‹ Histoire de la chirurgie francaise au XIXe siècleChapitre 62 sur 83 · SOCIÉTÉ DÉ CHIRURGIE, CONGRÈS MÉDICAL DE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ DÉ CHIRURGIE, CONGRÈS MÉDICAL DE

elle est restée fidèle à ses principes. Les séances hebdomadaires sont toujours des réunions sans apprêt, où chacun vient exposer les faits intéressants de sa pratique et consulter ses collègues. Les présentations de malades, de pièces pathologiques, d'instruments nouveaux, des discussions courtes et substantielles, éminemment pratiques, en forment le fond, et jamais les débats n'y ont pris ni les proportions démesurées, ni les allures oratoires, ni le caractère de passion qu'elles revêtent facilement dans les réunions trop nombreuses. Il n'est guère aujourd'hui de point de chirurgie qui n'y ait été traité d'une manière complète, et lorsqu'un praticien désire connaître l'état de la science sur un sujet, quand il veut être bieli édifié sur la valeur d'un procédé ou d'une méthode, il lui suffit de consulter les procès-verbaux des séances pour être convenablement renseigné. Ses publications constituent le recueille plus intéressant et le plus complet que nous possédions. Ils parurent d'abord dans la Gazette des hôpitaux, mais lorsque la société, définitivement constituée, disposa des ressources nécessaires pour se passer du concours de ce journal, elle commença à faire paraître ses Mémoires, dont le tome I"'- porte la date de 184-7, et qui est maintenant arrivé à son septième volume. L'année suivante, elle joignit à cette publication annuelle celle du bulletin hebdomadaire, renfermant le compte rendu des séances, et qui forme aujourd'hui vingt-quatre volumes répartis en trois séries.

La Société se composait, au 1" janvier 1873, d'un bureau formé de sept membres, de trente-deux titulaires, de dix-sept honoraires et de soixantedix-huit correspondants au nombre desquels elle nous a fait l'honneur de nous admettre, de treize associés et de soixante-six correspondants étrangers. Elle possède un local suffisamment spacieux (i), une bibliothèque déjà riche, des archives, un capital qui lui permet de faire face à toutes ses dépenses. Elle a été déclarée institution d'utilité publique par décret impérial du 29 août 1852 (2), et, ce qui vaut mieux encore, elle s'est concilié l'estime de tous les corps savants, la confiance du corps médical tout entier, et le concours dévoué des chirurgiens de toutes les nations.

§ 2. — Le congrès môdical de 1845 et la commission des hautes études médicales.

La fondation de la Société de chirurgie de Paris n'est pas le seul événement de cette nature qui se soit produit pendant le cours de la période

(1) La Société tint, comme nous l'avons dit, ses premières séances à l'hûtel de ville et s'y maintint jusqu'en 1848; à cette époque elle fut obligée de chercher un refuge près de la Société philomathique; enfin, le !20 novembre 1852, elle fut définitivement établie dans le local qu'elle possède aujourd'hui, rue de l'Abbaye, 3. (Voyez, pour le détail de cette installation, le discours prononcé dans cette circonstance par Danyau. Bulletin de la Société de chirurgie, t. III, p. 154.)

(2) Voyez le décret et la lettre du ministre de l'instruction publique. {Bulletin de la Société, t. X, p. 126. 1859.)

que nous venons de parcourir. Ses dernières années ont été signalées par l'accomplissement d'efîorts sérieux tentés par le corps médical tout entier, pour asseoir enfin les bases d'une organisation de la médecine en France au point de vue de l'enseignement et de la pratique. Bien que ce mouvement n'ait pas abouti, le congrès médical de 1845 n'en fut pas moins un événement d'une haute importance et que nous ne pouvons pas manquer de mentionner dans un travail d'ensemble comme celui que nous avons entrepris. Depuis la révolution de 1830, le corps médical n'avait pas cessé de faire entendre ses réclamations, et le ministre de nommer des commissions dont le travail allait inutilement grossir le volumineux dossier d'un procès qu'on ne voulait pas instruire. Par arrêté du 14 avril 1836, une nouvelle commission fut encore instituée dans le même but (1); son travail servit de base à un projet de loi qui devait être présenté à la chambre des pairs à la session de 1838 et qu'un changement de ministère fit encore ajourner. En 1837, Orfila fut chargé de faire une inspection dans les facultés et dans les écoles secondaires afin de constater l'état de l'enseignement dans ces établissements, leurs besoins et leurs ressources. Il put se convaincre par ses propres yeux que les facultés différaient complètement entre elles sous le rapport du nombre et de la nature des cours, ainsi que par les dispositions réglementaires; que les écoles secondaires ne dispensaient qu'une instruction insuffisante, que l'enseignement était complètement illusoire dans la plupart d'entre elles, et que les ressources matérielles les plus indispensables leur faisaient défaut. A son retour, il présenta au ministre un rapport remarquable dans lequel il dépeignait cet état de désordre et de décadence, et qui concluait à la nécessité d'une réorganisation complète. Ces projets de réforme, soumis à l'examen du conseil royal d'instruction publique, reçurent son approbation et furent consacrés par les règlements universitaires du 26 septembre et du 6 octobre 1837 (2). Ces mesures ne furent pas sans résultat; cependant rien n'avait encore été fait pour assurer aux écoles secondaires les ressources matérielles qui leur manquaient. Orfila, dans le cours de son inspection, avait bien fait appel au concours et au bon vouloir des préfets et des conseils municipaux, mais ces moyens de persuasion n'avaient pas eu tout l'effet désirable; l'autorité supérieure fut forcée d'intervenir, et l'ordonnance royale du

(1) Voyez la composition de cette commission (Gazette médicale, 1836, p. 30i). Cette môme année, le service de santé de l'armée fut réorganisé sur de nouvelles bases par l'ordonnance royale du 20 mai 1836. [Gaz. méd., 1836, p. 588.)

(2) Voyez, pour les modifications apportées par ces mesures à l'enseignement médical : Nouvelles dispositions réglementaires sur les facultés de médecine du 26 septembre 1837 ; Nouvelles dispositions réglementaires sur les écoles secondaires de médecine du 26 septembre 1837 ; Circulaire du 6 octobre 1837 sur les améliorations à introduire dans les écoles secondaires de médecine. {Gaz. méd., 1837, p. 653 et suiv.)

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