MONNAIE ET PAPIER-MONNAIE
dette de 550 millions à 5,400 millions pour l'Empire et 8 milliards pour les États particuliers; la Russie, de 1.200millionsà 14,500; rAutriche, de 2,400à 10,500 millions; ritalie, de 820 millions à 10 milliards ; la France, de 4 milliards à 22 milliards. La plus grande partie de l'argent ainsi emprunté a passé en dépenses de guerre. On a calculé que la guerre de Crimée a augmenté de 4»800 millions les dettes des États qui y ont pris part, la guerre des États-Unis de 12,200 millions, la guerre de France de 9 milliards. Les armements ont augmenté les dettes de 40 milliards, tandis que les chemins de fer et les télégraphes ne les ont augmentées que de 14 milliards.
Monnaie et papier-monnaie, — Les mines d'or d'Australie et de Californie ont produit plus d'or qu'il n'y en avait en circulation depuis le commencement du monde; pendant la période de 1850 à 1860 on extrayait chaque année en moyenne 200,000 kilos d'or qui valaient 700 millions de francs. La quantité d'or répandu dans le monde entre 1800 et 1885 a presque triplé ; on estime qu'il y en a aujourd'hui environ pour 45 milliards, — Les mines d'argent avaient d'abord été moins productives : vers 1850 elles ne donnaient encore que 900,000 kilos par an, vers 1870 elles ont monté à 2,000,000 et en 1884 à 2,800,000.
Celte augmentation, si énorme qu'elle soit, n'est pourtant pas en proportion de l'augmentation du commerce, qui a décuplé dans la même période ; les métaux précieux n'auraient donc pas suffi aux besoins. Une des grandes révolutions du xix^ siècle a été le développement du papier-monnaie.
Il y avait depuis longtemps des ban.quès qui émettaient des billets. La Chine en avait déjà au vui** siècle de notre ère ; la France avait eu en 1719 la Banque d'État de Law. Mais le public n'avait pas assez confiance dans ce papier.
Depuis la fin du xviii" siècle ont été créées des Banques d'État avec des garanties suffisantes pour inspirer la confiance. La Banque n*a le droit d'émettre qu*une quantité fixe de billets; elle doit garder dans ses coff'res assez d'argent pour pouvoir rembourser ses billets : c'est Yencaisse métallique; elle est d'un tiers environ de la valeur des billets en circulation. La Banque fait fructifier le reste de ses fonds en les prêtant à des commerçants sûrs : ces valeurs prêtées forment le portefeuille. Gomme l'argent ne lui a rien coûté, puisqu'elle l'a reçu en échange de ses billets, la Banque est assurée de faire des bénéfices. Dans les moments de crise, où tous les porteurs de billets pourraient être tentés de se faire rembourser à la fois, l'État vient au secours de la Banque en décrétant le cours forcé; la Banque n'est plus obligée de rembourser et on doit accepter ses billets pour tous les payements.
Tous les pays civilisés ont aujourd'hui leur Banque d'Elat. Dans les pays riches, comme l'Angleterre, la France, les Etals-Unis, où la confiance est complète, les billets sont acceptés aussi facilement que l'or; souvent même on les préfère, comme plus commodes à transporter. Dans les pays où l'Etat a moins de crédit, les billets baissent au-dessous de la somme qu'ils sont censés représenter; en Autriche le papier perd 20 pour 100, en Russie le rouble en papier, au heu de 4 francs, ne vaut guère que 2 fr. 50.
Il circule environ pour 23 milliards de billets de banque.
Organisation du crédit, — L'accroissement énorme de l'industrie et du commerce n'a été possible que par un accroissement correspondant du crédit. Le crédit existait depuis la fin du moyen âge, mais il a pris au xix® siècle une puissance inouïe, grâce à deux institutions déjà an-