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ESSAIS DE RÉFORME EN FRANCE

était condamné à la confiscation et à huit ans d'emprisonnement dans un couvent. Mais les condamnations à mort devinrent très rares; en 29 ans, il n'y eut que quatre personnes brûlées.

Pour remplacer les Jésuites, le gouvernement essaya d'organiser un enseignement. Mais l'Université de Salamanque refusa de réformer le sien et envoya son plan d'études fondé sur la philosophie d'Aristote, en disant que les systèmes de Newton et de Descartes s'accordaient mal avec la vérité révélée. Il fallut travailler en dehors des Universités ; on créa quelques jardins botaniques et un cabinet d'histoire naturelle. En Espagne, comme en Portugal, se formèrent alors quelques savants et quelques érudits. Le mouvement dura jusqu'aux guerres contre Napoléon.

Essais de réforme en France. — Pendant tout le règne de Louis XV (jusqu'en 1774), le gouvernement n'avait fait en France que de petites réformes (!). Louis XVI, arrivé très jeune au trône, voulut être le bienfaiteur de son peuple; on lui recommanda deux hommes connus par leur honnêteté et leur amour du bien public, un magistrat, Malesherbes, un économiste, Turgot; Louis XVI les prit pour ministres. La direction générale du gouvernement resta à un vieux courtisan, Maurepas ; mais le roi annonça l'intention de faire des réformes et il demanda conseil à Turgot, qui rédigea ses projets dans une lettre au roi (24 août 1774).

Turgot était contrôleur général, chargé d'administrer

(1) La réorganisation de la magistrature par le chancelier Maupeou (1770), qui détruisit les parlements et les remplaça par de nouveaux tribunaux, était beaucoup plutôt une mesure de couabat qu*une réforme. Louis XVI à son avènement rétablit les parlements tels qu'ils étaient avant 1770.

80 LE MOl'VEMENT DE RÉFORME AU XVIir SIÈCLE.

les finances. Il résumait ainsi son plan : « Pas de banqueroute, pas d'emprunt, pas d'élévation d'impôts ». Il comptait, en économisant chaque année une vingtaine de millions, supprimer le déficit et peu à peu rembourser la dette. Il parvint en efl'et, en deux ans, à rembourser pbis de 40 millions, et à abaisser le déficit de 22 à 15 millions.

Il voulait faire une réforme générale de forganisation économique :

1** Supprimer les règlements qui empêchaient de vendre et d'acheter des blés, laisser aux marchands de grains la liberté complète ;

2° Supprimer les corps de métier privilégiés et donner à tous les habitants la liberté d'exercer toute industrie ;

3° Supprimer les privilèges en matière d'impôt et lever l'impôt également sur tous les propriétaires. « Les dépenses du gouvernement, disait-il, ayant pour objet l'intérêt de tous, tous doivent y contribuer ; et plus on jouit des avantages de la société, plus on doit se tenir honoré d'en partager les charges; »

4° Etablir des assemblées de propriétaires dans les communes et dans les provinces, pour aider les fonctionnaires du roi à administrer. « Votre nation, dit-il au roi, n'a point de constitution; c'est une société composée de différents ordres mal unis, et d'un peuple dont les membres n'ont entre eux que très peu de liens sociaux, où par conséquent chacun n'est occupé que de son intérêt particulier exclusif, de sorte que Votre Majesté est obligée de tout décider par elle-même ou par ses mandataires... Pour faire disparaître cet esprit de désunion, il faudrait un plan qui liât Tune à l'autre toutes les parties du royaume. »

Turgot se trouvait dans une position très difficile. Ses

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