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LUTTES DE LA FRANCE ET DE L'ANGLETRRE

rOhio, aux Antilles Tîle de la Jamaïque, aux Indes les deux comptoirs de Bombay et Madras. Rien n'indiquait alors que TAngleterre dût devenir une grande puissance maritime et coloniale ; elle n'était pas encore le pays de commerce et d'industrie que nous connaissons, et sa marine n'était pas supérieure à la marine française.

Les guerres du xvm° siècle ont renversé la balance et donné à l'Angleterre la supériorité maritime et coloniale. A la paix d'Utrecht (1713) la France, complètement ruinée par ses défaites sur le continent et devenue incapable d'entretenir une flotte de guerre, avait cédé l'Accadie, Terre-Neuve et la baie d'Hudson. Il lui restait encore la meilleure partie de ses possessions; la Compagnie française commençait la conquête de l'Inde, la marine de guerre avait été reconstituée et luttait glorieusement contre la marine anglaise (1740-48) lorsque la guerre recommença (1756).

Ni dans un pays ni dans l'autre les hommes d'État ne se rendaient compte de l'importance que pourrait avoir un empire colonial. En ce temps on ne voyait guère dans les colonies que des domaines où l'on pouvait récolter du café, de l'indigo et de la canne à sucre ; ce qu'on estimait le plus c'étaient les Antilles. Les immenses territoires de l'Amérique du Nord paraissaient des possessions inutiles, le gouvernement ne tenait pas à voir émigrer ses sujets dans les colonies, il préférait les garder dans le pays; personne alors ne croyait qu'il fiU avantageux pour la France d'avoir de l'autre côté de l'Océan des millions de Français. Un ministre de Louis XV, d'Argenson, disait que s'il était roi de France, il donnerait toutes les colonies pour une tète d'épingle, et Voltaire trouvait ridicule que les Français et les Anglais se fissent la guerre « pour quç\c\v\e^ vxx^^wV^»

de neige », c'est ainsi qu'il appelait le pays de TOhio.

L'Angleterre eut à ce moment un ministre, W. Pitt, qui entrevit Timportance de ces colonies si méprisées. Il voulait que TAngleterre devînt la première puissance maritime du monde, afin que les navires anglais fussent seuls à faire le commerce. L'industrie anglaise commençait à se fonder, elle avait besoin de débouchés ; les grands commerçants de l'Angleterre soutinrent Pitt et firent voter par la Chambre les sommes énormes dont il avait besoin pour écraser la marine et conquérir les colonies de la France. La flotte française fut détruite: le ministre de la marine déclara que les navires échappés au désastre ne suffisaient plus pour résister aux Anglais et les vendit à des particuliers. La flotte anglaise fut maîtresse de la mer et put occuper les Antilles françaises laissées sans défense.

Dans l'Amérique du Nord les chasseurs français du Canada, unis aux Indiens, avaient d'abord repoussé les colons anglais beaucoup plus nombreux. Mais les Anglais reçurent des renforts de leur gouvernement, tandis que le ministère français abandonnait à eux-mêmes les Canadiens qui succombèrent sous le nombre. Aux Indes, le directeur de la Compagnie française, Dupleix, avait acquis des provinces; la Compagnie se laissa persuader de les abandonner et de rappeler Dupleix en France; c'était une Compagnie de commerce qui ne tenait qu'à réaliser des bénéfices; le gouvernement n'intervint que pour donner tort à Dupleix (1754). Quatre ans plus tard la Compagnie anglaise commençait la conquête du Bengale et attaquait les possessions de la Compagnie française. Le gouvernement essaya de les défendre, mais avec des forces insuffisantes. — Au traité de Paris, 1763, la France céda à l'Angleterre le Canada et plusieurs îles .des Antilles, à l'Espagne la Louisiane, et elle s'engagea à

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