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l'oubli des convenances les plus ordinaires dues à sa position, jusqu’à tenir, pour ainsi dire, salle de spectacle dans sa maison, où ses confrères venaient rire des parodies qu’on y débitait, en singeant les sermons des presbytériens (1). A Sheldon succéda Sancrofl dont les idées superstitieuses le rendaient la risée de tout le monde, même de sa caste, et qui fut aussi méprisé que Sheldon avait été haï (2). Dans le siège qui vient immédiatement après Canterbury, nous trouvons le même principe à l’œuvre : les trois archevêques d’York, durant le règne de Charles II, furent Frewen, Stearn et Dolben, tous trois si pauvres de talent, que, malgré leur haute position, ils sont complètement oubliés, et qu’il n’y a pas un lecteur sur mille qui ait jamais entendu prononcer leurs noms (3).
De telles nominations ne sont-elles pas frappantes? El ce qui ajoute encore à notre étonnement, c’est qu’elles n’étaient nullement nécessaires; les intrigues de cour n’y eurent aucune part et il ne manquait pas d’hommes plus compétents. La vérité, ce semble, la voici : Charles ne voulut pas conférer les hautes dignités ecclésiastiques à des prélats qui eussent assez de talent pour relever l'autorité de l’Église et
(1) En 1669, Pepys assista à l’uni* de ces représentation* qui se donnaient non seulement dans l’hûteJ, mais encore en présence do l'archevêque. Voyez le* détail* scandaleux contenus dans Pepys, Diary, T. IV, pag. 321, 322, ou dan* Wilsoo, De Foe, t. 1, pag. U, 45.
f2) Barnet, qui connaissait Sancrofl, l’appelle « a poorspirited and fearfol man. » Oum Time , t. III, pag. 364. Et il cite un exemple de sa superstition (t. III, pag. 138) auquel tous ceux qui ont lu ses sermons ridicules, que d'Oyly a publié* par malice, croiront aisément. Voyez Appendix êo d’Oyly’» Sancrofl, pag. 339-421). Le docteur Lake dit que la nomination de Sancrofl ahurit tout le monde. Lake, Diary , 30 dec. 4677, pag. 18, 1. 1*' des Mùcellany , de Cainden, 1847, tn-4*. Son caractère, — si tant est qu’il on eût un, — est très bien tracé par le docteur Birch : « Slow, timorous and oarrow-spirited, but as the samo time a good, hooest, and well-meaning man. • Birch, Life of Tillotson, pag. 131. Voyez aussi à ce sujet Macaulay, Hist. of Englanti, l. II, pag. 616; 1. 111. pag. 77; t. IV, pag. 40-41 (3) Frewen fut un personnage si obscur qu’on ne trouve sa biographie ui dans Chalmer üi(XjrapHicai Dicliuruu y , ni daos l’ouvrage plus récent, mais inférieur, de Rose.
lui rendre son ancienne prééminence. À son avènement, les deux membres du clergé les plus distingués étaient, sans contredit, Jerency Taylor et Isaac Barrow ; tous deux d’une fidélité reconnue; tous deux d'une vertu sans tache, enfin tous deux, auteurs qui ont laissé une réputation qui ne périra point tant que la langue anglaise subsistera. Quoique Taylor eût épousé la sœur du roi, il n'en fui pas moins traité avec un dédain marqué (1); relégué dans un évéché d’Irlande, il eut à passer le reste de ses jours dans un pays que, à cette époque l’on appelait, à juste titre barbare (2). Quant à Barrow, qui, en tant que génie, surpassait probablement Taylor (5), il eut la mortification de voir les personnages les plus incapables élevés aux plus hauts sièges de l’Église, tandis qu’on le laissait de côté; et, malgré toutes les souffrances que sa famille avait endurées par suite de son dévoùment à la cause royale (4) il ne reçut aucune espèce d’avancement que cinq ans avant sa mort : le roi lui confiant la direction de Trinity College, à Cambridge (5).
(i) Sa femme était Joanna Bridges, fille naturelle de Charles I". Comparez les \otesaiut Queries, L VII, pag. 303, avec Heber, Life o f Jeremy Taylor, Works, i. I, pag. nxif. L’évéque Heber, pag. mv, ajoute : < But iiolwilhslanding the splendour of such au alliance, lhere is no reason to believe that il ÿdded malerially to Taylor’s income.»
(S) Coleridge ( Lit. Humain*, t. III, pag. 208) dit que la négligence dont Charles fit preuve envers Taylor • is a problem of which perhap* his rirlues présent the most probable solation. »
(3) Il lui est supérieur, à coup sur, dans la largeur de ses vues et dans l'étendue de ses recherches; de sorte qu’un auteur fort compétent dit avec raison qu’il fut 1 la fois « the gréai precursor of Sir Frank Newton and the pride of the Ënglisb pulpit. • Wordsworlh, Beclesiast. Biog., t. IV, pag. 3U. Consultes aussi au sujet de Barrow, Montueia, Histoire des mathématiques, t. Il, pag. 88, 89, 399, 360, 504,506 ; t. III, pag. 436-438.
<4) i His falher having suffered greally in his esta te by his at lacbrnent to the royal cause, s Chai mers, Biog. Diot., t. IV, pag. 39.
(5) Barrow, mécontent de n’avoir pas reçu d'avancement après la restauration, composa ce distique :
« Te magis opta vit redilurum, Carole, uerao ;
El sensit le rediisse minus. »
HamiKon, Life of Barrow, Barruw’s Works. Édinb., 1845, 1. 1, pag. uin.
Il est à peine nécessaire de faire ressortir comment toutes ces circonstances durent tendre à affaiblir l’Eglise et à précipiter le grand mouvement qui illustra le règne de Charles II (1). En même temps, il y eut d’autres incidents qu’il m’est impossible d’indiquer dans cet aperçu préliminaire, mais qui portent le cachet du caractère général de la révolte contre l'ancienne autorité. Dans le volume suivant nous jetterons encore plus de jours sur cette question , parce que j’aurais l’occasion de présenter une évidence qui, à cause de l’abondance de ses détails, ne serait pas appropriée à cette introduction. Nous en avons assez dit, toutefois, pour indiquer la marche générale de l'esprit anglais et donner au lecteur une clef qui lui ouvre l’iulelligence des événements encore plus compliqués qui, h mesure que le dix-septième siècle s’avançait, commencèrent à fondre sur nous.
Quelques années avant la mort de Charles II, le clergé tenta un effort suprême pour recouvrer son ancien pouvoir, en faisant revivre les doctrines de l’obéissance passive et du droit divin, qui sont évidemment favorables aux progrès de la superstition (2). Mais l’intellect anglais étant alors suffisant-
(1) Tout ce qu’a dit M Macaulay au sujet du mépris dans lequel était tombé le clergé sous le régne de Charles U est parfaitement exact. D’après l’éridence que j’ai recueillie, je sais que ce grand écrivain, dont il y a peu de gens qui puissent juger les recherches immenses d'une manière compétente, a plutôt atténué le cas qu’il ne l’a exagéré. Il y a nombro de sujets sur lesquels je me permettrai de ne pas partager les opinions de M. Macaulay, mais je ne puis m'empêcher d’exprimer toute mon admiration pour l’exactitude constante, le. talent consommé avec lequel il a disposé ses matériaux et le noble amour de la liberté qui anime tonte son œuvre. Voilà des qualités qui survivront à tontes les diffamations do ces prêtres détracteurs, gens qui, sous le rapport du savoir et du talent, ne sont pas dignes de délier les cordons de soulier de celui qu’ils attaquent si sottement.
(2) Voy. Hallam, C.onxt. Hi*L, t. Il, paç. 143, US, 153-156, qni prouvo que co mouvement commença vers 1681. Le clergé, comme caste, favorise naturellement celte doctrine, et le passage suivant, tiré d'un ouvrage qui a paru il n'y a pas plus de douze ans, donnera au lecteur nue idée des principes que maintiennent quelques membres du clergé. Le révérend M. Jewell ( Christian Politic*. Lond., 18W, pag. 157) dit que le prince régnant est «a beiog
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ment avancé [tour repousser de tels dogmes ; cette futile tentative ne lit (]u’accroître l’opposition entre les intérêts du peuple, en tant que masse, et les intérêts du clergé, en tant que caste. A peine ce plan venait-il d’être déjoué, que la mort subite de Charles amena sur le trône un prince dont le plus ardent désir était de rétablir l’Église catholique et de réintégrer parmi nous ce funeste système qui se glorifie si hautement de subjuguer la raison de l’homme. Ce changement, à en considérer les résultats finals, fut la plus heureuse circonstance qui put arriver à notre pays. .Malgré la différence de religion, les membres du clergé anglais témoignèrent toujours une grande affection pour Jacques, dont ils prisaient fort le respect qu’il avait pour le clergé; cependant, ils étaient vivement désireux que l'ardeur de ses affections se reportât sur l’Église anglicane et non pas sur l’Église romaine. Ils savaient fort bien que si l’on pouvait amener sa piété dans une autre direction, il en résulterait pour leur ordre des avantages considérables (1). Ils virent qu’il y allait de son intérêt d’abandonner sa religion ; et chez
armed with suprême physical power by the haud and permission of Providence; as sucb, tbe lord of our property, the master of our lires, the founlain of bonour, tbc dispenser of
law, before whom cach subject must surrender his will and conform bis actions
Who, when he errs, errs as a man, and nol as a king, and is responsable, not to man, but to Ood. » A la page lit, le même écrivain nous informe qoe l’Église « with one uniform, unhe* sitating voice, bas proclairoed the dnly of ■ passive obedience. > Voyez également, au sujet de la doctrine servile que soutenait l'Église, Wordsworlh, Eecl. ttioy , t. IV, pag. 668 ; Life of Ken , by a Layman, t. II, pag. 523; Lalhhury, Mat. of Convocation, pag. 228 ; idem , .Xon Survie , pag. 50, 135, 197, et une lettre de Nelson, auteur de Faste aiut Festivals; Nichols, Lit. Anec t. IV, pag. 216. C’est donc A juste litre quo Fox s’écria, dans la chambre des communes, que • by boing a good Churcbman, a person might become a bad citizen . » Pari. Met., t. XXIX, pag. 1377.
(1) En 1678, l’archevêque de Canterbury s’occupait activement do la converson de Jacques, et, dans une lettre à l’évèque de Winchester, il indique « tbe happy conséquences » qui découleraient de son succès. Vo^ez cette lettre caractéristique dans Clarendon, Correspondence , 1 . 11, pag. 465, 466. Voyez également les motifs des évêques naïvement, mais aussi largement exposés dans l’ouvrage précieux de AI. Wilson, Life ol De hoe, t. I, pag. 74.
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un prince aussi cruel et aussi vicieux, pensaient-ils, l intérêt l’emporterait sur toute autre considération (1). Aussi queu résulta-t-il ? A l'un des moments les plus critiques de sa vie, ils firent en sa faveur un grand effort qui réussit : nou contents de réunir toutes leurs forces pour repousser le bill par lequel on proposait de l’exclure de la succession, quand celte proposition fut rejetée, ils allèrent présenter à Charles une adresse de félicitations (2). Lorsque Jacques fut sur le trône, ils ne cessèrent de montrer le même esprit. Couservaient-ils toujours l’espoir de le convertir? ou bien, dans l’ardeur qu’ils mettaient à poursuivre les aou-conformistes, perdaient-ils de vue le danger qui menaçait leur Église? C’est ce qu'on ne saurait dire : mais l’un des laits les plus singuliers et les plus avérés de notre histoire, c’est la stricte alliance qui exista pendant quelque temps entre une hiérarchie protestante et un roi papiste (5). Ou ne sait que trop les crimes terribles qui suivirent ce pacte. Mais ce qui mérite encore davantage notre attention, ce sout les circonstances qui amenèrent la rupture de cette sombre entente entre la couronne et l'Église. Celte querelle fut soulevée par la tentative que lit le roi d’établir, jusqu'à un certain
(I) Dan» un pamphlet publié par uo partisan de la * High-Churcb » contre le » Bill of Exclusion, » on plaide la cause de Jacques; mais ou fait vivement ressortir le» inconvénients qui résulteraient pour lui s’il restait catholique. Voyez les remarques astucieuses, de Somers, Tracts, t. VIH* pag. 258, 259.
f2i Wordswortb, EceletUul. Ftiogr t. IV, pag. 665. Relativement à l’ardente opposition que le clergé fit 1 ce bill, consultez Harris, Lire* of the Stuart» , t. V, pag. 181 ; Burnet, Own Time , t. II, pag. 246; Somer, Tracte, t. X, pag. 216, 253; Campbell, Ch ancellor», t. III, pag. 353; Carwithen, Hist. of the Church of Englund, t. II, pag. 431.
(3) K l’avénement de Jacques II, • the pulpits Uiroughout England resounded. wilh thanksgivings; aud a numerous sel of addresses ûattered bis majesty, in tbe slrongeat pxpressioQ», vit h assurances of uoshakeo loyalty and obedience, without limitation or reserve. • Neal, Hist. of the Puritan », t. V, pag. 2. Voyez également Calamy , Life, t.I, pag. 118.
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point, la tolérance religieuse. Les célèbres « Test and corporation acts » enjoignaient à tout employé de l’État, à moins d'une très forte amende, de recevoir le sacrement, suivant les rites de l’Église anglicane. L’offense que commit Jacques, la voici : il publia un manifeste qu'on appela la déclaration d'indulgence, dans lequel il annonçait son intention de suspendre l’exécution de ces lois (1). A partir de ce moment, la position des deux grands partis changea entièrement. Les évêques sentaient fort bien que les statuts que l’on cherchait à abroger favorisaient leur pouvoir, et parlant, formaient, dans leur opinion, partie essentielle de fa constitution d’un pays chrétien. Ils s’étaient associés de grand cœur avec Jacques, tout le temps qu’il les aida h poursuivre des gens qui adoraient Dieu d’une façon différente de la leur (2). Tant que l’alliance se maintint sur ses bases, ils laissèrent passer avec indifférence une foule de choses qu’ils considéraient comme de moindre importance. Ils restèrent spectateurs silencieux, tandis que le roi amassait les matériaux au moyen desquels il espérait changer un gouvernement libre en une monarchie absolue (5). Ils virent Jeffreys
(1) Le 18 mars 1687, le roi annonça an conseil privé qu'il avait résolu • to grant , by his own authority, entire îiberty of conscience to ail his subjects. On lhe 4 april appeared the mémorable Déclaration of Indulgente. * Macaulay, Hist. ofEnglantl, i. Il, pag. 511, Voyn aussi Life of James II, ejited by Clarke, t. II, pag. 112, Dans Neal, Hist. of the Pvri tans, t. V, pag. 30, ?1, H y a un sommaire de cette déclaration. Quant i la seconde déclaration, ro\ex Macaulay, l. Il, pag. 3U, 345; Clarendon, Correspond., t. II, pag. 170.
(2) Ce fut dans l’automne de 16® que le clergé et le gouvernement poursuivirent les non-conformistes avec le plus de violence. Voyez Macaulay, Ihst., 1. 1, pag. 667, 668. Comparez Neal, Hist. of the Puritans , t. V, pag. 4-12, avec une lettre de lord Clarendon, en date du 21 décembre 16®, dans Clarendon, Correspond ., 1. 1, pag. 191 L’on dit (Hurnet, Oum Time, t. III, pag. 175, 176> qu'en plusieurs occasions le parti de l'Église se servit des cours ecclésiastiques pour%rracher de l'argent aux non-conformistes. On troovrra la confirmation de ce fait dans Markintosb, Révolution of 1688, pag. 173,640.
(5) De* archives du ministère de la guerre il appert que Jacques, dans la première année même de son régne, avait une année permanente de prés de 20, «10 hommes. Mackintosh, Révolution, pag. 3, 77, 68B . « A disciplined army of about 204100 inan aras, for lhe tirai time.
et kirke torturaut leur prochain; ils virent les prisons regorger de victimes, et le sang jaillir sur les échafauds (1). Il leur plut à merveille que quelques-uns des citoyens les plus vertueux et les plus distingués fussent en hutte à de cruelles persécutions, que Baxter fût jeté en prison et Howe banni du royaume. Ils gardèrent tout leur sang-froid en présence des cruautés les plus révoltantes, parce que les victimes étaient les adversaires de l'Église anglicane. La terreur et l’efïroi remplissaient toutes les âmes : qu’importait aux évéques? Ils ne se plaignaient pas eux! Conservant leur fidélité intacte, ils insistaient sur ja nécessité de se soumettre humblement à l'oint du Seigneur (2). Mais, du moment que Jacques proposa de protéger des atteintes de la persécution tous ceux qui étaient hostiles à l’Église; du jour où il annonça son intenliou de détruire le monopole des places et des honneurs dont les évéques avaient si longtemps joui en toute sécurité pour l’avantage de leur parti, à partir du jour, disons-nous, où cela eut lieu, la hiérarchie
eslablithed dunog |X*acr in this ialand. » Comme naturellement cet état de choses inspirait de grande* alarmes, le roi déclara que le nombre n’en excédait pas 15,000. Life of James II, edited by Clarke, t. II, pag. Si, 57. <•
(1) Comparez Burnet, t. III, pag. i 5-62, avec Dalrymple, Mémoire, t. I, part, i, lit. n, pag. (98, 203. Ken, autant que je me souvienne, fut le seul qui détourna la tète à la rue de ces atrocités. Plein d’humanité, il lit tout ce qu’il put pour adoucir les souffrances des prisonniers capturés à la suite de la révolte de Monmoolh ; mais l’on ne dit point qn'il ait cherché i arrêter les persécutions auxquelles étaient en butte les innocents non-conformistes, qui furent cruellement punis non point parce qo’ils s’étaient révoltés, mais parce qu’ils s'éloignaient de l’Église. Life of Ken, b y a Layman, 1. 1, pag. 296.
(2) « From lhe condoct of the clergy in this and the former reign, it is quite clear, thaï if the king had been a Protestant, of the profession of tbe Chureh of England, or eveu a quiet, submissive Catholic, witbout any-zeal for his religion, — coolining himself solely to malters of State, and having a proper respect for churcb-property, — be might bave plundered olher Protestants at bit pleasure, and bave tramplqfl npon tbe libcrlies of bis conntry, withoul the danger of résistance. » Wilson, Life of De Foe., t. 1, pag. 136. Ou, comme le dit Fox ; < Thus, as long as James contented himself «ilhabsolole power in civil Riatiers, and did not make use of his aulbority againsl the church, every thiug vrent srnooth and easy. » Fox, HUl. of James //, pag. 165.
DE ilA CIVILISATION EN ANGLETERRE.
ibéocratiquc ouvrit alors les yeux et s’aperçut des dangers que courait le pays devant la violence d’un prince aussi arbitraire (I). Le roi avait touché à l’arche sainte, et les gardiens du temple coururent aux armes. Comment tolérer un prince qui ne voulait pas leur permettre de persécuter leurs ennemis? Comment supporter un souverain qui cherchait à favoriser ceux qui s’éloignaient du giron de l’Église nationale? Ils tracèrent bientôt leur ligne de conduite. D’une voix presque unanime, ils refusèrent d’obéir à l’arrêt royal leur ordonnant de lire en chaire l'édit de tolérance religieuse (2), mais qp ne fut pas tout. Telle était leur inimitié contre celui qu’hier encore ils chérissaient, qu’ils recherchèrent l’appui de ces mêmes non-conformistes, objets de leur persécution, quelques semaines auparavant; en s’efforçant, par de magnifiques promesses, d’attirer de leur côté des hommes qu’ils avaient poursuivis jusqu'ici avec un acharnement mortel (ô). Les non-conformistes les plus éminents
(4) Comparez Neal, Nist. of l he Puritan *, l. V, pag. 58, avec Life of James II, édit. Clarke, t. U, psg. 70, ou l’on dit fort bien que le clergé de l’Église d’Angleterre • had preached prérogative and lhe sovereign pover to the highest pitch, while it vas favonrable to them; bat vhen lhey apprebended the least danger from it, tbey cried ont as soon as the shoe pincbed, though it vas of their own pntling on. » Voyez également pag. 113, 16t. On peut juger de la servilité que le clergé montra envers la couronne, tant qu’il crut que la couronne Ht cause commune avec lui, par ces paroles de De Foe : • 1 hâve lieard it publicl) preached, Ibat if the king coxnmanded my bead, and sent bis messengcrs to fetch it, 1 vas bound to submit, and stand vhile it vascutoff.» Wilson, Lifeof De Foe, l. I,pag. 148.
(2) D’Oyly {Life of Sancroft, pag. 4&1) dit : « On the vhole, il is supposed thai not more than 2UU out of the vhole body of clergy, estiroated al 40^)00, compliod with lhe king’* réquisition. » « Only seven obeyed in lhe city of London, and not above 200 ail England over. • Bnrnet, Oum Time, t. III, pag. 218. Le dimanche, 20 mai 4f>88, lord Clarendon écrit : « 1 vas al St. James'* church; in the evening I had an account thaï the Déclaration vas read only in four cburcbes in the city and liberties. • Clarendon, Correspond , t. II, pag. 17?, 173. Lorsqu’on apprit cette manière d’agir, on lit cette observation : L'Église < supported the crovn only so long as she dictated to it; and became rebellious as the momen vhen she va* forbidden to be intolérant. » Mackintosh, Révolution of 1688, pag. 255.
(3) Le clergé fit les premières avances an moment où la déclaration dn roi en faveur de la liberté do conscience allait paraître, et immédiatement après que ce qui se passa i Oxford
De Turent nullement les dupes de cette affection soudaine (1). Cependant leur haine du papisme, les craintes que leur inspiraient les desseins ultérieurs du roi l’emportèrent sur toute autre considération, et l’on vit alors cette singulière alliance entre le clergé régulier et les non •conformistes, alliance qui ne s’est jamais renouvelée depuis. Cette coalition, renforcée par les acclamations générale du peuple, renversa le trône peu de temps après, et fit surgir un événement que l'on considère à juste titre comme l’un des plus importants de l’histoire d’Angleterre.
Ainsi donc la cause immédiate de la grande révolution qui fil perdre la couronne à Jacques fut l’édit royal de tolérance religieuse et l'indignation du clergé, à la vue d’un acte aussi audacieux de la part d’un prince chrétien. Sans doute, s’il n’était pas venu s’y joindre d’autres motifs, celui-là seul n'aurait jamais accompli un aussi grand changement : mais ce fut là, disons-nous, la cause immédiate, parce que ce fut la cause du schisme entre le trône et l’église, et de l’alliance entre cette dernière et les non-conformistes. — Fait mémo-
eut montré sa résolution de détruire le monopole des places dont jouissait l'Église. « Tiw clergy at the same lime prayed and entmled the dissenters to appear on tbeir aide, and stand by the Establishment, making large promises of favour and brotherly affection if ever they came inlo power. » Neal, Hi*t. of the Puriums, t. V, pag. 29. Voyes également pag. 58, 99, la lettre conciliante de l'archevêque de Canterbury écrite après la déclaration : • Snch, » dit Neal, « snch aras the langnage, of Church in distraits! • Consul tes Birch, Life of Ti Ilot ton, pag. 453; Ellis, Correspond., t. Il, pag. 63; idem, Orig. Leltere, t* série, t IV, pag. 447; Macintosh, Révolution , pag. 286; Somer, Tract* , t. IX, pag. 132; Macanlay, Hi*t. of Englaru! , t. Il, pag. 318,319.
<!) Voyex l'éloquente indignation de De Foe (Wilson, Life of De Foc, 1. 1, pag. 43U, 4SI, 133, 434) et une Lettcr froma Dissenttr to the Pelitioning Üithopt, Somer, Tract*, t. IX, pag. 417, 148. Nons y lisons : « Pray, my lords, let me ask you a question. Suppose the king, instead of bis Déclaration, h ad issoct ou t a proclamation, commanding justices of the ponce» constables, informer», aod ail other persons, to be more rigoroos, if possible, agatnst disserter*, and to tbeir utmost do tbo perfect quelling and destroying Lbem; and had ordered tbis to be read in your chnTches in the time of divine service, — would you bave madr any scropleof thaï Y »
rable! N’oublions jamais que la première fois — la seule ■ — que l’Eglise anglicane déclara la guerre à la couronne, ce fut le jour où celle-ci manifesta l’intention de tolérer , et, jusqu’à no certain point de protéger les religions rivales du pays (ï). Assurément, la déclaration de Jacques était illégale, oui, elle était conçue dans un esprit d'arrière-pensée : mais est-ce que des arrêts aussi illégaux, aussi insidieux, et beaucoup plus arbitraires, n'avaient pas été maintes fois rendus par Jacques , sans soulever la colère du clergé (2) ? Questions que nous ferons bien de méditer! Leçons précieuses pour ceux à qui il est donné, non, certes, de diriger la marche de l'opinion publique, mais de la modifier jusqu’à un certain point. Quant au peuple en général, il lui est impossible d’exagérer les obligations qu'il doit
(1) Le biographe et l'apologiste de l’archevêque, qm siégeait alors à Canterhury, avoue sans rougir que re fat bien li la cause immédiate, tdbl au moins en ce qui regardait le chef «lu parti de l'Église : • The order pablished frora the kiug in couocil, May tth, 166*, directing tbe arrhblthops and b^hops so send to the clergy in their respective diocèses the Déclaration for Liberty of Conscience, to be pnblicly read in ail the churches of tbe Kmgdom, made il impossible for the Arcbbishop of Cantorbur< to abslain any longer from engaging in a» open and deelared opposition to the connsols onder which tbe kiug aras, unhappily aeting. • D’Oyly, Life ofSancroft, pag. 151.
(2) Quelques écrivains ont tenté de défendre le clergé, toos le préteste qu’à leurs veux cette déclaration était illégale. Mais une pareille défense n’est-elle pas incompatible avec, ia doctrine de l’obéissance passive Y D'ailleurs des précédents et des arrêts, tirés dn clergé même, ne loi donnent-ils pas le démenti Y Jeremy Taylor, dans son Ihiclor [ïubitanliu ni, la source ou le clergé va puiser sou autorité, affirme que t the unla’wfal proclamations and edicts of a true prince may be publishod by the clergy in tbeir several charges. * Heber, Life of Taylor, pag. ccixxxvi. Heber ajoute : « 1 «ish I had not found this in Taylor; and 1 thank lleaven that the principie was not adopted by tbe Knglixh clergy in 4667. » Mais pourquoi ne fut-il pas adopté en 1687? Simplement parce que, en 1667, le roi attaqua le monopole dont jouissait le clergé; par conséquent )« clergé ht bon marché du principe, afin de terrasser l'ennemi. Ce qui rend encore plus palpable le motif de ce changement, c'est qu'à une époque aussi éloignée qoe 1661, l’art hevàque de Canterbury ordonna au clergé de lire en chaire une déclaration rendue par Charles 11, et que, dans une édition revue de la liturgie, il ajouta dans le même but quelques passages aux rubriques. Voyez Neal, Hitl. ofthe Purituno, t. V, pag. 56. Consultes Calaray, 0*m Life, L I, pag. 199, 900 ; Macintosh, Reiviution, pag. 9*9, 243; D’Oyty, Life of Sancroft, pag. 45i; King, Life of Locke, 1. 1, pag. 909; Life of James II, édit. Clarke, 1. 11, pag. 456.
que dous devons tous, à la révolution de 1088. Mais, ô peuple, prends garde que la superstition ne vienne se mêler à ta gratitude! Admire le majestueux édifice de la liberté nationale qui s’élève seul en Europe, comme un fanal au milieu des flots ; mais ne crois pas que tu sois en rien redevable à des hommes qui, en contribuant à son érection, n’ont cherché qu’à satisfaire leur propre égoïsme et à consolider le pouvoir spirituel qu’au fond de leurs cœurs, ils espéraient s’assurer par ce moyen !
On aurait peine à concevoir dans toute son étendue le mouvement que l’expulsion des Stuarts imprima à la civilisation anglaise. Au nombre des résultats les plus immédiats, indiquons les suivants : limites imposées à la prérogative royale (1); mesures importantes en faveur de la tolérance religieuse (2) ; améliorations remarquables et permanentes dans l’administration delà justice (3); abolition définitive de la censure de la presse (4) ; enfin , fait auquel on n’a pas
(1) On en trouvera le résumé dans an pamphlet populaire attribut» à lord Somers et publié dans Somers, Tract*, t. X, pag. 363, 264. Mabon, Hi*l. o f Englawi, t. I, pag. 9, indique fort judicieusement la manière dont le respect envers la couronne alla décroissant depuis 4668.
(3' « L'acte de tolérance * fut voté en 46 69. Les historiens des non-conformistes en donnent le texte; suivant leurs termes, c'est leur grande charte. Voyez Bogue et Bennett*, Histonj of the Dissenlers, t. I, pag. 187-498. L’historien dos catholiques admet également que le règne de Guillaume 111 est « tho era from which their eojoymenl of religions toleration may be dated. » Butler, Manoir* of the Cathode* , t. 111, pag. 432, 439. Ces paroles de M. Butler s’appliquent non pas aux non-conformistes protestants, mais anx catholiques; de sorte que les deux partis avouent toute l'importance de cette époque. Il n’est pas jusqu'à la loi honteuse qu'on imposa à William en 17U0 qui n’ait été, comme le remarque fort bien M. iiallani, éludée dans ses dispositions les plus détestables. Consi. Hist., t. Il, pag. 233, 233.
(3) Campbell, Chanceltor*, t. IV, pag. 403, 356; Chief-Justices, t. II, pag. 95, 446, 448, 436, 443, 443; Barriogton, Ob*trt'(ilion s on theStalule *, pag. 33, 401,558. Consultes même Alison, Hisl. of Europe , 1. 1, pag. 236 ; t. IX, pag. 243 Aveu irréfléchi venant d’un ennemi aussi déclaré de la liber U* du peuple.
(4) Elle fut abolie avant la fin du dix-septième siècle. Voyei Campbell, Chancellor* , t. IV, pag. 131. 432. Cousultex lord Camden, On Lilerary Property , Pari. Hist . , t. XVII,
prêté toute l'attention voulue, rapide développement des grands intérêts fiuanciers qui, ainsi que nous le verrons plus tard, sont venus fortement contrebalancer les préjugés des classes superstitieuses (I). Voilà les principaux traits caractéristiques du règne de Guillaume 111, règne souvent attaqué et peu compris (2), mais dont l’on peut dire avec justice que, eu égard aux difficultés qu’il eut à surmonter, c’est le règne le plus fécond en grands résultats, le plus splendide que nous montre l'histoire d’aucun peuple; mais ce sujet est du ressort des autres volumes de cet ouvrage : quant à présent, la seule lâche qui nous incombe, c’est d'indiquer l’elfel produit par la révolution sur le pouvoir du clergé , source même d'où elle jaillit.
A peine le clergé eut-il réussi à chasser Jacques, que la
pag. 994; Uunl, Hiit. of Xcwspaper», t. |,pag. 161, 16i;Somers, Tracts , t. XIII, pag. 555, et un récit beaucoup plus complet dans Macaulay, tlisl. of Englund , l. IV, pag. 348 et suiv., 540 et auiv. Toutefois M. Macaulay, en attribuant une si grande influence à l’action de Boonl, ne s’est pas, à mon sens, suffisamment étendu sur l’opération de causes plus larges et plus générales.
(1) M. Cooke {Hist. of Party, t. Il, pag. 5, 148) fait remonter l'élévation des classes financières au commencement du xvnr siècle ; mais il se contente d'observer qu’elle eut pour résultat de renforcer le parti whig ; rien n’est plus vrai ; mais les conséquences finales, ainsi que je le ferai ressortir plus tard, ne se bornèrent pas à la politique ou à l’économie. La banque d’Angleterre ne fut fondée qu'en 1694, grande institution qui fut en butte à l’opposition la plus acharnée de la part des admirateurs du vieux temps, qui la croyaient ioutile parce que leurs ancêtres s'en étaient passés. Voyez des détails curieux dans Sinclair, Hiit. of lhe licvenue, l. III, pag. 6-9, et au sujet de la part que prirent les whigsà sa fondation, consultez Macaulay, liist. of England, t. IV, pag. 50i. Smith, Weallh of Valions, liv. h, chap. ii, pag. 130, donne un aperçu rapide de son origine et doses progrès.
(Si Souvent mal comprise, disons-nous, par ceux-là mêmes qui en font l’éloge. Ainsi, par exemple, un écrivain de nos jours nous déclare que « grcat as hâve been the obligations whicb England owes, in many different views, to the Révolution, it is beyond ail question tbe greatcsl, thaï il broughl in a sovereign inslrucled in the art of overcomiog lhe ignorant impatience of taxation whicb is the invariable characterislic of free communilies ; and thus gave it a government capable of luroing to lhe besl account the aelivity and energy of ils iuhabitanls.al the samo lime thaï it had the means given il of maintaining their independeoce. » Alison, Hiit. of Europe , t. Vil, pag. 5. Voilà, j’imagine, l’éloge le plus singulier que l'on ait jamais prononcé sur Guillaume III.
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majorité de ses membres se repentirent de cet acte (1). O»; dis-je ? même avant qu’il fut banni , il se présenta plusieurs circonstances, en face desquelles ils se demandèrent si leur manière d'agir était bien politique. Durant les dernières semaines qu’on accorda à son règne, Jacques avait manifesté quelques signes d’un respect renaissant envers la hiérarchie anglicane. Le siège d’York était resté si longtemps vacant, qu’on en était venu k croire que la couronne avait l'intention, soit d’y nommer un catholique, soit d’en saisir les revenus (2). Quelle ne fut pas la joie de l'Église, lorsque Jacques assigna à ce poste important Lamplugh, bien connu pour sa fidélité à la religion de l’État et pour son zèle à défendre les privilèges des évêques (3). Peu de jours auparavant, le roi avait également cassé l’arrêt par lequel il avait prononcé la suspension de l’évêque de Londres (4). Il n’épargna pas les promesses aux évêques ; il faisait pleuvoir sur eux ses faveurs (5); quelques-uns d’entre eux, disait-on,
(1) Relativement à ce repentir subit et aux causes qui ramenèrent, consultez Neal, Niât, of the Purilans , t. V, pag. 71.
(2) Mackintosh, Révolution of 1688, pag. 181,191. Après la mort de l'archevêque Dolben, « the tee iras kepl vacant for more tban two years,» et Cartwright espérait l'obtenir. Voyez Oirtvriffth'* Diary, by Hanter, m4, 1813, pag. 45. A cet égard nous trouvons, dans une lettre de Canterburv (Clarendon, Correspond., 1. 1, pag. 409), qu’en 1686, an mois de mai, on s’inquiétait de la vacance des évêchés irlandais. Consultez aussi Burnet, 1. 111, pag. 103. Carwithcn (Hist. of the Churvh of EngUtnd , t. Il, pag. 49Î) dit que Jacques avait l’intention d'élever le jésuite Pétre A l'archiépiscopal.
(3) Lamplugh quitta l'évêché dT2ieter pour l’arrhevêché d’York au mois de novembre 1668. Voyez le récit qu’en donnent les contemporains dans Ellis, Corrrtpoiuie nee , t. Il, pag. 303, et idem, Original Letters, 2* série, pag. 94,95. C’était un bomme de la plus grande orthodoxie, non coûtent d’abhorrer les non-conformistes, mais montrant son zèle en les persécutant. Wilsoo, Life of De hoe, X. I, pag. 94, 96. Voyez une anecdote sur ce personnage dans Baxster, Life of Himself, in-fbl., 1696, part, in, pag. 176, 179.
(4) Dans une lettre datée de Londres, le 29 septembre 1688 (Ellis, Correepondence , t. Il, pag. 224, et idem. Original Letters, 2* série, t. IV, pag. 128) il est dit que t the Rishop of London’» suspension is taken off. » Voyez aussi Soraers, Traets, t. ÏX, pag. 213. Ceci egt d’an tant pins remarquable que, d'apr<s Johnstone, on avait, en décembre 1687, riolention de le déposer. Mackintosh, Révolution, pag. 211,212.
(5) Celte disposition de la part du roi de favoriser de nouveau les éréqoes et l'Eglise
SI
allaient être appelés au conseil privé, et, en attendant, il révoqua la commission ecclésiastique, qui, en restreignant leur pouvoir, avait excité leur courroux (1). De plus, combien d'autres incidents appelaient l'attention sérieuse du clergé ! Guillaume, c’était la rumeur à laquelle on ajoutait généralement loi , Guillaume n’étail pas grand admirateur des institutions ecclésiastiques : ami de la tolérance, ne devait-on pas supposer qu'il diminuerait plutôt le pouvoir de la hiérarchie anglicane qu'il n'en augmenterait les privilèges (2) ? L’on n’ignorait pas non plus qu'il regardait avec faveur les presbytériens que l'Église, non sans raison, considérait comme ses ennemis les plus acharnés (5). Eulin,
devint le sujet ordinaire de la conversation au mois de septembre 1688. Voyez Ellis, Correspond. , t. Il, pag. 201 , 202 , 209 , 219, 224, ±27; Clarendon, Correspond., i. H, pag. 188, 192. Sir John Keresby, qui se trouvait alors à Londres, écrit au mois d'oclolire 1688, qoe Jacques « beginsagain to court ihe Church of England. » Reresby, Memoirs , pag. .157. A vrai dire , Jacques était assailli de Leiiqs difficultés, qu'il n'avait guère d'autre parti à prendre.
H) Elhs, Correspond. 1 1. II, pag. 2!1 ; Life of James //, édit. Clarke, t. II, pag. 189
(.2.1 Au mois de novembre 1687, l'on disait qn'il désirait que les non-conformiste* eussent • entire liberty for the full exercise of their religion,* et fassent affranchis * from tbe severity of the penal laves. > Somers, Tracts , t. IX, pag. 184. Voilà la première indication dis* tinete que j'aie trouvée relativement au désir qu'avait Guillaume d’enlever à l’Église le poovoir de punir les non-conformistes ; mais, dès qu’il arriva en Angleterre, ses intentions ss manifestèrent de la manier* la pins évidente. Ko janvier 1688 9, les partisans de l’Ègliso se plaignaient « that tbe countnnance he gave tbe dissenter* gave tvro mucb cause of jeatousy of tbe Church of England. » Clarendon, Correspond., t. Il, pag. 238. Consultez kNeal, Hist. of the Puritans, t. V, pag. 81 . Bogue et Bennett, Uist. of the Dissenters / l. Il, pag. 318; Birch, Life of Tiliotson, pag. 156, 157 ; Somers, Tracts, t. X, pag. 311 ; t. XI, pag. 108. Burnet, dans le portrait qu’il trace de Guillaume, fait observer que • bis indifférence as to tbe forms of cburch-government , and bis being zealons for toleration, (ogether vrilb bis cold behaviour lovrards the clergy, gave tftem generally very ill impressions of Uim. » Own Time, t. IV, pag. 550. A la page 192, cet èvéqoe dit : ■ He look no notice of the clergy , and seemed lo bave liltle concern m tbe malters of tbe church or of religion. »
(3) Sir John Keresby, observateur attentif de tool ce qni se passait, dit : * The prince, upon bis arrivai, seemed more inclined to tbe Fresbyterians than to tbe members of the <hnrch; vrhicb startled the clergy. » Keresby, Memoirs , pag. 375. Voyei également img. 399 , 405 : « The church-people bated tbe Dutch, and had rather tara Papists than iec*ive tbe Presbyterians among them. » Comparez Kvrlyn, Diary, 1. 111, pag. 281 : « The Presbytenans, our new governors. •
lorsque, pour mettre le comble à tous ces attentats, Guillaume, sous le simple prétexte de bon plaisir, en vint à abolir l’épiscopat en Écosse, il devint évident qu'en répudiant ainsi la doctriue du droit divin, il avait porté un grand coup aux idées sur lesquelles reposait, en Angleterre, l'autorité ecclésiastique (1).
Au milieu de l'agitation de l’esprit public, tous les yeux se tournaient naturellement vers les évêques que , malgré l’affaiblissement de leur ancien pouvoir, la majorité du peuple respectait encore, en qualité de gardiens de la religion de l’État. Mais, à cette heure critique, ces prélats furent tellement aveuglés par l’ambition ou par les préjugés, qu’ils se décidèrent à agir de la manière la plus propre à blesser le crédit dont ils jouissaient; faisant tout à coup volte face, ils tentèrent de détourner le mouvement politique dont ils étaient eux-mêmes les principaux auteurs. Leur conduite, en cette occurrence, confirme de tous points l’aperçu que j’ai déjà donné de leurs motifs. Dans l’aide qu’ils apportèrent aux mesures préliminaires qui précipitèrent la révolution, eussent ils été mus du désir d’affranchir la nation dh despotisme, certes ils eussent accueilli avec empressement le grand homme, à l’approche duquel le lyrau prit la fuite.
(1) Burnel (Uu'it Tinu.', t. IV, pag. 50) dil en parlant du clergé en 16 09 ; The king was suspecled by them, by reason of the favour showed lo dissenters; bat chiefly for his abolishing episcopacy iu Scotland, and his consenting to the settlng up presbytery there. • A l’égard de cette grande Iraotformalion, comparez Bogue et Bennett, JJiêtory of Distentera, t. II, pag. 379-384; Barry, Hi»t. of the Orkney Itland*, pag. 257; Ncal, Hi*L of the Puritanâ , t. V, pag. 85, 86. Enfin on verra, par un pamphlet de l'époque publié dans Somers, Tract», t. IX, pag. 510, 516, quelle fut l'indignation du cierge anglican on présence de l'abolition de l’épiscopat écossais ; dans ce pamphlet on exprime la crainte que William * n’introduise pareille mesure eu Angleterre. L’écrivain fait observer avec beaucoup do justesse à la page 522 : » For if ne give up th ejus divinum of episcopacy in Scotland, we must yield it aUo as to Kogland. And then wo are wholly precarious. * Voyez aussi t. X, pag. 341, 503; Lalhbury , Hi*l. of Convocation , pag. 277, 278, et Macpberson, Original Paper», 1. 1, pag. 509.
Voilà ce qu’aurait fait le clergé si au dessus de l’amour de la caste, il avait mis l’amour de la patrie. Mais ses membres prirent le parti tout à fait opposé; faisant venir les intérêts mesquins de leur classe avant le bien-être de la masse du peuple, préférant l’oppression de leur pays à l'humiliation de l’Église. Il s’était à peine écoulé quelques semaines depuis le jour où les évêques et le clergé, presque comme un seul homme, avaient bravé le courroux de leur souverain, plutôt que de lire en chaire un édit de tolérance religieuse et que, parmi les évêques, sept prélats des plus éminents s’étaient offerts de cœur joie aux dangers d’un jugement public devant les tribunaux ordinaires du royaume. Celte audacieuse résolution, ils le déclaraient, provenait non pas de leur aversion pour la liberté de conscience, niais de leur haine pour la tyrannie. Et pourtant, à l’arrivée de Guillaume en Angleterre, lorsque Jacques s’évada du royaume comme un voleur de nuit, ces mêmes évêques, ce même clergé s’avancèrent en foule pour repousser le grand homme qui, sans coup férir, avait par sa seule présence, sauvé le pays de l’esqjavage qui le menaçait. Il serait difficile de trouver dans l’histoire moderne un autre exemple d’une contradiction aussi llagrante, que dis-je? d’une ambition aussi égoïste et aveugle : car ce changement de tactique, loin d 'être dissimulé, se révéla si bien au grand jour, les causes en étaient si évidentes, que le scandale s’étala dans toute sa nudité devant la nation tout entière; dans l’espace de quelques semaines, l’apostasie fut un fait accompli. Le premier sur la brèche fut l’archevêque de Cauterhury qui , désireux de conserver son siège, avait promis de se ranger à la suite de Guillaume ; mais, lorsqu’il vit le tour qu’allaient prendre les les choses, il retira sa promesse et refusa de reconnaître un
prince qui montrait une telle indifférence envers l'ordre sacrosaint (1). Bien plus ! telle était l’intensité de sa colère , qu’il administra une sévère réprimandé à son chapelain qui avait eu l’audace de prier pour Guillaume et Marie; qu’importait à l’archevêque que ce prince et sa femme eussent été proclamés du consentement unanime de la nation , et que la couronne leur eut été offerte par le vote solennel et délibéré de l’assemblée des états du royaume (2)? Tandis que le primat d’Angleterre se comportait de la sorte, le concours de ses frères ne lui lit pas défaut dans celte grande question du salut commun. L’archevêque de Canlerbury ne fut pas le seul à refuser le serment de fidélité; à lui se joignirent les évêques de Bath et Wells, Chester, Chichesler, Ély, Gloucester, Norwich, Pelerborough et Worcester (5). A l’égard du bas clergé, nos renseignements ne sout pas aussi précis : cependant, environ six cents de cette classe, dit-on, suivant l’exemple de leurs chefs, refusèrent de reconnaître pour roi l’élu de la nation (4). Les autres membres de cette faction
(1) Burnct, Oum Time , t. III, pag. 340. Durant, qui fat A môme de puiser au* meilleure* sources, nous dit : « Th ou g h hc had once agreed to it, yet would nul corne. * Lord Cfcren- •Ion, dans son Diary , 3 janvier <688-9, dit que l'archevêque lui fil part ce jour IA de U résolution où il était de ne pas se présenter devant Guillaume ni même de se fairo représenter à la cour. Clarendon, Corresp. , t. II, pag. 240; cette résolution, ce semble, fut pria® de propos délibéré ;»He «ras careful nolto doit, for the reasons he fumer ly gave me. >
(2) Voyez le récit qu’en donne son chapelain Wharton dan* d’Oyly, Life of Sancroft, pag. 259, où il est dit que l'archevêque était très irrité ( vehementer excandescens ), et lai •lit « thaï he must lhence forera rd desisl frotn offering prayersfor the uc«r k ingarni qacea, orelse frora performing the duties of his clupcl. • Consultez aussi Birch, Life ofTlllolson , pag. 144. C’est ainsi que l'évéque de Norwich déclara aussi • lhat ho would ont pray for kiug William and quoen Mary.» Clarendon, Corresporut., t. II, pag. 263. Parmi le clergé, qui avait des tendances « high-church, » le même esprit d'opposition se montrait partout; quand on pria publiquement pour lo roi et la reine, ceux qui n'avaient pas prêle serment dénommèrent ccs prières • the immoral prayers, • terme qui passa A l’état technique et reconnu. Life of Ken , by o Layman, t. Il, pag. 648,650.
(3) Lathbury, Hist. of the . Xonjurors , pag. 45; d’Oyly, Sancroft, pag. 260.
(4) Dans Nairne, Papers, on cite en 1693 « six hundred minuter» who h tve nul laken the oatbs. • Macpherson, Original Papers, t. I, pag. 459.
turbulente, peu soucieux de s’attirer, par un pas aussi hardi, la perle de leurs bénéfices que Guillaume leur aurait probablement infligée, aimèrent donc mieux s'en tenir à une opposition offrant moins de péril, et aussi moins de gloire : capables ainsi d'embarrasser le gouvernement sans se faire de tort à eux-mêmes, et de se faire une réputation d’orthodoxie, sans encourir les peines du martyre.
On s’imaginera aisément l’effet que toutes ces menées produisirent sur les dispositions du peuple. La question n’était pas rétrécie dans des limites si étroites que le commun des citoyens ne pût la saisir d'un coup: d’une part, se trouvait la majorité imposante du clergé (1); dé l’autre, toute l'intelligence de l’Angleterre, tous ses 'intérêts les plus chers. Ce simple fait, qu’une opposition de cette nature put se produire sans allumer la guerre civile, montra jusqu’à quel point les progrès qui setaient faits dans l’intelligence du peuple avaient affaibli l’autorité des classes théocratiques. En outre, cette opposition ne fut pas seulement futile, elle fut aussi funeste à ses fauteurs (2); car l’on s’aperçut alors que le
(I) Les seuls que Guillaume comptât parmi lo clergé étaient les «low-cburchineu,» comme on les dénomma par la suite; ils formaieut à peine, suppose-t-on , la dixiéme partie de la classe tout entière en 1089 : « We sbould probably o verra te their numorical slrengt, if w*j were to estima te lhem at a t«nth part of tbe priestbood. • Macanlay, His(. of Englarut, t. III, pag. 74.
(1) La première allusion qui ait été faite au tort que le clergé causait 4 l’Église par la conduite qu’il tint après l’arrivée de William, c’est dans Evelyu, Dianj, t. III, pag. 273, que je la découvre, passage curieux où l’on parle 4 mots couverts de « tbe wonder of many at the bebaviour of tbe Arcbbisbop of Canlerbury, and sonie of tbe rest. > Pour Evelyn, qui était attaché 4 l’Église, ce sujet n’avait rien d’agréable, mais il y en eut d’autres moins scrupuleux; au parlement, en particulier, on ne se gêna pas pour exprimer des sentiments qui durent être ceux de tout spectateur impartial. Dans le fameux débat du mois de janvier 1688 9, oû l’on déclara la déchéance du trône, Pollexfen s’écria : * Some of the clergy are for one thing, some for anotber ; 1 tbiuk they scarce know «al lhey vould hâve. ■ Part t. V, pag. 55. En février, Maynard, l’un des membres les plus influents, dit avec indignation : « 1 think tbe clergy are oat of their vits; and I believe, if the clergy sbould bave their wills, few or nooe of us should be Itéré again. • Ibid. , t. V, pag. 129. Le clergé lui-
clergé ne se souciait du peuple qu’autant que le peuple se souciait de lui. La violence avec laquelle ces hommes de colère (1) s’opposèrent aux intérêts de la nation mit à jour l’égoïsme qui avait dicté le zèle déployé contre Jacques et dont ils s'étaient fait autrefois un si grand mérite. Ns ne cessèrent d’espérer le retour de ce prince, de poursuivre leurs intrigues en sa faveur et, dans certains cas, de correspondre avec lui; bien qu’ils n’ignorassent point que sa présence amènerait la guerre civile et que la haine contre lui était si générale, qu’il n’eût osé se montrer en Angleterre, que sous la protection des troupes d’une puissance étrangère et ennemie (2).
Mais là ne se borna pas le tort que, dans ces temps de trouble, l’Église se fit à elle-même. Les évêques refusant de prêter serment au nouveau prince, on prit des mesures pour les priver de leurs sièges : Guillaume n’hésita point à expulser par la force légale l’archevêque de Canlerbury et cinq autres prélats (3); l’insulte, les piquant au vif, les aiguillonna
mémo ressentait profondément l'animosité générale : l’un de ses membres écrit en 1694 : « The people of England, who were so excessively enamonred of us when the bishops were in the Tower, that lhey hardly forbore to worship us, are now,I wish I could say butcool and rery indiffèrent lowards ns. » Somors, Trnrlt , t. IX, pag. 525. I/indignation croissante contre le clergé, causée par le désir manifeste qu’il avait de sacrifier le pays aux intérêts de l'Église, se révéle d’une manière frappante dans une lettre do sir Rowland Groyne, écrites eu 1710 et publiée dans Macpherson, Original Paper*, t. II, pag. 207.
(!) Ce sont les propres termes de Burnet : « These angry men, that had raised this angry flanie in thechurrh. • Owi l Time, X. V, pag. !7.
j2) Le parti • High-Ghtirch » alla jusqu’à intimer d’une façon fort nette dans ses pamphlets que, si Jacques n'était pas rappelé, il serait rétabli par des forces étrangères. Sorners,7Vttcfs, t. X, pag. 377, 405, 457, 462. Compares Mahon, Hist. of England, t. II, pag. 138. Burnet (Oum Time, t. IV, pag. 361, 362) dit que ses membres furent «confouoded* en apprenant la paix de 1607, et Calamy (Life of /limself, t. II, pag. 322) fait la même remarque snr la mort de Louis XIV : «Il very much paixlcd the counsels of the Jacobiles,and spoiled lheir projet ts. •
(3) D’Oyly, Life of Sancrofl, pag. 266; Wordsworth, Ecclesiastical Biography, t. IV, pag. 683.
à redoubler d'activité. Ils proclamèrent hautement que le pouvoir de l’Église, longtemps sur son déclin, venait de s’éteindre (1). Ils refusèrent à la législature le droit de voter une loi contre eux. Ils refusèrent au souverain le droit de mettre cette loi à exécution (2); non conleuts de se donner toujours le titre d’évêques, ils firent des dispositions pour perpétuer le schisme, résultat de leur propre violence. L’archevéque de Canlerbury, ainsi qu'il persistait à se faire appeler, fit l’abandon formel de son droit imaginaire à Lloyd (3), qui s’imaginait toujours être évêque de Norwich, quoique William l’eût récemment dépossédé de son siège. Alors ces prêtres remuants firent part de leur plan à Jacques qui acquiesça de tout cœur à leur projet d’établir la discorde, à l’état permanent, dans l’Église anglicane (4). Qu’advint-il de celte ligue entre les prélats rebelles et le prétendu monarque? Un certain nombre de ces personnages spécialement choisis se représentèrent comme constituant le véritable épiscopat et reçurent les hommages de tous ceux qui mettaient les prétentions de l’Église au dessus de l'autorité de
(1) Sancrofl, sur son lit de mort en 1693, faisait des prières pour « pour suiïering church, which, by tins révolution, is almost deslroyed. * D’Oyly, Sancrofl, pag. 311, et Macpherson, Original Papers, 1. 1, pag. 280. Voyez egalement Kemarks, publiées en 1693 (Somers, Tracts , l. IX, pag. 504), où il est dit que Guillaume avait « as far as possible he rouit!, dissolved the true old Church of Englaod, » et que « in a moment of tune, her face was so altered, as scarco to be know again. t
(2) « Ken , though deprived, not er admilted in the secular power the right of depriva- Uod ; and it is well know that he sludiously rctaioed bis title. > Ifowles, Life of Ken, t. Il, pag. 225. C’est ainsi que Lloyd, pas plus lard qu’en 1703, signe < Win. Nor. * Life vf Km, L II, pag. 710 ; bien tjuc, par suite de sa destitution légale, il ne fût pas plus evèque de Norwich qu’il n’était empereur de la Chine. Sancrofl, dans sa dernière lettre publiée par d’Oyly {Life, pag. 303 j, signe * W. C. »
(3) La pièce étrange par laquelle il nommait le docteur Lloyd son vicaire général est publiée en latin dans d’Oyly, Sancrofl, pag. 295, et en anglais dans Life of Ken, by a Layman, 1. 11, pag. 640.
(4) Lathbory, HisL of the yonjurors, pag. 96; Life of Ken, byn Lmpnnn , t. il, pag. 641, 642.
l’État (I). Celle burlesque succession il evéques imaginaires continua pendant plus d’un siècle (2) ; et rattachement des membres de l'Église se scindant, le pouvoir de celle-ci s’en amoindrit (3). Dans plusieurs cas, l’on vit ce spectacle indécent : deux évêques pour le même siège, l’un nommé par le pouvoir spirituel, l’autre par le pouvoir temporel. Ceux qui subordonnaient l'Étal à l’Église, se rangèrent naturellement du côté des faux évêques, tandis que le parti, chaque jour
{1 J La latte autre Jacques cl Guillaume fut essentiellement une lutte cotre les intérêts ecclésiastique et les intérêts séculiers; on le vit dès 1689, époque à laquelle, ainsi que* nous l’apprend Burnet, qui tenait plus du politique que du prêtre : < The Church was as Die vord un en out by the Jacobine party, under whicli lhej rnight more safely sheller theiuselves. • Own Time , t. IV, pag. 57. Voyez également, au sujet de l'identification desjacobi les avec l’Église, Birch, Life of TU toison , pag. 222, et l'argumentation de DodweJl, pag. 247, en 1601. Dodwcll observa avec justesse que les successeurs des évêques destitués étaient schismatiques, au point de vue spirituel, et que 4 if the y should prétend to lay authority as sutlicicnl, they would ouerthrow the being of a Church as a society.* Évidemment les évêques nommés par William étaient des iotrus, d'après les principes de l'Église; aussi leur intrusion n’étant justifiable que d'après les principes séculiers, il s'ensuivit que le succès de l’intrusion fut le triomphe des principes séculiers sur ceux de l’Eglise. De là l'idée fondamentale de la révolution de 1688, c’est l'élévation de l'Étal au dessus de l'Église; de même que l’idée fondamentale de la révolution de 1642, c’est l'élévation de la chois publique au dessus de la couronne.
(2) Suivant d’Ojly (Life of Sancroft, pag. 297 *, le docteur Gordon «died in London, november 1779, and is aupposed to hâve been the last non juring bishop. 1 Short, Ilixl. of the Clmrch of finoland pag. 583. Lond., 1847, établit aussi que « this sebisrn conliuued Ull 1779.» Mais M. dallant (CotM. Hisl., l. Il, pag. 404) cite un passage extrait des State Trials qui prouve qu'un autre de ccs évêques, nommé Carlwright, vivait encore À Sbrevrsbury en 1793, et M. Lalhbury 1 Niai, of the Xonjurors. Lond., 1845, pag. 412), mourut en 4?J9.
(3) Calamy ( Own Life, 1. 1, pag. 328-330; t. 11, pag. 338, 357, 356) nous donne un aperçu intéressant des dissensions qui existaient au sein de l'Église et résultaient de la révolution ; elles étaient si acharnées, qu'il fallut inventer des noms pour désigner les deux partis, et c'est entre 1700 et 1708 qoe nous entendons prononcer pour la première fois les noms de « hif h church » et 4 low-cburch. » Voyez Bomct, Own Time, t. IV, pag„4»7; t. V, pag. 7U; Wilson, Lifeof De Poe, t. Il, pag. 26; Pari. Hisl., t. VI, pag. 162. 498. A l’égard de la différente entre les deux partis, telle qu'on l'entendait sous le règne d’Anne, se reporter à Somers, Tracts , t. XII, pag. 538, et Marpherson, Original Papers , t. II, pag. 166. Au sujet du schisme qui pointait dans l’Église, voyez le discours de sir T. Littleton en 1690 (Pari. Hisl., t. V, pag. 593', ; de là force gens se plaignirent de ne pouvoir dire quelle était la véritable Église . On trouvera de runeux exemples de cette perplexité dans Somers, Tracts, t. IX, pag. 477481.
grandissant, qui préférait les avantages séculiers aux théories théocratiques reconnaissaient les prélats qui tenaient leurs sièges de Guillaume (I).
Tels furent quelques uns des événements qui, à la (in do dix-septième siècle, élargirent la brèche qui s’était faite depuis longtemps entre les intérêts de la nation et les intérêts du clergé (2). Une autre circonstance vint encore accroître considérablement cette désunion. Un grand- nombre des membres du clergé anglican , tout en conservant leur affection pour Jacques, ne se soucièrent pas de braver la colère du gouvernement ou de se risquer à perdre leurs bénéfices. Afin d’éviter ces désagréments et concilier leur conscience et leur intérêt, ils se prévalurent d’une prétendue distinction entre un roi ayant droit et un roi ayant possession (3). Il en résulta que, tout en prêtant du bout des lèvres serment de fidélité à Guillaume, au fond du cœur ils réservaient leurs hommages h Jacques; et que, tout en faisant dans leurs églises des prières pour un roi, ils étaient contraints de prier pour l’autre dans leurs cabinets (4). Au
(!) Celle alternatif* est très bien exposée dans une lettre écrite en KîïH {life of Ken, by n Lfiyman , t. Il, pag. 599 ) i * If the deprived bishop be tbe only lawful bishop, then the peoplr and clergy of his diocese are bonnd to own him, and no other; then ail the bishop» who own tbe anthority of a new archbisbop, and live in rommnnion with bim, are srhismatics ; and the clergy who lire in communion with schismatiral bishop» are schismatics themselves ; and the whole Choir h of Englaod now eslablished by law is gcbismatical. »
(2) Lord Mahon (Hist. of England, t. Il, pag. 245) traite deçà qu’il appelle • tbe unnatorel alienation between the Chorch and State, • résultant de la révolution de 1688. A l’égard de l'amoindrissement dn pouvoir de l’Église causé par ce même événement, vos*» Philliroore, Mem. of Lyttletim, t. l,pag. 352.
(3) C’est la vieille absurdité du de facto eide jure! Comme si un homme pouvait garder des droits à un trône que le peuple ne lui a pas permis d’occuper!
(4) En 4715, Leslie, de beaucoup le plus distingué d’entre eux, définit leur position en ces termes : « • You are uow driven to this dilemma, — swear, or swear not t if you swear,you kill the soûl ; and if you swear not, you kiM the body, in the loss of yonr bread. » Somert, Tracts, i. XIII, pag. 686. Le résultat du dilemme fut celui auquel on pouvait s’attendre, et nn écrivain «bigh-ehurch,» sous le règne de Guillaume 111, se glorifie (Somers, Tract»,
moyen de ce triste subterfuge, une grande partie du clergé se métamorphosa tout d'un coup en rebelles portant un masque; et la prévarication, nous le disons en nous appuyant sur l’autorité d’un évêque de l’époque, la prévarication dont ces prêtres se rendaient notoirement coupables, vint encore aider au scepticisme dont ce même évêque déplore amèrement les progrès (1).
A mesure que se déroula le dix-huiticme siècle, le grand mouvemeut libérateur marcha rapidement. Autrefois, la « Convocation » était l’une des ressources les plus puissantes du clergé : là, se réunissant en corps, ses membres pouvaient affronter d’une manière imposante tout ce qui était hostile à l’Église : de plus, c’était une occasion, qu’ils ne
t. X, pag. 3 U t de ce que le» seraient* que prêtait le clergé o 'offraient anrnae sécurité an gouvernement ; * Not thaï the gouvernment receives anv security front oatbs. > Winston dit également dan» ses Memoirs, pag. 3U : » Yet do 1 too well remember thaï the far grealest part of those of the university and clergy that lhen took the oaths to the gosernmcnl, seeiued to me to take tbem with a doubtful conscience, if not againsl ils dictâtes. • Ceci «•tait écrit en 1G93; en 1710, nous lisons : • Tbere are now circumstances to niake us believe lhat the Jacobite clergy hâve the like instructions to take anv oaths to gel posse>»iou ofa pulpit for the service of the cause, to bellov oui the hereditary right, the pretended tille of the Pretender. » Somcrs, Tract#, l. Xll, pag. 611. Ce fait fut bientôt généralement connu, ou tout au moins on y crut; ainsi, huit ans plus tard, le célèbre lord Cowper, alors lord chancelier, disait à la chambre des lords : < That his Majesly had also the beat part of the landed,and ail the trading interest ; t/iat as to the clergy, he uvnld say no thing — but lhat il ira# nutorious that the majority of the populace had hem poieoned, aiul that the poison unis not yet yuite txpeÜed . » Pari, tiisl., t. Vil, pag. Mi. Ce passage est également cité, mais pas tout à fait verlmtius , daus Campbell , ChanceUors , t. IV, pag. 365.
(1) « The prévarication of too many in so sacred a malter contributed not a little to fortify the growtng atheism of the présent âge. » Bnrnet, Own Time, 1. 111, pag. 381. Voyot aussi i cet égard t. IV, pag. 176, 177, et un passage remarquable daus Sorners, Tracts, i. Xll, pag 573. J’ai à peine besoin d'ajonter qu'on confondait alors habituellement le scepticisme arec l'athéisme, qooiqne les déni choses soient non seulement différentes, mais encore incompatibles. Relativement à la niaise chicane sur le de jure et le de facto et à l'usage qu’en fit le clergé, le lecteur devrait rapprocher Wilson, J/cm. of De Foc , t. 1, pag. 171, 172; Somers, Tracts, t. IX, pag. 351; Campbell, ChanceUors, t. IV, pag. 409, et une lettre du révérend Francis Jcssop, écrite en 1717, pabliée dans Nichol, LU. JUuslr., t. IV, pag. 120-123.
laissaient pas échapper, de tramer des plaos qui retournassent à la plus grande gloire de l’autorité spirituelle (i). Mais, a*ec les progrès du temps, cette arme leur fut arrachée des mains; peu d'années après la révolution, la « Convocation » tomba dans le plus complet discrédit (2); et, en 1717, cette fameuse assemblée fut prorogée indéfiniment par un arrêt royal , considérant (avec raison) que le pays n’avait plus besoin de ses services (3). Depuis cette époque, l’on ne souffrit plus que ce concile œcuménique de l’Église anglicane se réunit pour délibérer de ses propres affaires : ce n'est que depuis quelques années seulement, que, par la tolérance d’un gouvernement faible, il a pu reprendre ses séances. Néanmoins, le changement qui s’est opéré dans les dispositions de la nation est si marqué, que ce corps, autrefois si formidable, ne conserve pas le moindre semblant de son ancienne influence ; l’on ne redoute plus ses décisions, l'on ne prêle plus attention à ses discussions; et l'on continue à conduire les affaires du pays sans s’occuper d’intérêts que, il y a quelques générations , tout homme d'État considérait comme ayant une importance vitale (i).
(1) Nous devons, entre autres, faire mention particulière de l'habitude de censurer tous livres qui encourageaient le libre examen. Sous ce rapport, le clergé était extrêmement redoutable. Voyez Lathbury, Ilist. of Convocation , pag. 124,286,338,351, et Wilson, Life of De Foc, t. Il, pag. 170.
(S) En 1704, Bumet {Own Time, t. V, pag. 138) dit en parlant de la Convocation : « But liltle opposition was made to them , as very liltle regard was bad to them. » En 1700, il s'éleva une dispute entre la chambre haute et la chambre basse do la convocation de Canterbury, ce qui saos doute aida à ces sentiments. Voyez Life of ArchbisJiop Sharp , édit. Newcome, 1. 1, pag. 348, oü cette mesquine querelle est rapportée avec la plus grande gravité.
(3) Charles Butler ( Réminiscences , t. II, pag. 95) dit que celte prorogation eut lieu en 1790; mais, d'après toutes les autorités que j'ai consultées, ce fut en 1717. Voyez Hallam, Conet. JH et., t. Il, pag. 395; Lalhbnry, Hisl. of Convocation, pag. 385; Mahon, Hist. of Fngluwl, 1. 1, pag. 301; Monk, Life of Bentley, t. II, pag. 350.
(4) Une lettre, écrite par le révérend Thomas Clayton en 1797, mérite d 'être lue, parce
En effet, aussitôt après la révolution, la tendance des choses devint trop évidente, pour que les observateurs les plus superficiels eux-mêmes pussent s’y méprendre. .Les citoyens distingués, au lieu d’accourir en foule vers l’église, aimèrent mieux se livrer aux professions mondaines qui offraient à l'industrie le plus de chance de récompense (1). En même temps, et comme conséquence naturelle de ce grand mouvement, le clergé vil s’échapper de ses mains toutes ces places, auxquelles étaient attachés le pouvoir et les profits pécuniaires, qu’il avait accoutumé de tenir. Non seulement au moyen âge, mais encore au quinzième siècle, le clergé fut encore assez fort pour accaparer tous les postes les plus honorables et les plus lucratifs de l’empire (2). Au seizième
qu’elle nous fait voir les sentiments du clergé à ce sujet. Il affirme que l’une des causes de la décadence évidente du siècle provient de ce que la convocation ne pouvant se réunir, • bold and impions books appear barefaced lo tbc vrorld without any public censure. » Voyt» celte lettre dans Nichol, Illustrations of the Kighteenlh Cenlury , t. IV, pag. 414-416; en rapprocher Lelters between Warbut'ton ami Hurd, pag. 310-312.
(1) Sur la décadence de la littérature ecclésiastique, voyez note 38 de ce chapitre. En 1G8T», on se plaignit quo les professions mondaines commençassent à dire plus recherchées que la profession ecclésiastique. Voyez England’s Wants, sect. Lvi,Somers, Tracts , t. IX, pag. 231 , où l’auteur expose avec tristesse quo, de son temps, « physic and lav, professions ever arknowledged in ail nations to be inferior to divinity, are generally embraced by gentlemen, and sometimes by persons nobly descended, and preferred much above the divins ‘s profession. » Naturellement c’était surtout chez le* jeunes gens intelligents que cette préférence se révélait; nne grande somme d’énergie se retirant ainsi du sein de l’Église, c’est alors que se produisit cette décadence dans son esprit et dans ses facultés générales, que nous avons déjà indiquée et que Coleridge fait également ressortir dans ses remarques sur • tbe apologizing Ibeory » qui vint A la suite de la révolution. Coleridge, Lit. Remains, 1. IM, pag. 51, 5î, 116, 117, H9. Rapprochez Stephen, Essaye ort Ecrite. lliogr 2* édit., 1850, t. Il, pag. 66, à l’égard de • Ihis dépréssion of lheology,» et Hare, Mission uf the Comforter, 1850, pag 364, sur « the intelleclually feebler âge. » Evelyn, on 1691, déplore le défaut d’énergie que l’on commençait à observer parmi les « young preachers. * Evelyn, Diary, t. Ml, pag. 309. On trouvera une antre observation faite en 1696 sur « this dead and lifeless vray of prcaching * dans Life of Cudworth, pag. 35, 1. 1** de Cudworth, Intellect. Syst.
(2) Sharon Turner, décrivant l’état des choses on Angleterre an xv* siècle, dit : • Clergymen were secrelaries of government, the privy seals, cabinet couosellors, treasurers of tbe Crown, ambassadors, commissioners lo open parlement, and to Scotland ; presidents of tbe
siècle, le flot commença à se retourner contre eux et s’avança avec une telle rapidité que, depuis le dix septième siècle, l’on ne cite pas un seul exemple d’ecclésiastique qui ait été créé lord chancelier (i) ; et , depuis le commencement du dix-huitième siècle, nousne trouvons pas non plus d’exemple d’ecclésiastique qui ait été nommé à un poste diplomatique, ou même qui ait occupé une position importante dans l’État (2). Et cet ascendant toujours croissant des laïques ne s’est pas borné au pouvoir exécutif. Au contraire, nous trouvons le même principe à l’œuvre dans les deux chambres du parlement. Aux époques reculées et barbares de notre histoire, la moitié de la chambre des lords consistait en pairs temporels, l’autre moitié en pairs spirituels (3). Vers le commencement du dix-buitième siècle, ces derniers, au lieu de compter pour moitié dans la chambre n’en formaient plus
king’s cooocil , supervisons o f the royal works, chanceliers, koepers of tbe records, the masters of the rolls, and even the physicians, both to the king and to the duk<* ofGloueester, dnring the reign of Hrnry VI and aflervards. » Turner, Mm. of England, t. VI, pag. 131 Relativement à leurs énormes richesses, voyex Eccleston, English Antiguitirs, pag U6 «In theearly part ofthefoorteenth centory, U is calcnlated that very nearty onehalf of the soit of the kingdom vas in the hands of the clergy. >
(I) En 1625, Williams, evéque de Lincoln, fat destitué de ses fonctions de « lord Keeper. * Lord Campbell dit (L*tv« of the ChanreUors , l. II, pag. 492) : « This is the lait lime that an ecclesiastic has held the great seal of England, and notvithstaoding the admiration in some quart ers of mediceval usages , I presnme the experiment is nol likeiy to be soon repealed. •
(1) Monk (Life of Hentley , t, I, pag. 222) dit que le doctenr John Robinson, évêque de Bristol, fut • lord privy senl, and plenipotentiary at the treaty of Ctrecht . and is the last oedesiastie in England vho has held any of the high offices of State. • Un écrivain dn parti de High-Chdrch » se plaint des efforts qu’on faisait en 1712 pour • thrnsl the charchmeo ontof theîr places of power in the government. • Somcrs, Tracts, t. XIII, pag. 211.
(3) Sons le régne de Henri III, et après «the numher of arrhbishnps, bishops, a b bots, priors, and eccleeiaatical persons vas for the most part equal to, and very often far eicecded, lhe nota ber of the temporal lords and barons. » Parry, Parliaments and Councilt of England. London, 1839, pag. xvii. M. Parry en cite plusieurs exemples, dont voici le pins remarqnable : « In 49 Henri III , 110 prêtâtes and ooly 23 temporal lords vere snmmooed. » Il va sans dire que ce fut là ou cas extrême.
HISTOIRK
qu’un huitième (1). Enlin, au milieu du dix-neuvième siècle, ils sont redescendus à la quatorzième partie (2). ('.es chiffres nous fournissent un exemple frappant de cet amoindrissement du pouvoir théocratique , qui est l’une des conditions essentielles de la civilisation moderne. C’est également ainsi que plus de cinquante ans se sont écoulés depuis qu’aucun membre du'clergé n’a été admis à siéger en qualité de représentant du peuple: en 1801, la chambre des communes ferma résolûment ses portes à une classe que celte assemblée, la plus superbe et la plus exclusive qui soit au monde, eût autrefois accueilli à bras ouverts (3). A la chambre des lords , les évêques conservent toujours leurs sièges ; mais c’est une possession précaire qui fait l’objet des remarques générales; aussi bien les progrès de l’opinion publiquenous font entrevoir un jour , qui ne sautait être éloigné , où les pairs, imitant l'exemple présenté par la chambre' des communes, proposeront au pouvoir législatif de débarrasser la chambre haute de ses membres spirituels, qui, par habitudes, par goûts et par tradition, sont évidemment impropres aux exigences profanes de la vie politique (4).
(1) Vojei oue analyse de la chambre des lords, en 4713, dans Mahon, Hitl. of Englnmt, t. 1, pag. 43-45, d’où il apperl que le nombre total était 207, dont 26 étaient spirituels, y compris les catholiques.
(2) Dans le tableau do Dod pour 1854, nous voyons que la chambre des lords contient 436 membres, dont 30 appartiennent an banc épiscopal.
(3) On trouvera différents récits et naturellement des appréciations différentes de l'expulsion dn clergé de la chambre des communes dans les ouvrages suivants ; Pelle*, Life of Sidmouth , t. I, pag. 419, 420; Stephens, Mem. of Tooke , t. Il, pag. 2V7-28&; Holland, Mem. of the Whiç Party, t. 1, pag. 178-480; Campbell, Ch ancellort, t. VII, pag. 448; Tviss, Lift of EUlon , 1. 1, pag. 263; Adolphu», Hiat. of George III, t. VU, pag. 487.
(4) Un observateur très pénétrant donna A entendre avec regret, à celte époque, que bannir le clergé de la chambre basse c'était préluder A l'expulsion des évéques de la chambre haute. Dans les débats « on the bill to prevenl Persons in Uoly Orders from Sitting in the llouse of Commous, » lord Thurlow « mentiooed the lenure of the bishops at this timeand said, if the bill went to disfrauchise the lover orders of the clergy, it might go the lenght of
Pendant que l’édifice de la superstition, rongé intérieurement, chancelait sur ses bases et que l’autorité ihéocratique, après avoir autrefois joué un si grand rôle, cédait de plus en plus devant la marche des lumières, un événement surgit tout à coup, qui, bien qu'on pùt naturellement s’y attendre, prit au dépourvu ceux-là mêmes à qui il importait le plus : je veux dire la grande révolution religieuse, digne complément de la révolution politique qui la précéda. Les non-conformistes, raffermis par l’expulsion de Jacques, n’avaient nullement oublié les cruelles punitions que l’Église anglicane, aux jours de son pouvoir, n’avait cessé de leur infliger; et ils sentirent que l’heure était venue où ils pouvaient l’affronter plus hardiment qu’ils ne l’avaient fait jusqu’ici (1). En outre, ils avaient été, dans l'intervalle, en butte à de nouvelles provocations. Après la mort de uotre grand roi Guillaume 111, le trône fut occupé par une femme sotte et ignare, dont l’amour pour le clergé aurait, dans un siècle plus superstitieux, entraîné de funestes résultats (2).
«triking at the righl of the révérend bench opposite lo seuls in thût house ; thoagh be koew it had been beld ibat the reverend prêtâtes Sad, in the right of tbeir baron tes, as temporal peers. * Pari. Hisl., t. XXXV, pag. 1543.
(1) 11 est impossible aujourd’hui d’apprécier dans toute son étendue la persécution que l'Église anglicane infligea, an xvii* siècle, aux non-conformistes; cependant Jeremy White, dit -on, eut en mains une liste portant les noms do soixante mille victimes entre 1660 et 1668, dont cinq mille moururent en prison. Bogue et Bennett, Hist. of the Dissenters, t. 1, pag. i(J8. Au sujet de l’esprit de cruauté que le clergé montra sous le règne de Charles II, comparez Harris, Live» of the Stuart», t. V, pag. 106; Orme, Life of Owen, pag. 344; Somers, Tract», t. XII, pag. 534. Harvrood alla jusqu’à dire hautement à la chambre des communes en 1672 : « Our aim is to bring ail dissentiug mon inlo the Protestant Cblrcb, and he tbat is not willing lo corne into thoCburch should not bave ease.» Pari. Hi»t., t. IV, pag. 530. On jugera du sèle avec lequel ce principe fut mis à exécution par un récit écrit en 1671 (Somers, Tracts, t. VU, pag. 586-615) et par les parolesdc De Foe t Wilson, Life of De Foe, t. II, pag. 443, 444 ).
(2) Outre la correspondance que la duchesse de Mariborough conserva pour l'instruction de la postérité, nous possédons des matériaux qui nous permettent d’apprécier les qualités d’Anne dans les lettres publiées dans Dalrymple, Neoioir». Nous en extrayons le {tassage suivant qu’Anne écrivit quelque temps après la déclaration de la liberté de conscience :
Dans l’état même des choses, il se produisit une réaction passagère, et, sous son règne, l’Église fut traitée avec une déférence que Guillaume avait dédaigné de lui montrer (t) : immédiatement la conséquence naturelle se fit sentir. On avisa b de nouveaux moyens de persécution ; on rendit de nouvelles lois contre les protestants qui ne se conformaient pas aux doctrines et aux règles de l’Église anglicane (2). Néanmoins, après la mort de Anne, les non-conformistes reprirent bientôt courage : leurs espérances se ranimèrent (3), leurs rangs grossirent sans cesse, et enfin, malgré l’opposition du clergé, les lois portées contre eux furent rapportées (4); parlé, placés de niveau avec leurs adversaires, le caractère aigri par toutes les injustices qu’ils venaient de supporter, il était évident qu’une grande lutte allait inévitablement s'engager
• U U a inclancholy prospect that atl w of the Church of EngWind bave. Ail the soclane» may now tlo vital they please. Every one has the free exercise of lheir religion, on pnrpose, no doobt, to min ns, whieh I think to ail impartial jndges is very plain. » Dalryrople, Jfenuoirs, appendice an liv. v, t. Il >pag. 173.
(1) Il y a dans Soiners, Tract*, t. XII, pag. 538. nn passage remarquable qu’il faudrait rapprocher de Wilson, Life of De Foe, X. III, pag. 371.
C t. ) Bogue et Bennett, Hitlory of the Dissenters, 1. 1, pag. 228-230, 237, 260-277 ; Hallam, Contl. ItUt., t. Il, pag. 3%, 397. M. Hallam dit; < It is impossible to doubt for an instant, that if the qneeu’s life had preserved the Thory government for a few years, every vestige of the toleration wonld hâve be en efTaced. » Il semblerait, parce qne noos tisons dans Vernon tÇorr etp ondcnce, t. III, pag. 228 tond., 1841), qne bientôt après l’avéncment d’Anne on proposa • to debar dissenters of lheir votes io élection, » et Bnrnet noos apprend ( Otvn Time, t. Y,paf. 108. 136, 137,218) que le clergé eût été satisfait si Anne avait déployé pins de x le centre eux qu’elle ne le Gt réellement.
(3> Bogue et Bennett, //Ut. of the DUsentert, X. III, pag. 118. îvimey (History of the Baptists) dit qne la mort d’Anne fot «an anovrer to the dissenters praters. * Soutbey ( Commonplacv Dook, 3* série, pag. 135 ) se reporte aussi à la pag. 147, oû il décrit la joie des non-conformistes à la mort de cette princesse incommode.
(4) Entre autres deux des plus détestables, « the act against occasional confonnity, and that reslraioing éducation , vrere repealed in the session of 1719. » Hallam , Const. Hist t, |I, pag. 398. Les archevêques d’York et de Canterbury firent une violente opposition an rappel de la loi contre « occasional conformity. » Bogue et Bennett, Hist. nfthe Dissenters, t. III, pag. 132. Mais leur opposition fot vaine, et, lorsqu’on 1726 l’évêque de Londres voulut toucher à l’acte de tolérance, Yorke, attorney-general, l’en empêcha. Voyer la vigoureuse réponse dTorke dans Harris, Life of Hartitricke, t. I,pag. 193,194.
entre les deux partis (1); car, k celle heure, la tyrannie du clergé anglican avait entièrement détruit ces sentiments de respect qui, au milieu même des hostilités, subsistent encore dans les esprits : leur inlluence aurait peut-être détourné la lutte s’ils n'eussent pas été éteints. Maison méprisait aujourd’hui ces motifs de réserve : aussi, exaspérés par d'iueessanies persécutions, les non-conformistes résolurent de protiler de la décadence de l’Église : forte, ils lui avaient résisté (2) ; faible, pouvait on s’attendre à ce qu’ils l’épargnassent? Sous la direction de deux des hommes les plus remarquables du dix-huitième siècle, Whieteüeld , le premier parmi les orateurs théologiques (5), et VVesley, le premier
(!) A la ûn du xvil* siècle, on üt grand** attention à la manière dont les non -conformistes commençaient à s'organiser en sociétés et en synodes. Dans Veenon, Correspond.» 1. 11, fiag. 128-130, 133, 156, on **n trouvera de curieux témoignages parmi les lettres de Vernon, alors secrétaire d'Èlat. A l'égard des appréhensions que firent naître le nombre croissant de leurs écoles et leur intervention systématique dans les élections, consultes Life o f Archàishop Shat p, édit. Newcome, 1. 1, pag. 125,358. L'Église avait Tardent désir d’alwlir toutes les écoles des non-conformistes; ainsi, en 1705, l’archevêque d’York dit à la chambre des lords « thaï tho apprvoded danger from tbe increase of dissenlers, and particularly from the many academies set up by them. • Pari. Ilist., t. VI, pag. 402, 493. Sur l’accroissement de leurs écoles, voyex pag. 1351, 1332.
(2) Dans Somers, Tracts, t. XII, pag. 681, il est dit que, sous le régné de Charles 11, «ibis hard usage had begolteu in the dissenlers the utmost animosily against the perseculing Churchmen. » Calainy observa leur mécontentement toujours croissant sous le régne d’Anne. Voyex Calamy, Oum Lift, l. Il, pag. *44, 255, 274, 284,285.
(3) Si In pouvoir de loucher les passions est le modèle d’après lequel on doit juger un orateur, nous pouvons à coup sûr affirmer que, depuis les apôtres, Whitefield fut le plus grand orateur. Il prononça son premier sermon en 1*36 (Nirbol, Lit. Anec. , t. II, pag. 102, 122 ) ; il commença à prêcher en plein air en 1739 iSouihcy, Life of Wrsleij, t. II, pag. 531), et les dix-boit mille sermons qu’il répandit pendant une carrière de trentequatre ans (Soothey, Wesley, t. il, pag. 531) produisirent les effets les plus étonnants sur toutes les classes, éclairées ou non. Un trouvera dans les ouvrages suivants les témoignages qui prouveront Teycitation causée par cet homme merveilleux et l’empressement avec lequel on lisait aussi bien qu’on entendait ses sermons • Nichol, Lit. Anec., L U, pag. 516, 54/, et Illustrations, t. IV, pag. 302 304; Mem. of Franklin, by Himself, 1. 1, pag. 161-167 ; Doddridge, Correspond., t. IV, pag. 55 ; Stewart, Philos, of the Mind, t. III, pag. 391,592 ; lady Mary Montagu , Lettcrs , dans aes O Entres , 1803, t. IV, pag. 162; Correspond. Letwcen Ladies Pomfret «tu/ Hartford, f édit., 1806, 1. 1, pag. 138, 160-162 ; Marchaient Paper s, 1. 11, pag. 377.
parmi des hommes d'État théologiques (1), sous leur direction, s’organisa un grand système de religion, ayant avec l'Église anglicane les mêmes rapports que celle-ci avait avec l’Église romaine. Ainsi, après un intervalle de deux cents ans, une seconde réforme spirituelle s’accomplit dans notre pays. Au dix-huitième siècle, les Wesleyans furent aux évêques ce que, au seizième, les réformateurs furent aux papes (2). Sans doute, il est vrai que les non-conformistes de l’Église anglicane, différant en cela des non-conformistes de l’Église romaine, perdirent bientôt la vigueur intellectuelle qui les distingua au début. Depuis la mort de leurs grands maîtres, ils n’ont pas produit un seul homme de génie, et depuis Adam Clarke, on ne compte parmi eux aucun savant qui ait joui d’une réputation européenne. Cette pénurie ne proviendrait-elle pas, je ne dirai point de circonstances particulières à leur secte, mais simplement du déclin général de l’esprit théologique, qu* a affaibli leurs adversaires autant qu’eux-mêmes (3)? Quoi qu’il en soit, du moins, il est certain que le tort qu’ils ont fait à l’Église anglicane est beaucoup plus grand qu'on ne le sup-
(1) M. Macaolay a dil en parlant do loi {Essaya, I. 1, pag. 221, 3* édit.) que son • genius for government vas not infertor to lhat of Richelieu. • Quelle que soit l’étendue de cet éloge aux yeux de ceux qui ont comparé les succès de Wesley avec les difficultés qu’il eut à surmonter, ces termes paraîtront 4 peine exagérés.
(2) Ce fut en 1739 que, pour la premiéro fois, Wesley $c déclara ouvertement contre l’Eglise, et refusa d'obéir i l’évèquc de Bristol qui lui ordonnait de quitter son diocèse. Sonthey, Life o f Wesley, 1. 1, pag. 226, 243. La môme année il commença à prêcher dans la campagne. Voyez la note remarquable portée à ses Journal s, pag. 78,29 mars 1739.
(3) Ils avouent franchement que < indifférence bas been another ennemy lo the increase of the dissenting cause. » Bogue et Bennett, Hisl. of the Dissenters, t. IV, pag. 320. Dans Newman, Development of Christian Doctrine , pag. 3943, on trouvera quelques remarques sur le relâchement qui s’est manifesté dans l’énergie de la secte de Wesley, ce que M. Newman, ce semble, attribue à ce fait, 4 savoir que les wesleyans ont atteint lo point oà « order takes lhe place of enthnsiasm. » Pap. 43. C'est probablement vrai; cependant je persiste à croire que la cause la plus large a été la plus active.
pose généralement, et je suis porté à croire qu’il est à peine moindre que celui que le protestantisme infligea au papisme, au seizième siècle. Abstraction faite de l’éclaircissement que la secte nouvelle fit dans les rangs de l’Église anglicane (i), qui douterait que le simple établissement d'une faction protestante, sans que le gouvernement y portât atteinte, ne fût un précédent dangereux ? L'histoire contemporaine nous apprend que ceux que les conséquences de ce mouvement touchaient le plus le considérèrent sous ce point de vue (2). En
(1) Walpole, avec son rire moqueur, parte de l'extension du méthodisme au milieu du xvin* siècle (Walpole, Lelter x, t. U, pag. 266, 272 ), et lord Carlisle, en 1775, dit à la chambre des lords (Pari. Hist., t. XVIII, pag. 634) « thaï Methodism was daily gaioing ground, particularly in the manufacturiog towns. « Enfin, pour redescendre à une époque plus rapprochée de nous, nous trouvons dans une lettre du duc de Wellington à lord Eldon (Tvriss, Ufe of Eldon, t. II, pag. 35 i que, vers 1808, le méthodisme faisait de nombreux prosélytes dans l’armée. Ces assertions, quoique exactes, sont quelque peu vagues; mais nous possédons d’autres témoignages plus précis sur le rapide développement du non-conformisme. Suivant une prière trouvée dans l'onn des cassettes de Guillaume 111 et publiée par Dalrymple ( Memoirs , t. II, pag. n, appendice, chap. i, pag. 40) en Angleterre, ta proportion des conformistes aux non-conformistes était de 22 4/5 à 1. Quatre-vingt ans après la mort de Guillaume, les non-conformistes, au lieu de ne compter que pour la vingt-troisième partie, étaient regardés comme formant • a fourth part of the whote community. > Ijetter from Wutson to the Duke of Rutland , écrite en 1786 ( Life of Wnlson , Rishop of Llaruieff, t. I , pag. 246. Depuis lors le mouvement ne s'est pas interrompu ; les tableaux statistiques publiés récemment par le gouvernement nous révèlent ce fait étonnant qne le dimaocho 31 mars 1851 les membres de l'Église anglicane qui assistaient à l'office du matin ne dépassaient que de la moitié les « Independents, Baptists and Methodisls* assistant au service dans leurs églises. Voycx le tableau de recensement, Journal ofStatist. So<\, t. XVIII, pag. 151. Si les désertions suivent toujours cette proportion, il sera impossible à l'Église d’Angleterre de survivre un autre siècle aux attaques de se» ennemis.
(2) Les traitements que les membres du clergé (dont un grand nombre étaient magist trats) infligeaient aux wesloyans montrent ce qui aurait eu lieu si le gouvernement n'eût
mis bon ordre à celle violence. Consultez Southey, Life of We»ley , t. I, pag. 395-406. Wesley nous a lui- même donné de nombreux détails ( que Sontbey n'a pas jugé à propos de rapporter) sur les calomnies et les insultes auxquelles lui et ses amis furent en butte de la part du clergé. Voyez Wesley, Journal*, pag. 114, 145, 178, 181, 198,235,256, 275,562, 619, 637, 646. Comparez Walson, Observations on Southey*» Wesley, pag. 173, 174. On trouvera encore d'antres témoignages de ces mauvais traitements dans Correspondent* amt Diary of Doddridge, t. Il, pag. 17; t. III, pag. 108, 131, 132, 144, 145, 156. Grosley, qui visita l’Angleterre en 1765, dit en parlant de Whiteûeld : • The miuislers of the established religion did lheir utmost to baffie the new preacher; they preached againsthim,
outre, les Wesleyans révélèrent une organisation si supérieure à celle de leurs prédécesseurs, les puritains, qu’ils formèrent bientôt un centre commun où pouvaient aisément se rallier tous les ennemis de l'Église. Et, faits peut-être plus importants encore, l’ordre, la régularité et la publicité qui ont habituellement distingué leur manière d'agir, donnèrent à leur secte un éclat qui effaça les autres, et en l’élevant, pour ainsi dire, à la dignité d'un établissement rival, précipitèrent l’affaiblissement du respect exclusif et superstitieux que les Anglais éprouvaient autrefois pour la hiérarchie anglicaue (1).
Cependant, tous ces faits, tout intéressants qu’ils sont, ne constituent qu’une mince partie du vaste ensemble de circonstances qui amoindrirent le pouvoir théocratique et permirent aux Anglais de fixer la liberté de conscience, liberté imparfaite, à la vérité, mais du moins supérieure à celle que possède aucun autre peuple. Parmi les symptômes
reprcsonling him lo tbe people as a fanatic, a vixionary, etc.; io fine, thej opposcd ht tu witk *o inach succès» t thaï they cauted hira lo he pelled wilh stones in every place where he opened his mouth lo lhe public. * Grosley, Tour to London. Lond., 4772, 1. 1, pag. 356.
(4) Bogue el Bennett (Hitlory of lhe Ditaenlcra, l. 111, pag. 465, 466) fout observer arec beaucoup de justesse que le wesleyaoisrae encouragea les désertions religieuses en donnant au non-conformisme un cachet d’ordre qui jnsqn'à un certain point se rapprochait de la discipline de l’Église. Mais ces écrivains traitent Wesley avec une trop grande sévérité, quoique, disons-le, il u’y a pas de doute que c'était un homme très ambitieux et aiman t par dessus tout à dominer. An débat de sa carrière, il porta ses vues vers des objets beaucoup plus élevés que ceux que les puritains avaient cherché 1 atteindre ; il parlait assez dédaigneusement des efforts de cette secte, surtout au xvf siècle. Ainsi, par exemple, en 4747 huit ans seulement après sa révolte contre l’Église, il exprime dans son journal son étonnement « al the weakness of those holy confessors, many of whom spent so much of their lime and streoglh in disputing about surplice and hoods, or kneeliog al the Lord's Supper! * Journal», pag. 249, 13 mars 4747. Une vie de ce genre n’eût pas été du goût de Wesley, esprit emporté par de hautes aspirations. A en juger par le ton général de son journal volu * ruineux, comme par les ininutieuso*, prudentes et prévoyantes dispositions qu’il prit pour réglementer sa secte, il est évident que ce grand schismatique avait des vues plus larges que ses prédécesseurs , et qu’il ne tendait à rien moins qu'à organiser un système capable de rivaliser avec l’Église de l'État.
innombrables de ce grand mouvement, il y en eut deux d’une importance particulière, à savoir : la disparition de la théologie, d'abord du sein de la morale, ensuite du sein de la politique; elle ne s’effaça de la morale qu’à une époque assez tardive du dix-septième siècle, elle se sépara de la politique avant le milieu du dix-huitième siècle. Exemple frappant de la décadence du vieil esprit théocralique! Ce fut le clergé lui-même qui donna le branle à ces deux grands changements. Cumberland, évêque de Pelerborough, fut le premier qui chercha à établir un système de morale sans le secours de la théologie (1). Warburton, évêque de Gloucester, fut le premier qui posa ce principe : que l’État devait considérer la religion, non par rapport à la révélation, mais par rapport à la convenance, et favoriser une foi particulière, non point en proportion do sa vérité, mais uniquement en vue de son utilité générale (2). Or ce ne furent pas là des
(I) M. liallam (Lit. of Europe , l. III, pag. 390j dit que Cumberland cseems lo bave been lhe fiot Christian writer who sought lo eslablish systeroalically lhe principles of moral right iodependcntly of révélation.» Voyez aussi, A l’égard de ce changement important, Whewell, Hisl. of Moral Philosuphy in England , pag. 12, 54. On comprend assez bien aujourd'hui les risques que l’on court toujours en faisant de la théologie la base de la morale; mais il n'y a pas d’écrivain qui ail mieux traité ce sujet que M. Charles Comte. Voyez l'excellent exposé qu'il donne dans son Traité de législation , 1. 1, pag. 22.V247. On trouvera également un aperçu assez court et peu satisfaisant de l'ouvrage de Cumberland dans Macktntosh, Ethical Philosuphy , pag. 134-137. C'èlait un homme d’uo savoir considérable, et M. Quatrcinérc le compte au nombre des premiers disciples de Coptic. ouairemère Sur la langue ci la littérature de l'Egypte, pag. 89. Après avoir publié le de Legibus, en 1672, il fut élevé à l’épiscopat en 1691. Chalmcri, lliograph. Dict., t. XI, pag. 133, 135
d) Ces principes se trouvent dans sou ouvrage iulitulé : The Alliance belween Church and State, qui, suivant Hurd ( Life of Warburton, 1794, in-4", pag. 13), parut eo 1736 et, comme ou peut l'imaginer, causa un grand scandale. Je ferai ressortir dans une autre occasion l'histoire de l'influence de ce livre ; en attendant, le lecteur devrait rapprocher Palmer, On lhe Church, t. II, pag. 313,322, 323 ; Parr, Work*, t. I, pag. 657, 665; t. VII, pag. 128; Whatelv, Dangers ta Christian Failli, pag. 199, et Nichol, Lit. Ante., 1. 111, pag. 18, qui tous traitent de scs tendances. Au mois de janvier 1739-40, Warburton écrit AStukeley (Nichol, Illustrations , l. U, pag. 53) : «Bat you know how dangerous new roads in thcology are, by tbe clamour of lhe bigots against me. » Consultez également quelques lettres échangées entre lui et Pitt ( laine) au sujet de la convenance et publiées dans Cha-
lOi
principes stériles que les recherches de l’avenir ne pussent appliquer. Poussées par Hume (1) jusqu’à leur extrême limite, les opinions de Cumberland furent bientôt après appliquées par Paley à la conduite pratique (2), et par Bentham et Millà la jurisprudence, (5); tandis que les opinions de Warburton, se répandant avec une rapidité encore plus grande, ont influé sur notre politique législative, et sont avouées non seulement par les grands penseurs, mais aussi par les esprits ordinaires, qui, eussent-ils vécu cinquante ans plus tôt, s’en seraient détournés avec une sainte horreur (4).
tham, Correspond., t. II, pag. 184 et suit. Warburton écrit pag. 490 : - My opinion is,and ever was, thaï Uim State bas nolhing at atl to do wilh errors in religion, nor the leasl right go much as to attempt to repress lhem. » Faire d'un tel homme un èvéquo c’était une action insigne au xvm* siècle; elle eût été impossible au xvi»\
(1) Le rapport existant entre Cumberland et Hume consiste dans le plan entièrement séculier d’après lequel ils dirigèrent tons deux leurs recherches en morale; sons d'antres rapports ils arrivent à des conclusions différentes; mais si l'on admet la jnslesse de la méthode antithéologique, il est certain que la manière dont Hume traite son sujet est plus conséquente avec les prémisses que ne l’est celle de son prédécesseur. Voilà ce qui fait do Hume le continuateur de Cumberland; ajoutons qu'il eut non seulement l’avantage de venir cinquante ans après lui, mais encore d'étre doué de vues beaucoup plus larges. Les spéculations éthiques se trouvent dans le troisième livre de son Trcalise of Human Malurc (Hume, PhUoêophical Works. Édinb., 1826, t. Il , pag. 219 et suiv.) et dans son Inquiry concerniny Ute Principes of moral». Idem, l. IV, pag. 337-365.
(2) Le système moral de Paley étant essentiellement utilitaire, complète la révolution dans celte partie de l'élude. Son œuvre, tracée avec beaucoup de talent, exerça one immense influence sur un siècle tout préparé à en recevoir les principes. Son livre mtiral and Poli tirai Philosuphy parut en 1785; en 1786, à Cambridge, on le considéra comme nn livre classique, et en 1805 « it had passed throngh flfteen éditions.» Meadley, Memoirê of Paley, pag. 127, 145. Compares Whowell, liisl. of Moral Philosophy, pag. 176.
(3) Ceux-là qui ont étudié l'histoire du l’école à laquelle appartiennent ces deux éminents auteurs savent que leurs écrits forment partie d’un seul et même plan ; quant an rapport intellectuel qui existait entre eux, je ne puis mieux faire que de renvoyer le lecteur à nue lettre frappante de James Mil! lui-même (Bentham, Works, édit. Bowring , t. X, pag. 181,482.
(4) Le rappel du Test. Ael., l’admission des catholiques au parlement et le redoublement des bonnes dispositions où l’on était d'y admettre également les juifs sont les symptômes principaux de ce grand mouvement. Au sujet de la diffusion graduelle parmi noas de la doctrine de l'utilité qui, de tous les sujets qui n’ont pas encore été éleTés à l'étal de science.
C'esl ainsi qu’en Anglelerre, la théologie fut à jamais distraite des deux grandes sections : éthique et gouvernement. Toutefois, celle importante transformation ne fut pas, au début, d’une nature pratique : uniquement intellectuelle, son opération, pendant nombre d’années, se borna à une classe restreinte, et n'a pas produit tous les résultats que nous avons tout lieu d’espérer. Mais il y eut d’autres circonstances, tendant vers la même direction, qui, connues qu’elles étaient de tout homme nn peu instruit, entraînèrent des effets plus immédiats, quoique peut-être moins durables. Indiquer les détails de ces événements et faire ressortir le rapport qui les lie, telle sera notre lâche dans une partie des volumes suivants ; quant à présent, je ne puis donner qu’un aperçu de leurs traits principaux. De ce nombre, les plus remarquables furent : la grande controverse arienne, qui, témérairement soulevée par Whislon, Clarke et Waterland, sema le doute dans presque toutes les classes (I); la controverse bangorienne, qui, touchant à des questions de discipline ecclésiastique, vierges jusqu’ici de tout examen, entraînèrent des discussions dangereuses pour le pouvoir de l’Église (2) ; le grand ouvrage de Blackburne sur la confes-
devrait être le seul régulateur des actions de l'homme, voyez une lettre remarquable, mai* pleine de tristesse, écrite en 1812, dans la Life of Wilher force 9 t. IV, pag 28. Voyez également le discours de lord Eldon en 1838 dans Twiss, Life of Bidon, t. Il, pag. 203.
(1) Par un curieux passage dans Hutton, Life of Himself, pag. 27, non* apprenti, > qu’en 17.19 le scepticisme des antitrinitaires avait pénétré jusqu’au sein des classes commerçantes de Nottingham. Cornparez.au sujet de l’étendue de cette hérésie, Nichol , Lit. Anec., t. VIII, pag. 375; Priestley, Memoirs, 1. 1, pag. 25,26,53; Doddrulge, Correupontf. and Diary , t. II, pag. 477, note. A l'égard de Petrce, qui y prit une part activée! qui* Whislon se glorifie d'avoir corrompu, consultez Whislon, Memoirs, pag. 143, 144. Sharp, qui était arehcvéqoe d'York quand la controverse commença, en prévit les dangereuses conséquences. Life of SJiarp, édité par Newcome, t. Il, pag. 7,8, 135, 136. Voyez, en outre, Maclainc,note,llosheim,&*/e«i’a«{. Hist., t. Il, pag. 293. 294; Lalhhury, Hist, of Convocation, pag. 338, 342, 351, et une note dans Butler, Hem tri iscences, t. r, pag. 2(16, 207.
(2) M. Butler iMern. of the CaUtolics » t. 111, pag. 182-184, 347-350) traite avec un plaisir
fOi HISTOIRE
sion qui, eu un instuul, créa presque un schisme dans la religion de l'État même (1); la fameuse discussion sur les miracles eutie Middletou, Church et Dodwcel, puis continuée, sur des bases encore plus larges, par Hume, Campbell et Douglas (2); l'énumération des grossières absurdités des Pères de l'Église, que poursuivirent Cave, Middletonel Jorlin, après Daillé et Barbeyrac, qui avaient frayé le chemin ; les principes importants et irréfulés que Gibbon posa dans ses xV et xvi" chapitres ; la force nouvelle que vinrent
évident de l'affaiblissement Que celte fameuse controverse causa à l'Église anglicane. Compare» Bogue et Bennett, Uist. of the Diss enter», 1 . 111, pag. 135-141. Whislon {Mémoire, pag. 244) dit : « And, indeed, this Bmgorian controversj seemed fora gréai while toengross lhe attention of tlio public, i Voy«s d'autres détails à eu sujol dans Lalhbury, Met. of Convocation, pag. 372-383; Nicbol, Lit. Anee., I. I, pag. 152; l. IX, 433, 434,516; idem, Illustrations, 1. 1, pag. 840 ; Bishop étalon’ s Life of Himself , pag. 177, 178.
(1) The Confttsional , attaque vigoureuse coutre la souscription aux articles de foi , fut publié en 1766, et, suivaul un contemporain, « it excited a general spirit of inquiry. « Cappe, Memoirs, pag. 147, 148. Il en résulta que. en 1772, Blackburno et d’autres membres du clergé anglican formèrent une société dans le but avoué d’abolir toute souscription aux articles de foi. Nichol, Lit. Ante., t. 1, pag. 570; Illustrations, t. VI, pag. 854. Une pétition contre les articles fut rédigée sur-le-champ et signée par deux cents membres du clergé (Adolphus.U’eo/’pe ///, t. I, pag. 306 ‘et présentée à la chambre des communes. Dans le débat fort animé qui s’ensuivit, sir William Mcredilh dit que • the Thirty nine articles of the Church of England were framed when the spirit of fr*e inqniry, when liberal and enlargtd notions were yct in their ïnfancy. ■ Pari. Uist., t. XVII, pag. 246. Il ajouta pag. 247 : • Several of tbe article» are asolulely unintclligible, and , indeed, conlradictory and absurd. » — Lord George Germain dit : « ln my appréhension , tome of tbe articles are incompréhensible, and some self-contradictory. » Pag. 266. — M. Sawbridgc déclara que les articles étaient « strickiogly absurd, » M. Salter, qu’ils étaient « too absurd to be defended, » et M. Danning, qu'ils étaient « pa'.pably ridiculous. » Pag. 294. A l’égard de celte tentative de reforme, consultez Disney, Life ofJebb, pag. 31, 36; Mcadlcy, Mcm. of Paley , pag. 88-94; Hodgson, Life of Portent, pag. 38-40; Mcm. of Priestley , t. Il, pag. 582, et une observation caractéristique dans Palmer, Treatise on lhe Church, t. I, pag. 270, 271.
(2) Hume dit qu’a son retour d’Italie, eu 1749, il trouva « ail England in a ferment on account of D' Middleton’s Free Inquiry. » Hume, Life of Himself, Works, 1 . 1, pag. nj. Voyez également, au sujet de l’agitation causée par celte attaque savante, Nicbol, Illustrât, of the Eighteenlh Century, t. II, pag. 176, qu’il faudrait rapprocher de Doddridgo, Correspond., t. IV, pag. 536, 537. Sur la « miraculous controversy » en général, voyez Porteus, Life of Secker, 1797, pag. 38; Phillimore, Mem. of Lyttletun, t. 1, pag. 161 ; Nicbol, Ut. Anee., I. Il, prfg. 440, 527; 1. 111, pag. 535, 750; t. V, pag. 417, 418, 600; Hall, Lelters, t. I, pag. 109; Warburloo, Lelterslo llurd, pag. 49,50.
DE LA CIVILISATION EN ANGLETERRE. lO.‘i
ajouter à ces chapitres les faibles attaques de Davis, Chelsum, Whitaker et Watson (1); enfin, pour ne rien dire des questions inférieures, le siècle se ferma au milieu de la confusion que causait la controverse décisive engagée entre Person et Travis : ce débat, portant sur le texte des livres saints, attira l’attention de tout le public (2), et fut immédiatement accompagné des découvertes des géologistes, qui vinrent non seulement ébranler la véracité de la cosmogonie mosaïque, mais encore démontrer que, de toute nécessité, elle était inexacte (3). Ces coups, se succédant avec rapidité
(!) Deux générations d'adversaires ardents et peu scrupuleux ont scruté avec les yeux de la jalousie Gibbon, Décliné and Fntl , et je ne fais qu'exprimer l'opinion générale des juges compétents quand je dis que chaque examen successif l'a fait briller d’un nouveau lustre. Contre ses fameux chapitres xv et xn on a épuisé toutes les ressources imaginables delà controverse. Qu’en est-il résulté? Simplement ceci : la gloire de l’écrivain n’a rien pordu de ses rayons et les attaques de sos ennemis sont tombées dans le plus complet oubli. L’œuvre do Gibbon reste; qui donc éprouve le moindre intérêt pour les pamphlets qu'on a lancés contre lui?
fë) Relativement i l’ciïetqne produisirent ces lettres incomparables de Porson, consulter. Harford, Life of Rishop Burgcsn t pag. 374. Quant à l’agitation Ijui avait été soulevé* antérieurement 6ur celte question en Angleterre, voyex Cafamy, Qum Life, t. Il, pag. 44:', 943; Monk, Life of Bentley , t. Il, pag. 16-19, 146, 286-Î89 ; Butler, Reminitcence* , t. Lpaii. 211 ; Somers, Tracté, t. XII, pag. 137; t. XlII,pag. 458.
(3) Le caractère sceptique de la géologie se révéla d’abord nettement pendant les trente dernières années du nui* siècle. Auparavant les géologistes avaient pour la plupart fait cause commune avec les théologiens; mais la hardiesse croissante de l’opinion publique leur permit alors de se livrer à des recherches indépendantes, sans s’occuper des doctrines admises jusqu’à ce jour. Sous ce point de vue, les recherches d’IIutlon amenèrent de grands résultats; Hutton , dont l'ouvrage , dit Charles Lyell, renferme la première tentative < to explain lhe former changes ofthe earth’s trust by référencé exclusive!? to natural agents. » Lyell , Principes of Geology , pag. 50. Établir cette méthode c’était , par le fait, rompre l'alliance avec les théologiens ; mais nous en découvrons le symptôme à une époque plu* recalée, en !773,c'est à dire quinze ans avant la publication de l'ouvrage de Hutton. Voyez une lettre dans Watson, Life of llimtelf, t. I, pag. 409, où l’on établit que > the free thuikers » attaquaient « Mo saie accounts of lhe world's âge, ospcrially since the publication of M. Brydone, Travclê ihroxujh Sicily ami Malin. » D’après Lowndes ( Bihliogrnpher *$ JHanual, 1. 1, pag. 279), le livre de Brydone fut publié eu 1773, et en 1784 sir William Jones note la tendance de ces recherches. Voyez son DUcourse on the <',od* of Greece, Italy and India , où il observe < Work* , t. 1, pag. 933) avec regret qu’il. vit ■ in an ago when some intelligent and virtuons persons are iuclined to doubt the aulhcnticity of the accounts delivered by Moses concerning the primitive world. • Depuis lors les progrès de la géologie
HISTOIHF.
et comme |>ar euclianteinenl , firent vaciller la foi de l'homme, troublèreut son extrême crédulité, et produisirent sur l’esprit public un ell'et que ceux-là seuls peuvent apprécier qui ont étudié l'histoire du temps aux sources mêmes : efl’et, disons le, incompréhensible, même dans sa portée générale, si nous ne prcnous pas en considération quelques autres circouslauces qui se relient intimement au grand progrès.
Sur ces entrefaites, un immense changement avait commencé de sourdre nou seulement parmi les esprits spéculatifs, mais aussi parmi le peuple lui-même. Le scepticisme croissant fut un aiguillon à leur curiosité, et la diflusion de l'éducation fournit les moyens d’y satisfaire. De là, l’un des principaux traits caractéristiques du dix-huitième siècle, trait qui le distingue éminemment de tous ceux qui le précédèrent, fut cette soif de connaissances chez les classes privées jusqu’ici de lumière ; ce grand siècle vit pour la première fois se fonder des écoles destinées aux basses classes, le seul jour de la semaine où elles peuvent s’y rendre (1), et des journaux paraître le seul jour qu’elles eussent
ont été m rapides, que tous le» homme» éclairé», même parmi le clergé, s'accordent sur la non-valeur historique des écrits de Moïse. Je u'ai besoin que de reuvoyer le lecteur à ce que disent à ce sujet deux des membres les plus éminents du clergé, le docteur Arnold et M. Baden l’oweli. Voyez les observations d’Aroold dan» Newman, Phase* of puilh , pag Ut (comparez pag. 122, 123/, et les remarques eocore plus décisives dans Powcll, 6mrum« on Ch rialianity wilhuut Jmüiism , IboG, pag. 38, 39. On trouvera d'autres exemple» dans Lyeli, .S econtl Viail lu the United Staied, 18*9, 1. 1, pag. 219, 220.
(1) Oq suppose généralement que c'est Kaikes qui ouvrit la première école du dimanche eu 1781 ; cependant , quoique, ce semble, il ail été l'uu des premiers à les organiser sur un pied convenable, il u'y a pas de doute qu'elles furent établies par Linscy eu 1765 ou immédiatement apres. Voyez (Jappe, ,t/ewoir*, pag. 118,122; liarlord, Li feu f Purge**, pag. 92; Nichol, Lit. Anec., l. 111, pag. 430, 431; t. IX, pag. 540; Chalmers, L'ioj. Dict., t. XXV, pag. 485; Journal u f StaliM. Soc., t. X, pag. 196; 1. 111, pag. 265; Hodgson, Lifeo / forleu*, pag. 92. Il est dit daus Spencer, .soc »«/ Statics, pag. 343, que le clergé anglican était, en tant que classe, contraire 2 l'établissement des écoles du dimanche (consultez Wataon,
le temps de les lire (1). Ce fut alors que, pour la première fois dans notre pays, les cabinets de lecture déversèrent partout les richesses de leurs rayons (2), et que l’imprimerie, au lieu de rester presque l'apanage de Londres, s'établit généralement dans les villes de province (3). Ce fut encore au dix-huitième siècle que l’on fil le premier effort suivi pour
Observation* on Soulhey's Wesley, pag. 149). (Juoi qu’il en soit, elles s'accrurent rapidement, et à la fin dn siècle on en trouvait partout. Voyez Nicliol, Lit. Anec., t. Vt pag. 678,679; idem. Illustration», 1 . 1, hag. 460; Life o f Wilberforce, t. I, pag. 180; l. Il, pag. 996; Wesley, Journal», p.tg. 806, 897.
(1) M. Hunl (llisl of flïew spapers, t. ), pag. 273 j ne fait pas remonter la création des journaux dn dimanche au delà de 1785, en s'appuyant sur une notice de Crabhe; mais en 1799 lord Belgravc dit à la chambre des communes qu'ils parureot pour la première fois « about tho year 1780. » Part. Hisl., t. XXXIV, pag. 1006. En 4799, Wilberforce chercha à faire rendre une loi pour les supprimer. Life of Wilberforce , t. 11, pag. 338, 424.
(2) A l'époque où Franklin vint à Londres <4725), il n'existait pas une seule • circulait riglibrary • dans la capitale. Voyez Franklyn, Life of Hirmelf t. I, pag. 64. Et en 4G97 « lhe only library whieh approached the nature of a public tibrary, was tbat of Sion College, beiooging lo the London clergy. • Ellis, Letters of Literary .4/en, pag. 245. — Je n’ai pu encore vérifier la date exacte de l'établissement dn premier cabinet de lecture: mais, suivant Southey ( The Doctor, édit. Warler, 4848, pag. 274), ce fut Samuel Faucourt qui ouvrit le premier cabinet à Londres vers le milieu du xvni* siècle. Uutton {Life of Himself, pag. 279) dit : • I was the first who opened a rirculating library in Birmingham, in 4731. » Le nombre s'en accrut si vite, que quelques gens avisés proposèrent de leur imposer une taxe « by a license, at the rate of 2 shill. 6 den. per 400 volumes per annom. » Sinclair, Hisl. of lhe Revenue, 1. III, pag. 268.
(3) En 4746, tient, le fameux imprimeur, écrivit sa biographie. Dans ce curieux ouvrage, il établit qu'en 4714 il y avait « fow prinlers in England, except London, at lhat time ; noue thon, I am sure, at Chesler, Liverpool , Whilehaven, Preston, Manchester, Kendal, and Leeds, as for the most part now abonnd.* Life of Thomas Gent, pag. 20, 24. Comparez la liste des imprimeries de province, en 1724, publiée dans Nichol, Ut Anec., t. I, pag. 289. Comment remédia-l-on à cet état de choses? Voilà une question fort importante que doit éclaircir l'historien; mais dans celle note je no pois que donner quelques exemples de la situation des divers districts : la première imprimerie à Rochesler fut montée par Fisher, qui mourut en 1686 (Nichol, Lit. Anec., t. II), pag. 675); à Whitbycn 11T[) [lit astral ions, t. III, pag. 787), et Richard Greene, qai mourut en 1793, « wat the first who bronghl a prinling-press to Lichficld » ( ibid ., t. VI, pag. 320). Sous lo règne d'Anne, Birmingham ne possédait pas un seul libraire (Southey, Commonplace Hook , 4'* série, 4849, pag. 68) ; mais en 47)9 nous y tronvoos nu imprimeur (Unll, Isllers. Loud., 4778, t. 1, pag. 92); enfin, en 4774, à Falkirk même on comptait un imprimeur {Pari. Hisl., t. XVII, pag. 1099). Dans d'autres parties le mouvement fut beaucoup plus lent; ainsi on nous apprend que, vers 4780, • tliere was scarcely a bookseller in Corn wat l. • Life of Samuel Dre ta, by his Son, 1834, pag. 40, 44.
populariser les sciences et faciliter l’acquisition de leurs principes généraux, au moyen de traités écrits dans un style simple et dégagé de toute expression technique (i), tandis qu’en même temps la production des encyclopédies permit d’en réunir les résultats et de les ranger sous une forme plus accessible que celles qu’on avait employées jusqu’alors (2). C’est alors également que parurent les premières revues littéraires cl périodiques, au moyen desquelles beaucoup de gens pratiques acquirent quelquesconnaissances, mesquines, il est vrai, mais enfin de tous points supérieures à leur ancienne ignorance (3). Des sociétés se formèrent partout dans le but
(i) Desagulier» et Hill furent les deux premiers écrivains qui entreprirent de populariser les sciences physiques. Au commencement du règne de George 1*', Desaguliers fut • Ibe flrst vrho read lectures in London oo experimental philosopher. » Soulhey, Commonplaee Uook , 3* série, 1850, pag. 77. Voyez également Penny, Cyclopœdia, t. VIII, pag. 430. Au sujet de ses oovrage* élémentaires, consultez Nirhol, Lit. Ann., t. VI, pag. 81. Quant à Htll, c’e.al lui, dit-on, qui donna l’exemple des publications populaires des ouvrages scientifiques en livraisons, plan si bien approprié à ce siècle ardent dans ses recherches que, si nous en croyons Horace Walpo’e, il • carned fifleen guineas a week. » Lctter to Henry Zouch , 3 janvier 1761, Walpole, Istlers, t. IV, pag. 117, édit. 1710. — Dans la dernière moitié du xvm* siècle, les livres traitant des sciences naturelles furent de plus en plus demandés (voyez, entre autres exemples qu’on pourrait citer, une note dans Pulteney, HUt. of Hotany, t. Il, pag. 180), et, dans les premiers jours dn régne de George III, Priestley commerça à écrire des traités populaires snr la physique {Mémoire of Priestley, t. 1, pag. 288, 289). Goldsmilh lit quelque chose d’i peu prés semblable (Prior, Life of Goldsmith, l. 1, pag. 414, 460; l. Il, pag. (98). Pennanl, dont le premier ouvrage parut en 1766, fut « ibe lirst who trealcd the natural history of Rrilain in a popular and mterestmg style. • Swainson, On the Stiuiy of Xalural History, pag 50. Sous le régno de George II, les éditeurs commencèrent à encourager le» ouvrages élémentaires sur la chimie. Nichol, Lit. Anec., t. IX, pag. 763.
(î) En 1704, 1708 et 1710, Harris publia son Dictionary of Arts und Sciences. Coti de li, suivant Nichol (Lit. Anec., t. IX, pag. 770,771), que sont venus • ail the olher diclionaries and cyclnpœdias lhat hâve since appeared. » Consultez t. V, pag. 650, et Bogue et Bennett, Hist. of the Dissenters, t. IV, pag. 500.
(3) A la fin du xvm* siècle, on tenta pour la première fois en Anglelerre d’établir des journaux littéraires. Hallam, Lit. of Europe, t III, pag. 539, et Dibdm, Itihliomania, 1842, pag. 16. Mais les revues, — telles que nous les entendons aujourd'hui, c’est à dire un recueil d’articles de critiqne, — restèrent inconnues jusqu'à l’avénement de George II ; mais, vers le milieu de sou règne, leur nombre commença à s’accroître. Comparez Wright, England u nder the Hou se of Hanover , 1848, t. I, pag. 304, avec Nichol, Lit. Anec., t, 111,
d’acheter des livres (1); et avant la fin du siècle, nous voyons les hommes de science créer des clubs au sein des classes ouvrières (2). Sur tous les points, se révèlent la même ardeur, la même curiosité. Au milieu du dix-huitième siècle, parmi les commerçants, des sociétés s’établissent où l’on tient des conférences (3) ; une innovation encore plus hardie les suit de près: car, en I7G9, a lieu le premier meeting qui se soit jamais réuni en Angleterre, le premier dans lequel on chercha ù éclairer les Anglais sur leurs droits politiques (i). Vers la même époque, le peuple se met à étudier la procédure de nos tribunaux qui lui est transmise par l’intermédiaire de la presse quotidienne (3). Peu de temps auparavant, les journaux politiques ont été créés (G), et entre
pag. 507, 506. A nne époque plus reculée, ainsi que le dit Monk, les pamphlets tenaient lieu de revues. Monk, Life of Bentley, t. I, pag. 112.
(1) Gest ce que nous voyons dans les ouvrages suivants où l’on cite nombre de clubs de librairie et de sociétés de librairie : Doddridge, Correspond. 11, pag 57, 149; Jesse, Life of Selttyn, t. II, pag. 2?; Nichol, Illustration s of the Eigkteenth Century, t. V, pag. 181, 824, 825 : Wakelield, Life of Minuelf, 1. 1, pag. 528. Manoir* of Sir J. E. Smith, t. I, pag. 8; Life of Roscoe, by hi* Son, 1. 1, pag. 228. Quoique, dans co dernier cas, il s’agit peut-être d’un cabinet de lecture.
(2) • Numcrous associations or clubs, coraposed principally of reading mon of the lover ranks. * Life of Dr Currie, by hi * Son, 1. 1, pag. 175.
(3) La pins remarquable de ces sociétés était celle qu'on appelait The Roàin-Hootl Society ; à re sujet le lecteur ferait bien de sc reporter à Campbell, Lias of the Chancellors, t. VI, pag. 373; Grosley, London , t. 1, pag. 130; Pari. Hist., t. XVII, pag. 301; Soothey, Commonplacc Rook, 4* série, pag. 339; Forsler, Lifeof GoUlsmith, 1. 1, pag. 310: Prior, Lifeof (loUlsmith, 1. 1, pag. 419, 420; idem, Life of Burke, pag. 75: Nichol, Lil. Anec., t. III, pag. 154.
( 4 ) « From the sommer of 1769 is to be dated tho lirst establishment of public meetings
in Kngland. • Albcmarle, Mem. of Buckingham, t. Il, pag. 93. « Public meetings
througb vhich the people mighl déclaré tbeir ncvly-acquired consciousness of pover
cannot be distinct ly traced higher than the year 1769; but they vcrc now (t. e. in 1770) of daily occurrence. • Cooke, l/ist. of Party, t. III, pag. 187. Consultez également Hallam, Const. Hist., t. Il, pag. 420.
(5) Ce fut vers la lin dn régne de George II que les journaux rendirent compte des jugements les plos intéressants. Campbell, Chancrllors, t. V, pag. 52; t. VI, pag. 54.
(6) En 1696, les seuls journaux qai parussent étaient hebdomadaires ; ce fat sous le règne d’Anne qn’on publia le premier journal quotidien. Comparez Simmund, Essay on Xev's-
ceux-ci et les deux chambres du parlement une lutte s'est engagée sur le droit de reproduire les débats: enfin la presse triomphe complètement, malgré l’appui que la couronue a donné aux deux chambres : pour la première fois, le peuple est à même de surveiller la marche des séances de la législature nationale et d’acquérir ainsi une teinture des aflaires de la nation (1). A peine ce triomphe est-il accompli, que la
papers, Journal of Staline. Society , t. IV, pag. 113, avec Muni, llisi. of Xewspaptr», 1 . 1, pag. 1G7, 175; t. H, pag. 90, cl Ntchol, Lit. Anec., t. IV, pag. 80. — En 1710, au lieu de se eooleuter d'indiquer purement les couve Iles, comme ou l'avait fait jusqu’à ce jour, les journaux commencèrent à prendre pari à * the discussion of political lopins* (Hallam, Const. Hisl., t. Il, pag. 443 1 , et, commit quelques années auparavant l'introduction des pamphlet* politiques à bon marché avait précédé celte information ( voyez un curieux passage dans Wilson, Life of I)e Poe, t. Il, pag. 29), il devint évident qu’il se préparait on grand moulinent qui allait aider à la diffusion des sujets politiques. Viugl ans après la mort d'Anne, la révolution était complète, et, pour la première fois dans l'histoire du monde, la presse devint l’interprète de l'opinion publique. La première fuis qu’on ail parlé de ce nouveau pouvoir au parlement, ainsi qn’il résulte de mes recherches, c’est en 1738, dans un discours prononcé par Danvers ; re discours mérite d’être cité, parce qu’il marque uno époque et qu’il raraelérise bien la classe importune à laquelle appartenait l'orateur : * But 1 beliere,* dit ce membre distingué, « lh« people of Great Brilain are goveroed bjr a power tbat uever «as hoard of, as a suprême aulhority, in an y âge or counlry before. This pover, sir, docs nol roosisl in the aüsolule wi II ol tbe prince, iu tbe direction of parliamcnl, in tbe strength of an array, in tbe influence of tbe clergy ; neilber, sir, is il a pelticoat governmenl : but, sir, il is lhe government of the press. Tbe stufT which our «eekly nevspapers are filled with, is received «ilh greater retcrence lhan actsof parliamcnl , and the sentiments ofone of tbese scriüblcrs bave more weighl vrilh the multitude thau lhe opinion of tbe best politieian in the kingdom. • Pari. Hisl., I. X, pag. 448.
(1) Celte grande lutte su termina en 1771 et en 1772, où comme le dit lord Campbell, « tbe right of pnblisbiug parliamentary debate* «a» substantially eslablishud. * Campbell, C/iancrllors, t. Y, pag. 511; t. Yl, pag. 90. Oa trouvera d’autres détails sur cette importante victoire dans Cookos, Hisl. of Party, t. 111, pag. 179 184; Almon, CoresjMtnd.of W'ilkes, 18J5, t. V, pag. 63 ; Stephen, JUem. of Tookc, 1. 1, pag. 329-351 ; Mahon, Hisl. o/ Englamt , t. V, pag. 290. Et, au sujet des rapports qui la rattachent à Junius, bcllern , voyes Forster, Life of Goldsmilh , t. Il, pag. 183, 184. — George 111, toujours conséquent et ne voyant jamais juste, s’opposa de toutes ses forces à celle extension des droits populaires. Eu 1771, il écrivit i lord Norlh : • Uis highly necessary tbat Ibis slrange and lawluss melhod of publishing debales in the papers sbould bu pal a stop to. But is not tbe House of lords tbe best court lo briug sucb miscreauU before; as il can line, as «ell as iiuprison, and bas broader sboulders to support tbe odiurn of so salulary a measuret • App. to iluhon, t. V, pag. xlviu, et note dans Walpolc, George III , t. IV, pag. 280, où les mots « in the papers » vont omis. Mais je transcris la lettre telle qne nous la donne lord Mahon. Sur tout le reste
DE LA CIVILISATION EN ANGLETERRE. iil
promulgation de la grande doctrine de la représentation individuelle (1) vient piquer l’ardeur populaire d’un nouvel aiguillon, doctrine devant laquelle tout cédera unjoureldout on peut découvrir le germe dans les dernières années du dix-septième siècle, à l’époque où la véritable idée de l’indépendance individuelle commence à prendre racine et à ileurir (2). Enfin, il était réservé au dix-huitième siècle de donner le premier exemple d’appeler le peuple à décider des questions solennelles de religion, sur lesquelles on ne l’avait jamais consulté jusqu’à ce jour, quoique l'on reconnaisse aujourd'hui que c’est à son intelligence croissante que ces questions, disons même tous sujets possibles, doivent cire soumis en dernier ressort. (3).
le» deux versions sonl les ruâmes, de sorte que nous savons uiainleuaiil l'idée que George 111 s était faite de ce qui constituait un mécréant.
(I) Lord John Russell, dans son ouvrage sur The /lialoi'y of the EnglUh Constitution, dit : *\y Jebb,andafler him JH. Cartwrighl, broached the theory of Personal représentation;* mais c'est une erreur, co semble, puisque l'on prétend que c'est Cartwrighl qui exposa le premier cette théorie eu 1776. Compares Russell, On the Constitution, 1821, pag. 210,241, avec Life and Corretp. of Cartwrighl, 1826, 1. 1, pag. 91, 91 Une lettre dans la Life o / lr Currie, 1. 11, pag. 307-314, témoigne de l'iotérét que los hommes modérés et pratiques eiu-mémes commençaient à ressentir pour celte doctrine avant la fin du siècle.
(i) Ici j’ai i présenter une remarque philologique assez iutéressante, à savoir qu'on a toute raison de cioire que le « word « Independence, » in ils modem acceptation, • ne se trouve pas dans notre langue avant le commencement du xvui* siècle. Voyex Hare, (lues*?» al Truth , 2* série, 1848, pag. 262. Un changement semblable, quoiqu'il eût lieu beaucoup plus tard, survint en France. Voyez les observations sur le mol individualisme dans Tocqueville, Démoci'atic en Amérique, l. IV, pag. 156, et dans uu ouvrage plus récent du même auteur, T Ancien régime. Paris, 1856, pag. 148, 149.
(3) L’archevêque Whalelyt Dangers lu Christian Fa illt, pag. 76, 77) dit: «Neitherlhe attacks on our religion, nor lhe e\ idences in ils support, were to any gréai estent, brought fors a ni in a poputar form, till near the close of the lasl ceulnry. Un bolh sidos, the learned (or those who professed lo be such) seem to hâve agreed in this, — thaï the mass of the peopie were to acquiesce in the décision of their superiors, and neilher shonld, nor could, exercise their own minds on the question. » Voilà qui est parfaitement exposé et très vrai , II faut comparer ce passage à Wakelield, Life of Himself, t. Il, pag. 2! ; Nichol, Lit. Anec. of lhe Eighlcenth Century, t. VIII, pag. 144, et Hodgson, Life of Pishoft Portent, pag. 73 , 74, 192, 195, 196. Se reporter également à un discours prononcé par Maosûeld •n 1781 (Pari. Hist., t. XXII, pag. 265 ), à l'époque où l'on tenta de renrorser la Theoltx/ical
HISTOIHE
En connexité avec ce mouvement multiple, une transformation réciproque s’opérait dans la forme de notre littérature. La méthode ardue et pédantesque que nos grands écrivains avaient depuis longtemps accoutumé d’employer, était mal appropriée^ une génération impétueuse et curieuse, ayant soif de connaissances, et par conséquent impatienie des obscurités qu’on laissait passer autrefois sans y prendre garde. Aussi, dans les premières années du dix-huitième siècle, le langage puissant, mais lourd dans sa majesté, les périodes longues et se déroulant comme des draperies, si chers à nos anciens auteurs, furent tout à coup écartées, malgré leurs beautés, pour être remplacés par un style beaucoup plus coulant et plus simple, qui, se comprenant plus vite, fut mieux approprié aux exigences du siècle (1).
Socirly. Toul ce débat mérite d’être In, non pas à caos* «in mérite des discours qne paire qn'il témoigne de l'esprit dominant.
(I) Ooleridge (Lit. Hemains , t ï, pag. 230 et suivantes) a fait quelques remarques intéressantes sur le» vicissitudes du style anglais, et il ohservn avec justesse, pag. 238, qne « after Lhe Révolution, lhe spirit of the nation hccamemurb more commercial than il had been before; a learned body, or derisy, as snch, gradually disappeared; and literature in general began to be addressed to the commun, miscellaneous public. » Il termine en déplorant ce changement; mais, sur ce point, je no suis point d’accord avec lui. Consultes également The Frinul, t. I, pag 19, oit il compare le style moderne avec « lhe stately marrh and difllcolt évolutions* des grands écrivains du \vu* siècle. Consultez sur ce changement la préface de Nader Shah, Works o f Sir W. Joncs, t. V, pag. 544. Voyez également dans Harfoni, Life of Burgess, pag. 40, il, une curieuse lettre de Monboddo, le dernier de dos vraiment grands pédants, gpignant sur les traits caractéristiques do la composition moderne; il la traite dédaigneusement de * short eut of a style,* et désire revenir • to the true ancienl ta s te * avec force • parenthèses! » — La vérité est que ce mouvement constitua simplement une partie de la tendance du progrès A rapprocher les différentes classes de la société, tendance qui s* révéla pour la première fois au zvin* siècle et qui influa non seulement sur le style des auteurs, mais encore sur leurs habitudes sociales. Hume fait observer que, dans le « last âge, * les savants se séparaient trop du monde, mais qne de son temps ils devenaient plus • conversihle. * Essaya V, Humc's Philosophical Works, i. IV, pag. 539, 540. On remarque aussi dans un curieux passage de VAlciphron, dial. I (Berkeley, Works, 1 . 1, pag. 312 ) que les « philosopher» » de venaient des hommes du monde. A l'égard du mélange général de la société, voyez une lettre de la comtesse de Bute en 1753 ( Works o/ Lady A/rtry Jttontagn , édit. 1803, t. IV, pag. 194, 4%. Quant à l’influence d'Addison , qui fraya le chemin en créant le style simple, et partant démocratique, et qui a fait plus que
L’extension des connaissances étant ainsi accompagnée d’une simplicité parfaite dans la manière de les communiquer, les gens de lettres y gagnèrent naturellement une plus grande indépendance dans leurs allures et une plus grande hardiesse dans leurs recherches littéraires. Tant que les livres, soit en raison de la difficulté du style, soit de l’indifférence générale de la masse, ne trouvèrent qu’un petit nombre de lecteurs, évidemment les auteurs durent compter sur le patronage de corporations publiques ou d’individus riches ou titrés. Les hommes étant toujours portés à flatter ceux dont ils dépendent, ils arriva trop souvent que nos plus grands écrivains eux-mêmes prostituèrent leurs talents jusqu’à faire leur cour aux préjuges de leurs patrons. Aussi la littérature, loin de chasser les antiques superstitions et de soulever dans les esprits des aspirations vers de nouveaux champs de recherches, eut souvent l'air timide et servile, qui convenait à sa position subordonnée. Mais que les temps étaient changés! Ces dédicaces basses et honteuses (I) ; cet esprit plat et ram-
tout autre écrivain pour rendre la littérature populaire, comparez Aikin, Life uf Addison, t. II, pag. 65, avec Turner, lliat. of Bngland, l. Il, pag. 7. Par la suite, Johnson, Gibbon et Pau cherchèrent à amener une réaction qui, étant contraire à l'esprit du siècle, fut do courte dorée.
(4) Cette servilité était, la plupart du temps, bien payée, que dis-je 1 récompensée plus qu'elle ne valait. Dorant le xvi*, xvu* siècles et commencement du xvm*, on faisait invariablement cadeau d’une somme d’argent à l'auteur qui faisait une dédicace. Naturellement plus la flatterie était enflée, plus la somme était grosse. A l’égard des rapports qui s'établiront ainsi entre les auteurs et les nobles, et de l'ardeur arec laquelle des écrivains éminents eux-mêmes se tournaient vers leurs patrons pour eu obtenir des gratifications allant do 40 schell. à 100 liv. slerl., consultez Drakc, Shakespeare and his Times , 1817, in4*, l. II, pag. 225, Monk, Life of Bentley , t. 1, pag. 19t, 309; Whistou, Mémoire, pag. 203; Nicbol, Illustrations, t. U, pag. 709: Harris, Life of Hardwicke, 1 . 111, pag 35; Buubury, Life of Banmer, pag. 81. Cousullez une note dans Durloo, Diary, t. 1 1 1 , pag. 52. Quant à l'importance de Axer sou choix sur un personnage bien posé à qui l'on pût faire la dédicace, voyez Kl lis , Leilers of Lit. Men, pag. 231 234, et l'observatinn bien fondée dans Bishop Newton'» Life, pag. 14, ainsi que Hoghe, Lelters , édit. 1773, t. III, pag. xxxi, appendice. — Vers le milieu du xvm* siècle, on changea ce déplorable état des choses. Ainsi, par exemple, Watson,en 1769, se fit une régie < never to dédicacé to those from vhora
HiSTUIHK
pant; cet hommage incessant adresse au seul rang et à la seule naissance; cette confusion constante entre le pouvoir et le droit; celte aveugle admiration pour tout ce qui est ancien , et ce mépris encore plus aveugle pour tout ce qui est nouveau; tous ces traits disparurent peu à peu, et nos auteurs, avec leur peuple de patrons, se mirent à soutenir les prétentions et les droits de leur nouvel allié avec une hardiesse qu’ils n’eussent pas arborée dans les âges précédents (1).
De toutes ces causes découlèrent des conséquences d’une vaste importance. De celte simpliGcalion, de cette indépendance et de cette diffusion des lumières (2) il advint nécessairement que les grandes discussions auxquelles j'ai fait allusion furent plus généralement connues, au dix-huitième
I expectcd favours. • Watson, Life of Himtelf, t. 1, pag. 54. C’est ainsi que Warburton, en 1758, se glorifie de a* que sa dédicace • was not, as usoal, occupied by trilles or falsehoods. * Voyez sa lettre dans Chatara, Corresp. , t. 1, pag. 315. Presqu’à la mémo époque, le môme changement .s'effectuait en France, où d'Aiembert donna l’eiemple de déverser le ridicule sur la vieille coutume. Voyez Urougham, Al en of Lellert , t. Il , pag. WJ, AU); Correspond. de madame Dudefjarul , t. Il, pag. 148, et OEuvres de Voltaire, t. XI, pag. 41 ; t. LXI, pag. 285.
(1) Lorsque Le Blanc visita l'Angleterre au milieu du règne de George II, l’habitude où étaient les auteurs de compter sur le patronage de quelque personnage commençait A s'éteindre, et le système de publier par souscription était devenu général. Voyez ces détails intéressants dans Le Blanc, Lettre* d’un Français, t. 1, pag. 305*308. Quant à l’ancien état des choses, consultez t. Il, pag. 148*153. fiurke, qui arriva à Londres en 1780, observo avec surprise que « writers of lhe Orsl talents are lefl lo the capricious patronage of lhe public. Nolwithslaodiug découragement, literalure is cultivated to a high degree. » Celle indépendance croissante se révéle en 1702, où nous voyons pour la première fois ou ècrivain populaire attaquer les hommes publics en les nommant; jusque-là les auteurs se bornaient « lo lhe initiais only of the gréai mon whom tbey assailed. » Mahon, Hist. of Enyland , t. V, pag. 29. Une note du Dior y d’Holcrofl, on 1798 (J/em. of Holcroft, t. II I , pag. 28), nous donnera une nouvelle preuve de la discussion entre la littérature et la noblesse.
(2) En Angleterre, c'est durant la dernière moitié do xvm* siècle et particulièrement après 1756 qu’une augmentation importante a lieu dans le nombre des livres. Voyez quelqnes témoignages précieux dans le Journal of the Slntislieal Society , t. III, pag. 383, 384 . Je puis ajouter que, entre 1753 et 1792, la circulation des journaux fol plas que doublée.
nK LA CIVILISATION EN. ANGLETERRE.
siècle qu'il n’eût été possible dans tout autre siècle antérieur. On savait aujourd'hui que des questions théologiques et politiques s’agitaient sans cesse entre deux partis: d’un côté le génie et le savoir, de l’autre l’orthodoxie et la tradition. On apprit que les points de discussion ne portaient pas seulemenlsur la crédibilité que l’on pouvaitajouter à certains faits, mais aussi sur la vérité des principes généraux, se rapportant intimement aux intérêts et au bonheur de l'homme. Des controverses qui s'étaient bornées jusqu’ici à un cercle très restreint de la société, commencèrent à s’épandrc de tous côtés è la fois, amenant à leur suite des doutes qui servirent de matériaux à la pensée nationale. Le goût des investigations devint donc d'année en année plus actif et plus général ; le désir des réformes s’accrut sans cesse; qu’on eut laissé suivre aux choses leur cours naturel, et le dix-huitième siècle ne se fût pas passé sans avoir introduit des changements décisifs et salutaires dans l’Église et dans l’Étal. Malheureusement, dans la seconde moitié de ce siècle, des combinaisons politiques surgirent successivement qui dérangèrent la marchedes événementsel amenèrent, un beau jour, une crise si grosse de dangers, que, chez tout autre peuple, cette crise eût certainement abouti à la perte de la liberté ou au renversement du gouvernement. Cette réaction désastreuse, dont l’Angleterre ressent peut être encore les suites, on ne l’a jamais approfondie avec le soin qu’exige son importance: que dis-je ? On l’a si peu comprise, qu’il n’est pas un historien qui ait indiqué l’opposition entre cette réaction et le grand mouvement intellectuel dont je viens de donner un rapide aperçu. A ces causes, comme aussi pour parfaire plus complètement ce chapitre-ci, je me propose d’en examiner les époques les plus importantes et de faire ressortir,
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autant qu’il sera en mon pouvoir, les liens qui les rattachent mutuellement. D'après le plan de cette introduction, il faut nécessairement qu’une étude de celte nature soit faite en courant, puisqu’elle n’a d'autre objet que de donner une base aux principes généraux, sans lesquels l'histoire n'est qu’une collection d'observations empiriques, n’ayant aucun lien qui les rattache entre elles, partant, dénuées de toute importance. On ne doit pas non plus perdre de vue que les circonstances que nous allonsexaminer, n'étant pas sociales, mais politiques, nous sommes plus exposés à arriver à des conclusions erronées; en partie, parce que les matériaux qui servent à l’histoire d’une nation, sont beaucoup plus étendus, beaucoup plus indirects, que ne le sont ceux qui servent à l'histoire d'un gouvernement, et, en partie, parce que la conduite d’un petit nombre nombre d’hommes, tels que ministres cl rois, est toujours plus capricieuse, c’est à dire, moins régie par des lois connues que n’est la conduite de ces grands corps collectivement appelés société ou nation (I). Ces remarques préventives posées, nous allons tâcher d’indiquer quelle est, au simple point de vue politique, l’époque réactionnaire et rétrogressive de l'histoire d’Angleterre.
Nous devons estimer comme une très heureuse circonstance que, après Anne (2), le trône ait été occupé, pendant
(I) Le caprice et l'irrégularité apparents qu'on observe dans des nombres restreint! proviennent de perturbations résultant de l'opération de lois ruineuses et généralement inconnues. Dans les grands nombres, ces perturbation* ont une certaine tendance à se contre balancer l'une l'autre, et ce n'est qu'à cela que j'attribue l'unique fondement do résultats exacts qu’on obtient en établissant une moyenne. Si nous pouvions rapporter tous le* phénomènes aux lois qui les régissent, nous ne nous servirions jamais de moyenne. Il ta sans dire que le terme capricieux est, à strictement parler, inexact et nous doonc simplement la mesure de notre ignorance.
(?> Lord Cowper expose fort bien U réaction passagère qui eut lieu en politique août
près de cinquante ans, par deux princes d’extraction et d'habitudes étrangères, dont l’un massacrait notre langue(i), tandis que l’autre n'en savait pas un mot (2). En effet, les prédécesseurs immédiats de Georges 111 étaient d’une nature si indolente, ils connaissaient si peu la nation qu’ils étaient appelés à gouverner, que, malgré leurs dispositions absolutistes, il n’y eut point à redouter qu’ils formassent uue cabale pour élargir les limites de la prérogative royale (3). En leur qualité d’étrangers, leur sympathie pour l’Église anglicane ne fut jamais assez chaude pour les induire à aider le clergé dans son désir naturel de recouvrer son
Anne dans son Hist. of Parties , publiée comme appendice dans lord Campbell, Life of the Chancellors, t. IV, pag. 414, 412. Cet excellent ouvrage de lord Campbell, quoiqu’il ne soit pas des plus exacts en ce qui loucho aux époques antérieures, a surtout de la valeur pour Thistoiro du xvm* siècle.
(I) Consultez Réminiscences of the Courts of George I and George Il , by Horace Walpole , pag. lv, xciv, et Mahon, Hist. of Englaru/ , t. 1, pag. 400, 435. Ia* défaut de George II était sa mauvaise prononciation; mais George 1'* était même incapable de mal parler anglais, puisqu’il ne pouvait converser avec son ministre, sir Robert Walpole, qu’en latin. La cour de France vit avec grand plaisir cet état de choses, et , en décembre 4744, madame de Maintenon écrivait à la princesse des Ursins : « On dit que le nouveau rot d’Angleterre se dégoûte de ses sujets et que 6e$ sujets sont dégoûtés de lui. Dieu veuille remettre le tout en meilleur ordre! » (Juant A l’effet que cela produisit sur le langage de la cour d'Angleterre, consultez Le Blanc, Lettres d’un Français, t. I, pag. 459.
(i) En 4745, Leslie écrit en parlant de George 1*' : • He is a étranger to y ou, and altogetber ignorant of your language, your lavrs, cusloms, and constitution. » Somers, Tracts, t. Mil, pag. 703.
(3) Lord Hervey , Mémoire, récemment publiés, ont jeté un grand jour sur le caractère de George II; c’est un ouvrage intéressant qui confirme pleinement ce que nous avons appris i d’autres sources sur l’ignorance du roi eu fait de politique anglaise. Disons-le, ce prince ne se souciait que des soldats et des femmes ; sa pins haute ambition était de joindre ta réputalion de grand général à celle de roué triomphant. Outre le témoignage de lord Hervey, tous les auteurs compétents nous prouvent que ceux qui avaient péuétrè le carat* 1ère de George, et ses mioislres eux-mêmes, le méprisaient antaut qu’ils le haïssaient cl ue parlaient de lui qu'avec dédain. Consultez Marchmont, Papers, 1. 1, pag. 29, 181, 487. — A l’égard de l’abaissement de l’autorité royale, il importe d’observer que, depuis l’avéncmenl de George I*', il a été interdit 4 tons nos souverains d’assister aux délibérations du parlement. Consultez Banrrnfi, A merican Révolution, t. H, pag. 47, et Campbell, Chanoellors, t. III, pag. 49t.
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ancien pouvoir (1). En outre, les menées tracassières et déloyales d'un grand nombre de prélats, qui avaient déjà éteint l'affection du peuple, durent tendre également à détourner les bonnes grâces du souverain (2).
Ces circonstances, toutes futiles qu’on puisse les considérer par elles-mêmes, eurent en réalité une extrême importance : elles assurèrent à la nation la jouissance de cet esprit progressif de libre recherche qu'en cas de collusion entre la couronne et l’Église, on eût cherché à étouffer. Non que, dans l’état même des choses, quelques tentatives de ce genre ne se produisissent parfois; mais, relativement parlant, elles lurent rares; il leur manqua cette
(I) Voyez les remarques qu’on attribue à l’évêqus d’Atterbury dans Somers, Tracts, t. Mil , pag. 534, faisant ressortir l'affection que Anne témoignait à l’Église en face de la froideur de George I". Le pamphlet mérite «i’étre lu dans son entier (pag. 321-541 ). Noos y trouvons le curieux tableau d’un ecclésiastique rongeant son frein.
(2i Les mauvaises dispositions dont l Église anglicane en général était animée contre le gouvernement des deux premiers George se manifestaient an grand joor; elles furent assez opiniâtres pour qu’on les compte au nombre des principaux faits de l’histoire d’Angleterre. En 1722, l'évéque A Herbu ry fut arrêté; ou savait qu’il était engagé dans une conspiration avec le prétendant. Aussitôt l’Église offrit des prières publiques en sa fareur ; • L’uder the pretence, » dit lord Mahou, «underthe pretenre ofhis being afilictcd whit thegout,he was publicly prayed for in most of the churches of London and Westminster. » Mahon, HiH. of Englaniij t. Il, pag. 38. Consultez également Pari. l. VII, pag. 968, et t. VIII,
pag. 347. — A Oxford, où le clergé avait longtemps joui d'un grand ascendant, ses membres firent de si grands efforts pour propager leurs principes , que Pitt (le père), ne pouvant réprimer son indignation, dans un discoursau parlement, en 1754, dénonça cette université qui , dit-il, avait depuis plusieurs années • bren raisin g a succession of treason — thnre never vas such a seruinary î » Walpole, Mem. uf George // , 1 . 1, pag. 413. Comparez Dcdford, Correspondance, t. I, pag. 5%, 395, avec Harris, Life of Hardwicke , t. Il, pag. 383. A l’égard des dispositions générales dn clergé après Anne, consultez Pari. t. VII,
pag. 541 , 542; Bovrles, Lffe of Ken , t. II, pag. 188, 189; Monk, Life of tlenlley , t. I, pag. 370, 426. — Le résultat immédiat de ces conjonctures (ut des plus frappants. Le gouveruemeni et les non-conformistes, trouvant dans l’Église on ennemi commun, se rapprochèrent naturellement ; les non-conformistes osant de toute leur influence contre le pré Leudan!, tandis que le gouvernement les protégeait contre les persécutions du clergé. Voyez les témoignages se rapportant à cet état de choses dans Doddridgc, Correspond, and Dinry, t. 1, pag. 30; t. Il, pag. 321 ; l. III, pag. 110, 123; t. IV, pag. 428, 436, 437; Hulton, Life of Himself , pag. 159, 100; Pari. Hist., t. XXVIII, pag. Il, 393; t. XXIX, pag. 1434, 1463; Metnoirs of f y rieslley t t. Il, pag. 500; Life of Wakefiepl, t. I, pag. 220.
vigueur qui ne leur eût pas l'ait défaut, si les autorités temporelles et spirituelles avaient été intimement unies. A vrai dire, la tournure des affaires fut si favorable, que l’ancienne faction tory, assaillie par le peuple, délaissée par la couronne, ne put, pendant plus de quarante ans, prendre la moindre part au gouvernement (1). En même temps, ainsi que nous le verrons par la suite, la législation fit des progrès considérables, et le livre des statuts de cette époque est une preuve convaincante de rabaissement du puissant parti qui tint un jour les destinées de l'Angleterre entre ses mains.
Mais, h la mort de Georges II, la politique prit tout à coup une face nouvelle : la volonté du souverain vint derechef contrecarrer les intérêts du peuple; situation d’autant plus dangereuse, qu’aux yeux d’un observateur superficiel, l’avènement de Georges III était l’événement le plus heureux qui pût se présenter. Né en Angleterre, parlant l’anglais comme sa langue maternelle, le nouveau roi, disait on (2), regardait le Hanovre comme un pays étranger, dont les intérêts ne devaient venir qu’en dernier lieu (3). Et puis, les
(1) « The year 1762 forma an era in the history of lhe two factions, since il «ilnessed Un* destruction of thaï monopoly of bonours and émoluments which the Whig.* had held for forly five yearg. » Cooke, HUI. of Parly, t. Il, pag. 406. Consultez également Al ber marie, Menutirsof Rockinghnm, t. Il, pag .92. Lord Bolinghroke prévit nettement ce <|ni adviendrait par suilo de l’avéncment de George I*t. Aussitôt après la mort d’Anne, il écrivit à l’évèque de Rochester • « Bot lhe grief of my soûl is this, 1 see plainsly tliat the Tory part) itgone. » Macpberson, Original Paper », t. II, pag. 651.
(2; Gro*ley,qui vint en Angleterre cinq ans seulement après l’avènement de George III, parle de la sensation produite parmi les Anglais quand ils entendirent le roi prononcer leur langue « withoul aforcign accent.» Grosley, Tour ta London, t. Il, pag. 106. Chacun sait que, dans son premier discours, le roi so glorifia d’être Anglais : mais ce qui est peut-être généralement moins connu, c’est que l’honoeur en revenait au pays : • Wbât a lustre, » dit a chambre des lors dans son adresse au trône, « what a lustre does it cas! upon the naine of Britons, vrhen you, sir, are pleased to ftsteem it amoogst yonr glories! • Pari,
■ t, XV, pag. m.
(3) Pari. HUI., t. XXIX, pag. 955, Walpote, Mnn. of George IU, l. I, pag. 4, 110.
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espérances des Smart étaient aujourd'hui détruites (i) : le prétendant lui-même s’étiolait en Italie, où il mourut peu de temps après : quant à son fils, esclave des vices qui semblaient héréditaires dans cette famille, il passait ses jours dans l’abandon et dans une ignominieuse obscurité (2).
Eh bien , toutes ces circonstances, eu apparence si favorables, entraînèrent fatalement de désastreuses conséquences. Affranchi désormais de la crainte de se voir disputer le trône, le roi s’enhardit jusqu'à prendre une ligne de conduite, qu’eu tout autre état de cause il n'eût certes pas osé suivre (3). On fit renaître tout à coup ces doctrines monstrueuses du droit divin, que la révolution, on le croyait bonnement, avait détruites (4). Le clergé, abandonnant le
(1) La date do l'extinction du jacobinisme anglais est généralement fixée à l'avènement de George III. Consoliez Butler, Rcminiscenres, t. H, pag. 92. Lors de la première réception à la cour, on remarqua, dit Horace Walpole, que < the Earl of Lilchlield, sir Waller Bagot, and the principal Jacobite* vent to court. » Walpole, Mem. of George lll , L 1, pag. 1t. Trois années seulement auparavant les jarobites montraient beaucoup d'activitéainsi, en 1757, Higby écrit au duc.de Bedford : « Fox’s élection at Windsor is very doubtful. There is a Jacobite snbscriptioo of5,i<ÜUIiv. raised against bim, vithur James Dashvrotki's name at the head of it. • Bedford, Correspond., t. Il, pag. 261.
(St Charles Stuart était d'une si crasse ignorance qne, à l’dge de vingt-cinq ans, il pouvait à peine écrire et qu'il ne savait nullement l’orthographe. Mahon, llist. of Englawl, LUI, pag. 165, 166, et appendice, pag. ix. Après la mort de son père (1766), cet abject {iersonnage, qui se donnait le litre de roi d’Angleterre, se rendit a Rome od il s’adonna i la boisson. Idem, ihid., t. III, pag. 351 353. En 1779, Swinburno le vit i Florence; il avait l’habitude de se rendre ehaque soir à l’opéra dans un état d’ivresse complète. Swinbnrne, Courte of Eurtrpe, 1. 1, pag. 253-255. Et eu 1787, un an avant sa mort, il continuait toujours à crapuler de la même manière. Voyez une lettre de Naples écrite en 1787 ( mars ; dans Smith, Cwttspond., 1 . 1 , pag. 208. Une antre lettre, écrite dés 1761 (Granville, Pnpers, 1 . 1 , pag. 366 ), nous montra t the young Pretender always drunk. >
(3) A l’égard des rapports qui rattachent l'abaissement de !a cause des Stuarts à l'accroissement du pouvoir de la couronne sous George 111, comparez Thoughts an the Présent PiseontentK, Burke, Works, t. 1, pag. 127, 128, avec W al son, Life of Himself , t. |, pag. 136. Gosley, London, t. Il, pag. 232, nous montrera qu’on s'attendait à ce résultat.
(V) Campbell, CltanccUors , I. V, pag. 215 : « The divine indefeasible right of kings became the favourile thème — in total forgetfulness of ils incompatibilily wilh the parltamentary litle of the reignmg monarch. » Horace Walpole (Mem. of George III, 1. 1, |*ag. 16) dit qu’eu 1760 « preiogativr became a fashiooabte nord. »
parti désespéré du préteudant, montra pour la maison de Hanovre le même zèle qu’il avait autrefois déployé pour les Stuart. De toutes les chaires à la fois s’élancèrent les louanges du nouveau roi, de ses vertus privées, de sa piété, mais, par dessus tout, de son attachement filial h l’Église anglicane. Le résultat fut la fondation entre les deux partis d’une alliance plus étroite que toutes celles qu’on eût vues depuis le règne de Charles I" (I). Sous leurs auspices, la vieille faction tory, relevant bientôt la tête, chassa avant peu ses rivaux du pouvoir : mouvement réactionnaire auquel aida puissamment le caractère individuel de Georges III ; à la fois despote et superstitieux, il était également désireux d’étendre ses prérogatives et de raffermir l’Église. Tout sentiment libéral, tout ce qui approchait de la réforme, que dis-je? le simple mot de recherche, était une abomination, aux yeux de ce prince borné et ignare. Dénué de connaissances, degoùL,sansla moindre teinture des sciences, n’ayant aucun penchant pour les beaux-arts, cet esprit que la nature s’était plu à rétrécir au suprême degré, n'avait rien reçu de l’éducation qui vint en élargir le cercle (2). Il ne savait rien de l’histoire ni des ressources des pays étrangers,
(1) Le respect que George 111 montra toujours pour les cérémonies de l'Église forma en sol un contraste frappant avec l'indifférence de set prédécesseurs immédiat»; cette Iran*formation fut accueillie avec reconnaissance. Compare» Mahon, Miel. o f Engtand , t. V» pag. 54» 55, avec un extrait de l'archcvéque Secker, donné dans Bancrofl, American Hôvululion, 1. 1, pag. 440. Quant à l'admiration que les deux parti» ressemaient et exprimaient hautement l'nn pour l'autre, on en trouvera des témoignages dans uue adresse du clergé et de l’èvéquc de Saint- Asaph (Parr, Work*, t. Vil, pag. 352) ci dans une lettre du roi à Pitt (Kusscll, Memoriale of Fox , 1. 111, pag. 251 ), que l’on ferait bien de comparer avec Priestley, Mémoire , t. I, pag. 137, 138.
(2) L'éducation de George 111 avait été affreusement négligée; arrivé à l'âge viril, loin de chercher â suppléer 1 ce manque originel, il resta toute sa vie durant dans un état de pitoyable ignorance. Consultes Brougham, Staleemen, 1. 1, pag. 13-15; Walpole, Ucm.of George III , 1. 1, pag. 55 ; Mahon, llist. of Enyland, t. IV, pag. 54, 287.