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LES MINISTRES DE CHARLES

que les Jésuites fussent complices du crime ; mais le gouvernement conûsqua leurs biens, et résolut de les expulser tous du royaume et des colonies. On les embarqua sur des navires qui allèrent les déposer à Givita- Vecchia, dans les Etats du pape.

Toutes les écoles du Portugal étaient tenues par des Jésuites ; après l'expulsion, Pombal voulut les réorganiser avec des professeurs laïques. Il nomma des professeurs de latin, de grec, de rhétorique, de logique, payés par l'État pour enseigner gratuitement, et leur donna les privilèges de la noblesse. A l'Université de Coïmbre, il créa deux facultés nouvelles, sciences naturelles et mathématiques, des musées de médecine et de chimie et un observatoire. Il tenait surtout à relever l'enseignement des sciences et du portugais. « La culture de la langue maternelle, disait-il, est un des moyens les plus puissants pour formerl'esprit des peuples civilisés. »

Il essaya de réformer la discipline de l'Université de Coïmbre; en 1766, il trouva 6,000 étudiants inscrits sur les registres, mais en rayant les noms fictifs, on réduisit le nombre à 700.

En 1772, il nommait 887 professeurs ou instituteurs (479 pour la lecture et l'écriture, 236 pour le latin, 88 pour le grec). Il voulait instruire les Portugais, pour les mettre au niveau des autres peuples de l'Europe.

Ces réformes ne durèrent pas. Après la mort du roi Pombal fut disgracié, et le gouvernement reprit ses habitudes.

Les ministres de Charles III en Espagne. — L'Espagne était dans une situation analogue au Portugal, dépourvue de commerce et d'industrie, et livrée à la domination de l'Inquisition et des Jésuites.

Charles III, qui quitta le royaume de Naples eu ll^C^

pour devenir roi d'Espagne, essaya de relever et d'affranchir son nouveau royaume. Il fut aidé d'abord par les minisires qu'il avait amenés d'Italie, Squilace et Grimaldi, puis par des Espagnols, Aranda, Campomanès et Florida Blanc a.

Pour créer une industrie en Espagne on employa le procédé protectionniste; on mit des droits de douane sur les marchandises étrangères importées, et on prohiba l'entrée de certains articles.

Pour relever le commerce on employa, au contraire, le procédé du libre-échange. On accorda la liberté absolue du commerce des grains (4765), et on flnit (1778) par permettre à tous les Espagnols de faire le commerce avec les colonies, qui avait été jusque-là le monopole des marchands de Séville,puis de Cadix. Les résultats furent excellents; en 1788, le commerce avec les colonies avait augmenté de huit à neuf fois.

Les idées nouvelles d'économie politique se répandaient en Espagne par les Sociétés économiques; la première avait été fondée par des Basques ; cinquantequatre villes demandèrent l'autorisation d'en fonder de semblables; la Société de Madrid créa des écoles patriotiques gratuites, pour enseigner aux filles le tissage et le filage.

Les ministres n'osèrent pas supprimer l'Inquisition; Aranda avait obtenu un décret qui lui défendait déjuger les causes civiles (1770). Mais les encyclopédistes français, pour lui être agréables, eurent l'idée malencontreuse de faire son éloge dans un article, et d'annoncer qu'il allait détruire l'Inquisition. Aranda fut consterné, il eut peur de paraître l'instrument des ennemis de la religion et l'Inquisition fut conservée. En 1778, un de? agents du gouvernement, Olavida, pour avoir lu des livres défendus, et avoir adopté le système de Copernic,

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