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Chapitre II

LE RÉGIME COLONIAL AU XYIII^ SIÈCLE LES COLONIES EUROPÉENNES AUX XV1° ET XV1I« SIÈCLES

Régime du monopole, — Dès le xvi" siècle, les cinq puissances d'Europe qui avaient une marine sur l'Océan possédaient des colonies, et la France et TAngleterre continuaient à en acquérir.

Tous les Etats avaient alors les mêmes principes sur le but des colonies et la façon de les gouverner. On ne les considérait pas comme des territoires vides, propres à recevoir les habitants qui ne trouvent plus à vivre dans la mère patrie. L'Europe était encore mal peuplée, trois fois moins qu'aujourd'hui : la plupart despaysn'avaient mémo pas assez d'habitants pour cultiver leur propre sol, dont une partie restait en friches; aucun n'était assez peuplé pour en éprouver de la gène. Les gouvernements, en prenant possession des terres du Nouveau Monde, n'avaient songé qu'aux profits qu'ils en pouvaient tirer. Les plus recherchées avaient été celles des tropiques qui donnaient les denrées les plus précieuses, les épices, le sucre, le colon, le café. Les pays plus sains de l'Amérique du Nord étaient restés vacants jusqu'au xvu" siècle, et personne n'avait voulu de l'Australie.

Les colonies étaient des domaines de l'Etat que l'Etat exploitait pour son compte. Le gouvernement tenait à se réserver tous les bénéfices ; il posait donc en principe que lui seul avait le droit de tirer des produits de sa colonie. Les Hollandais, maîtres des îles de la Sonde, interdisaient aux Européens d'y débarquer; comme ils voulaient être les seuls à récoller des» ^^\ç.^^, '^%

ne permellaient de cultiver les arbres à épiées que dans quelques îles faciles à surveiller; ils y avaient construit des forts afin d'écarter les contrebandiers, et les gouverneurs faisaient des tournées dans les autres îles pour arracher les arbustes à épices qui avaient poussé sans culture.

Au xviii° siècle, quand les colonies commencèrent à se peupler, les colons se mirent à exporter en Europe les produits de leurs plantations et h faire venir d*Europe les objets manufacturés dont ils avaient besoin pour leur usage. Le gouvernement vit dans ce commerce une source nouvelle de revenus, il se réserva le droit d'acheter leurs denrées aux colons et de leur vendre les objets manufacturés. Il déclara que le commerce de la colonie était la propriété de TÉtat : tel est le principe du monopole.

Les Compagnies de commerce. — Le gouvernement n'exploitait pas lui-même son monopole, il le cédait à des particuliers organisés en compagnies. La compagnie modèle fut la Compagnie des Indes^ fondée en Hollande en 1602. — Les Hollandais, au xvi* siècle, allaient prendre à Lisbonne les denrées des Indes. Après leur révolte, Philippe II leur interdit tout commerce avec le Portugal: les navires hollandais commencèrent à aller chercher les denrées directement dans les ports des Indes. C'était une opération dangereuse, car les Portugais traitaient comme pirates les marchands européens qui naviguaient dans l'océan Indien. Des particuliers n'étaient pas assez riches pour organiser ce commerce en pays inconnu et ennemi ; il fallait une flotte de guerre capable de combattre les navires portugais et tout un personnel d'agents pour renseigner les commerçants et pour conclure des traités avec les princes indigènes. — Les particuliers et les villes de Hol-

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