplacements simples, les métrorrhagies entretenues parles corps fibreux, etc. L'eau froide agit tout à la fois sur la santé générale qu'elle relève et qu'elle fortifie, et sur l'état local, pour lequel elle constitue le modificateur le plus utile et le complément des moyens chirurgicaux. Nous pourrions en dire autant des pertes séminales, de l'incontinence d'urine et de certaines affections chroniques de la vessie. On en retire les meilleurs effets dans les maladies articulaires chroniques, les hydarthroses, les arthrites traumatiques et les entorses anciennes, les ankyloses, dans lesquelles Theden les recommandait déjà, et les tumeurs blanches lorsque les accidents inflammatoires sont conjurés. Nous y avons eu également recours avec grand avantage pour combattre cette sorte de scorbut local qui suit les fractures compliquées de la jambe lorsque le membre a été longtemps emprisonné dans un appareil, et qui détermine tous les soirs un engorgement violacé de sa partie inférieure. Enfin nous avons été à même de constater plusieurs fois les avantages des affusions froides générales chez des blessés épuisés par de longues suppurations, par le séjour au lit, ou par cette fièvre lente qui complique si souvent les atïections chirurgicales de longue durée.
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