LES COLONIES ANGLAISES
avaient défriché le sol et s'étaient fait en Amérique une nouvelle patrie, ils l'appelaient la Nouvelle Angleterre. C'étaient des colonies religieuses : « Si quelqu'un parmi nous^ disaient-ils, estime la religion comme 12 et le monde comme 13, celui-là n'a pas l'esprit d'un véritable Nouvel- Anglais. » — Au Sud le pays avait été occupé par des planteurs qui vivaient en gentilshommes campagnards au milieu de leurs esclaves nègres.
Il y avait treize colonies, chacune avec son gouvernement distinct. On les classait en trois espèces. Les colonies de propriétaires appartenaient à un ou plusieurs particuliers qui en avaient reçu la donation du gouvernement ; en donnant la concession, l'État avait renoncé à s'ingérer dans les affaires de la colonie ; les 8 propriétaires de la Caroline, par exemple, avaient le droit de nommer aux fonctions, de lever des impôts avec le consentement des colons, de faire la guerre, de créer des nobles. Les colonies à charte appartenaient à une compagnie privilégiée, les colonies de la couronne au gouvernement. Mais partout les colons avaient conservé les droits des Anglais : ils s'administraient eux-mêmes, votaient leurs impôts, réglaient leurs affaires religieuses et ne pouvaient être jugés que par un jury. L'État anglais ne s'occupait de leurs aff'aires que pour nommer les gouverneurs.
La culture était libre. Les. terres vacantes étaient vendues à ceux qui voulaient les cultiver ; la famille de Penn, fondateur de la Pennsylvanie, en vendait chaque année pour 30,000 livres sterling. Ainsi s'était formée une population de petits propriétaires anglais.
Jusqu'au milieu du xvu® siècle, les colons avaient été libres de commercer, même avec les étrangers ; le commerce se faisait surtout par les Hollandais; mais Cromwell, pour obliger les Anglais à se créer une marine, décida, par Vacte de navigation de 1651, que dé^OT\)çvaÀs»
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aucune marchandise ne pourrait être apportée dans un port anglais que par un na>4re anglais, équipé par un armateur anglais, commandé par un capitaine anglais, monté par trois quarts au moins de matelots anglais. Il donna ainsi le monopole du commerce des colonies anglaises aux Anglais.
LJnde, — L'Inde était au xvm* siècle plus peuplée que TEurope, mais elle ne formait pas une nation, et les habitants, depuis bien des siècles, n'étaient plus gouvernés que par des conquérants étrangers. La dernière domination, fondée au xvi® siècle, avait été celle d'un prince tartare établi à Delhi, le Grand Mogol^ qui au xvii® siècle avait réuni en un seul empire tous les pays de Tlnde. Au xvni*' siècle cet empire était déjà ruiné ; il ne restait plus dans rinde d'autre pouvoir que les gouverneurs devenus souverains et les chefs de bandes qui se faisaient la guerre les uns aux autres avec des soldats mercenaires.
Les deux gouvernements de France et d'Angleterre avaient fondé chacun dans l'Inde une Compagnie de commerce privilégiée* Les deux Compagnies, française et anglaise, étaient organisées de même ; chacune possédait sur la côte quelques villes défendues par des forts et pourvues de magasins, elle y entretenait des employés de commerce* quelques soldats et un gouverneur. Les Compagnies étaient ainsi dé petites puissances. Au xviii° siècle il leur fallut, pour défendre leurs établissements, prendre pari aux guerres que se faisaient entre eux les petits souverains du pays. On s'aperçut bientôt qu'une petite armée ot*ganisée et disciplinée à l'européenne pouvait battre une grande armée indigène et (ju'on pouvait former une excellente armée européenne avec des soldats hindous; on organisa aloi's les régiments de cipayes composés de mercenaires indigènes commandés par des ofûciers