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L'ASSEMBLÉE NATIONALE

finances et une constitution écrite pour assurer les droits de la nation et limiter le pouvoir du gouvernement. Le tiers état demandait en outre que les privilèges fussent abolis et que les trois ordres fussent fondus en une seule assemblée où l'on voterait par tète.

Le gouvernement ne prit aucune mesure pour régler la marche et les attributions de cette assemblée. Le 5 mai 1789, il ouvrit les États à Versailles sans avoir décidé ni sur quelle matière ils délibéreraient ni même dans quelle forme.

L'Assemblée nationale, — La lutte s'engagea entre les deux partis sur une question de forme. Le gouvernement, suivant l'ancien usage, avait fait siéger séparément les trois ordres; le tiers état ne voulait pas laisser établir cette séparation, car les ordres, une fois constitués séparément, l'Assemblée aurait volé par ordre. Il refusa donc d'entrer en délibération avant que la question du vote fût réglée ; le clergé et la noblesse refusèrent de se ^ réunir aux députés du tiers, et le gouvernement sembla de plus en plus décidé à. les soutenir. Ce régime d'inaction dura six semaines. Ce fut le tiers état qui y mit fin en prenant deux décisions de principe :

Le 17 juin, il déclara qu'il pouvait se passer des dé pûtes des autres ordres, car il représentait la nation ; et il se donna le titre d'Assemblée nationale. C'était dire que le' droit de délibérer au nom du peuple français appartenait aux représentants du tiers état. Il invitait les membres des deux ordres privilégiés à venir siéger dans l'Assemblée nationale, avec un droit de vote égal.

Le 20 juin, le gouvernement ayant fait fermer la salle où le tiers état se réunissait, les représentants se rendirent au Jeu de paume et jurèrent de ne « jamais se séparer jusqu'à ce que la constitution du royaume fût

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établie el affermie sur des fondements solides. » C'était déclarer que TAssemblée ne pouvait pas être dissoute par le roi. Le tiers état devenait un pouvoir souverain et indépendant.

Le gouvernement se décida alors à présenter un programme de délibération; ce fut à la séance royale du 23 juin. Le roi proposait la réforme de Timpôt et la conservation des privilèges : « Le roi veut que Tancienne distinction des trois ordres de TEtat soit conservée en son entier comme essentiellement liée à la constitution de son royaume. » Le tiers trouva ce programme insufflsant et entra en révolte contre le roi en refusant de se retirer de la salle après la lecture de la déclaration.

La lutte s*engagea alors entre deux pouvoirs : le gouvernement, décidé à, soutenir les privilégiés, et TAssemblée nationale. Le gouvernement av^.it pour lui la tradition et la force matérielle. Mais il était désorganisé et se sentait abandonné par l'opinion. Paris prenait parti pour l'Assemblée. Les privilégiés étaient mal unis; les curés et la petite noblesse prirent parti pour le tiers et vinrent siéger avec lui. Le roi lui-même céda, il ordonna à ce qui restait des ordres privilégiés de siéger dans l'Assemblée.

La prise de la Bastille, — Le gouvernement avait encore pour lui la force. Il pouvait employer l'armée pour dissoudre l'Assemblée, les royalistes le conseillaient à Louis XVf et les partisans de la Révolution avaient peur que ce conseil ne fût suivi. Le gouvernement fit en effet venir des troupes à Versailles, puis il voulut les faire entrer dans Paris, où le désordre était extrême.

La récolte de 1788 avait été très mauvaise; Paris était plein de misérables affamés et de bandes de malfaiteurs venus du voisinage; les ouvriers des deux faubourgs

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