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LES COMPAGNIES DE COMMERCE

lande qui voulaient risquer de Vargent dans cette entreprise réunirent leurs capitaux. On forma ainsi plusieurs chambres de commerce; chacune achetait et équipait ses navires; mais toutes étaient groupées en une seule Compagnie avec sept directeurs nommés par le gouvernement et chargés des affaires communes, c'est-à-dire d'entretenir la flotte de guerre et l'armée et de traiter avec les princes au nom de la Compagnie. Le gouvernement donnait à la Compagnie le monopole du commerce avec les Indes; la Compagnie n'admettait dans ses ports d'autres navires que les siens.

Le capital était divisé en 2,133 actions (de 3,000 florins chacune). La Compagnie fit d'abord des affaires médiocres : entre 4611 et 1634, il y eut 13 années sur 24 où elle ne put pas donner de dividende à ses actionnaires. Mais elle réussit enfin à enlever aux Portugais les îles des épices et le commerce des Indes; elle eut alors 7 gouverneurs et un gouverneur général (à Batavia).

Ce succès décida les autres États à organiser des compagnies semblables en leur donnant la propriété du pays et le monopole du commerce. Le roi d'Angleterre fonda la Compagnie de V Amérique du Nord^ qui reçut toute la côte entre le 41'* et le 45® degré, la Compagnie de la baie du Massachusetts, la Compagnie de la baie d'Hudson, En France le gouvernement distribua le commerce du monde entier à des compagnies privilégiées : Compagnies des Indes Orientales (1604), des Indes Occidentales, des îles Saint-Christophe de Barbade (1626), des îles de l'Amérique, du Cap-Vert (1639), de la Guinée (1634), du Cap-Blanc (1635), d'Orient et Madagascar (1642), du Nord (1665), du Levant (1671), du Sénégal (1679). Plusieurs périrent et furent réorganisées. On a calculé que jusqu'en 1769 il y a eu 55 compagnies à monopole, la plupart françaises, quv oxvV èOsvovyâ.

28 LE RÉGlMfc; COLONIAL AU XY1I1° SIÈCLE.

Colonies portugaises. — Les Portugais avaient fondé leurs établissements uniquement pour faire du commerce, ils s'étaient bornés à occuper quelques ports et à les fortifier. Leurs navires de guerre leur servaient à la fois à écarter les autres navires et à rapporter à Lisbonne les marchandises orientales (épices, calicot, soie, porcelaine, ivoire). Les particuliers ne pouvaient aller aux Indes qu'avec une autorisation de l'État; il se faisait peu de commerce, les Portugais aimaient mieux vendre cher que vendre beaucoup. Les fonctionnaires, nommés pour trois ans seulement, cherchaient à s'enrichir vite, administraient mal, vendaient la justice et empêchaient les particuliers de commercer. Ce système rapportait peu et coûtait cher. Un Anglais, envoyé dans l'Inde pour établir des relations de commerce, écrivait en 1613 : « Les Portugais, malgré toutes leurs belles résidences, sont réduits à la mendicité par l'entretien de leurs soldats. »

Les établissements portugais sur les côtes d'Afrique étaient des pénitenciers où l'on déportait les condamnés et des marchés à esclaves où se faisait la traite des nègres. Le port de Loanda en expédiait environ 70,000 par an .

La colonie du Brésil, un des pays les plus fertiles du monde, fut longtemps méprisée parce qu'il aurait fallu d'abord la mettre en culture. Ce furent des condamnés et des Juifs déportés qui y introduisirent la canne à sucre; ce furent des aventuriers qui exploitèrent les mines de l'intérieur et fondèrent la colonie de Saint- Paul, sans l'intervention du gouvernement; les Paolistas formaient au xvm® siècle un peuple indépendant.

Colonies espagnoles. — Le gouvernement espagnol qui avait pris possession des territoires immenses de

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