‹ Histoire de la civilisation contemporaineChapitre 44 sur 122 · LES ARMEES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

LES ARMEES FRANÇAISES

. .1792 fut faite par les anciens soldats et les volontaires de 1791.

- En 1793 la Convention adopta le système du service obligatoire. « Jusqu'au moment où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. » La Convention réquisitionna d*abord 300,000 hommes, autant qu'il en fallait pour remplir les cadres, et le Directoire continua à en faire partir environ 100,000 par an. — Les réquisitionnaires de 1793 furent mélangés aux anciens soldats et aux volontaires de 1791 et 1792; Carnot et Dubois-Crancé supprimèrent les anciens régiments et firent ïamalgame : tous les soldats furent fondus en un seul corps qui eut Tuniforme bleu, divisés en demi-brigades toutes pareilles, désignées chacune par un simple numéro d'ordre. Il y avait alors 198 bataillons de ligne et 725 bataillons de volontaires ; on fit 198 demi-brigades de ligne et 15 demibrigades d'infanterie légère. Napoléon reprit le nom de régiments, mais il conserva le système qui est encore le nôtre. Aux armées de 1793 on donna pour généraux d'anciens officiers subalternes ; l'avancement fut si rapide que Hoche, parti sergent, devenait général dans la même campagne.

La France eut ainsi, dans ces guerres de la Révolution, l'avantage de former à peu de frais de grandes armées composées de soldats qui cherchaient à se dis- . tinguer dans la bataille pour avoir de l'avancement.

Ces soldats improvisés ne pouvaient manœuvrer avec la précision des vieux soldats, ils adoptèrent d'inslinct une lactique nouvelle ; ils combattaient sans ordre fixe, tantôt dispersés en tirailleurs, tantôt réunis pour courir sur Tennemi en criant : « A la baïonnette ! » Les généraux ne s'arrêtèrent plus à mettre le siège

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devant les places fortes, ils firent une guerre d'invasion. Le gouvernement n'envoyait aux armées ni argent, ni vivres, ni vêtements; pendant les premières campagnes les soldats manquaient de tout ; ceux qui envahirent la Hollande en plein hiver n'avaient pas tous de souliers, beaucoup marchaient en sabots. Pour approvisionner les armées, les généraux, suivant l'usage du temps, faisaient des réquisitions sur les habitants des pays envahis. Les généraux d'Italie transformèrent les réquisitions en un pillage organisé. Dans sa fameuse proclamation de 1796 Bonaparte avait dit : « Soldats, vous êtes nus, mal nourris, le gouvernement vous doit beaucoup et ne peut rien vous donner. Je vais vous conduire dans les plus fertiles plaines du monde. De vastes provinces, de grandes villes seront en votre pouvoir, vous y trouverez honneur, gloire et richesse» » — Dans les villes où ils arrivaient, les généraux imposaient des contributions ; ils enlevaient les trésors des églises, la vaisselle et les objets d'art des souverains ; ils stipulaient même qu'on leur livrerait des tableaux ; Bonaparte remplit ainsi les musées de Paris de tableaux enlevés aux galeries des pays étrangers. De 1795 à 1798 on réquisitionna en tout près de 2 milliards.

La propagande révolutionnaire, ^^ La Révolution fran^ çaise n'était pas une révolution nationale comme la révolution d'Angleterre ; on l'avait faite en vertu de principes généraux, aussi prit-elle la forme d'un mouvement religieux. Les Droits de Vhomme que la Constituante avait proclamés n'étaient pas les droits des Français seulement, mais les droits de tous les hommes. Les révolutionnaires ne se contentaient pas d'avoir réorganisé la France d'après les principes de 1789; ils Voulaient révolutionner aussi l'Europe, détruire les abus

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