IMPORTANCE DE LA LITTÉRATURE AU XIX* SIÈCLE
Importance de la littérature au xix^ siècle, — On n*est pas d'accord sur la valeur de la littérature du xix® siècle. Elle a des ennemis qui la jugent fort inférieure aux littératures des siècles précédents, ils la trouvent moins simple, moins noble, moins parfaite, et lui reprochent de n'avoir pas d'idéal. Elle a des partisans qui la préfèrent à toute autre, parce qu'ils la trouvent plus variée, plus animée, plus exacte, et qu'elle exprime des sentiments plus voisins des nôtres. Mais tous sont d'accord à reconnaître que jamais la littérature n'a tenu autant de place dans la vie. Au xviii''. siècle encore les femmes lisaient peu, les gens du peuple ne lisaient pas. Aujourd'hui la lecture est le divertissement de toutes les classes, excepté les paysans ; le journal est devenu un besoin pour tous les habitants des villes. On regardait autrefois comme un grand succès qu'un livre se vendît à quelques milliers d'exemplaire; il n'est pas rare aujourd'hui de voir 50 000 exemplaire d'un roman médiocre écoulés en un an. Le public qui lit les livres a décuplé depuis un siècle. Pour le satisfaire on a organisé en Allemagne les bibliothèques de prêt où l'on vient louer les livres pour quelques jours, et en Angleterre les bibliothèques circulantes qui prêtent des livres à la campagne. En France, où l'on a gardé l'habitude d'acheter les livres, la librairie s'est accrue autant que les autres commerces.
Les écrivains ont profité de ce succès.* Il s'est formé dans les capitales une classe de gens de lettres qui vivent uniquement de leur plume. La plupart sont journalistes de profession ou du moins écrivent dans les journaux pour se procurer un revenu régulier. Mais les lois garantissent aujourd'hui aux auteurs une petite part dans les bénéfices de leurs œuvres, et ces « droits d'auteur » suffisent pour faire vivre à l'aise les auteurs dramatiques et les romanciers en vogue.