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Chapitre XIII

L'Empire ottoman au XIX'^ siècle . — L'Empire ottoman, fonflé à la fin du moyen âge par une famille de sultans turcs, avait conservé son immense territoire : en Europe toute la presqu'île des Balkans et au nord du Danube la Roumanie (cet ensemble s'appelait Turquie d'Europe); en Asie TAsie-Mineure et le pays de l'Euphrate jusqu'à la Perse (Turquie d'Asie), la Syrie et le protectorat de l'Arabie ; en Afrique l'Egypte et Tripoli. Mais cet empire, désorganisé depuis le xvii* siècle, menaçait ruine.

Comme tous les empires d'Orient il était soumis à un régime despotique et irrégulier. Le sultan exerçait tous les pouvoirs arbitrairement ; mais, comme il vivait enfermé dans le sérail et ignorant des affaires, le gouvernement était abandonné à un vizir et à des chefs de

(1) Uue nouvelle forme de gouvernement» le gouvernement direct par le peuple, a été expérimentée en Suisse, sous forme du référendum et de \ initiative; ce n'est encore que le germe d'un régime politique nouveau.

service choisis parmi ses favoris. L'armée était formée de cavaliers {spahis) qui vivaient sur les terres que leur avait données le sultan et de fantassins (Janissaires) divisés en 199 compagnies et casernes dans Gonstantinople ; mais les spahis ne faisaient plus le service et les janissaires, au lieu de se recruter parmi les esclaves du sultan et de rester célibataires, se mariaient et transmettaient leurs places à leurs fils qui les regardaient comme des fonctions héréditaires et faisaient en même temps quelque autre métier; c'était une troupe très mauvaise en temps de guerre et turbulente en temps de paix, qui tenait le sultan prisonnier dans sa capitale.

Les provinces avaient chacune son gouverneur militaire envoyé de Gonstantinople qui réunissait tous les pouvoirs et portait maintenant le titre de pacha. Les pachas étaient les esclaves du sultan, qui pouvait, en donnant un ordre, leur faire couper la tète et se la faire apporter au sérail. Mais la plupart avaient acheté leur province aux favoris qui faisaient les nominations, et ceux qui commandaient un corps d'armée se révoltaient souvent contre les ordres venus de Gonstantinople.

Les finances étaient restées grossièrement organisées comme autrefois. Pas de comptabilité régulière, pas de registres, les papiers étaient enfermés dans des sacs. Pas de budget, le sultan et ses favoris prenaient au Trésor l'argent qu'ils désiraient. Pas d'administration fiscale ; les revenus, c'est-à-dire l'impôt sur les chrétiens et les juifs, les redevances des domaines du sultan et les droits de douane sur les marchandises, étaient aff*ermés à des entrepreneurs qui pressuraient les populations.

A ces vices des régimes despotiques de l'Orient l'Empire ottoman| joignait des causes de faiblesse qui tenaient à son caractère propre. C'était un empire

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