‹ Histoire de la civilisation en Angleterre Henry Thomas BuckleChapitre 5 sur 14 · IV · texte numérisé non relu

IV

gements constants qui s'opèrent dans les lois de tous les pays, il n’v ait pas de profit à le faire. Mais, quant à ces mesures larges et fondamentales, où il s’agit de la destinée de tout un peuple, pareille anticipation est plus qu’inutile, elle est extrêmement funeste. Dans l'état actuel des lumières, la politique, loin d’être une science, est, de tous les arts, le plus arriéré : or, le législateur n’a devant lui qu’une seule voie sûre, considérer que tout l’art de sa profession consiste à appliquer des expédients passagers h des éventualités passagères (1). Son métier c’est de suivre le siècle cl nullement de chercher a le conduire. Qu’il se contente d’étudier ce qui se passe autour de lui ; qu’il modifie, scs plans, non d’après les idées qu’il a reçues de ses pères, mais d’après les exigences de son époque. Car, qu’il en soit bien assuré, les mouvements de la société sont aujourd’hui devenus si rapides, que les besoins d’une génération ne nous donnent pas la mesure des nécessités d’une autre, et les hommes que pousse l’instinct du progrès commencent à se fatiguer des sornettes qu’on leur répète sur la sagesse de leurs ancêtres, et repoussent de plus en plus les doctrines surannées et stupides qui leur en ont imposé jusqu’ici, mais auxquelles ils ferment à jamais la porte de leur esprit.

(il Sir C. Ltfii, tout en prisant trop haut dans son ouvrape plein de savante* recherche* le® ressources qne possèdent les politique», confesse pourtant qu’il* *ont rarement capables de prévoir la manière dont fonctionneront leurs mesure*. Levis, On thr Methodt ofObserration and ttrasoning in Polttief, 4852, pag. 360 361. Un écrivain tré* estimé, M.FIassan, dit (Histoire de la diplomatie , t. I, pap. 191 : « On doit être très indulgent sur le» erreurs de la politique, à cause de la facilité qu’il y a à ru commettre, erreurs auxquelles la sagesse même quelquefois entraîne. » La première partie de cette phrase est assez vraie, mais la vérité qu'elle contient ne devrait-elle point réprimer cotte disposition à intervenir dans la marche naturelle des choses, qui caractérise encore aujourd’hui les hommes (l'État, même ceux des pays les plus libres?

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