‹ Histoire de la civilisation contemporaineChapitre 2 sur 122 · IVI · texte numérisé non relu

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DE LA

vice du roi. Mais, tandis que dans les autres pays les places d'officiers étaient données à la faveur, ou même vendues, en Prusse on ne devenait officier qu'après avoir passé par une école militaire (l'école des cadets), et on n'arrivait k un grade élevé qu'après avoir passé par les grades inférieurs. Même les princes de la famille royale étaient obligés de servir et de gagner un à un tous leurs grades.

Aucun gouvernement d'Europe n'avait alors une armée aussi considérable en proportion du nombre de ses sujets : 80,000 hommes pour un pays de 2,500,000 âmes, c'était six fois plus que l'Autriche, quatre fois plus que la France. Or au xviu° siècle, comme toutes les affaires entre nations se décidaient par la guerre, l'importance d'une puissance se mesurait à la force de son armée. Le roi de Prusse, avec son petit Etat et sa grande armée, devint une des trois grandes puissances de l'Europe. Le roi-sergent avait préparé cette armée, le grand Frédéric s'en servit. Il ajouta deuxprovincesà son royaume (Silésie et Prusse polonaise); il avait reçu 2,240,000 sujets, il en laissa 6,000,000.

L'administration. — Les rois de Prusse pratiquaient dans leur royaume le régime de l'autorité absolue, ils furent même les plus absolus de tous les souverains du temps. Aucun autre prince n'exigeait autant de son peuple. Frédéric-Guillaume fit payer l'impôt aux nobles, qui jusque-là en étaient exempts : ils réclamèrent et présentèrent une pétition qui se terminait par ces mots : « Tout le pays sera ruiné. — Je n'en crois rien, répondit le roi, c'est l'autorité des gentilshommes seulement qui sera ruinée, j'établis ma monarchie sur un rocher de bronze. » ïl se regardait comme le maître de ses sujets et voulait régler jusqu'à leur costume; il

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