SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE, CONGRÈS MÉDICAL DE
d'hommes spéciaux, mûris par l'âge, par l'exercice des fonctions publiques, et par une longue participation à des travaux scolaires ou administralifs. C'est cà cette œuvre de révision que devait pourvoir la haute commission des études médicales (1). Elle fut instituée par ordonnance royale du 20 novembre, et tint sa première séance le 16 décembre, à l'École de médecine, sous la présidence de M. de Salvandy, qui lui fit longuement connaître ses désirs et ses intentions. Munie d'un programme bien limité, elle se mit immédiatement à l'œuvre, et, après vingt séances, elle termina ses travaux le 11 janvier 1846 (2). Son rapport, empreint de beaucoup de modération et de sagesse, réalisait un ensemble de réformes susceptible de donner satisfaction aux médecins, sans porter atteinte à des intérêts d'un autre ordre qu'il était important de ménager, sous peine de se briser une dernière fois contre une opposition invincible. L'administration en jugea autrement, et le projet de loi sur l'enseignement et l'exercice de la médecine, présenté le 15 février 1847 à la chambre des pairs par le ministre de l'instruction publique (3), ne semblait pas s'être inspiré des idées exprimées dans le rapport. Ce fut une grande déception pour le corps médical, dont il menaçait les droits et l'indépendance. Le rapport de la commission chargée de l'examiner, et que le comte Beugnot présenta le 6 mai 1847, le long débat qui s'ensuivit, ne le satisfirent pas davantage, et la discussion se termina, le 2 juillet, par le vote d'un projet moins libéral encore que celui qui était émané de l'initiative ministérielle, Le corps médical, en désespoir de cause, tourna les yeux vers la chambre des députés, à laquelle la loi devait être présentée. De toutes parts des protestations s'élevèrent; les associations locales réclamèrent l'appui de leurs représentants; des adresses collectives furent rédigées dans le même sens, et Malgaigne, à la sollicitation de la Société médicale du quatrième arrondissement, dont il était le député, se chargea de défendre les intérêts de sa profession. Le 3 janvier 1848, le ministre de l'instruction publique présenta le projet de la loi à la chambre des députés (4). La commission permanente du congrès adressa une circulaire à ses commettants pour les engager à adresser encore une pétition à la chambre (5). Cette démarche
(1) La haute commission des études médicales se composait de trente-deux membres sous la présidence d'OrfiIa; elle se réunissait cinq fois par semaine pendant quatre heures à l'École de médecine. (Voyez sa composition dans la Gazette médicale, 18-15, ■p. 787.)
(2) Pour les conclusions de ce travail, voyez la Gazette médicale de 1846, et pour leur appréciation, le feuilleton du même journal, n" 4, 14 janvier 1846, p. 61.
(3) Voyez l'exposé des motifs et le projet de loi dans la Gazette médicale de 1847, 3e série, t. II, p. 135.
(4) Voyez l'exposé des motifs et le projet de loi sur l'enseignement et l'exercice de la médecine et de la chirurgie dans l'Union médicale du 6 janvier 1848, t. II, p. 9.
(5) Voyez cette circulaire, en date 24 janvier 18Î8, dans l'Union médicale du 25 janvier 1848, t. II, p. 41. Voyez la lettre adressée par la commission permanente, à la
fut la dernière; cette fois encore les événements politiques devaient mettre fin au débat, quinze jours ne s'étaient pas écoulés que la révolution de février avait emporté dans son tourbillon les pairs, les députés et les projets de loi.
Ce grand mouvement professionnel ne fut cependant pas sans résultat. C'était la première fois que le corps médical de France s'assemblait ainsi pour traiter, en pleine liberté et avec l'approbation du gouvernement, toutes les questions qui le concernent. C'était la première fois qu'il trouvait l'occasion de montrer au pays son unanimité jusqu'alors contestée par une opposition intéressée à ne pas donner satisfaction à ses désirs. Cette convocation solennelle eut pour effet de cimenter son union, et de cette entente sortirent les premiers germes d'une idée généreuse qui ne devait porter ses fruits que quatorze ans plus tard.
C'est dans le congrès médical que fut proposé le premier plan d'association générale pour tous les médecins de France. Ce fut là, suivant l'expression d'Amédée Latour, sa plus grande et sa dernière pensée (1).
date du 10 février 1848, aux présidents des sociétés et associations médicales de Paris, et le projet de pétition qui y fait suite, dans le même journal, numéro du 12 février '1818, t. II, p. 73.
(1) Voyez le rapport de la commission, n» 12. Camille Bernard, rapporteur. Association. (Gazette médicale de Paris, 1845, p. 798.)
OVATRIEME PERIODE
LA CHIRURGIE DEPUIS LA DÉCOUVERTE DES ANESTHÉSIQUES JUSQU'A L'ÉPOQUE ACTUELLE