‹ Histoire de la civilisation contemporaineChapitre 108 sur 122 · EXPOSITIONS UNIVERSELLES · texte numérisé non relu

EXPOSITIONS UNIVERSELLES

placées par des droits protecteurs qui devaient s'abaisser d*atinée en année, 30 pour 100 à partir de 1861, 25 pour 100 à partir de 1864; L'Angleterre supprimait tous les droits protecteurs sur les marchandises françaises, soieries, modes, articles de Paris ; elle abaissait les droits sur le vin de 158 francs à 22 francs Thectolitre. Ce traité de commerce était conclu pour dix ans.

Dans ces dernières années tous les Etats sont revenus au régime de la protection. Dans beaucoup de traités de commerce, au lieu d'établir un tarif de droits fixe, on se borne à stipuler qu'on ne payera pas plus de droits que la nation qui en payera le moins ; c*est ce qu'on appelle « la clause de la nation la plus favorisée ». Ce genre de traité n'empêche pas l'État d'élever ses droits, il ne l'oblige qu'à élever ses droits à la fois sur les marchandises de tous les pays.

Expositions universelles, — Les progrès énormes de l'industrie et du commerce ont donné l'idée d'une exposition universelle où seraient réunis toutes les inventions et tous les produits du monde entier, et qui servirait à la fois de spectacle et d'école. La première a été celle de Londres en 1851, il y avait déjà 17,000 exposants. Puis sont venues les expositions universelles dç Paris en 1855 (avec 24,000 exposants), de Londres en 1862 (avec 27,000 exposants), de Paris en 1867 (avec 52,000 exposants), de Vienne en 1873, de Philadelphie en 1876, de Paris en 1878, de Melbourne, d'Amsterdam, d'Anvers, de Bruxelles et l'Exposition de Paris en 1889.

Chaque exposition a été plus considérable que la précédente. A Paris» l'Exposition de 1855 tenait dans le Palais de l'industrie aux Champs-Elysées, elle n'occupait encore que 11 hectares, avec 24,000 exposants; il y vint 4,594,000 visiteurs.

L'Exposition de 4867 occupait 20 hectares, (c'était une partie seulement du Ghamp-de-Mars), avec 52,200 exposants ; il y vint 9,329,000 visiteurs.

L'Exposition de 4878 s'étendait sur tout le Champ-de- Mars et sur la colline du ïrocadéro, (29 hectares), avec 52,300 exposants ; il y vint 16,000,000 visiteurs.

L'Exposition de 1889, outre le Champ-de-Mars et le Trocadéro, a pris toute l'Esplanade des Invalides et les quais entre les Invalides et le Ghamp-de-Mars. Il y est venu plus de 28 millions de visiteurs.

Les crises, — Le commerce a lié les peuples civilisés les uns aux autres si étroitement que tous se prêtent mutuellement secours et que chacun se ressent de la prospérité ou de la gêne des autres.

Au moyen âge les provinces d'un même pays vivaient isolées; quand la récolte avaitmanqué dans une province, il en résultait une famine, les pauvres mouraient de faim. Depuis le xvi^ siècle, les famines ont cessé; mais les années où la récolte avait été mauvaise étaient encore, il y a seulement cinquante ans, des années de disette; le blé montait à des prix élevés. Aujourd'hui, quand la récolte manque dans un pays, les arrivages de grains de Russie, d'Amérique, de Hongrie, compensent si complètement le déficit que le consommateur n'en souffre pas. De 4876 à 4879 il y a eu en France quatre mauvaises récoltes de suite ; elles eussent au moyen âge amené une terrible famine ; c'est à peine si elles ont fait hausser le prix du pain.

Aujourd'hui on n*a plus à craindre la disette ; la souffrance a pris la forme de crises économiques, — Il y a des crises d'origines diverses : des crises commerciales amenées par une guerre qui a suspendu les affaires, par l'ouverture d'un marché nouveau, par un changement

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brusque dans les voies du commerce; des crises industrielles produites par la fermeture d'un débouché, par une concurrence nouvelle, ou parce que l'industrie a fabriqué plus d'objets qu'elle n'en peut vendre (c'est ce qu'on appelle la surproduction) ; des crises monétaires dues à l'exportation d'une trop grande quantité de numéraire ; des crises de Bourse qui éclatent lorsque l'engouement du public a fait monter les actions à un prix déraisonnable (depuis quelques années on appelle ces crises d'un nom allemand, Krach, écroulement). — Toutes se manifestent par un ralentissement brusque dans Taclivité des affaires. La confiance cesse ; les capitalistes qui ont de l'argent à placer ne veulent pas se risquer à le prêter; les banquiers et les commerçants ne trouvent plus à emprunter, ils ne peuvent faire leurs payements et sont mis en faillite; la consommation diminue, les industriels ne reçoivent plus de commandes, ils ferment leurs ateliers ou renvoient une partie de leur personnel ; les ouvriers ne trouvent plus de travail et tombent dans la misère. Directement ou indirectement toutes les classes de la société sont atteintes.

Comme tous les pays civilisés sont reliés entre eux par le commerce, de façon à ne former qu'un seul marché, une crise née dans un pays frappe d'ordinaire les autres par contre-coup. La grande crise de 4857 commença en septembre aux Etals-Unis, où elle amena plus de 5000 faillites avec un passif de 1 milliard et demi ; dès le mois de novembre elle se fit sentir en Angleterre; de là elle atteignit l'Allemagne du Nord et le Danemark, rAutriche,puis les Indes, enfin le Brésil et Buenos-Ayres.

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