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ORGANISATION DU CRÉDIT

en gros. Mais la principale aujourd'hui, celle qu'on ap-j pelle la Bourse tout court, c'est la Bourse des valeurs où les agents de change viennent, au nom dç leurs clients, vendre et acheter les actions des Sociétés anonymes el les titres die rentes sur l'Etat.

Le prix de chaque valeur varie chaque jour : quand il augmente, la valeur est dite en hausse; quand il diminue,' en baisse. La hausse des valeurs correspond aux périodes de prospérité, la baisse aux périodes de gêne. Voilà pourquoi la cote de la Bourse est comparée souvent à un thermomètre dont les variations marquent l'état financier d'un pays.

La hausse et la baisse donnent lieu à un genre d'opérations caractéristique de nôtre siècle, la spéculation. Elle est née de l'habitude d'acheter et de vendre les valeurs non pas au comptant (c'est-à-dire sur-le-champ), mais à terme (c'est-à-dire livrables seulement au bout d'un certain temps, d'ordinaire à la fin du mois). Les spéculateurs achètent des valeurs ou des marchandises sans en prendre livraison, ils en vendent sans les avoir en leur possession. Si la valeur hausse dans l'intervalle entre la vente et le moment du terme, ceux qui ont vendu sont obligés au moment du terme de l'acheter plus cher qu'ils ne l'ont vendue, ils perdent la différence. Si elle a baissé, ils l'achètent à meilleur marché, ils gagnent la différence. En sens inverse, l'acheteur gagne si la valeur a haussé, puisqu'il n*a payé qu'un prix inférieur ; il perd en cas de baisse. Les opérations de bourse ont pris ainsi la forme d'un jeu; et Ton dit vulgairement jouer à la hausse ou jouer à la baisse. La spéculation opère sur des sommes énormes, car le joueur qui achète pour un million de valeurs n'a pas besoin de posséder un million ; aussi peut-on faire des gains et deâ pertes énormes. — C'est surtout par la spéculation que sesowV.

formées les grandes fortunes des financiers de notre temps.

Les capitaux ne restent pas confinés dans le pays qui les a produits. Les peuples riches et civilisés depuis longtemps, comme l'Angleterre et la France, ont accumulé plus de capitaux qu'ils n'en peuvent employer dans leur pays ; ils envoient leur argent et leurs ingénieurs dans les pays neufs où l'argent manque, en Amérique, en Russie, en Turquie, pour organiser les grandes exploitations, chemins de fer, mines, usines èi gaz. Les Anglais retirent 1 milliard et demi environ par an d'intérêt de leurs capitaux placés à l'étranger. Il y a dans le monde entier des entreprises industrielles qui appartiennent à des compagnies anglaises.

Souvent aussi les capitaux de différents pays sont réunis pour une grande entreprise commune. C'est ainsi qu'a été creusé le canal de Suez, qui a i62 kilomètres de longueur, 100 mètres de largeur et 9 mètres de profondeur. C'est à frais communs que l'Allemagne, l'Italie et la Suisse ont creusé le tunnel du Saint-Gothard, qui joint l'Allemagne du Nord à l'Italie.

La protection et le libre échange, — Sur la façon de régler le commerce entre nations deux théories opposées sont en présence.

L'une est celle du libre échange. Elle part du principe admis par les anciens économistes que la libre concurrence est le régime le plus favorable à la production de la richesse ; elle réclame pour tous les habitants d'un pays le droit d' échange* librement leurs marchandises avec les autres pays, c'est-à-dire d'acheter ou de vendre à l'étranger comme on vend ou on achète dans l'intérieur du pays, sans avoir de droits d'entrée à payer ou en ne payant que des droits très faibles.

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