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LA PROTECTION ET LE LIBRE ÉCHANGE

L'autre est la théorie protectionniste y qui ressemble à rancienne théorie de la balance du commerce. Elle admet qu'une nation a intérêt à protégea' son industrie contre la concurrence des autres nations ; elle demande donc que les objets manufacturés de l'étranger soient frappés, à leur entrée dans le pays, d'une taxe qui oblige à en élever le prix et à le mettre au niveau du prix exigé par les producteurs du pays.

Les libre-échangistes repoussent les droits de douane établis à la frontière, ou du moins ne les admettent qu'à titre d'impôt ; les protectionnistes au contraire les réclament surtout comme protection.

Le libre échange, après avoir été en faveur au xviii'' siècle, avait été abandonné pendant les guerres de l'Empire ; le blocus continental de Napoléon était le régime de prohibition le plus exclusif qu'on eôt jamais vu, aucune marchandise anglaise ne devait être admise. Après la Restauration on établit un régime intermédiaire entre la protection et la prohibition. — En Angleterre, où les grands propriétaires dominaient dans les Chambres, ils organisèrent des douanes pour protéger leurs blés contre le commerce des blés des autres pays. La loi de 1815 fermait l'Angleterre à tout blé étranger, jusqu'à ce que le blé anglais eût atteint le prix de 80 shellings le quarter; alors seulement, pour éviter la disette, on laissait entrer le blé étranger. — En France on défendit d'introduire la plupart des objets manufacturés anglais, les fils de laine et de coton, les voitures, la coutellerie. Pour régler le commerce des blés on créa le système de Yéchelle ma-bile : les droits levés à l'entrée en France variaient suivant le prix du blé sur les marchés français.

Puis les libre-échangistes ont recommencé à agiter pour faire supprimer les prohibitions et abaisser les droits de protection. C'est en Angleterre qu'ils ont

triomphé le plus complètement. Dès 1824, Huskisson avait obtenu du Parlement un abaissement des droits. Vers 1838 se fonda une association pour réclamer labolition de la loi sur les blés (Anticornlaw league) ; elle avait son centre à Manchester et était dirigée par un industriel, Gobden. A force d agiter et d'écrire, elle est parvenue en 1846, grâce à une disette, à faire déclarer libre le commerce des blés. Vécole de Manchester a fini par convertir à ses idées le parti whig, qui a abaissé beaucoup les droits d*entrée sur tous les objets.

Dans tous les autres pays de TEurope les gouvernements sont restés protectionnistes.

Les traités de commerce. — La protection est restée le principe du droit international de l'Europe : un pays ne laisse entrer les marchandises de Tétranger qu'en leur faisant payer un droit. Chaque Etat a dressé une liste des droits que doit payer chaque espèce de marchandises, c'est le tarif général. Il ne peut être supprimé ou abaissé pour une catégorie de marchandises qu'après une convention spéciale. Il faut donc que les puissances, pour obtenir des réductions, concluent les unes avec les autres des traités de commerce.

Le principe habituel de ces traités est la réciprocité ': chaque Etat accorde à l'autre des réductions à l'entrée de sesmarchandisesèicondition d'obtenir des réductions pour les siennes. C'est ce qu'on appelle en Angleterre le « commerce loyal », fair trade, 11 est différent du libre échange (en anglais free Iradé)^ qui ouvre le pays aux marchandises étrangères sansexigerque l'étranger s'ouvre à son tour.

Les traités de commerce ont paru un moment un moyen d'établir peu à peu le libre échange. Parle traité de commerce de 1860 entre la France et l'Angleterre, Napoléon III a aboli toutes les prohibitions et les a rem-

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