‹ Histoire de la civilisation contemporaineChapitre 105 sur 122 · ORGANISATION DU CRÉDIT · texte numérisé non relu

ORGANISATION DU CRÉDIT

ciennes dont on a appris à tirer un parti tout nouveau : les banques et les sociétés par actions.

Les banques émettent des billets et, comme Tor et l'argent continuent à circuler à côté des billets qui les représentent, la quantité de numéraire se trouve doublée ; les industriels peuvent donc opérer avec un capital double et faire le double d'affaires. — Les banques ont rendu un autre service par le système des chèques et des virements de compte. Les industriels et les commerçants des différents pays qui ont un compte ou- * vert dans une Banque n'ont, pour payer une somme, qu'à donner un chèque de cette somme payable dans cette banque. Pour opérer un payement entre deux clients d'une même banque, il suffit d'effacer la somme à l'actif du débiteur et de la porter à l'actif du créancier ; on paye ainsi des milliards sans déplacer un sou de numéraire. La Banque de France opère pour plus de 40 milliards par an de ces règlements des dettes entre ses clients. — On opère de même entre les différentes banques d'une même ville. A Londres et à New- York les commis des principales banques se réunissent chaque jour dans la « maison d'apurement de comptes » {clearing-house), pour compenser les chèques qu'elles ont les unes sur les autres. La somme de ces payements monte pour Londres à 130 milliards, pour New-York à 150 milliards par an. Ce procédé si simple active indéQniment la circulation des capitaux; lui seul a rendu possible le chiffre d'affaires prodigieux qui se fait dans le monde.

Les Sociétés par actions ne sont pas nouvelles. La Banque de Saint-Georges, fondée à Gênes en 1407, appar- , tenait déjè. à une société de capitalistes qui possédaient chacun une part dans l'entreprise. Toutes les compagnies de commerce depuis le xvii® siècle avaient un capital divisé en parts de propriété qu'on appelait déià.

des actions. Mais de notre temps on a divisé le capital en parts plus petites, on a fait des actions de 500 francs à la portée des petites bourses ; on a pu ainsi grouper les petites épargnes pour former un gros capital et monter par actions presque toutes les entreprises.

Quand une affaire paraît pouvoir donner des bénéfices, il se fonde une Société anonyme (on la nomme ainsi par opposition aux sociétés de commerce où les fondateurs donnent leur nom et restent responsables des opérations). La Société anonyme appartient en commun à tous ceux qni ont acheté des actions ; les actionnaires se partagent entre eux les bénéfices en proportion du nonibre d'actions que chacun possède : c'est le dividende. Les iiA^aires sont dirigées par le Conseil d^administration, mais les décisions sont prises par V assemblée des actionnaires. — Ce sont des Sociétés anonymes qui ont organisé presque toutes les grandes entreprises, les chemins de fer, les mines, le canal de Suez.

Les actions d'une Société ont une valeur très variable : les acheteurs donneront un prix plus ou moins élevé, suivant qu'ils s'attendront à de plus ou moins grands bénéfices. Il en est de même pour les marchandises : le prix des blés, des cotons, des cafés, des huiles, dépend de circonstances très mobiles, il varie d'un jour à l'autre. Pour fixer la valeur des actions ou des denrées il faut donc que les acheteurs et les vendeurs se réunissent dans un centre commun ; ce centre est la Bourse. Cette réunion quotidienne a rendu inutiles les grandes foires périodiques qu'on a cessé peu à peu de fréquenter, au moins en Occident.

11 existe dans les grandes villes de commerce depuis le xvi° siècle des bourses qui servent de rendez-vous aux commerçants pour les afl*aires sur les grain§, les cotons, les cafés et les marchandises qui se vendent

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