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L'EMPIRE COLONIAL ANGLAIS

tionnaires aux colonies et ne pouvait protéger les collecteurs d'impôt; s'il essayait de faire passer en jugementun Américain, les jurés l'acquittaient. Le Parlement retira le timbre.

En 1767 le gouvernement établit de nouveau une taxe, mais sous forme de droits à payer sur quelques marchandises (verre, cuir, papier, thé), à leur entrée en Amérique. Les colons recommencèrent à faire des pétitions et à menacer lesdouaniers ; ils s'entendirent entre eux pour punir les Anglais en n'achetantplus de marchandises anglaises. Les plus excités étaient les colons du Nord (Nouvelle- Angleterre) ; à Boston ils faisaient la contrebande ouvertement, un chargement de vins de Madère entré en fraude fut transporté dans les rues avec une escorte de gens armés. Le gouvernement avait essayé d'établir des régiments en Amérique; quand on apprit h Boston l'arrivée d'une garnison, les habitants tinrent une réunion où ils décidèrent qu'aucune armée ne resterait dans la colonie sans leur consentement. Quand la garnison fut installée, les soldats ne pouvaient sortir dans les rues sans être maltraités.

Le gouvernement céda et retira les droits, mais en laissant le droit sur le thé pour maintenir le principe (1770); les colonies reprirent leurs relations avec l'Angleterre. Mais les colons avaient pris des habitudes de violence. Un navire qui surveillait la côte de Rhode- Island, ayant échoué, fut envahi de nuit par une bande montée sur huit bateaux, le capitaine fut blessé et le navire brûlé, et bien que les auteurs de l'expédition fussent connus, personne ne voulut témoigner contre eux (1772). Quelque temps après, la Compagnie des Indes envoya trois navires chargés de thé à Boston. Une troupe de gens déguises en Indiens Mohawks prit les navires de force et jeta 342 caisses de lV\é \iL\9LTcv^^»

Les Anglais, irrités de cette insulte, prirent des mesures contre la colonie rebelle ; le Parlement déclara le port de Boston fermé et changea la constitution de la colonie. Les autres colonies prirent parti pour Boston, firent des souscriptions et lui envoyèrent du blé et du riz. Puis les assemblées descolonies ordonnèrent de le verdes troupes pour résister aux soldats anglais et envoyèrent des délégués à Philadelphie pour s'entendre sur les moyens d'organiser la résistance.

Indépendance des colonies, — Les colons américains avaient été amenés peu à peu à résister par la force au gouvernement anglais (le premier combat eut lieu en 1775). Pourtant il ne s'agissait pas encore d'une révolte : on voulait intimider les Anglais pour les forcer à céder ; mais on ne désirait pas se séparer de l'Angleterre. Les commerçants avaient intérêt à conserver la qualité d'Anglais qui leur permettait de faire des affaires avec toutes les colonies anglaises. Les planteurs des colonies du sud, les gens aisés du centre et du nord, toutes les classes riches étaient attachés au roi et auraient vu avec horreur une séparation. Mais il s'était formé dans la Nouvelle-Angleterre un parti nouveau, composé surtout de gens du peuple et dirigé par des hommes de loi, qui voulait la guerre et une république. Ce parti ne formait qu'une minorité, mais il agit avec vigueur. Des bandes se mirent à courir le pays, expulsant les juges, maltraitant les partisans de l'Angleterre (on les appelait tories comme le parti du roi) ; un juge, un douanier, furent passés au goudron et à la plume (1) (suivant l'usage américain). Ainsi fut établi dans la plupart des colonies un régime nouveau.

(1) L'homme à qui l'on fait subir ce traitement est déshabillé, barbouillé tout entier de goudron, puis roulé dans la plume.

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