‹ Histoire de la civilisation contemporaineChapitre 81 sur 122 · PROGRÈS ET RIVALITÉS DES PUISSANCES EUROP., ETC · texte numérisé non relu

PROGRÈS ET RIVALITÉS DES PUISSANCES EUROP., ETC

C'est par Touest que la Russie a continué ses progrès en Asie. De ce côté elle avait dépassé le Caucase et débordé sur la Perse. Elle a travaillé aussi à s'étendre sur le Turkestan. Ce pays est dominé par des tribus nomades de race turque; c'étaient des cavaliers qui vivaient du produit de leurs troupeaux et du brigandage ; ils s'en allaient par bandes se jeter sur les cultivateurs paisibles de la Perse, pillaient les villages et ramenaient les habitants attachés derrière leurs chevaux pour les vendre sur les marchés à esclaves.

La Russie a essayé d'abord de les soumettre en venant par le nord ; mais l'expédition envoyée contre Khiva ayant péri en chemin (1841), elle a renoncé à cette route.

C'est par la mer Caspienne que la Russie a abordé le Turkestan. La Caspienne a d'abord été reliée h la Russie par une ligne de chemin de fer contruite entre Poti sur la mer Noire et Bakou sur la mer Caspienne. De Bakou la flotte transporte les soldats et les approvisionnements sur la rive orientale de la Caspienne, à Krasnovosk. Là commence un nouveau chemin de fer ; il a été construit facilement, sur un terrain presque plat; les habitants des pays, réquisitionnés de force, faisaient les travaux, les rails étaient apportés par les trains à mesure que la ligne avançait.

Le gouvernement russe avait en même temps repris sa marche par le nord. Il faisait avancer peu à peu ses armées composées en partie de cavaliers cosaques et bâtissait des forteresses à mesure qu'il occupait le pays.

De proche en proche les Russes, tantôt en négociant avec les chefs des tribus, tantôt en attaquant leurs villes fortes, ont d'abord soumis les Kirghis en 1847, puis conquis tout le Turkestan (1864-81). 11 a fallu prendre d'assaut les principales villes. Contre Khiva (1873), on a fait converger trois armées dont l'une venait de la Cas-

pienne en portant ses provisions à travers le désert. Le dernier combat a été Tassant delà forteresse des Tekkés, les plus redoutés des Turcomans par leurs brigandages (1881).

La guerre a souvent été rude ; mais les Turcomans, une fois soumis, n'ont plus songé à se révolter. Le gouvernement russe leur a laissé leurs usages et leurs chefs; il ne leur impose d'autre devoir que de reconnaître pour leur souverain le tsar, de s'abstenir de brigandage et de venir en armes quand ils sont convoqués. Il récompense leurs chefs en leur faisant des cadeaux et en leur donnant des grades d'officiers.

A mesure que la Russie s'avançait vers le Sud, elle se rapprochait du domaine de l'Angleterre dans l'Inde. Dès 1834 les Anglais ont commencé à s'alarmer et à regarder les Russes comme des rivaux. Pour les empêcher d'arriver jusqu'à leurs frontières, ils ont cherché à se servir des peuples guerriers de l'Afghanistan qui habitent au nord de l'Himalaya et peuvent garder les abords de l'Inde. Le gouvernement russe par contre avait fait alliance avec le shah de Perse, ennemi des Afghans.

Alors a commencé une lutte d'inîluence entre l'Angleterre et la Russie. Le gouvernement russe a poussé le shah de Perse à prendre Hérat, des officiers anglais ont défendu Hérat et ont forcé les Persans à se retirer. Le gouvernement anglais a profité des querelles de succession entre les princes afghans pour envoyer une armée qui a occupé l'Afghanistan. Mais les Afghans, peuples belliqueux et musulmans, n'ont pas supporté des soldats chrétiens dans leur pays et l'armée anglaise a été massacrée entièrement (1842). Le gouvernement anglais a refait alliance avec l'émir d'Afghanistan, devenu maître des pays voisins (de Kandahar et Balkh) et l'a aidé à conquérir Hérat (1863). Malgré une seconde guerre

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